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Souveraineté numérique : un enjeu mondial ?

Par : Wisy
31 janvier 2026 à 23:47

La souveraineté numérique n’est plus seulement un débat européen ou français : c’est devenu un sujet mondial.
Du Canada à l’Union européenne, en passant par les États‑Unis, la Chine, l’Inde ou encore l’Afrique, chaque région tente aujourd’hui de reprendre le contrôle de ses données, de ses infrastructures et de ses technologies.
Dans un monde où données, infrastructures et technologies façonnent nos décisions, nos économies et même nos démocraties, une question centrale émerge :

Comment chaque pays peut-il conserver son autonomie numérique face aux géants technologiques ?

Qu’est‑ce que la souveraineté numérique ?

La souveraineté numérique désigne la capacité d’un État, d’une organisation ou d’un citoyen à garder le contrôle sur ses données, ses infrastructures technologiques et ses usages numériques. En d’autres mots : savoir , comment et sous quelle juridiction nos données et nos outils sont exploités.

Le concept apparaît à la fin des années 1990 et se précise au fil des années face à la domination grandissante des géants technologiques mondiaux. Aujourd’hui, il englobe :

  • la maîtrise des données
  • l’indépendance vis‑à‑vis des plateformes étrangères
  • la protection contre les lois extraterritoriales (Cloud Act, Patriot Act, section 702 du FISA, Executive Order 12333, etc… )
  • la sécurité des infrastructures critiques
  • la capacité d’innovation locale.

Les trois piliers universels de la souveraineté numérique

La maîtrise des données


Peu importe le pays, la question centrale est : où sont stockées les données et qui y a accès ?

Pour le Canada, cela inclut par exemple la protection des données citoyennes à travers des initiatives comme les solutions CIRA DNS Firewall, qui encouragent à privilégier des technologies développées au pays pour améliorer la souveraineté et la cybersécurité.

Pour l’Europe, le RGPD reste une référence mondiale pour assurer une protection élevée des données personnelles.

Note : Le RGPD ne couvre pas les données industrielles. Ces dernières relèvent d’autres cadres juridiques et réglementaires.

Données personnelles, données de santé, données industrielles…
Elles représentent un nouveau pouvoir économique et politique. Assurer la souveraineté numérique, c’est :

  • savoir où les données sont stockées,
  • décider qui peut y accéder,
  • s’assurer qu’elles sont protégées par des lois adaptées (ex. RGPD, Loi25).

Le contrôle des infrastructures


Cela comprend les :

  • data centers,
  • clouds,
  • câbles sous-marins,
  • satellites,
  • serveurs et réseaux.

Les collectivités françaises peuvent utiliser des clouds certifiés SecNumCloud, qui garantissent un haut niveau de sécurité et de conformité, mais pas une souveraineté garantie.
En effet, comme l’a rappelé le directeur de l’ANSSI, SecNumCloud ne protège pas contre toutes les formes d’extraterritorialité, notamment si le fournisseur reste soumis à un droit étranger.

Source recommandée : analyse de Vincent Strubel, DG de l’ANSSI.

L’indépendance technologique


Il s’agit de limiter les dépendances critiques, notamment en :

  • utilisant des technologies locales ou open source,
  • diversifiant les fournisseurs,
  • renforçant les capacités nationales d’innovation,
  • évitant les situations où un acteur étranger pourrait couper l’accès à un service essentiel.

Tour du monde des stratégies de souveraineté numérique

Canada : priorité à la protection des données
Canada

Le Canada adopte une approche pragmatique axée sur :

  • l’hébergement local des données,
  • le renforcement de la cybersécurité,
  • l’adoption de solutions “made in Canada” pour les organisations publiques et privées.

CIRA, par exemple, encourage les organisations à donner la priorité à la souveraineté des données afin de renforcer la sécurité et la résilience face aux cybermenaces.

Données : Quelle est l’importance de la souveraineté des données pour les organisations canadiennes?

Europe : l’autonomie numérique comme mission stratégique
europe

L’Union européenne est l’un des acteurs les plus avancés, avec :

  • des réglementations strictes (RGPD, NIS 2, DORA, Data Governance Act, Data Act, etc.),
  • des initiatives cloud souverain,
  • des alternatives européennes aux solutions américaines,
  • la création d’un Observatoire de la souveraineté numérique pour mesurer les dépendances critiques, lancé en France en janvier 2026.

Plusieurs États membres abandonnent progressivement des outils américains (Teams, Zoom) au profit de solutions souveraines développées en interne ou en Europe. En France, la migration vers Visio, une plateforme souveraine hébergée localement, illustre ce virage massif.

Donnée : Sommet sur la souveraineté numérique européenne : des engagements emblématiques pour une Europe plus compétitive et souveraine

États‑Unis : la puissance technologique comme souveraineté
USA

La souveraineté numérique américaine repose sur :

  • la domination du cloud mondial (AWS, Azure, Google Cloud),
  • le contrôle des plateformes (Meta, Google, X…),
  • les lois extraterritoriales comme le Cloud Act, qui obligent les entreprises américaines à fournir des données même si elles sont stockées à l’étranger.
  • Le contrôle des câbles sous-marins, dont les GAFAM détiennent plus de 70 %
  • Les lois extraterritoriales, notamment le Cloud Act (réquisition judiciaire encadrée pour enquêtes criminelles), Section 702 du FISA (surveillance électronique secrète par la NSA), Executive Order 12333 (collecte de renseignement en dehors du territoire américain).

Note : Le FISA est généralement considéré plus intrusif que le Cloud Act, car il relève du renseignement, pas d’une procédure judiciaire.

Paradoxalement, cette souveraineté américaine devient un enjeu de dépendance pour les autres pays.

Chine : souveraineté totale et contrôle strict
Chine

La Chine applique l’une des approches les plus radicales :

  • Internet national contrôlé (Great Firewall),
  • plateformes chinoises (WeChat, Alibaba, Tencent),
  • cloud souverain,
  • hébergement obligatoire des données en Chine.

Son modèle repose sur une souveraineté numérique autoritaire et centralisée, profondément différente de l’approche européenne.

Donnée : La chine et le controle d’internet. Une Cybersouveraineté ambivalente.

Inde : souveraineté numérique et essor technologique
Inde

L’Inde mise sur :

  • le développement massif de technologies nationales,
  • des clouds locaux,
  • le projet “Digital India” pour contrôler ses données et infrastructures,
  • des législations contraignantes pour limiter l’influence étrangère.
Afrique : entre dépendances et émergence
Afrique

De nombreux États africains cherchent à réduire leur dépendance aux technologies étrangères.
Les enjeux sont importants :

  • Hébergement local rare → dépendance au cloud américain ou chinois
  • Besoin d’infrastructures souveraines
  • Volonté croissante de régulation plus stricte du numérique

Plusieurs pays lancent des politiques de cybersécurité nationales pour renforcer leur autonomie.

Donnée : La Souveraineté Numérique en Afrique : Enjeux Stratégiques, Défis et Opportunités


Pourquoi la souveraineté numérique est devenue un enjeu mondial ?

Plusieurs facteurs contribuent à placer la souveraineté numérique au cœur des débats :

La domination des géants du numérique

Les GAFAM (Google, Amazon, Microsoft, Apple, Meta) et leurs équivalents chinois (BATX) contrôlent une part massive des données mondiales.
Ils influencent les communications, l’innovation, les flux d’information et même certaines décisions politiques.

La montée des tensions géopolitiques

Sanctions extraterritoriales, menaces de coupures de services, “kill switches”, espionnage numérique…
L’Europe, Le Canada, et bien d’autres, fortement dépendants des clouds et technologies américains, se retrouvent en posture fragile.

L’explosion des cyberattaques

Les infrastructures critiques (santé, énergie, transport, collectivités) sont devenues des cibles.
Sans maîtrise des systèmes, impossible d’assurer continuité, résilience ou protection.

IA et données sensibles

L’IA dépend fortement du contrôle des données et du calcul, deux ressources stratégiques.

Ce que cela implique pour les entreprises

Peu importe le pays, les entreprises doivent :

  • choisir des clouds alignés avec leurs lois nationales (ex : RGPD en Europe) ;
  • renforcer la cybersécurité ;
  • éviter la dépendance totale à un seul fournisseur étranger ;
  • privilégier les solutions souveraines ou open source ;
  • connaître les réglementations transfrontalières qui s’appliquent.

Un enjeu mondial, une responsabilité partagée

numérique mondiaux


La souveraineté numérique est devenue un impératif planétaire.
Chaque région du monde, selon ses valeurs et ses besoins, tente aujourd’hui de trouver le juste équilibre entre :

  • sécurité,
  • indépendance,
  • innovation,
  • ouverture internationale.

Qu’il s’agisse de l’Europe, de la France, des États‑Unis, de la Chine, de l’Inde, de l’Afrique ou du Canada, tous convergent vers un même constat :

Aucun pays ne peut dépendre entièrement de technologies qu’il ne contrôle pas.

La souveraineté numérique n’est donc pas une option :


c’est une condition essentielle pour l’avenir démocratique, économique et technologique du monde.

À voir également : Sécurité : Créer facilement des mots de passe efficaces



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Sécurité : Créer facilement des mots de passe efficaces

5 février 2023 à 14:00

Malgré la mise en place un peu partout de l’authentification multifacteur, nous avons besoin de mots de passe efficaces et pratiques pour nos téléphones, courriels, connexion à l’ordi, banque, etc.

Une grande majorité d’entre nous utilise le même mot de passe pour tous les sites web visités, parce qu’avouons-le, c’est beaucoup plus facile d’avoir à se rappeler d’un seul mot de passe, mais avouons-le, cela peut-être très pénalisant.
Le problème, c’est que nous sommes de plus en plus connectés, et donc devenons de plus en plus vulnérables au vol d’identité, aux fraudes, etc..
Raison de plus pour choisir des mots de passe efficaces et en même temps faciles à retenir, mais comment procéder ?

En utilisant une bonne méthode de construction de mot de passe.

mots de passes efficaces

One rule to rule them all

Cette règle devra vous permettre d’avoir un mot de passe qui :

  1. Soit spécifique au site web auquel il “s’adresse” : 2 sites web ne devraient pas avoir le même mot de passe ;
  2. Soit “lié” à vous : 2 personnes suivant la même méthode de construction de mot de passe ne devraient pas arriver au même résultat.

On va donc partir sur 2 choses :

  1. le nom du site web pour lequel vous voulez avoir un mot de passe
  2. un mot ou une expression qui vous est propre

Libre à vous de trouver une règle à appliquer à votre partie fixe, une règle pour le site web et une manière de combiner les 2.
Par exemple, si Eurédicte Ictor veut s’inscrire sur Le blog du Wis et recherche un mot de passe, il pourrait procéder comme suit :

  1. Prendre ces initiales (“E” et “I“)
  2. Prendre les 2 premières et les 2 dernières lettres du site (“Le” et “is“) et les retourner (“eL” et “si“)
  3. Combiner le tout : EeLIsi

La même règle donne EaYIoo pour Yahoo par exemple, ou EmAIno pour Amazon.

Pourquoi faire simple quand on peut faire compliquer

Ces mots de passe sont déjà suffisamment différents d’un site à l’autre, mais on peut grandement améliorer la complexité de ceux-ci en rajoutant 2 ou 3 choses :

  1. Choisir aussi des chiffres dans la partie “personnelle” ;
  2. Placer un ou plusieurs caractères non alphabétiques dans le mot de passe ;

On arrive par exemple à EeL#81Isi juste parce que Eurédicte est né en 1981.
Une dernière chose qui peut encore plus complexifier le mot de passe est l’utilisation du leet speak, c’est-à-dire le remplacement de lettre par des combinaisons de chiffres et de ponctuation.

Par exemple, remplacer “I” par “1” ou “E” par “3” ou “D” par “|)“.

Au final, avec la règle de construction suivante :

  1. Prendre les initiales de mon prénom et de mon nom (E, I)
  2. leeter” le “E” (3)
  3. Prendre les 2 premières et les 2 dernières lettres du site web (Le, is)
  4. Les inverser (eL, si)
  5. Placer les parties dans cet ordre : Initiale1, Site1, #81, Initiale2, Site2

les mots de passe d’Eurédicte seront :

  • Pour Le blog du Wis : 3eL#81Isi
  • pour Yahoo: 3aY#81Ioo
  • pour Amazon : 3mA#81Ino

Et si Shunn Pol 😆utilise la même méthode qu’Eurédicte, ses mots de passe seront :

  • pour Le blog du Wis : 5eL_1985Psi
  • pour Yahoo : 5aY_1985Poo
  • pour Amazon : 5mA_1985Pno

On remarque que les mots de passe sont différents d’un site à l’autre et d’une personne à l’autre.

On n’est, bien sûr, pas obliger d’aller aussi loin, surtout s’il y a une autre couche de sécurité. Il faut juste choisir une bonne règle de génération en fonction d’une partie fixe et d’une autre changeante afin que vos mots de passe soient le plus efficaces possible.

À voir également : Microsoft 365 : Activer l’authentification Multifacteur (MFA)

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