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Une alimentation USB-C miniature pour redonner vie au Commodore 64

L'alimentation d'origine du Commodore 64 a une fâcheuse réputation : elle a tendance à mourir en cuisant lentement ses propres composants.

Le régulateur, noyé dans la résine, ne dissipe pas la chaleur, surchauffe, et finit par cramer en emportant parfois la machine au passage. Pour un ordinateur de 1982 qui tient encore debout aujourd'hui, c'est un vrai problème.

Du coup, le collectif Side Projects Lab a sorti le PD-64, une alimentation pensée pour ressusciter les C64 sans la peur du toaster. Le truc tient dans la taille du port d'alimentation de la machine, donc franchement minuscule, et fonctionne avec n'importe quel chargeur USB Power Delivery du commerce (la norme qui équipe presque tous les chargeurs USB-C modernes). Vous lui demandez du 12 V via la négociation USB-PD, et le module en tire ce qu'il faut pour alimenter la machine.

À l'intérieur, c'est plus malin qu'il n'y paraît. Le PD-64 sort du 5 V via un convertisseur abaisseur classique (un buck converter, c'est juste un montage qui transforme une tension élevée en une plus basse sans gaspiller en chaleur), ce qui règle le problème historique du régulateur grillé. Mais le C64 a aussi besoin de 9 V en alternatif, ce qui est moins courant sur les alimentations modernes. Pour ça, le module utilise un amplificateur en classe D pour générer un signal alternatif propre.

Le projet est ouvert. Les fichiers source (FreeCAD pour la conception et STL pour l'impression 3D) sont publiés sous licence Creative Commons sur le GitHub de Side Projects Lab. Vous pouvez fabriquer votre propre carte si vous avez l'équipement, ou commander directement une version finie chez eux pour ceux qui n'ont pas envie de se lancer dans la gravure de circuit imprimé.

Le truc qui fait plaisir, au-delà du gadget, c'est de voir des gens se mobiliser pour préserver le matériel vintage. Le C64 reste l'ordinateur le plus vendu de tous les temps avec ses 17 millions d'unités écoulées, et il en traîne encore beaucoup dans les greniers ou en collection. Sauf que voilà, sans alim qui tient, ces machines partent à la benne ou prennent la poussière. Avec ce genre de projet, on prolonge leur durée de vie de plusieurs décennies sans sacrifier l'expérience d'origine.

Au passage, ça pose une vraie question pour le matériel rétro en général : combien de machines des années 80 et 90 sont sauvables avec une simple alim moderne ? Beaucoup, probablement. La communauté rétro fabrique aujourd'hui des remplacements pour les Amiga, les Atari, les vieux Macs.

Source : Hackaday

Un thermostat Honeywell bourré de failles

Des chercheurs ont passé le thermostat connecté Honeywell X2S à la moulinette du reverse-engineering. Le résultat est un peu embarrassant.

L'appareil en question, c'est un thermostat Wi-Fi qui se pilote depuis le smartphone et s'intègre aux installations domotiques, embarque deux puces principales. Un microcontrôleur Renesas Cortex-M33 cadencé à 200 MHz avec TrustZone (la techno qui isole les zones sensibles de la puce pour protéger les données critiques), et une puce Realtek qui gère le Wi-Fi et le Bluetooth Low Energy. À côté, deux mémoires Flash Winbond chiffrées.

Pour aller fouiller dedans, les chercheurs ont fabriqué une petite carte d'interface avec des pogo-pins (des broches à ressort qui viennent appuyer sur les points de test du circuit, sans rien souder). Avec ça, ils ont pu accéder au firmware et le décortiquer tranquillement.

Le bilan est donc assez gênant. La puce Realtek embarque une fonction de déchiffrement à la volée appelée RSIP, exploitable. Le protocole TLS, censé sécuriser les échanges avec les serveurs, contient une faille qui permet une attaque "man-in-the-middle" toute bête (un intermédiaire qui se glisse entre votre thermostat et le serveur pour lire ou modifier les échanges). Et un bug dans la génération des clés de session permet de les retrouver à coup sûr. Bref, l'appareil est troué de partout.

Le code de l'exploration est dispo sur Codeberg sous le nom "fuji-exploration", pour qui veut creuser.

Honeywell est une grosse boîte, pas un petit fabricant chinois sans-le-sou. Un thermostat connecté n'est pas un gadget anodin : il est branché en permanence sur votre réseau Wi-Fi domestique, et il sait à quelle température vous vivez, donc indirectement quand vous êtes chez vous. Voir une marque de ce niveau sortir un produit avec autant de vulnérabilités basiques, ça pose question.

Le pire, c'est qu'il n'y a aucune raison technique pour expliquer ces failles. La cryptographie correcte existe depuis vingt ans, les frameworks TLS sécurisés sont gratuits et bien documentés, et un bug dans la génération de clés se détecte logiquement sans trop problème. Quelqu'un a juste décidé que ce n'était pas la priorité.

Bref, encore un objet connecté à ajouter à la longue liste des trucs qu'on ne devrait pas laisser entrer chez soi sans l'isoler sur un réseau séparé.

Source : Hackaday

Un vélo construit avec les techniques de la Renaissance italienne

La chaîne YouTube "How To Make Everything" s'est lancé un défi très improbable : construire un vélo en n'utilisant que des matériaux et des techniques disponibles à la Renaissance italienne.

L'idée tourne autour d'un croquis de bicyclette qu'on attribue parfois à Léonard de Vinci, sauf que les historiens ont conclu depuis longtemps que le dessin n'est pas de lui et date bien après sa mort.

Le projet part donc d'un faux pour explorer une vraie question : si Léonard avait imaginé un vélo, à quoi aurait-il pu ressembler ?

Le résultat est largement en bois. Cadre, fourche, roues, tout ce qui peut l'être l'est, parce que le bois reste le matériau de référence à la Renaissance pour ce genre de structure. Les jantes, elles, sont en fer, parce que le bois seul ne tient pas la route sur la durée.

C'est en fait les compromis qu'utilisaient les artisans de l'époque pour les charrettes et les premières machines mécaniques.

Le système de freinage est directement tiré des notes de Léonard. C'est un frein à tambour rudimentaire : une bande d'acier vient s'enrouler autour d'un tambour fixé à la roue arrière, et le serre quand vous actionnez la commande.

Les pédales suivent aussi des dessins du maître, et les roulements à billes utilisés correspondent à des techniques qui étaient envisageables à l'époque (même si leur application sur un vélo n'a évidemment jamais existé en vrai).

Là où ça coince, c'est sur la chaîne. Le concept de transmission par chaîne apparaît bien dans les carnets de Léonard, mais la fabriquer à la main avec les outils du XVIe siècle est un cauchemar et manque de précision.

Au final, le vélo roule. Mais sans atteindre une vitesse vraiment exploitable. Difficile de faire mieux quand chaque maillon est forgé à la main.

L'exercice n'a pas vocation à fournir un moyen de transport efficace. C'est de l'archéologie expérimentale dans son sens le plus pur : reproduire des techniques anciennes pour voir ce qu'elles peuvent et ne peuvent pas faire.

Du coup, on apprend autant sur les limites concrètes de la mécanique pré-industrielle que sur l'ingéniosité réelle de ce sacré Léonard.

La vidéo de la chaîne montre tout le process de fabrication, et c'est franchement passionnant à regarder, même pour quelqu'un qui ne s'intéresse ni au vélo ni à la Renaissance.

Le sérieux de la démarche tranche avec ce qu'on voit habituellement sur ce genre de chaîne, où "construire à l'ancienne" se résume souvent à filmer trois plans avec une scie.

En fait, c'est une démonstration assez chouette que certaines bonnes idées attendent juste les bons matériaux pour devenir utiles.

Source : Hackaday

256 cœurs et 2 nanomètres - AMD met en production son serveur monstre Epyc Venice

256 cœurs CPU sur une seule puce. C'est ce que propose le nouvel Epyc Venice d'AMD, sixième génération de son processeur pour serveurs, dont la production de masse vient de démarrer chez le fondeur taïwanais TSMC.

Détail technique remarquable, c'est le tout premier processeur destiné au calcul haute performance (HPC, ces machines géantes qui font tourner les simulations climatiques, les modèles d'IA ou les calculs de chimie quantique) à être gravé sur le nœud de fabrication 2 nanomètres de TSMC, baptisé N2.

Petite mise en perspective pour situer la bête. Le plus gros desktop grand public d'AMD aujourd'hui tape dans les 16 cœurs et 32 threads. Venice, lui, monte à 256 cœurs et probablement plus de 500 threads sur une seule socket, sur une seule carte mère, dans un seul serveur. Vous prenez le processeur le plus musclé de votre PC, et vous le multipliez par seize. Voilà ce qu'AMD glisse dans une seule machine.

Côté chiffres, le constructeur annonce un gain de plus de 70 % en performance globale par rapport à la génération précédente (l'Epyc Turin, qui plafonnait à 192 cœurs), une densité de threads en hausse de 30 %, et surtout une bande passante mémoire qui plus que double, passant de 614 Go/s à 1,6 To/s par socket.

La connexion entre le CPU et le GPU est aussi multipliée par deux. Pour les data centers qui font tourner de gros modèles d'IA, où le goulot d'étranglement vient souvent de la vitesse à laquelle on alimente les puces de calcul, c'est un sacré bond.

Le passage en gravure 2 nanomètres est une étape importante. En pratique, le "2 nm" n'a plus grand-chose à voir avec une mesure physique réelle, c'est devenu un nom commercial pour désigner une nouvelle génération de processus de fabrication chez TSMC.

Mais derrière, on parle bien d'une montée en finesse qui permet de caser plus de transistors par millimètre carré et d'améliorer le ratio performance sur consommation électrique.

Apple a sécurisé une bonne partie de la capacité initiale du fondeur sur ce nœud, et AMD est dans les premiers servis derrière. Intel, de son côté, n'a annoncé son équivalent P-core concurrent (les gros cœurs pour serveurs) que pour 2027 au plus tôt.

AMD a également confirmé que la génération suivante, baptisée Verano, est déjà sur les rails et que la production de Venice finira par déménager en partie dans l'usine TSMC d'Arizona, histoire de diversifier la chaîne d'approvisionnement face aux tensions géopolitiques autour de Taïwan (et faire plaisir à Trump).

Du coup, le combat AMD vs Intel sur le marché serveur prend un sacré tournant. Intel a passé deux ans à essayer de combler son retard sur les cœurs Zen, sans vraiment y arriver. Avec Venice, AMD lui laisse encore un an et demi à courir derrière.

Bref, pour qui pensait que la course aux cœurs serveurs commençait à s'essouffler, et bien non.

Source : Tom's Hardware

Philips sort un moniteur avec un écran de chaque côté, et c'est pas idiot

Un écran de 24 pouces autonome avec une dalle Full HD 120 Hz... des deux côtés. Voilà ce que propose le Philips 24B2D5300, repéré par TechSpot sur la boutique en ligne UK du constructeur, et que la marque revendique comme une première mondiale dans la catégorie des moniteurs. 

La machine sera disponible en juin pour 359 livres sterling, soit environ 420 euros.

Posons d'abord la question évidente : à quoi ça peut bien servir ? L'idée, ce n'est pas de jouer à deux ou de regarder deux films en même temps avec son colocataire installé derrière. Philips vise clairement les usages professionnels où l'on partage régulièrement un écran avec quelqu'un en face de soi.

Le guichet d'une agence bancaire, un comptoir de pharmacie, un bureau de notaire, une visite commerciale où il faut faire valider un devis au client, ou encore un coin de réception en entreprise. Au lieu de retourner laborieusement le moniteur ou de partager l'écran de son téléphone, le client voit ce qu'il doit voir sur son côté à lui, pendant que vous travaillez sur le vôtre.

Plusieurs modes d'affichage sont prévus. En mode dupliqué, les deux écrans montrent exactement la même chose, parfait pour valider un document avec quelqu'un. En mode DualView, les deux panneaux fonctionnent comme deux écrans étendus indépendants, comme si vous aviez branché deux moniteurs séparés sur votre PC.

Vous pouvez aussi connecter deux ordinateurs en même temps via les entrées dédiées, ce qui permet à deux personnes installées de chaque côté de bosser sur leur propre machine en partageant la même base. Pratique pour le co-working sur un coin de table.

La fiche technique ne casse pas trois pattes à un canard. Du 1080p sur du 24 pouces, c'est correct pour de la bureautique et du document, mais ce n'est clairement pas un produit pour graphistes ou monteurs vidéo.

Le 120 Hz est presque surprenant à ce niveau de gamme et pour cet usage, mais ça ne sert quasiment à rien pour les cibles visées par Philips. Du coup on peut imaginer que le constructeur l'a embarqué parce que la dalle utilisée le proposait déjà nativement.

Le pari de Philips, c'est de remplacer deux moniteurs distincts (le vôtre plus celui du client posé en face de vous) par un seul appareil qui prend moitié moins de place et n'a besoin que d'une seule alimentation. Dans un petit comptoir d'accueil ou un coin agence bancaire, ça peut faire sens, surtout dans des lieux où chaque centimètre carré compte. Le pari n'est pas gagné côté acheteurs pros, parce que le concept est nouveau et un peu déroutant à expliquer à un service achats.

À 420 euros, ça reste un investissement raisonnable pour une PME qui veut équiper trois ou quatre postes de réception sans encombrer ses bureaux.

Source : Techspot

Windows 11 distancé par Ubuntu sur le monstrueux Ryzen 9 9950X3D2 d'AMD

Nos confrères de chez Phoronix ont publié un comparatif des performances du tout nouveau Ryzen 9 9950X3D2 d'AMD sous deux systèmes : Windows 11 et Ubuntu 26.04 LTS. Le verdict est sans appel, Linux prend une avance très nette sur Windows sur la majorité des charges de travail testées.

Petit point pour ceux qui décrochent dès qu'on parle de processeur. Le 9950X3D2, c'est une variante Dual Edition du processeur haut de gamme d'AMD pour le grand public. Elle embarque 16 cœurs, 32 threads, et surtout une particularité plutôt rare : une mémoire cache 3D (le V-Cache, une couche de mémoire ultra-rapide empilée physiquement sur la puce) présente sur les deux blocs de cœurs, là où les versions précédentes n'en avaient que sur un seul.

En pratique, les deux moitiés du processeur peuvent piocher dans une grosse réserve de mémoire rapide, ce qui accélère pas mal de calculs gourmands.

Phoronix a fait tourner ses batteries de benchmarks habituelles : compilation de code, encodage vidéo, calcul scientifique, rendu 3D, base de données. Sur la majorité de ces tests, Ubuntu 26.04 arrive devant Windows 11, parfois de quelques pourcents, parfois beaucoup plus selon la charge. Quand on additionne tout, ça donne une moyenne nettement à l'avantage du pingouin.

C'est un constat qui revient quasi à chaque test du genre depuis plusieurs années. Linux fait souvent mieux tourner les processeurs serveur ou les CPU multi-cœurs musclés que Windows, notamment parce que son ordonnanceur (le bout du système qui décide quel programme tourne sur quel cœur et à quel moment) est plus malin avec les architectures complexes.

AMD, avec son design en deux blocs séparés et son cache 3D asymétrique, est typiquement le genre de processeur où ça compte vraiment.

Côté Windows, c'est un peu toujours la même histoire. Microsoft a fait des efforts ces dernières années pour mieux gérer les Ryzen, mais le système traîne encore quelques inefficacités et un fond plus lourd. Pour un gamer pur, ça n'a probablement pas grand impact. Mais pour un développeur, un créateur de contenu ou quelqu'un qui compile son propre code, l'écart commence vraiment à avoir du sens.

On peut d'ailleurs se demander si AMD finira par sortir une version officiellement labellisée Linux. Pour l'instant, rien d'annoncé. Mais bon, qu'un constructeur grand public reconnaisse explicitement que son matos tourne mieux sous Linux serait déjà une petite révolution culturelle.

Source : Phoronix

Muxcard - Un ordinateur fin comme une carte bancaire

L'expert en électronique connu sous le pseudo de Krauseler s'est mis en tête un truc que la plupart des ingénieurs auraient lâché au bout d'une semaine, à savoir fabriquer un vrai ordinateur qui tient dans le format exact d'une carte bancaire.

Et pas "à peu près la taille d'une carte" comme on dit tous pour un Raspberry Pi, non, non, la vraie norme ISO 7810, 85 mm sur 54, et surtout l'épaisseur, soit moins d'un millimètre. Sa Muxcard, il l'a sortie tout seul, chez lui, après des mois de bidouille, et le résultat est très impressionnant !

Alors déjà, "ordinateur", c'est lui-même qui le met entre guillemets. En réalité sous la fine couche de Kapton se cache un ESP32-C3, le microcontrôleur que tous les makers connaissent bien, avec du WiFi, du Bluetooth et une intégration Arduino aux petits oignons.

Donc pas de Windows ni de Linux là-dessus, ne rêvez pas, mais ça tourne sur du firmware maison flashé directement sur la puce, façon Arduino. C'est donc surtout ça qui fait râler les experts en expertise de Reddit, mais j'suis désolé, un machin qui calcule et exécute du code, ça reste un ordinateur. Et sinon, oui, avant que vous posiez la question, ça fait tourner DOOM... À 0,7 image par seconde, certes, mais ça tourne !

Mais le plus dingue, ce n'est pas d'avoir réussi à caser tous les composants car malgré ce qu'on pourrait croire, trouver des pièces assez fines, c'était la partie facile. Le vrai cauchemar, c'est la mécanique car à cette épaisseur, tout devient fragile. Le moindre pli, la moindre pression localisée, et paf, les soudures lâchent.

Krauseler a donc conçu des "îlots" rigides autour des puces et des zones de souplesse calculées ailleurs, pour que la carte plie sans jamais forcer sur les points sensibles.

Et la partie qui va parler aux bidouilleurs, c'est le circuit imprimé. Plutôt que d'attendre 3 semaines une commande de flexPCB chez un fabricant à l'autre bout du monde et de prier pour que ça marche, il a tout simplement gravé le sien à la maison.

Du ruban Kapton avec une feuille de cuivre laminée, une couche de photorésine, et une imprimante 3D détournée en machine de photolithographie pour insoler les pistes.... Ajoutez à cela le pochoir pour la pâte à souder, qu'il a fabriqué en empilant du film photorésine à usage unique, et voilà.

Si vous avez déjà tenté de fabriquer un circuit au marqueur , c'est le même principe, mais poussé à un niveau de dingue.

Le moment le plus douloureux, de ce que j'ai compris, ça a été le branchement de l'écran. Les connecteurs étaient trop épais, alors il a soudé chaque fil à la main en retenant sa respiration tellement c'est petit.

Maintenant, le point faible c'est la batterie. Un accu LiPo aussi fin, ça n'aime ni la chaleur, ni les chocs, ni qu'on s'assoie dessus avec le portefeuille dans la poche arrière. Une mini perforation et hop ça part en fumée, au sens propre.

Krauseler le reconnaît sans détour, et c'est sa plus grosse contrainte. Mais rassurez-vous, il bosse déjà sur des feuilles d'acier inox pour blinder l'accu contre la pression. Pas simple quand on sait que chaque solution crée un nouveau problème...

Bon, et qu'est-ce qu'on en fait au juste de cette Muxcard ?

Hé bien pour l'instant le proto affiche surtout des trucs sur son écran e-paper et joue les cartes de visite qui claquent. Mais pour moi, son potentiel qui fait rêver, ce serait d'imaginer qu'avec le NFC en lecture-écriture et l'ESP32, vous avez là de quoi bricoler un générateur de codes 2FA, un gestionnaire de mots de passe hors ligne, un portefeuille de QR codes pour vos billets de transport et autres, un portefeuille crypto, voire un petit outil de pentesting dans l'esprit du Flipper Zero .

Le tout dans un objet qui se glisse dans votre portefeuille sans que personne ne remarque la différence. En fait, le seul vrai frein, c'est qu'il faut savoir coder son propre firmware Arduino pour en tirer quoi que ce soit.

Maintenant, est-ce qu'on peut le refaire chez soi ?

Bien sûr, Krauseler a mis les schémas, le layout et un firmware d'exemple sur son GitHub mais attention quand même, c'est sous licence CC-BY-NC-SA, donc vous avez le droit de vous amuser à le reproduire mais pas de le vendre.

Maintenant, je pense que vous l'avez compris, reproduire ce truc relève de l'exploit. Il faut l'équipement de photolithographie, une soudure de précision de chirurgien, et surtout une batterie de moins d'un millimètre d'épaisseur que lui-même galère à sourcer. Et sur le coût total de tout ça, on n'a pas l'info ! Dommage, j'aurais bien aimé savoir combien ça coûte.

Bref, c'est moins un produit qu'une démonstration de force. Et c'est surtout une preuve de plus qu'un passionné seul peut encore repousser des limites que l'industrie jugerait pas assez rentable pour s'y coller...

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DATO Ares Q4 - Le SSD aimanté qui se colle partout

Le truc cool avec un disque de backup, c'est quand vous arrêtez de le sortir du tiroir. Et c'est ce que permet de faire le DATO Ares Q4 (lien affilié) qui se trouve être aimanté et que je peux donc coller direct sur le côté de mon Mac Studio . Je l'ai depuis bientôt un an, et c'est devenu mon disque de Time Machine à résidence.

Il est trop mignon parce qu'il est tout petit, puisqu'il mesure 64 par 64 mm, 12 mm d'épaisseur, et 40 grammes, soit à peine plus gros qu'un bloc de petits Post-it, sauf que dedans y'a 4 To de NVMe en USB4. Les aimants sont prévus pour s'accrocher à un iPhone 15/16/17 Pro façon MagSafe, mais en pratique ils tiennent aussi nickel sur n'importe quelle machine, si vous collez le petit aimant-sticker livré avec.

Après je sais pas si coller un aimant sur un ordinateur c'est le move le plus intelligent que j'ai fait de ma vie mais je l'ai collé y'a 1 an, et ça bouge pas et j'ai aucun souci. Après c'est pas des GROS aimants non plus hein... C'est assez fin et pas très aimanté non plus. Et niveau connectique, c'est livré avec un câble USB-C rikiki de 10 cm.

Côté débits l'USB4 crache du 4000 Mo/s en lecture et 3600 Mo/s en écriture et comme c'est du natif, y'a pas de puce intermédiaire entre le NVMe et le port, donc on est max de ce qu'on peut avoir en vitesse avec ce genre de disque. Par contre, faut un port USB4 ou Thunderbolt 4/5 côté Mac, sinon ça retombe sur de l'USB 3.2 classique. C'est pas dramatique mais ça va 'achement moins vite quand même.

Et comme mon Mac Studio embarque 4 To en interne, c'est pile la taille du DATO que je dédie à ma sauvegarde Time Machine. Le sparsebundle peut donc grossir jusqu'à occuper tout le disque sans que je m'en occupe ! Et comme je ne le remplis jamais à 100%, je suis assez tranquille.

En plus de ce SSD, je fais toujours des backups sur mon NAS Synology avec Carbon Copy Cloner à côté parce que je suis parano et qu'on sait jamais...

Côté chauffe, la surprise est plutôt bonne, il reste froid / tiède même en plein transfert. Alors je suis pas sûr mais je me dis que le boîtier en alu du Mac Studio, joue peut-être un petit rôle de dissipateur thermique mais j'sais pas, peut-être pas... En tout cas, ça chauffe pas quoi.

Ce disque est compatible Mac, PC, Linux, et même iPhone Pro en USB-C comme ça si vous avez besoin de filmer de la 4K ProRes HDR direct sur un SSD plutôt que sur la mémoire interne, c'est possible ! Et il est garanti 5 ans, ce qui est toujours bon à prendre.

Voilà, si ça vous intéresse, le DATO Ares Q4 (lien affilié) est dispo sur Amazon en versions 1 To, 2 To ou 4 To .

Un hamster qui court dans une roue peut-il charger un téléphone ? Apparemment oui

Le YouTubeur « Flamethrower » a documenté un projet aussi inutile que satisfaisant : utiliser un hamster comme source d'énergie pour charger son smartphone.

Le principe est simple sur le papier. Vous prenez un hamster, vous le mettez dans une roue, vous reliez la roue à un générateur, et au bout d'une nuit complète d'activité rongeuse, vous obtenez assez de jus pour démarrer la charge d'un téléphone. Pas pour finir la charge, hein. Juste pour la commencer.

Le maker a utilisé un module CJMCU-2557, basé sur la puce TI BQ25770. C'est un composant fait pour récupérer de très petites quantités d'énergie : il accepte des tensions entre 0,1 et 5,1 V (avec un minimum de 0,6 V pour démarrer), un courant max de 0,1 A, et il intègre un supercondensateur pour stocker ce qui rentre.

La roue du hamster fait tourner un petit générateur à courant continu, qui alimente le BQ25770, qui charge le supercondensateur, qui charge ensuite des cellules Li-ion 18650 récupérées sur des batteries usagées. Avec ce relais, l'énergie hamster finit par se stocker dans des batteries qui peuvent ensuite charger un téléphone via un câble USB classique. Bricolage propre.

Maintenant la vraie question : combien d'énergie produit réellement un hamster ? Eh bien très peu en fait.

La chaîne complète de conversion (mécanique vers électrique, supercondensateur vers cellule 18650, cellule vers téléphone) génère des pertes à chaque étage. Du coup, après une nuit, vous avez juste assez pour commencer la charge, pas pour la terminer. C'est très loin du panneau solaire, et encore plus loin d'une simple prise murale.

Mais bon, ce n'est évidemment pas le but. Le projet existe pour démontrer qu'on peut techniquement le faire, pas pour révolutionner la production d'énergie domestique. Le hamster a fait sa petite course, le maker a sa vidéo YouTube avec une vraie puce dedans, et tout le monde apprend quelque chose sur la récupération d'énergie à très basse puissance. Les commentaires de Hackaday ironisent d'ailleurs déjà sur le potentiel du hamster pour la "domination mondiale", ce qui résume assez bien le ton du projet.

Bref… un hamster qui charge votre téléphone, c'est mignon, c'est inutile, et c'est exactement pour ça que c'est génial.

Source : Hackaday

Un passionné a recréé l'Apple Lisa de 1983 dans un FPGA

Voilà un projet qui sort un peu de l'ordinaire. Un développeur a passé huit mois à réimplémenter intégralement l'Apple Lisa, l'ordinateur lancé par Apple en 1983, à l'intérieur d'un FPGA. Le résultat tourne.

Il charge le système d'exploitation Lisa OS et fait fonctionner les logiciels de l'époque comme à la sortie de la machine, sans la moindre puce d'origine. Juste une description matérielle Verilog/VHDL synthétisée sur une carte FPGA moderne.

Pour ceux qui ne suivent pas le rétro-Apple, l'Apple Lisa, c'est l'ancêtre direct du Macintosh. Premier ordinateur grand public d'Apple à intégrer une interface graphique avec souris, prévu pour les pros, mais vendu à un prix faramineux à l'époque (autour de 10 000 dollars de 1983), ce qui l'a tué commercialement avant que le Mac plus accessible vienne reprendre le flambeau l'année suivante.

Aujourd'hui, les Lisa qui marchent encore sont des objets de collection rares, surtout que les disques Twiggy d'origine étaient une catastrophe en termes de fiabilité.

Recréer la machine en FPGA permet de la faire vivoter sans dépendre de pièces qui n'existent plus, et c'est aussi un bel exercice de reverse engineering. Il faut bien bien comprendre le bus, le contrôleur graphique, les puces custom, les timings exacts, et tout retranscrire dans un langage de description matérielle.

Le développeur a documenté chaque sous-système au fil de la construction... On parle là d'un travail de fond qui ferait passer une thèse pour un travail dominical.

Le projet est documenté en vidéo. Le créateur explique chaque étape du portage, les bugs rencontrés (le Lisa avait un système de gestion mémoire inhabituel pour l'époque), et démontre l'ordinateur en train de tourner sur sa carte FPGA finale. Les fichiers du projet (sources Verilog, schémas, images de ROM) sont a priori disponibles pour les amateurs qui veulent reproduire la chose à la maison.

C'est chouette comme projet ! Le rétro-computing à coup de FPGA, c'est probablement la seule façon de garder vivantes des machines comme la Lisa pour les décennies qui viennent.

Source : YouTube

Kawaii - La GameCube découpée au scalpel qui tient dans la poche

Mackie Kannard-Smith vient de sortir Kawaii , une GameCube qui tient dans un porte-clés avec une vraie carte mère Nintendo dedans. Pas d'émulation ni de Raspberry Pi déguisé mais juste du silicium d'origine charcuté à mort pour rentrer dans 60 × 60 × 15,8 mm ! Pour vous donner une idée, c'est plus petit qu'une Game Boy Color et c'est le boîtier en alu bleu anodisé qui fait office de dissipateur thermique passif.

Le truc tourne en réalité sur une carte mère de Wii sévèrement modifiée. Mackie a choisi la Wii (sortie en 2006) plutôt que la GameCube d'origine, parce que la Wii partage la même architecture mais avec une finesse de gravure plus récente. Du coup, c'est plus facile à miniaturiser même si pour arriver à ses fins, il a dû appliquer une technique baptisée Omega Trim qui consiste à tronçonner la PCB multicouche au scalpel et à reconnecter chaque piste à la main avec du fil ultra-fin. Pas simple quand on a des gros doigts ^^.

L'encodeur AV est délocalisé, la NAND flash relogée ailleurs, et le processeur est sous-volté dynamiquement via un régulateur custom. Vous chargez alors les jeux sur une carte microSD qui est scellée à l'intérieur !

Alors pour changer de jeu, il n'y a pas d'autre choix que de littéralement désassembler la console. C'est pas top côté pratique mais comme c'est du prototype de l'extrême et pas une console destinée au grand public, je pense que ça passe ^^.

Et là où c'est bien fichu je trouve, c'est avec le dock magnétique composé de pogo-pins, de 4 ports manettes GameCube d'origine, d'un USB-C pour l'alim, et d'une sortie AV analogique. Comme ça vous posez simplement la console sur la base et vous vous retrouvez avec un setup de salon classique.

Côté température, sans ventilo externe, ça chauffe vite par contre. Le boîtier alu fait son boulot, mais y'a quand même des limites physiques qu'on ne peut pas changer... Donc impossible de l'utiliser trop longtemps sans y ajouter un refroidissement actif en plus (genre ventilo ou watercooling).

Après, vous le savez, j'adore ce genre d'exploit et ce n'est d'ailleurs pas le premier mod du genre que je vous présente. Je vous avais déjà parlé du Short Stack de loopj, qui réduisait une Wii au format d'un paquet de cartes. Et devinez quoi, loopj a aussi contribué à Kawaii !

En réalité, cette communauté de tarés du fer à souder se retrouve sur le forum BitBuilt , où ils s'échangent les techniques de découpe extrême depuis des années, alors si vous voulez vous lancer, c'est the place to be !

Les fichiers de conception de la console Kawaii sont publiés sur GitHub , mais Mackie prévient : y'a aucun guide de build, et la réplication est "extrêmement difficile". En clair, c'est pas un mod du dimanche.

Faut une station de soudage à l'air chaud, une loupe binoculaire, des nerfs en acier et une connaissance fine de l'architecture Wii. À vrai dire, c'est sûrement plus simple d'attendre qu'un mod commercial inspiré du projet sorte un jour (coucou la GameCube Mini qui sortira probablement un jour...). Maintenant, si vous voulez voir la bête en action, Macho Nacho Productions a sorti une review de 21 minutes qui fait bien le tour de la machine :

Bref, Kawaii ça sert à rien, c'est techniquement aberrant comme dirait l'autre, et c'est exactement pour ça que c'est classe !

Source

Ce jeu Steam flingue votre SSD en silence

108 Go par heure. C'est ce que Windrose, le RPG de pirates en Early Access publié par Kraken Express le 14 avril dernier, écrivait silencieusement sur les SSD des joueurs, sans aucune mention dans les notes de mise à jour. Avec déjà 1,5 million de copies vendues et un pic à 69 000 joueurs simultanés, ça commence à faire un sacré paquet de SSD potentiellement bien fatigués.

Le bug a été repéré par Pixel Operative et confirmé par TechSpot puis Tom's Hardware. En jeu, des pics d'écriture grimpaient jusqu'à 30 Mo/s en continu, même quand le personnage se baladait tranquillement dans son camp de base sans rien faire de spécial.

Sur un SSD grand public type TLC avec une endurance affichée autour de 600 TBW, on parle de plusieurs jours de jeu intensif suffisant pour grignoter une bonne part de la durée de vie nominale.

Le problème vient en fait de la façon dont Kraken Express gère la sauvegarde des progressions. Le studio a choisi RocksDB, une base de données clé-valeur très utilisée côté serveur, et en a empilé trois instances en parallèle, chacune avec un cache mémoire ridiculement petit. Du coup, dès que le cache déborde, tout est balancé sur le disque en boucle permanente, sans aucune logique d'optimisation. Pas terrible.

Kraken Express a réagi vite avec le patch 0.10.0.4 déployé le 30 avril. Selon Pixel Operative qui a refait ses mesures après mise à jour, l'utilisation disque baisse de 60 à 75%. C'est nettement mieux, mais ça reste très loin des standards d'un jeu propre. Et surtout, ça ne change strictement rien pour les joueurs qui ont écrit plusieurs téraoctets de données pendant les deux semaines précédant le correctif.

Côté communication, le studio a reconnu le souci mais sans trop s'étendre sur les conséquences possibles pour le matériel. Pas un mot sur une éventuelle aide aux joueurs qui auraient des SSD très entamés. Et impossible de savoir combien de joueurs sont concernés, vu que l'usure d'un SSD ne se voit qu'au moment où il commence à lâcher.

Bref, un Early Access ça reste un Early Access, mais bousiller le hardware des joueurs sans même les prévenir sans les prévenir, c'est pas génial.

Source : Techspot

Un C-3PO grandeur nature transformé en assistant vocal qui répond pour de vrai

Un maker a transformé une réplique grandeur nature de C-3PO en assistant vocal interactif, et le résultat est franchement convaincant. Sa version du droïde papote, répond à vos questions, et tient même une conversation, le tout sans dépendre du moindre cloud une fois en local.

Le truc tient sur un Raspberry Pi 5 planqué dans la coque dorée du droïde. Un micro capte ce que vous racontez, un moteur de speech-to-text le transcrit, et un LLM local s'occupe de comprendre votre question pour formuler une réponse. Jusque là, rien de fou c'est même devenu même assez classique.

Le truc rigolo, c'est la couche par dessus. L'auteur a ajouté un prompt système qui force le LLM à répondre comme C-3PO le ferait : un peu anxieux, très formel, avec ce ton un brin pompeux qu'on connaît tous. Du coup, quand vous lui demandez bêtement la météo, vous pouvez vous prendre une réponse genre "Oh dear, je crains que les conditions atmosphériques ne soient guère favorables à un déplacement humain". Très C-3PO.

Pour la voix, le projet utilise un modèle synthétique entraîné sur les dialogues d'Anthony Daniels, l'acteur original. Le son passe ensuite par une chaîne d'effets audio qui ajoute la résonance métallique et le léger souffle qu'on entend dans les films. Le résultat n'est pas parfait, mais ça reste franchement bluffant pour un projet bricolé à la maison.

Tout le code est dispo en open source, ce qui veut dire que vous pouvez théoriquement le reproduire chez vous, à condition d'avoir une réplique C-3PO sous la main. Ce qui n'est pas le plus simple. Pour les budgets plus modestes, l'auteur précise que le pipeline tourne aussi très bien dans une simple enceinte connectée custom, le côté droïde doré n'étant pas indispensable au fonctionnement.

Le seul vrai bémol, c'est la latence. Entre le moment où vous parlez et la réponse vocale, comptez quelques secondes, ce qui casse un peu l'illusion d'avoir affaire à un assistant réactif. Mais bon, le vrai C-3PO du film mettait aussi trois plombes à comprendre les ordres, donc on peut presque considérer ça comme un détail de fidélité au personnage.

Source : Hackaday

Une appli Android scanne tous les Raspberry Pi de votre réseau

Si vous avez plusieurs Raspberry Pi qui traînent chez vous, vous connaissez la galère du DHCP. Le routeur leur balance des IP différentes au gré des redémarrages, et impossible de savoir laquelle correspond à votre Pi-hole, votre Home Assistant ou votre média center sans aller fouiller dans l'interface admin du box.

Un développeur du nom de Philipp a sorti une appli Android qui résout ça en repérant automatiquement tous les Pi présents sur le LAN.

L'outil utilise deux méthodes de détection complémentaires. D'abord le MAC OUI, c'est-à-dire les premiers octets de l'adresse MAC qui identifient le constructeur du matériel. Tous les Raspberry Pi partagent une plage d'OUI réservée à la fondation, donc on peut les filtrer même au milieu d'une trentaine d'appareils connectés sur un même réseau.

Ensuite le mDNS, le protocole de découverte multicast qui permet à un Pi de répondre à raspberrypi.local même sans configuration serveur particulière.

L'appli n'est pas qu'un scanner. Elle embarque aussi les pinouts GPIO pour tous les modèles, du Pi 1 au Pi 5 en passant par le Zero et le Pico. Et quelques calculatrices électroniques pour les résistances, la loi d'Ohm et les diviseurs de tension. Du coup ça remplace les marque-pages que vous gardiez sur pinout.xyz et autres sites de référence quand vous bidouillez sur breadboard.

Le code est open source, dispo sur GitHub. Pas de pub. Suffisamment rare pour s'en réjouir, quand on voit les dizaines de scanners réseau sur le Play Store qui vous balancent une bannière toutes les trois secondes ou exigent une autorisation d'accès à votre carnet de contacts pour scanner un sous-réseau privé.

Philipp a clairement développé ça pour son usage personnel avant de le mettre à disposition, et ça se sent dans l'absence de fioritures.

À noter qu'il faut être sur le même sous-réseau Wi-Fi que les Pi pour que le scan fonctionne. Si vous avez segmenté votre réseau IoT, ce qui reste une bonne pratique côté sécurité, il faudra autoriser le multicast entre les VLAN ou faire le scan depuis un appareil branché côté domotique. Sinon le mDNS ne traverse pas et vous ne verrez que les Pi du segment courant.

L'intérêt va au-delà du simple gain de temps. Sur un parc Pi un peu costaud, savoir d'un coup d'oeil lesquels sont actifs permet de repérer rapidement un noeud qui a redémarré sans crier gare ou un conteneur tombé. Et pour ceux qui font du déploiement en série, c'est plus rapide que de scripter un nmap sur tout le /24.

Dans tous les cas c'est cool, un petit utilitaire qui résout un vrai problème quotidien et qui mérite sa place dans la boîte à outils de tout bidouilleur Pi. C'est par ici si ça vous branche .

Source : Hackaday

PixelFX Morph 2K : un scaler 1080p pour consoles rétro à peu près accessible

199 $ pour passer vos consoles rétro en HDMI 1080p sans bouillie de pixels et sans latence visible ? C'est ce que promet le Morph 2K, le nouveau scaler analogique-numérique de PixelFX. Pré-commandes le 1er juin, livraisons huit à dix semaines plus tard.

L'idée est de prendre n'importe quel signal analogique des consoles rétro (composite, S-Video, SCART, component) et de le balancer en 1080p sur HDMI moderne, avec une couleur 4:4:4 propre et une sortie pouvant grimper à 60 Hz en VRR.

L'appareil est même pensé pour scaler les sources les plus crades en 240p sans empâter les pixels, ce qui est le grand intérêt de ce genre de boîtier face aux convertisseurs cheap qu'on trouve à 30 € sur AliExpress.

Côté connectique, tout y est. Composite, S-Video, SCART européen, component (les fameux Y-Pb-Pr) : pas besoin de racheter trois adaptateurs séparés. Seul le VGA demande un adaptateur supplémentaire vendu à part, ce qui exclut certaines Dreamcast modées ou les vieux PC rétro. Sinon vous avez la quasi-totalité des sorties analogiques couvertes nativement.

Le Morph 2K embarque aussi un mode simulation CRT optionnel pour ceux qui veulent retrouver les scanlines, le grain et le flou caractéristique des télés à tubes. Le boîtier est WiFi, mais pas pour le streaming des parties, simplement pour les mises à jour firmware et la configuration via une interface web depuis un navigateur. Pratique quand on veut bidouiller les profils par console sans se taper un menu OSD à la télécommande.

Par rapport au Morph 4K vendu autour de 400 $, on perd la sortie 4K (donc pas de pixel-double sur écran UHD), mais 1080p sur un écran moderne, ça reste largement assez pour profiter d'une N64 ou d'une Saturn dans des conditions correctes. La cible est claire : les retrogamers qui veulent de la qualité d'image sans passer aux 400 ou 600 $ d'un OSSC Pro ou d'un RetroTink 4K.

Les pré-commandes ouvrent le 1er juin et les premiers exemplaires devraient partir 8 à 10 semaines plus tard, soit fin août si tout se passe bien côté production. Aucune disponibilité officielle confirmée pour l'Europe au moment où j'écris ces lignes, mais PixelFX livre généralement à l'international via leurs revendeurs habituels.

À ce tarif, le Morph 2K devient intéressant face aux solutions FPGA hardcore qui demandent à la fois plus de budget et plus de bidouille pour être configurées correctement. Plus d'infos par ici .

Source : Time Extension

Vos capteurs d'humidité meurent dans votre salle de bain à cause... de l'humidité

Le BME280 et le DHT22, deux capteurs ultra-populaires en domotique, ont une faiblesse cachée dans leur spécifications : ils ne supportent pas la condensation. Les gens de Mellow Labs ont creusé la question sur Hackaday après avoir flingué plusieurs sondes dans une salle de bain, et le coupable est marqué noir sur blanc dans les caractéristiques du produit, « non-condensing humidity »…

Le souci tient en fait à la physique du truc. Quand l'humidité relative dépasse les 100%, l'air saturé en vapeur d'eau rencontre une surface plus froide, et l'eau se condense en gouttelettes.

Dans une salle de bain c'est un scénario particulièrement fréquent : vous prenez une douche chaude, l'air monte à 95% d'humidité, puis quand le ventilateur souffle ou que vous ouvrez la porte, la température chute brutalement et l'eau se dépose sur tout ce qui est froid. Y compris les composants de votre capteur.

Et là, c'est la mort. La couche sensible (généralement un polymère hygroscopique) est conçue pour absorber la vapeur d'eau, pas pour boire des gouttes. Une fois saturée d'eau liquide, rien ne va plus. Au mieux le capteur renvoie des valeurs aberrantes pendant des heures, au pire il finit par se déglinguer définitivement. Mellow Labs a flingué plusieurs DHT22 et BME280 comme ça avant de comprendre ce qui se passait.

La solution existe heureusement. Sensirion vend le SHT40, un capteur avec un chauffage intégré contrôlable en I2C sur plusieurs niveaux de puissance. Quand il détecte que l'humidité grimpe vers la zone dangereuse (Mellow Labs déclenche le sien à 70%), il chauffe pendant maximum une seconde pour faire évaporer la condensation. Pendant la chauffe il ne mesure rien évidemment, sinon les valeurs seraient fantaisistes, mais ça suffit à protéger le capteur sur le long terme.

Du coup pour ceux qui montent une domotique sérieuse en salle de bain, en cuisine ou dans une cave humide, oubliez les BME280 et DHT22 standards. Ils sont parfaits pour un salon ou une chambre, mais ils ne sont pas conçus pour ces usages. Le surcoût d'un SHT40 ou d'un BME690 reste raisonnable (autour de 10 à 15 € contre 3 à 5 € pour un DHT22), et vous économisez le remplacement annuel.

Au passage, ça vaut le coup de regarder les spécifications avant de coller un capteur dans un endroit compliqué. La mention "non-condensing humidity" se trouve souvent dans les caractéristiques de ce type de produits.

Source : Hackaday

Test de la Yoto Mini : le baladeur sans ecran qui sauve les trajets en voiture avec vos gosses

- Contient des liens affiliés Amazon -

Après le test du Yoto Player Gen 3 , on a voulu voir ce que valait la version portable. La Yoto Mini coûte environ 70 euros, tient dans une poche et promet 20 heures d'autonomie. On l'a confiée au même testeur de 4 ans, le fils d'une amie. Et on a été plutôt convaincus.

Un petit bloc qui encaisse

La Yoto Mini fait 7 cm de côté. C'est un petit bloc dense, qui a l'air de pouvoir survivre à peu près à tout, surtout avec sa protection en silicone : chute sur le bitume, fond de sac à dos, mains d'un enfant de 4 ans. On retrouve les deux gros boutons rotatifs orange pour le volume et la navigation, pas d'écran tactile, pas de lumière bleue. Juste de la mécanique simple que notre cobaye a prise en main tout de suite.

Elle se recharge en USB-C et affiche une autonomie d'environ 20 heures, de quoi traverser la France sans trop de stress. Et point important : la Mini fonctionne toute seule. Pas besoin d'avoir le gros modèle pour l'utiliser, c'est un appareil indépendant. Pour les parents qui hésitent à mettre 100 euros dans le cube de salon, c'est une bonne entrée en matière à 70 euros.

La prise jack et les cartes personnalisables

La vraie différence avec le modèle de salon, c'est la prise jack. On branche un casque, et l'enfant écoute ses histoires sans imposer le générique de ses dessins animés à tout le wagon. La qualité audio est très bonne pour un si petit appareil, on n'est pas sur un jouet qui crachote. Et en Bluetooth, la Mini peut tout à fait servir de petite enceinte une fois arrivé à destination.

Côté contenu, on retrouve le système de cartes physiques Yoto. Les cartes vierges "Make Your Own" sont d'ailleurs le vrai bon plan : en quelques clics sur l'application, on peut y lier un flux RSS de podcast ou des MP3, et l'enfant se balade avec sa propre bibliothèque. Un peu comme nos baladeurs cassettes dans les années 90.

Les cartes ne contiennent pas les données audio, elles servent de clés. Pour écouter en avion, en train ou en rase campagne, il faut juste que le contenu ait été téléchargé dans la mémoire de la Mini avant de partir.

Rien de compliqué : on la laisse sur le Wi-Fi à la maison la veille du départ, et c'est réglé. L'application mobile gère tout le reste : bridage du volume (indispensable sous un casque pour un enfant), état des téléchargements, et le Yoto Daily, un petit podcast matinal gratuit qui est devenu un rituel chez notre testeur.

Pour 70 euros, la Yoto Mini fait le job et elle le fait bien. Solide, simple à utiliser, 20 heures d'autonomie et une vraie qualité audio pour sa taille. Le système de cartes personnalisables est malin, et la prise jack résout le problème numéro un des trajets en famille : le bruit.

Que ce soit en complément du gros cube ou comme premier appareil Yoto, c'est franchement difficile de trouver mieux dans cette catégorie. Un achat qu'on ne regrette pas, pour peu que vous ayez un enfant bien sûr. Disponible par ici sur Amazon !

Rename World - Et si on renommait la Terre entière ?

Et si vous pouviez renommer n'importe quel lieu sur la carte du monde ?

Genre, transformer "Paris" en "Pain au Chocolat City" ou "Bordeaux" en "Chocolatine Land" ? Hé bien c'est exactement ce que propose Rename World , et y'a déjà plus de 40 000 renommages au compteur.

Le principe est hyper simple : vous cliquez sur un nom de lieu, vous proposez un nouveau nom, et la communauté vote. Les meilleures propositions restent, les autres disparaissent dans l'oubli. Y'a pas besoin de créer un compte pour explorer la carte, c'est ouvert à tout le monde et c'est dispo en français !

J'ai d'abord cru que ça allait être un festival de noms vulgaires et de spam... mais en fait non. Le créateur (qui se fait appeler kafk) a mis en place un filtre de mots plus un dashboard d'administration qui lui permet de dégager les trolls en quelques clics. Sur les 40 000+ propositions, le spam reste donc marginal et la majorité des renommages sont soit créatifs, soit du jeu de mots inoffensif. Après évidemment, si quelqu'un challenge votre proposition, faudra convaincre la communauté de voter pour vous.

Je vous présente Clermont-Ferrand ^^ :

Mais le site ne s'arrête pas au simple renommage. Y'a aussi un mode Name Duel où deux propositions s'affrontent en face à face, un Quiz pour tester vos connaissances géo, et un Leaderboard pour les plus prolifiques. Du coup c'est devenu un vrai petit jeu communautaire.

Il y a également un bouton "Hide NZ" qui permet de supprimer carrément la Nouvelle-Zélande de la cartographie mondiale. Si vous traînez un peu sur r/MapsWithoutNZ, vous comprendrez la référence. Et un bouton "Show NZ" pour les gens bien, évidemment.

Côté technique, kafk a préféré utiliser des PMTiles (40 Go stockées chez Cloudflare) plutôt que des tuiles raster classiques, ce qui rend la navigation bien plus fluide. Le rendu vectoriel s'appuie comme d'hab sur OpenStreetMap et tourne sur le serveur d'un de ses potes équipé de 256 Go de RAM (oui, on a les amis qu'on mérite ^^). Attention par contre, si vous cherchez à renommer un endroit précis (genre votre village de consanguins) et que le libellé ne s'affiche pas, faudra jouer avec le niveau de zoom car c'est du vectoriel, les étiquettes géographiques apparaissent à des échelles différentes.

Si vous avez déjà perdu des heures sur des cartes interactives de Westeros , attendez de voir ce qui se passe quand Internet a le droit de renommer le monde réel. Perso, j'ai cherché ce que les gens avaient fait de ma ville... et j'ai pas été déçu. Y'a aussi un Discord pour la communauté si vous voulez proposer des idées ou signaler des soucis.

Bref, allez-y, renommez votre bled, la préfecture de votre département, et bon courage à kafk pour la modération !

Ah et merci à AV pour l'info !

Dualite onde-particule : un YouTuber la teste avec un detecteur de fumee et un capteur a 350 euros

Un vidéaste scientifique vient de reproduire des expériences de physique quantique depuis chez lui, avec un simple détecteur gamma portable et une capsule radioactive récupérée dans un vieux détecteur de fumée. Et les résultats sont plutôt convaincants.

De la physique quantique dans un garage

Huygens Optics, une chaîne YouTube spécialisée dans l'optique et la physique, s'est attaqué à une question qui occupe les physiciens depuis plus d'un siècle : la lumière est-elle une onde ou une particule ? Pour tenter d'y répondre, pas besoin d'un accélérateur de particules ou d'un labo à plusieurs millions d'euros.

Le vidéaste a utilisé un Radiacode 110, un petit détecteur de rayons gamma qui tient dans la main (67 grammes, connecté en Bluetooth à un smartphone), une capsule d'américium-241 extraite d'un détecteur de fumée hors service, un boîtier en plomb coulé maison et un Arduino pour mesurer les impulsions. Le tout pour quelques centaines d'euros.

Trois experiences, zero accelerateur

Première expérience : vérifier que les rayons gamma obéissent bien à la loi de l'inverse du carré. En mesurant le rayonnement à différentes distances de la source, c'est confirmé. Rien de surprenant, mais ça valide le protocole.

Deuxième test, plus costaud : analyser la corrélation temporelle entre deux détecteurs Radiacode placés côté à côté. Résultat, aucune corrélation dans les émissions de l'américium. Par contre, surprise, les deux capteurs ont détecté des corrélations dans le rayonnement cosmique de fond, ces gerbes de particules venues de l'espace qui traversent l'atmosphère en permanence. Un bonus inattendu.

La troisième expérience est la plus parlante. En envoyant des rayons gamma sur un bloc de graphite et en mesurant l'énergie du rayonnement diffusé à différents angles, Huygens Optics a reproduit l'effet Compton. Plus l'angle augmente, plus l'énergie du rayon diminue, exactement comme la théorie le prédit quand un photon percute un électron et lui cède une partie de son énergie.

Ce décalage en énergie est une preuve forte que la quantification n'est pas juste un artefact de la mesure : elle est bien intrinsèque au champ électromagnétique. La lumière se comporte comme des particules, même quand on la teste avec du matériel de bureau.

La science portable

Le Radiacode 110 n'est pas un jouet. Avec son cristal à scintillation de 14 mm de côté, il mesure l'énergie de chaque rayon gamma qui le traverse et peut construire un spectre énergétique en temps réel, le tout affiché sur une application smartphone via Bluetooth. Il coûte autour de 350 euros. C'est le genre d'outil qui, il y a vingt ans, aurait occupé une armoire entière dans un labo universitaire.

On est quand même face à un truc assez dingue : un type, chez lui, avec du matériel grand public, arrive à mettre en évidence un phénomène qui a valu un prix Nobel à Arthur Compton en 1927.

Bon, on ne va pas comparer ça à une publication dans Nature, les conditions restent artisanales et les marges d'erreur ne sont pas discutées en détail. Mais le fait qu'un détecteur portable à 350 euros permette de toucher du doigt la physique fondamentale, ça dit quelque chose sur la démocratisation des instruments scientifiques. 

Source : Hackaday

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