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On a laissé 180 tonnes de bazar sur la Lune

23 avril 2026 à 16:02

Environ 180 tonnes d'objets fabriqués par l'homme sont déjà posés sur la Lune, dont une grosse partie datant des missions Apollo. 

e site Hackaday vient de publier un recensement assez complet, qui rappelle que l'exploration lunaire n'a pas laissé que des traces de pas dans le régolithe.

Côté matériel technique, il y a les étages de descente des modules lunaires, quelques rovers, des instruments scientifiques et surtout sept réflecteurs optiques encore utilisés aujourd'hui par les astronomes pour mesurer précisément la distance Terre-Lune au laser, avec une résolution de quelques millimètres.

C'est la partie noble de l'inventaire. À côté, il y a tout le reste : des gants, des surchaussures, des caméras abandonnées, des chariots à outils, des morceaux de mission laissés sur place après usage.

Et puis il y a les déchets organiques. Les missions Apollo ont laissé 96 sacs de déchets humains sur la surface, urine incluse, pour économiser du poids au retour.

Oui, une grosse partie de nos premiers voyages lunaires a consisté à déposer nos excréments sur un autre corps céleste, en même temps que le drapeau. Bienvenue dans l'histoire.

Plus touchant, on trouve aussi des objets personnels déposés par les astronautes. Un patch de la mission Apollo 1, en mémoire des trois astronautes morts dans l'incendie de la capsule pendant l'entraînement, a été laissé sur place.

Charles Duke, sur Apollo 16, a posé une photo encadrée de sa famille au sol lunaire. Et quelque part, les cendres du géologue Gene Shoemaker reposent dans un cratère, ce qui en fait le seul humain enterré sur la Lune à ce jour.

Il y a aussi des curiosités plus bizarres. Une plume de faucon apportée par David Scott sur Apollo 15 pour tester en direct la loi de la chute libre de Galilée devant les caméras. Un disque de silicium gravé avec des messages de bonne volonté venus de 73 pays, largué par Apollo 11.

Une tuile en céramique sur laquelle des artistes dont Andy Warhol auraient gravé leurs œuvres, glissée en douce sur un train d'atterrissage d'Apollo 12.

Avec Artemis et toutes les missions chinoises, indiennes, émiraties ou luxembourgeoises qui s'annoncent, le rythme de dépôt va grimper. Il y a de plus en plus de gens qui pensent qu'il faudrait un jour classer certains de ces sites comme patrimoine, avant qu'une autre mission ne roule dessus par inadvertance.

Bref, on raconte toujours l'exploration lunaire en images héroïques, et c'est quand même plus parlant de se rappeler que le premier héritage humain là-haut, c'est 96 sacs d'excréments.

Source : Hackaday

Lotus, le nouveau wiper qui efface les systèmes des entreprises d'énergie vénézuéliennes

23 avril 2026 à 13:55

Un logiciel malveillant destiné à effacer définitivement les données de postes informatiques vient de faire surface dans le secteur énergétique vénézuélien.

La bête a été baptisée "Lotus" par les chercheurs de Kaspersky qui l'ont analysé en premier, il a été mise en route en décembre 2025 depuis un ordinateur vénézuélien, et sa cible principale semble être PDVSA, la compagnie pétrolière d'État.

Côté technique, Lotus ne fait pas dans la dentelle. Deux scripts batch préparatoires, OhSyncNow.bat et notesreg.bat, désactivent toutes les défenses, coupent les comptes utilisateurs et ferment les interfaces réseau, histoire de bien tout bloquer.

Ensuite, le binaire principal passe en mode destruction avec diskpart, robocopy et fsutil pour manipuler le système de fichiers, puis descend au niveau IOCTL pour écraser directement des secteurs physiques du disque. Les points de restauration sont supprimés, le journal USN est effacé. Aucune récupération possible.

LKaspersky ne pointe personne, et aucun élément technique ne désigne un État ou un groupe criminel en particulier. Le timing est quand même troublant : fin 2025 et début 2026, le Venezuela a traversé une crise politique majeure avec la capture de l'ancien président Nicolás Maduro le 3 janvier, et les tensions toujours fortes autour des infrastructures énergétiques. Coïncidence ou coordination, on ne saura probablement pas avant longtemps.

En pratique, un wiper qui cible PDVSA, ça rappelle immédiatement les attaques contre les infrastructures critiques qu'on a vues en Ukraine avec Stryker ou contre des clusters Kubernetes avec la variante TeamPCP.

L'objectif n'est pas le chantage ni le vol, c'est la destruction pure. Les opérateurs ne cherchent pas à exfiltrer quelque chose, ils veulent rendre l'infrastructure inutilisable le plus vite possible, pour déstabiliser ou punir.

Un réseau d'alimentation électrique ou de distribution de carburant paralysé quelques jours, ça a des conséquences directes sur la vie quotidienne et sur la stabilité politique d'un régime.

Ce qui inquiète, c'est aussi la qualité du code. Lotus n'est pas un script amateur collé à la va-vite : il enchaîne plusieurs étapes de sabotage méthodique, de la désactivation des défenses à la destruction bas niveau du disque.

Pour un pays qui n'a déjà pas la réputation d'avoir la cybersécurité la plus pointue du continent, encaisser ce genre d'outil, ça fait mal. Et la probabilité que d'autres échantillons du même auteur circulent déjà ailleurs est loin d'être nulle.

Bref, un wiper bien fichu sur une compagnie pétrolière d'État dans un pays en crise, c'est rarement l'œuvre d'un adolescent dans son garage. Affaire à suivre donc.

Source : Bleeping Computer

Apple corrige une faille iOS qui permettait à la police d'extraire des messages supprimés

23 avril 2026 à 13:18

Apple a publié hier une mise à jour iOS qui ferme une faille utilisée par les forces de l'ordre américaines pour récupérer des messages supprimés dans des applications comme Signal.

La faille concernait la base de données des notifications : quand vous supprimiez un message dans l'appli, la version cachée dans le cache des notifications pouvait rester accessible jusqu'à un mois.

Concrètement, un message Signal effacé côté appli restait lisible par quiconque avait la main sur le téléphone et savait fouiller au bon endroit.

Le FBI, selon les documents repérés par 404 Media début avril, a utilisé cette faiblesse sur plusieurs affaires pour remonter des conversations pourtant explicitement effacées par les utilisateurs, y compris celles utilisant la fonction messages éphémères.

Apple a reconnu le problème, mais si ça a été fait avec les pincettes habituelle, avec une phrase du genre... "les notifications marquées pour suppression pouvaient être conservées sur l'appareil de manière inattendue", ce qui ne veut pas dire grand chose, ou au contraire, tout dire...

Dit plus simplement, il y avait un écart entre ce que l'utilisateur voyait disparaître et ce qui restait réellement sur le disque. Le patch a été rétroporté sur les anciennes versions d'iOS 18, ce qui suggère que la faille existait depuis un bon moment et a probablement été exploitée dans des affaires que l'on ne connaîtra jamais.

Meredith Whittaker, présidente de Signal a rappelé publiquement que les notifications pour des messages effacés ne devraient jamais rester dans la base de notifications d'un OS. C'est une évidence technique. Sauf que dans la pratique, la chaîne cache des notifications plus indexation iOS laisse des traces que les outils forensiques comme Cellebrite ou GrayKey savent exploiter depuis des années.

Le problème dépasse Signal. Toute application qui envoie une notification contenant le texte d'un message entier sur iOS pouvait voir ses contenus persistés dans le cache, même après un effacement explicite. Du coup, pour les journalistes, les avocats, les activistes ou simplement les gens qui tiennent à leur vie privée, mettre à jour le plus vite possible n'est pas une option mais une priorité.

Bref, quand on parle de messagerie chiffrée, la vraie surface d'attaque n'est plus le protocole mais tout ce que l'OS fait autour dans votre dos.

Source : The Hacker News

GitHub active par défaut la télémétrie sur son outil en ligne de commande

23 avril 2026 à 11:38

Depuis la version 2.91.0 du CLI GitHub publiée mardi, chaque commande que vous tapez dans gh envoie des données de télémétrie vers GitHub par défaut. L'activation est silencieuse, sans message au premier lancement, sans consentement explicite, et il faut fouiller dans la doc pour tomber sur la page dédiée au sujet.

GitHub décrit la collecte comme pseudonyme côté client. Concrètement, le payload embarque le nom de la commande lancée, un identifiant d'invocation, un identifiant d'appareil, l'OS, l'architecture, l'agent et quelques drapeaux.

L'entreprise précise que le contenu exact peut varier d'un appel à l'autre. La justification officielle : les équipes produit ont besoin de voir comment le CLI est utilisé, avec la montée en puissance des agents IA qui le pilotent de plus en plus souvent en arrière-plan.

Côté sortie, il y a trois moyens de couper la télémétrie. Vous pouvez définir la variable d'environnement GH_TELEMETRY à false, ou DO_NOT_TRACK à true, ou lancer gh config set telemetry disabled. Simple en apparence.

Sauf que rien de tout ça n'est signalé à l'installation, et qu'un utilisateur qui n'est pas tombé sur le billet de Brandon Vigliarolo dans The Register ne saura probablement pas que c'est activé sur sa machine.

Le terme pseudonyme mérite aussi qu'on le regarde de près. Pseudonyme ne veut pas dire anonyme : il y a un identifiant d'appareil stable, il y a un identifiant d'invocation, et GitHub connaît déjà votre compte si vous êtes authentifié avec gh auth login.

Du coup, le recoupement entre votre activité CLI et votre identité GitHub n'a rien de théorique, même si GitHub ne promet pas de le faire.

En pratique, la télémétrie des outils de dev n'est pas une nouveauté. VS Code le fait depuis des années, npm aussi, et la plupart des éditeurs jouent le même jeu. Ce qui coince ici, c'est le choix de l'opt-out plutôt que de l'opt-in, et l'absence d'annonce claire sur le changelog principal.

Les utilisateurs reprochent surtout à GitHub d'avoir glissé l'info dans une page de doc au lieu d'un billet de blog dédié. Pour un outil qu'utilisent des gens très à cheval sur leur vie privée, c'est un drôle de calcul.

Bref, un outil CLI qui s'active en mode collecte par défaut sans prévenir, ça pique. Heureusement une variable d'environnement suffit à couper. Mais il faut savoir qu'elle existe.

Source : The Register

Un agent IA chinois a trouvé près de 1 000 failles inédites, dont certaines dans Microsoft Office

23 avril 2026 à 11:27

360 Digital Security, la filiale cybersécurité du géant chinois Qihoo 360, revendique environ mille vulnérabilités inédites déterrées par un agent IA maison baptisé Vulnerability Discovery Agent. 

L'annonce, faite le 22 avril, cite nommément Microsoft Office et le framework open source OpenClaw parmi les logiciels touchés. Le chiffre est donné sur un seul cycle de campagne.

Mille failles non documentées en un seul cycle de recherche, ça fait un peu tourner la tête. Ce type d'agent fonctionne en boucle pour scanner massivement les bases de code, trier ce qui est potentiellement exploitable, et valider les candidats avant publication interne.

Plus tôt dans l'année, 360 avait déjà présenté un autre outil dédié à la construction automatisée de chaînes d'exploitation. L'un déterre les failles, l'autre fabrique le code qui les utilise.

Mis bout à bout, ça donne une ligne de production offensive entièrement pilotée par IA, que l'équipe 360 décrit comme une réponse directe au projet Mythos d'Anthropic, qui fait le même pari côté occidental mais en mode défense.

Le vrai souci, c'est le devenir de ces 1 000 failles. Si toutes ont été remontées aux éditeurs concernés, tant mieux. 360 affirme d'ailleurs avoir utilisé les canaux de divulgation responsables, mais sans publier de calendrier de patch.

Sauf que l'entreprise est connue pour ses liens étroits avec le ministère chinois de la Sécurité d'État, et plusieurs de ses chercheurs ont déjà été soupçonnés par le passé de garder pour l'État ce qu'ils trouvaient. Du coup, l'annonce met les équipes de sécurité occidentales quelque peu en alerte.

Microsoft, qui patche Office tous les mois pour des failles trouvées à la main, va probablement devoir accélérer le rythme si ce genre de scan industriel se généralise. En pratique, la chasse aux vulnérabilités est en train de changer d'échelle.

On passe de quelques failles trouvées par un chercheur humain sur plusieurs semaines à un agent qui en déniche des centaines en quelques jours. Et la logique économique derrière est folle : un seul opérateur bien outillé peut désormais couvrir ce qu'il fallait avant à une équipe complète.

Bref, le mur est tombé côté IA offensive. Et les éditeurs qui patchent à la main ont un vrai problème de cadence face à un scan automatisé à cette échelle.

Source : Bloomberg

Chez Meta, les salariés ne veulent pas installer de logger sur leur PC pour entraîner l'IA

22 avril 2026 à 09:16

Les salariés de Meta devront bientôt installer un logiciel qui enregistre leurs frappes clavier, les mouvements de souris et des captures d'écran régulières sur leur poste de travail.

Le programme s'appelle Model Capability Initiative, et il doit alimenter les futurs modèles d'IA maison capables de faire du travail de bureau en autonomie. L'info a été révélée par The Register cette semaine.

Concrètement, l'outil surveille l'activité sur une liste d'applications professionnelles, dont Gmail, GChat, VCode et l'outil interne Metamate. Meta a justifié le dispositif en expliquant que ses modèles d'IA ne comprennent pas bien comment les humains utilisent un ordinateur.

Les données serviront à entraîner des agents capables de reproduire les micro-gestes que les modèles actuels galèrent à faire, comme sélectionner une option dans un menu déroulant ou enchaîner deux raccourcis clavier. Le directeur technique Andrew Bosworth a expliqué que la vision, c'est d'avoir des agents qui font le boulot pendant que les humains dirigent, relisent et corrigent les sorties.

Côté salariés, l'accueil est glacial. Un ingénieur cité par The Register résume la chose : il y a une différence entre savoir que votre travail est évalué et savoir que chaque frappe clavier peut nourrir un modèle commercial vendu à des clients externes.

L'analyste Ed Zitron, très critique sur l'IA, décrit l'ambiance interne chez Meta comme horrible et parle d'une culture de la paranoïa qui ne va pas s'arranger avec cette nouvelle couche de surveillance.

Le programme cible d'abord les employés basés aux États-Unis. En Europe, les règles sur le pistage des salariés sont beaucoup plus strictes, donc Meta évite de tester ce genre de dispositif sous les yeux de la CNIL irlandaise ou de son équivalent allemand.

Il y a aussi l'ironie évidente de la situation : Meta surveille les utilisateurs depuis quinze ans pour son ciblage publicitaire, et a collectionné les amendes RGPD au passage. Maintenant ce sont ses propres salariés qui passent sous le scanner.

En pratique, ce qui est demandé ressemble à ce que font déjà plusieurs boîtes qui entraînent des agents : il faut des jeux de données de démonstrations humaines sur des tâches réelles pour que l'IA apprenne. Sauf que voilà, Meta franchit un cap en allant chercher ces données dans l'outil quotidien de ses salariés.

Bref, chez Meta le clavier devient un jeu de données d'entraînement. Difficile d'imaginer que des ingénieurs un peu pointus acceptent ça longtemps sans râler, et on les comprend.

Source : The Register

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