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À partir d’avant-hierGénéralistes

OpenAI pousse trois nouveaux outils dans les écoles, en pleine épidémie de triche à l'IA

5 août 2026 à 09:31

OpenAI a présenté trois nouveaux modules destinés à l'enseignement, un pour les professeurs du primaire et du secondaire, un pour ceux du supérieur, et un dernier pour les étudiants eux-mêmes.

Le premier passe par ChatGPT for Teachers, la version gratuite réservée aux enseignants vérifiés (pour le moment uniquement américains) et à leurs établissements. Il fabrique des ressources adaptées au niveau de chaque élève, produit des visuels interactifs et se branche sur les référentiels pédagogiques locaux.

Les deux autres arrivent par ChatGPT Edu, la formule sous licence que les universités achètent pour tout leur campus. Un enseignant du supérieur peut y mettre à jour son programme, monter un site de cours, produire des évaluations multimédias, et reconditionner l'ensemble pour la plateforme pédagogique de son établissement.

Les étudiants, eux, récupèrent un tuteur, des quiz générés à la volée, des fiches de révision et des explications en images. OpenAI précise qu'ils doivent définir leurs objectifs, choisir leurs sources et examiner ce que la machine leur sort.

L'orientation du projet tient en une phrase : l'IA devrait soutenir l'apprentissage et non le raccourcir. Mouais...

Le contexte rend cette approche un peu particulière en fait. La triche assistée par IA s'est installée comme une routine dans les écoles du monde entier, au point que l'Université nationale autonome du Mexique a suspendu des inscriptions après une fraude massive à ses examens d'entrée.

Les travaux qui s'accumulent ne vont pas d'ailleurs dans le sens d'OpenAI. Une étude du MIT a mesuré à l'électroencéphalogramme, l'examen qui enregistre l'activité électrique du cerveau, une activité nettement plus faible chez les étudiants qui rédigeaient avec l'IA. Le résultat est sans appel. Ces mêmes étudiants se souvenaient beaucoup moins bien de ce qu'ils venaient d'écrire.

Une autre enquête, publiée l'an dernier par le Center for Democracy and Technology, montre que les enseignants du primaire et du secondaire réclament surtout qu'on leur explique comment intégrer ces outils, et qu'ils redoutent aussi les dégâts sur les apprentissages.

Il y a un détail qui m'a fait un peu tiquer dans la communication d'OpenAI. La société prend soin de préciser que les enseignants gardent la main sur les décisions pédagogiques, sur la notation et sur les actions automatisées, ce qui laisse penser que la question s'est quand même posée en interne, et surtout qu'on est sur une première étape.

Source : The Register

Vous avez 18 mois avant de devenir complètement cons

Par : Korben
6 octobre 2025 à 08:59

Ce matin, je suis tombé sur cet article de Derek Thompson, journaliste chez The Argument, titré “ Vous avez 18 mois ”. Ça a évidemment attiré ma curiosité donc j’ai lu l’article et son message est sans appel : Le vrai danger de l’IA, c’est pas qu’elle nous remplace. C’est qu’on arrête de penser par nous-mêmes.

Car oui, les chiffres sont là, et ils font peur. Les scores de lecture aux États-Unis sont au plus bas depuis 32 ans selon le Nation’s Report Card de janvier 2025 . La lecture de livres pour le plaisir a ainsi chuté de 40% depuis les années 2000. Des étudiants arrivent dans des universités d’élite sans avoir jamais lu un livre en entier et apparemment, personne ne s’en inquiète vraiment, car tout le monde (moi y compris) est trop occupé à demander à ChatGPT de résumer les trucs qu’on devrait lire avec nos cerveaux.

Derek compare la lecture et l’écriture à la potion magique qui nous permet d’accéder à la pensée symbolique profonde . En gros, lire et écrire, c’est pas juste des compétences, c’est aussi ce qui nous permet de penser profondément. Et on est en train de jeter ce super pouvoir aux orties parce que c’est plus rapide de demander à une IA de faire le boulot à notre place.

Le truc, c’est que notre cerveau, c’est comme un muscle. Si on arrête de le faire bosser, il s’atrophie. Et avec les IA (et dans une moindre mesure avec les réseaux sociaux vidéo, genre TikTok), c’est exactement ce qu’on est en train de faire. On lui retire tous les exercices difficiles…

Lire un bouquin de 300 pages ? Pffff, trop long, on demande un résumé à l’IA. Écrire un texte argumenté ? Pffff, trop chiant, on le fait générer par ChatGPT. Réfléchir à un problème complexe ? Pfff, trop fatigant, on compte sur Macron pour nous le résoudre ou on balance la question à Claude.

Et le pire, c’est qu’on le fait consciemment. En tout cas, personnellement, j’en ai conscience et donc en ce moment je me suis remis un peu à la lecture pour essayer de conserver une bonne hygiène niveau matière grise. Comme moi, vous savez donc probablement qu’on est tous en train de se ramollir le cerveau, mais on continue parce que c’est tellement plus confortable. C’est la culture de l’optimisation poussée à l’extrême. On optimise notre code, nos workflows, notre vie… et maintenant on optimise notre cerveau pour qu’il en fasse le moins possible. De l’efficacité à court terme, mais un suicide cognitif à long terme.

Et ce qu’annonce Derek c’est que dans 18 mois, les IA auront peut-être notre niveau actuel de réflexion. Mais nous, on aura quel niveau ? Ce sont elles qui vont s’améliorer ou nous qui allons régresser pour nous mettre à leur niveau ?

Thompson parle de “deskilling” cognitif… On se déqualifie nous-mêmes. C’est comme si on allait à la salle de sport et qu’on demandait à quelqu’un d’autre de faire nos pompes. Et son parallèle avec la révolution industrielle est plutôt juste je trouve… Au XIXe siècle, les machines ont remplacé nos muscles. Les ouvriers qui faisaient des tâches physiques complexes ont été remplacés par des machines plus rapides et résultats, nos corps se sont atrophiés. On est physiquement plus faibles que nos ancêtres, c’est un fait et maintenant, ce même schéma se reproduit avec notre cerveau. L’IA remplace nos muscles mentaux, avec le même risque d’atrophie sauf que cette fois, c’est notre intelligence qu’on sacrifie sur l’autel de l’efficacité !

Il y a aussi un truc que personne ne dit, c’est l’IA conversationnelle, c’est une drogue cognitive. Ça a le même schéma addictif que les réseaux sociaux à savoir une réponse instantanée, une gratification immédiate, zéro effort. Tranquille mimil, sauf que les réseaux sociaux nous volaient notre temps alors que l’IA est en train de nous voler notre capacité à penser. On croit devenir plus productif, alors que finalement, on devient plus dépendant.

Alors que faire ? Derek ne propose pas de solution miracle, mais il a raison sur un point : Il faut voir la lecture et l’écriture comme du fitness mental.

Je ne pense pas qu’il faille boycotter l’IA comme tous ceux qui en ont peur et la diabolisent actuellement, car elle peut apporter beaucoup. Mais il faut apprendre à l’utiliser correctement, tout en préservant son hygiène mentale, sa pensée critique et son goût de l’effort.

Comme pour le sport, il faut donc s’entrainer, faire travailler notre cerveau, non seulement en lisant des livres, les articles de Korben.info ^^…etc. Mais aussi en écrivant pour générer une réflexion et des arguments qui souvent arrivent non pas avant, mais pendant le process d’écriture. Et je pense que c’est pareil pour les dev qui “vibe code”. C’est bien ça fait gagner du temps, mais si on veut conserver cette réflexion propre au code, il faut continuer au moins à lire et à comprendre ce code, et continuer à explorer des chemins de pensée profonde .

C’est chiant, c’est lent, c’est inconfortable, mais c’est le seul moyen de garder un cerveau fonctionnel.

Le vrai luxe de demain, ce ne sera plus d’avoir accès à l’IA, car tout le monde l’aura. Non, le vrai luxe, ce sera d’avoir encore un cerveau capable de penser en profondeur. Et ça, ça se bosse les amis !

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