Vue normale

Il y a de nouveaux articles disponibles, cliquez pour rafraîchir la page.
À partir d’avant-hierKorben

Wayland-Wheeltani - L'autoscroll qui survit au débranchement

Par : Korben ✨
12 août 2026 à 06:57

Lucas, lecteur de Korben.info, m'a écrit pour me montrer Wayland-Wheeltani , son outil qui ramène l'autoscroll au clic molette sous Wayland, et qu'il met à jour depuis ce printemps. C'est un peu dans l'air du temps de ce genre d'outils puisque fin juillet, je vous parlais déjà de midscroll , qui règle le même manque sous Linux. Wayland-Wheeltani vise le même geste, mais avec une idée nouvelle que l'autre n'a pas.

Le geste, donc... Vous le connaissez, on maintient le bouton du milieu, on éloigne la souris du point d'appui, et la page défile dans cette direction. Plus on s'éloigne, plus ça accélère et si on relâche, ça s'arrête net. Et si on repasse de l'autre côté du point de départ, hé bien le défilement s'inverse sur cet axe.

Toutefois, un mouvement minuscule ne déclenche rien, ce qui fait que sous le seuil, le clic molette reste un clic molette, collage de la sélection compris. Et comme le programme déchiffre les mouvements de la souris au niveau du noyau pour réémettre un genre de molette virtuelle, les applications au-dessus n'en savent rien. Pour elles, c'est juste une molette de souris ordinaire.

L'écart sur la méthode de fonctionnement avec Midscroll, c'est que Wayland-Wheeltani ne se lie pas à votre souris par son fichier dans /dev/input, dont le numéro bouge à chaque branchement, mais bien par son identifiant USB constructeur et produit. Le réglage survit ainsi aux redémarrages et aux changements de port, et le service la retrouve seul quand vous la rebranchez. C'est super si par exemple vous utilisez à certains moments un dock externe.

Le filtre par application, lui, existe des deux côtés, mais ne fonctionne pas dans le même sens. Midscroll démarre avec FreeCAD, OrcaSlicer et Minecraft déjà blacklistés alors qu'avec Wayland-Wheeltani, rien n'est filtré au départ, et vous pouvez exclure des applications ou n'en autoriser que quelques-unes grâce à une commande donnant l'identifiant précis de la fenêtre active. Hyprland, Sway et i3 sont ainsi supportés en direct, GNOME avec une extension fournie, KDE avec kdotool. Et l'autoscroll, lui, marche sur toute session Wayland.

Pour le reste, il faut une session Wayland, systemd en mode utilisateur et l'accès à /dev/uinput. L'installation dépose une règle udev visant votre souris, ce qui évite de faire tourner le service en root au quotidien.

Après la limite, vous la connaissez puisqu'elle est dans le nom : Wayland-Wheeltani ne couvre que Wayland, là où midscroll gère aussi X11. Donc si votre session est encore en X11, vous n'aurez pas le choix. Par contre, si elle est en Wayland et que vous passez votre temps à débrancher / rebrancher votre souris et qu'elle change de port sans cesse, c'est celui-ci qu'il vous faut.

term.everything - Faites tourner Firefox dans votre terminal

Par : Korben
1 avril 2026 à 08:14

Et si je vous disais qu'on pouvait faire tourner Firefox dans un terminal ? Et pas un navigateur en mode texte, hein. Non, le véritable Firefox, avec ses onglets, les images, la totale... Hé oui c'est possible et que ça fonctionne via SSH, donc depuis un serveur distant. Bienvenue dans le futur (ou le passé, j'sais plus trop) !

Term.everything c'est un compositeur Wayland construit from scratch en Go qui, au lieu de balancer l'image sur votre écran, la convertit en caractères ANSI et l'affiche dans le terminal. Du coup, n'importe quelle app GUI Linux peut tourner là-dedans. Firefox, un gestionnaire de fichiers, un lecteur vidéo... et même Doom (parce que si ça peut pas faire tourner Doom, ça compte pas). Le binaire fait une poignée de Mo, c'est sous licence AGPL-3.0, et y'a zéro dépendance externe.

L'outil propose 2 modes d'affichage. Le mode basique qui convertit les pixels en blocs Unicode, et dont la qualité dépend du nombre de lignes et colonnes de votre terminal. Plus vous zoomez out (Ctrl+- sur Alacritty), plus c'est net... mais plus ça rame. Donc si votre terminal supporte le protocole image, genre Kitty ou iTerm2, l'autre mode, c'est du rendu pleine résolution et là non seulement c'est pas dégeu mais en plus ça marche bien !

Le truc vraiment dingue, c'est surtout le SSH parce que si vous avez un serveur Linux distant, vous vous connectez dessus en SSH, vous lancez term-everything firefox et hop, Firefox s'affiche dans votre terminal local. Pas de X11 forwarding relou à mettre en place ni de VNC / RDP zarbi.

Pour les admins sys qui gèrent des serveurs headless, c'est quand même sympa ! D'ailleurs si vous aimez les outils SSH bien pensés , celui-ci aussi va vous plaire.

Par contre, on est encore en bêta et certaines apps vont planter ou refuser de se lancer. C'est normal, c'est un compositeur Wayland complet écrit par un seul gars (chapeau l'artiste !). Ce n'est donc pas le genre de truc qu'on met en prod, mais pour du dépannage sur un serveur Debian distant ou juste pour la beauté du geste, ça envoie du pâté.

Le créateur de term.everything est d'ailleurs le même qui avait codé Fontemon , un jeu vidéo caché dans une police de caractères. On est donc clairement dans la catégorie "parce qu'on peut le faire et que c'est marrant".

Bref, si vous voulez épater vos collègues en lançant KDE dans un terminal par-dessus SSH, ou juste jouer à Doom dans tmux, c'est par là que ça se passe.

Amusez-vous bien et merci à Lorenper pour l'info !

Wayback - La bouée de sauvetage des vieux environnements X11

Par : Korben
24 juillet 2025 à 22:25

Ça vous dirait de pouvoir faire tourner vos vieux window managers X11 préférés sur du Wayland moderne. Impossible ??? C’est ce que je pensais aussi avant de découvrir Wayback !

Pour ceux qui ne suivent pas trop l’actualité Linux, on est actuellement en pleine transition entre X11 (le vieux système d’affichage qui date de 1987) et Wayland (le nouveau qui est censé tout révolutionner). Le problème c’est que ça fait 35 ans qu’on développe des environnements de bureau pour X11, et avec Wayland, tout ça risquait de partir à la poubelle. Aux chiottes WindowMaker, Enlightenment, FVWM, et tous ces environnements qu’on adorait bidouiller.

Mais voilà qu’Ariadne Conill, une dev d’Alpine Linux, a eu une idée de génie. Au lieu de tout réécrire from scratch (ce qui prendrait des plombes), pourquoi ne pas créer une couche de compatibilité ? Et c’est exactement ce qu’est Wayback : un compositeur Wayland minimaliste qui sert juste à faire tourner Xwayland en mode “rootful”. En gros, ça fait croire à vos vieux environnements X11 qu’ils tournent sur un vrai serveur X, alors qu’en fait c’est du Wayland derrière.

Le truc vraiment smart, c’est que Wayback ne fait QUE le strict minimum. C’est pas un compositeur Wayland complet avec tous les effets 3D et compagnie. Non, c’est juste ce qu’il faut pour que Xwayland puisse faire son boulot. Du coup c’est léger, ça marche bien, et ça permet de garder tous nos vieux environnements de bureau vivants.

Alors attention, on est encore en version 0.1, donc c’est de l’alpha. Y’a pas le multi-écrans qui marche, pas de contrôle DPMS, et le verrouillage de souris ne fonctionne pas (donc oubliez les FPS pour l’instant). Mais franchement, pour un truc qui vient juste de sortir, c’est déjà super impressionnant.

D’ailleurs, le projet a été intégré dans l’écosystème FreeDesktop.org, ce qui est plutôt bon signe pour l’avenir. Ils ont même un canal IRC (#wayback sur Libera.Chat) avec un bridge Matrix si vous préférez. Et niveau packaging, c’est déjà dispo sur Alpine Linux (forcément), Arch AUR, Fedora, et même dans Nix.

Pour l’installer, c’est pas sorcier. Vous clonez le dépôt GitLab, vous compilez avec Meson, et hop. Les dépendances c’est du classique : Wayland, wlroots 0.19, et Xwayland 24.1 minimum. Une fois installé, au lieu de lancer startx, vous faites wayback-session et magie, votre vieil environnement X11 se lance via Wayland.

Ce qui est cool aussi, c’est l’architecture du truc. Ils ont découpé ça en trois composants : wayback-compositor (le compositeur Wayland minimal), Xwayback (qui remplace le binaire Xorg), et wayback-session (qui remplace startx). Du coup c’est super modulaire et ça s’intègre nickel dans un système existant. Bon par contre, faut pas se mentir, c’est pas encore prêt pour monsieur tout le monde. Mais si vous êtes du genre à avoir encore un vieux WindowMaker qui traîne quelque part ou si vous voulez préserver votre config FVWM de 2003 ou un vieux Enlightenment E16, c’est clairement un projet à suivre de près.

Quoiqu’il en soit, ça pourrait vraiment devenir LE moyen de transition entre X11 et Wayland, comme ça au lieu de forcer tout le monde à tout réécrire, on garde la compatibilité et on migre en douceur. Alpine Linux compte d’ailleurs déjà s’en servir pour réduire la maintenance du serveur X.org classique, et je parie que d’autres distros vont suivre.

Voilà, si vous voulez tester, toutes les infos sont sur le site officiel et le code source est sur GitLab.

❌
❌