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Le Z80 est mort, vive le PicoZ80 - un Raspberry Pi émule le processeur mythique

Par : Korben
24 mars 2026 à 16:28

Le Z80 de Zilog, le processeur qui a fait tourner le ZX Spectrum, le Game Boy et des dizaines de micro-ordinateurs des années 80, a été arrêté en juin 2024 après 48 ans de bons et loyaux services.

Un bricoleur a créé le PicoZ80 , une petite carte qui se glisse directement dans le même support et qui émule le processeur original grâce à une puce Raspberry Pi.

48 ans de service, et puis s'en va

Le Zilog Z80 a été lancé en 1976 et il a alimenté une bonne partie de l'histoire de l'informatique personnelle. ZX Spectrum, MSX, Amstrad CPC, Game Boy, calculatrices Texas Instruments : la liste des machines qui ont tourné avec ce processeur 8 bits est longue.

Zilog a annoncé sa fin de vie en avril 2024 et a cessé de prendre des commandes en juin de la même année. Les stocks de Z80 neufs en boîtier DIP-40 commencent donc à se raréfier, et c'est là que le PicoZ80 entre en jeu.

Un Raspberry Pi dans un boîtier DIP-40

Le PicoZ80, développé par le maker eaw, utilise un microcontrôleur RP2350B (la puce du Raspberry Pi Pico 2) monté sur un circuit imprimé au format DIP-40, avec le même brochage que le Z80 original. Un des deux coeurs Cortex-M33 à 150 MHz se charge d'émuler le Z80, pendant que le second gère l'accélération et les périphériques.

Les moteurs PIO du RP2350 prennent en charge les transactions de bus en temps réel, ce qui garantit un timing identique à celui du processeur d'origine. La carte embarque aussi 8 Mo de PSRAM, 16 Mo de flash pour stocker des images ROM, et un coprocesseur ESP32 qui ajoute le WiFi, le Bluetooth et un lecteur de carte SD.

Des machines classiques qui renaissent

Le PicoZ80 peut fonctionner comme un simple Z80 de remplacement, mais il propose aussi des "personas" de machines classiques. Des pilotes existent déjà pour le RC2014, le Sharp MZ-80A et le Sharp MZ-700, et d'autres sont en développement pour l'Amstrad PCW8256.

La carte fait aussi office d'expandeur mémoire, d'hôte USB et d'émulateur de disquette. Vous remplacez un processeur de 48 ans et vous gagnez au passage le WiFi et le stockage sans fil.

Bref, on parle quand même d'un projet qui ressuscite un processeur plus vieux que moi (de 1976) avec une puce à quelques euros. Pour les passionnés de rétro-informatique qui ont un vieux micro au fond du placard, c'est peut-être la meilleure nouvelle de l'année.

Source : Hackaday

À partir d’avant-hierFlux principal

Z80 Sans, la police de caractères qui désassemble du code machine toute seule

Par : Korben
17 mars 2026 à 13:56

Un développeur a créé une police OpenType capable de convertir des opcodes hexadécimaux du processeur Z80 en instructions assembleur lisibles.

Il suffit de coller le code machine dans un traitement de texte, de changer la police, et les mnémoniques s'affichent en clair. Le projet, disponible sur GitHub, détourne les tables de substitution de glyphes de manière plutôt rigolote.

Une police, pas un logiciel

L'idée est en fait assez simple. Vous balancez une suite de caractères hexadécimaux dans LibreOffice Writer, puis vous sélectionnez cette police, Z80 Sans donc, et sous vos yeux ébahis, le texte se transforme en instructions assembleur.

Pas besoin d'installer un désassembleur, pas besoin de ligne de commande. La police fait tout le travail.

Derrière cette apparente simplicité, le développeur nevesnunes a exploité deux composants du standard OpenType que l'on retrouve habituellement dans des usages bien plus classiques : la table de substitution de glyphes (GSUB) et la table de positionnement (GPOS).

Ce sont les mêmes mécanismes qui permettent d'afficher correctement l'arabe ou de fusionner deux lettres en une ligature comme le "æ". Ici, ils servent à reconnaître des séquences hexadécimales et à les remplacer par les mnémoniques Z80 correspondants.

458 752 combinaisons à gérer

Le Z80 est un processeur 8 bits qui accepte des adresses sur 16 bits et plusieurs registres comme opérandes. Résultat : une seule instruction peut donner jusqu'à 458 752 combinaisons possibles.

Et comme les octets hexadécimaux sont encodés dans un ordre différent de celui dans lequel ils doivent être affichés en assembleur, le problème se corse vite. Les adresses en little-endian et les offsets signés en complément à deux ajoutent encore une couche de difficulté.

Pour s'en sortir, nevesnunes a construit un parseur par descente récursive qui génère automatiquement toutes les règles de substitution nécessaires. Chaque quartet (0 à f) dispose de ses propres glyphes, soit 96 au total pour la partie numérique.

Le tout repose sur une édition directe des fichiers .ttx, la représentation XML des données de police, à partir de Noto Sans Mono et Droid Sans Mono.

Du détournement de police à l'art de la bidouille

Z80 Sans n'est pas le premier projet à détourner les capacités des polices OpenType. On a déjà vu Fontemon, un jeu vidéo complet caché dans une police, ou encore Addition Font, capable d'additionner deux nombres rien qu'avec le rendu typographique.

Il y a même eu Llama.ttf, qui embarquait un modèle d'IA directement dans un fichier de police. Mais un désassembleur complet pour un jeu d'instructions entier, c'est quand même autre chose en termes de complexité.

Visiblement, le projet comporte encore quelques petits bugs d'affichage sur certaines instructions complexes, et le code est qualifié par son propre auteur de "qualité CTF", ce qui veut dire bidouille assumée.

Mais bon, on parle d'un type qui a réussi à faire rentrer un désassembleur Z80 dans une police de caractères. Les puristes de l'assembleur apprécieront le côté complètement absurde de la démarche, et les fans de rétro-informatique vont adorer.

Source : Lobste.rs

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