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TPMS - Vos pneus balancent votre position en clair

Gaël Musquet, mon copain hacker, me parlait déjà de tracking TPMS en 2020. Du coup, quand je vois des chercheurs publier un document de recherche en 2026 pour "découvrir" qu'on peut pister une voiture via ses capteurs de pneus, bon, comment dire... je suis pas tombé de ma chaise.

Mais faut reconnaître que l'étude en question va quand même plus loin qu'une discussion entre 2 stands au FIC. En effet, une équipe d'IMDEA Networks et d'armasuisse (le labo de défense suisse, rien que ça) a posé 5 récepteurs SDR dans une ville pendant 10 semaines. Coût du matos, environ 100 dollars par capteur, qui est en gros un Raspberry Pi 4 avec un dongle RTL-SDR à 25 balles. Et grâce à cela, ils ont capté plus de 6 MILLIONS de messages, provenant de plus de 20 000 véhicules !

un Raspberry Pi 4 avec un dongle RTL-SDR - Source

Car oui, vous ne le savez peut-être pas, mais les capteurs de pression des pneus (TPMS pour les intimes) émettent régulièrement dès que le véhicule roule, sur 433 MHz en Europe. Et ces signaux contiennent un identifiant unique... qui bien sûr est en clair ^^. Pas de chiffrement, pas d'authentification, QUE DALLE. Donc avec un logiciel open source comme rtl_433 , ça devient vite facile de capter tout ça à plusieurs dizaines de mètres à la ronde.

En croisant les identifiants captés par plusieurs récepteurs, les chercheurs ont pu reconstituer les trajets des véhicules, identifier leurs horaires de travail, détecter les jours de télétravail et même estimer les variations de charge du véhicule (et potentiellement déduire la présence de passagers, même si c'est encore approximatif). Le tout sans caméra, sans GPS, et sans accès au réseau du véhicule !

Il suffirait de trouver l'identifiant d'une voiture précise pour déclencher par exemple automatiquement un lâcher de confettis en papier parfaitement inoffensifs à son passage, si vous voyez ce que je veux dire.

Alors attention, tous les véhicules ne sont pas logés à la même enseigne. Les TPMS dits "directs" (dTPMS), qu'on trouve souvent chez Toyota, Peugeot, Citroën, Hyundai ou Mercedes, émettent ces fameux signaux radio captables. Alors que les systèmes "indirects" (iTPMS), utilisés par la plupart des modèles Volkswagen, Audi ou Skoda, se basent sur les capteurs ABS et n'émettent rien par radio. Bref, si vous roulez en Golf de base, y'a de bonnes chances que vous soyez tranquilles sur ce coup-là même si certaines versions sportives ou haut de gamme (Golf R, GTI selon les marchés) peuvent embarquer du dTPMS.

Et le pire dans tout ça c'est que la réglementation UN R155 sur la cybersécurité automobile n'impose pas explicitement le chiffrement des TPMS. En gros, les constructeurs ne sont pas forcés de sécuriser ces transmissions. Pirelli et Bosch bossent bien sur un "Cyber Tyre" en Bluetooth Low Energy, mais c'est réservé au haut de gamme et c'est pas demain que ça arrivera sur votre Clio.

Donc côté protection, soyons honnêtes, y'a pas grand-chose à faire côté utilisateur. Vous ne pouvez pas désactiver vos TPMS (c'est obligatoire depuis 2014 pour les voitures neuves en Europe), et les capteurs ne proposent aucune option de chiffrement. Sauf si vous roulez en véhicule vintage d'avant 2014, c'est open bar. Une des parades serait que les constructeurs implémentent un système de rotation d'identifiants, un peu comme le fait déjà le Bluetooth avec les adresses MAC aléatoires, mais pour l'instant on en est loin.

Pour ceux qui veulent creuser le sujet, j'avais fait une rencontre avec Gaël Musquet il y a quelques années, où il expliquait déjà comment reprendre le contrôle de nos véhicules connectés. Et si vous voulez comprendre comment on hacke une voiture de manière plus générale, c'est un rabbit hole sans fond !

Bref, la prochaine fois que vous gonflez vos pneus... dites-leur bonjour de ma part.

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AirSnitch - L'isolation client WiFi ne vous protège pas

Bon, vous connaissez la théorie du travailleur nomade... vous vous posez dans un café avec votre laptop, vous chopez du WiFi gratuit, et vous vous dites que l'isolation client du routeur vous protègera des autres branquignols connectés au même réseau.

Hé ben non ! Car des chercheurs viennent de démontrer que cette protection, c'était du vent... Oui oui, tous les routeurs qu'ils ont testés se sont fait contourner en 2 secondes.

Mais avant, pour ceux qui se demandent ce que c'est, l'isolation client c'est une option que les admins réseau activent sur les bornes WiFi pour empêcher les appareils connectés de communiquer entre eux. En gros, votre laptop ne peut pas voir celui du voisin. Enfin... ça c'est en théorie.

Parce qu'en fait, le truc c'est que cette fonctionnalité n'est même pas définie dans le standard WiFi (IEEE 802.11) ce qui oblige chaque fabricant à faire sa propre tambouille dans son coin, et du coup ça fuit de partout.

L'équipe derrière cette trouvaille, c'est des chercheurs de l'UC Riverside et de KU Leuven, dont Mathy Vanhoef, le même gars qui avait déjà mis le WPA2 à genoux avec KRACK en 2017. Pas un amateur, quoi. Et leur outil, baptisé AirSnitch, vient d'être présenté à la conférence NDSS 2026 .

Ils ont ainsi trouvé 3 méthodes différentes pour contourner la protection d'isolation. La première abuse de la clé de groupe (GTK), normalement réservée au broadcast, pour envoyer du trafic directement à un appareil ciblé. Le pire, c'est que macOS, iOS et Android acceptent ce trafic sans broncher (merci les gars !).

La seconde fait rebondir les paquets via la passerelle, et la troisième vole carrément l'adresse MAC de la victime sur un autre point d'accès pour intercepter son trafic.

Brrrrrr.... 11 routeurs testés, du Netgear R8000 au Cisco Catalyst 9130 en passant par TP-Link, ASUS, Ubiquiti et même OpenWrt 24.10. Et ils sont TOUS vulnérables, sans exception ! Et que vous soyez en WPA2 ou en WPA3, réseau perso ou entreprise, c'est pareil. Donc autant vous dire que ça pue !

Ils ont même réussi à effectuer un Man-in-the-Middle complet (interception de tout le trafic entre vous et Internet) en 2 secondes chrono. La "victime" qui regardait YouTube n'a même pas remarqué de lag et c'est comme ça qu'ils ont pu intercepter tout son trafic, ni vu ni connu.

Alors du coup, on fait quoi ? Hé bien si vous gérez un réseau, oubliez l'isolation client toute seule et passez aux VLANs avec un VLAN par client. Oui c'est lourdingue à mettre en place, mais c'est le prix à payer pour avoir une sécurité solide. Certains constructeurs bossent aussi sur des clés de groupe individuelles par client, ce qui règlerait le problème à la source.

Côté utilisateur, la solution est plus simple... VPN !! Attention, ça ne marche que si le VPN est activé AVANT de vous connecter au réseau, pas après. HTTPS vous protège déjà pour le contenu des sites, mais selon Google, 6 à 20% des pages ne sont toujours pas en HTTPS... et même quand elles le sont, l'attaquant voit quand même où vous surfez et peut tenter du DNS spoofing. Donc sur n'importe quel réseau WiFi public , partez du principe que quelqu'un peut voir votre trafic, parce que visiblement c'est le cas.

Le code source d' AirSnitch est dispo sur GitHub si vous voulez tester votre propre config mais notez que ça nécessitera une carte WiFi compatible avec le mode monitor comme les Alfa (lien affilié), donc pas celle de votre laptop de base.

Bref, la prochaine fois que le WiFi de l'hôtel vous demande d'accepter les CGU en échange d'un accès "sécurisé"... ben gardez votre VPN allumé, hein.

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Clés API Google - 3000 clés publiques donnent accès à Gemini

Les clés API Google que vous collez dans votre JavaScript pour afficher une carte Maps... hé bien elles ne sont plus si inoffensives. Car depuis que Gemini est entré dans la danse, ces mêmes clés donnent maintenant accès à vos fichiers privés et surtout à votre facture IA.

Et personne ne nous a prévenu...

En gros, Google utilise un format de clé unique, les fameuses AIza..., aussi bien pour Maps et Firebase (public, collé dans le HTML, tout le monde s'en fout) que pour Gemini (privé, accès aux fichiers, facturation). Le problème c'est que quand vous activez l'API Gemini sur un projet Google Cloud, TOUTES les clés existantes de ce projet héritent automatiquement de l'accès Gemini. Sans warning, sans notification, sans rien... Ouin !

Les chercheurs de TruffleSecurity ont ainsi trouvé presque 3000 clés API Google valides dans le dataset Common Crawl de novembre 2025. Des clés qui trainent dans du code JavaScript, des pages HTML, des repos GitHub publics... et qui fonctionnent sur l'endpoint Gemini. Il suffit d'un simple curl avec une clé Maps récupérée sur un site web, et hop, vous accédez à l'API Gemini du propriétaire. Fichiers privés, contenu en cache, facturation sur son compte.

Et parmi les victimes, on trouve des institutions financières, des boîtes de cybersécurité, et... Google eux-mêmes (oui oui, vraiment).

Le 21 novembre 2025, TruffleSecurity signale donc le problème et la réponse de Google le 25 novembre c'est : "intended behavior" (comportement normal)... Sauf que le 2 décembre, Google a reclassifié ça en bug, puis le 13 janvier 2026, ça passe finalement en Tier 1. On est donc passé du "c'est normal les frérots" à "ah oui quand même, oupsi oups", en 7 semaines.

Maintenant, pour ceux qui se demandent si leurs clés API Google sont concernées, direction console.cloud.google.com , section "APIs & Services" puis "Identifiants".

Si vous voyez l'API " Generative Language " de Gemini API activée sur un projet avec des clés non restreintes... attention, c'est le moment de faire le ménage. Ajoutez des restrictions IP ou HTTP referrer, et surtout, utilisez des comptes de service plutôt que des clés API pour tout ce qui touche à Gemini (sauf si vous aimez les surprises sur votre facture ^^).

Le truc tordu, c'est que la doc Firebase dit noir sur blanc que les clés API ne sont pas des secrets. Google Maps vous dit carrément de les coller dans votre HTML. Et maintenant, ces mêmes clés donnent accès à une IA qui peut lire vos fichiers. Du CWE-1188 pur et dur ! Et c'est pas la première fois que Google se fait taper sur les doigts pour ce genre de souci avec Gemini .

Du coup, Google a annoncé des nouvelles mesures, du scoped defaults, du blocage de clés fuités, des notifications proactives...etc. Reste donc à voir si ça arrivera avant que les presque 3000 clés exposées soient exploitées par des gens moins bien intentionnés.

Bref, dix ans à dire que c'est public, et hop, aujourd'hui c'est devenu top secret. Bien joué Google !!

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OpenVAS - Le scanner de vulnérabilités open source qui vous dit la vérité sur votre serveur

Vous avez un serveur, un NAS, quelques services qui tournent chez vous ou au boulot, et vous vous demandez si tout ça est bien sécurisé ? Alors plutôt que d'attendre qu'un petit malin vous le fasse savoir de manière désagréable, autant prendre les devants avec un scanner de vulnérabilités.

Attention : si vous scannez le réseau de votre boulot, demandez toujours une autorisation écrite avant car scanner sans permission, c'est illégal et ça peut vous coûter cher. Et ne comptez pas sur moi pour vous apporter des oranges en prison.

OpenVAS (Open Vulnerability Assessment Scanner), c'est l'un des scanners open source les plus connus, maintenu par Greenbone. Une fois en place sur votre réseau, il scanne vos services exposés et vous balance un rapport avec ce qui craint : Ports ouverts, services mal configurés, failles connues, certificats expirés... De quoi repérer une bonne partie de ce qu'un attaquant pourrait exploiter.

L'interface principale d'OpenVAS

Ce qui est cool, c'est que vous restez en mode défensif. C'est pas un outil de pentest offensif ou de hacking pur et dur mais juste un audit de votre propre infra pour savoir où vous en êtes. Et ça tourne avec un feed de vulnérabilités (le Greenbone Community Feed) qui est régulièrement mis à jour, ce qui permet de détecter les failles récentes.

Pour l'installer, une des méthodes c'est de passer par Docker. Greenbone fournit une stack complète avec docker-compose. Après vous cherchez plutôt à analyser spécifiquement vos images de conteneurs, Grype pourrait aussi vous intéresser .

Pour OpenVAS, vous créez un répertoire, vous téléchargez leur fichier de config (jetez toujours un œil dedans avant de l'exécuter, c'est une bonne pratique), et hop :

mkdir -p ~/greenbone-community-container
cd ~/greenbone-community-container
curl -f -O -L https://greenbone.github.io/docs/latest/_static/docker-compose.yml
docker compose pull
docker compose up -d

L'assistant de configuration initiale

Après ça, vous accédez à l'interface web via http://localhost:9392.

Et pour le login, attention, car sur les versions récentes du conteneur communautaire, le mot de passe admin est généré aléatoirement au premier démarrage. Il faut donc aller voir les logs pour le récupérer (docker compose logs -f). Si ça ne marche pas, tentez le classique admin/admin, mais changez-le direct.

La première synchro des feeds peut prendre un moment, le temps que la base de vulnérabilités se télécharge. Vous avez le temps d'aller vous faire un café, c'est pas instantané.

Niveau config machine, la documentation recommande au moins 2 CPU et 4 Go de RAM pour que ça tourne, mais pour scanner un réseau un peu costaud, doublez ça (4 CPU / 8 Go) pour être à l'aise. Et une fois connecté, direction la section scans pour créer une cible avec votre IP ou plage d'adresses. Ensuite vous pouvez lancer un scan avec le profil de votre choix :

Le mode "Discovery" se contente de lister les services et ports ouverts tandis que le mode "Full and Fast" lance une batterie complète de tests de vulnérabilités. Il est conçu pour être "safe" (ne pas planter les services), mais le risque zéro n'existe pas en réseau donc évitez de scanner votre prod en pleine journée sans prévenir.

Les résultats arrivent sous forme de rapport avec un score de criticité comme ça vous avez le détail de ce qui pose problème et souvent des pistes pour corriger. Genre si vous avez un service SSH avec une config un peu lâche ou un serveur web trop bavard, le rapport vous le dira.

Par contre, c'est vrai que l'interface est assez austère comparée à des solutions commerciales comme Nessus mais c'est gratuit, c'est open source, et ça fait le taf pour un audit interne. La version Community a quand même quelques limitations (feed communautaire vs feed entreprise, support, etc.), mais pour surveiller son infra perso ou sa PME, c'est déjà très puissant.

Du coup, si vous voulez savoir ce qui traîne sur votre réseau avant que quelqu'un d'autre le découvre, OpenVAS est un excellent point de départ. Et c'est toujours mieux de découvrir ses failles soi-même que de les lire dans un mail de rançon... enfin, je pense ^^.

A découvrir ici !

Notepad++ - Votre éditeur de texte préféré a été piraté

Si vous utilisez Notepad++, faut que vous sachiez qu'il s'est passé un truc moche. Entre juin et décembre 2025, les serveurs de mise à jour de votre éditeur de texte préféré ont été piratés par Lotus Blossom, un groupe de hackers chinois actifs depuis 2009 et spécialisés dans l'espionnage gouvernemental. Ouin 🥲.

En gros, les attaquants ont réussi à compromettre l'infrastructure de l'ancien hébergeur du projet pour détourner le trafic de mise à jour. Certains utilisateurs se retrouvaient redirigés vers des serveurs malveillants qui leur servaient des binaires vérolés au lieu des vraies mises à jour. Et le chercheur en sécurité Kevin Beaumont confirme que trois organisations ayant des intérêts en Asie de l'Est ont subi des intrusions via cette méthode... avec des hackers qui naviguaient VRAIMENT sur les PC des victimes en temps réel.

Le pire ? Les hackers ont gardé un accès aux services internes jusqu'au 2 décembre, même après la correction de la faille initiale en septembre. Ils exploitaient une vulnérabilité dans le script getDownloadUrl.php et les faiblesses de WinGUP, l'outil de mise à jour. Les anciennes versions utilisaient même un certificat auto-signé dispo sur GitHub... autant dire que c'était open bar.

Rapid7 a publié une analyse technique du malware déployé via cette attaque. Baptisé "Chrysalis", c'est une backdoor complète avec shell interactif, exfiltration de fichiers, création de processus à distance... le package complet de l'espion. Le truc vicieux, c'est que le serveur de commande utilisait une URL qui imitait l'API de DeepSeek pour passer sous les radars.

Beaumont alerte aussi sur le fait que les moteurs de recherche sont bourrés de pubs qui poussent des versions vérolées de Notepad++. Sans compter des extensions malveillantes qui circulent. Bref, c'est la fête.

Bon, pour vous protéger, mettez à jour Notepad++ vers la version 8.9.1 minimum (et pas 8.8.9 comme annoncé initialement, ils ont renforcé les protections depuis). Si vous avez un doute, désinstallez tout et retéléchargez directement depuis notepad-plus-plus.org. Changez vos mots de passe si vous utilisiez cet outil pendant la période critique, et les admins réseau, bloquez l'accès Internet de gup.exe dans votre pare-feu. Hop, c'est réglé. Si vous cherchez des alternatives le temps que ça se tasse, y'a Notepads ou NotepadNext qui font du super boulot, et les indicateurs de compromission sont dans le rapport de Rapid7 .

Bref, restez vigilants !

Source & Source

Command & Conquer : Generals - Un ver attaque ce jeu mort depuis 12 ans

C'est un délire ça ! Je crois que je viens de lire le truc le plus improbable de l'année. Sérieux, vous vous souvenez de Command & Conquer : Generals ? Mais siiii, ce RTS de légende sorti en 2003 bien après C&C et Red Alert !! Hé bien accrochez-vous, car même s'il est techniquement mort depuis la fermeture de GameSpy en 2014, il fait encore parler de lui.

Et pas pour de bonnes raisons. Argh !

Une équipe de chercheurs de chez Atredis Partners s'est penchée sur le code source du jeu, libéré par Electronic Arts début 2025. Au début, j'ai pensé qu'ils avaient juste trouver quelques bugs mineurs, mais en fait, ils ont découvert une série de failles de sécurité totalement dingues qui permettent à n'importe qui de prendre le contrôle de votre PC via le jeu. Carrément...

En réalité le jeu utilise une architecture P2P (peer to peer, qu'on devrait renommer pour l'occasion Pire Trop Pire ^^) qui fait que chaque joueur est connecté directement aux autres. Les chercheurs ont alors mis au point un "ver" baptisé General Graboids qui exploite ces failles pour se propager d'un joueur à l'autre. Concrètement, il utilise une vulnérabilité dans la fonction NetPacket::readFileMessage pour provoquer un bon vieux stack overflow.

Et bim bam boum, une fois en place, l'attaquant peut faire ce qu'il veut. Le ver droppe une DLL malicieuse (genre dbghelp.dll) directement dans le dossier du jeu et l'exécute. Vous êtes en pleine partie et hop, un script force votre base à tout vendre ("Sell Everything"). Puis c'est Game Over et après ça devient la fête du slip avec exécution de commandes système, installation de malwares...etc Y'a qu'à demander, tout est possible.

Ça fait flipper, non ?

Bon alors bien sûr la communauté a réagi super vite (contrairement à EA qui a juste répondu "c'est EOL, salut bisou"). Des correctifs non officiels existent déjà pour boucher ces trous béants mais bonne nouvelle quand même, ça ne concerne que le multijoueur. Si vous jouez en solo dans votre coin, vous ne risquez rien (sauf de perdre contre l'IA qui triche de fou...).

Alors bien sûr, moi aussi j'ai été surpris, mais pour ceux qui se demandent si on peut encore jouer à Command & Conquer Generals, la réponse est oui, mais franchement, installez les patchs communautaires ou GenTool avant de vous lancer en multi sinon, vous risquez de finir avec un PC zombifié par ce jeu vieux de 20 ans.

Bref, si vous voulez voir les détails techniques tout est documenté ici . C'est quand même fou de voir à quel point le code de l'époque était une passoire.

Pour plus d'actu cybersécurité, vous pouvez aussi suivre Korben sur LinkedIn .

Et si vous cherchez d'autres histoires de vieux trucs qu'on démonte, jetez un œil à ce que j'écrivais sur le reverse engineering de Splinter Cell .

Faille UEFI critique - Votre carte mère ASUS, Gigabyte, MSI ou ASRock est peut-être vulnérable

Vous pensiez que votre PC était blindé avec toutes vos protections activées ? Et bien ça c'était avant que des chercheurs de Riot Games (oui, les mêmes mecs derrière League of Legends et Valorant) ne découvrent une bonne grosse faille UEFI qui touche les cartes mères des quatre plus gros fabricants du marché, à savoir ASUS, Gigabyte, MSI et ASRock.

La faille se décline en plusieurs CVE selon les constructeurs (CVE-2025-11901 pour ASUS, CVE-2025-14302 pour Gigabyte, CVE-2025-14303 pour MSI, CVE-2025-14304 pour ASRock) et concerne les protections DMA au démarrage. En gros, le firmware UEFI prétend activer l' IOMMU (un mécanisme matériel d'isolation mémoire destiné à bloquer les attaques DMA), sauf que dans les faits, il ne le configure pas correctement. Votre système pense être protégé alors qu'il ne l'est pas du tout... Bref ça craint !

Du coup, un attaquant qui branche un périphérique PCIe malveillant sur votre machine (notamment via Thunderbolt ou USB4, qui exposent du PCIe) peut lire ou modifier la mémoire système avant même que Windows ou Linux ne démarre. Donc bien avant que vos protections système n'aient eu le temps de se mettre en place quoi... Et comme l'attaque se déroule avant le chargement de l'OS, les antivirus et outils de sécurité logiciels classiques n'ont pas encore démarré et ne peuvent donc pas intervenir. Seule une mise à jour du firmware UEFI peut corriger le problème.

Côté chipsets touchés, accrochez-vous parce que la liste est longue. Chez Gigabyte, les bulletins de sécurité mentionnent notamment des cartes basées sur les séries Intel Z890, W880, Q870, B860, H810, Z790, B760, Z690, Q670, B660, H610, W790, et côté AMD des X870E, X870, B850, B840, X670, B650, A620, A620A et TRX50.

Chez ASUS, les chipsets concernés incluent les séries B460, B560, B660, B760, H410, H510, H610, H470, Z590, Z690, Z790, W480 et W680.

Et de son côté, ASRock indique que ses cartes mères Intel des séries 500, 600, 700 et 800 sont également affectées. Bref, si vous avez une carte mère relativement récente, il y a de bonnes chances qu'elle soit dans le lot, même si cela dépend du modèle précis et de la version de firmware installée.

Bien sûr, comme souvent avec ce type de faille, son exploitation nécessite un accès physique à la machine, puisqu'il faut connecter un périphérique PCIe capable de mener une attaque DMA (par exemple un dongle Thunderbolt ou une carte PCIe spécialement conçue).

Ce n'est donc pas le genre d'attaque qui se propage via Internet, mais c'est quand même problématique, notamment dans les entreprises qui ont des postes de travail accessibles au public, dans les bibliothèques, ou tout autre environnement partagé. Sans parler de quelqu'un qui aurait un accès temporaire à votre machine genre un réparateur, un collègue malveillant, votre ex un peu trop curieux(se)… Ou encore le marché de l'occasion, où personne ne sait vraiment ce qui a pu être branché sur la carte mère avant.

Petite anecdote au passage, les chercheurs de Riot Games sont tombés sur cette faille parce que Valorant refusait de se lancer sur certains systèmes. Leur anti-cheat Vanguard vérifie que les protections DMA sont bien actives au démarrage, et il a détecté que sur certaines machines, ce n'était pas le cas. De fil en aiguille, ils ont creusé et fini par identifier ce problème côté firmware UEFI.

Bref, les quatre constructeurs ont publié (ou sont en train de publier) des mises à jour de firmware pour corriger le problème. Attention toutefois, chez Gigabyte, le correctif pour TRX50 est prévu pour le premier trimestre 2026, et chez ASRock, les BIOS pour les séries 600/700/800 sont disponibles mais ceux de la série 500 sont encore en cours de développement.

Donc allez faire un tour sur le site support de votre fabricant, vérifiez si votre modèle est concerné, et installez le patch si c'est le cas.

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Quand une caméra de surveillance TP-Link laisse traîner ses clés HTTPS partout...

Vous avez peut-être une caméra Tapo C200 qui tourne chez vous pour surveiller le chat, le bébé ou l'entrée. C'est mon cas et j'adore cette caméra mais j'ai une mauvaise nouvelle à vous annoncer... Le chercheur en sécurité Simone Margaritelli (alias evilsocket) vient de passer 150 jours à la disséquer et le résultat n'est pas glorieux pour TP-Link.

Alors déjà, commençons par le plus gros WTF qu'il a découvert... la clé privée HTTPS de la caméra, ce truc censé être ultra-secret qui permet de chiffrer les communications. Et bien elle est hardcodée dans le firmware. C'est donc la même clé pour TOUTES les caméras du même modèle. Du coup, n'importe qui peut faire un Man-in-the-Middle et intercepter ce que vous voyez sur votre caméra. Ah on se met bien déjà là, hein ? ^^

Et attendez, ça ne s'arrête pas là puisque Margaritelli a trouvé un bucket S3 chez Amazon, totalement ouvert au public, qui contient TOUS les firmwares de TOUS les produits TP-Link. C'est open bar, sans authentification, Noël avant l'heure pour les chercheurs en sécu... et les hackers.

En fouillant le firmware avec Ghidra et Claude (oui, l'IA a aidé au reverse engineering), le chercheur a découvert quatre failles critiques. La première, c'est un buffer overflow dans le parser SOAP XML utilisé par le protocole ONVIF. En gros, si vous envoyez un message trop long, la caméra plante. Pas besoin d'être authentifié pour ça, une requête HTTP suffit.

La deuxième faille est du même genre mais dans le header Content-Length. Envoyez 4294967295 (le max d'un entier 32 bits) et boum, integer overflow. Et la troisième, c'est la cerise sur le gâteau puisque l'endpoint connectAp reste accessible sans authentification même après le setup initial. Du coup, un attaquant peut forcer votre caméra à se connecter à son propre réseau WiFi malveillant et intercepter tout le flux vidéo. Vous ne vous y attendiez pas à celle-là, si ?

Et la quatrième faille, oubliée nulle part ailleurs c'est l'API scanApList qui balance la liste de tous les réseaux WiFi autour de la caméra, sans auth. Avec les BSSID récupérés et un outil comme apple_bssid_locator, on peut géolocaliser physiquement la caméra à quelques mètres près. Sur les 25 000 caméras exposées sur le net, ça fait froid dans le dos.

Le plus frustrant dans cette histoire, c'est que Margaritelli a signalé tout ça en juillet 2025 et TP-Link a demandé des rallonges de délai, encore et encore, durant plus de 150 jours. Et au final, les failles ont été corrigées mais pas de patch sur les pages publiques des CVE. Ah et petit détail rigolo, comme TP-Link est sa propre autorité de numérotation CVE, ils s'auto-évaluent sur leurs propres failles. Donc y'a pas de conflit d'intérêt du tout... ahem ahem...

Le chercheur estime qu'environ 25 000 de ces caméras sont exposées directement sur Internet donc si comme moi, vous en avez une, vérifiez que le firmware est bien à jour et surtout, ne l'exposez JAMAIS directement sur le net. Mettez-la derrière un VPN ou un réseau isolé.

Je trouve ça cool que Margaritelli ait utilisé de l'IA pour accélérer la phase de reverse engineering. Avec Claude Opus et Sonnet avec GhidraMCP, il a pu analyser le code assembleur et c'est comme ça que l'IA a identifié rapidement les fonctions vulnérables et expliqué le fonctionnement du code. Bref, l'IA comme outil de hacking, c'est assez ouf...

Voilà, donc si vous avez du matos TP-Link chez vous, gardez un œil sur les mises à jour et réfléchissez à deux fois avant de l'exposer sur le net. Et si vous aimez la lecture, l'analyse complète est dispo sur le blog d'evilsocket .

Beau boulot !

Ces extensions VPN gratuites aspirent toutes vos conversations avec ChatGPT

Vous utilisez une extension VPN gratuite sous Chrome ou Edge pour "protéger votre vie privée" ? Cool story les bro, mais si je vous disais que cette même extension enregistre peut-être toutes vos conversations avec ChatGPT, Claude, Gemini et compagnie pour les revendre à des courtiers en données (les fameux data brokers) ?

Hé bien c'est exactement ce que viennent de découvrir les chercheurs en sécurité de Koi qui ont mis le doigt sur 4 extensions très populaires comptabilisant plus de 8 millions d'utilisateurs au total : Urban VPN Proxy (6 millions à elle seule), 1ClickVPN Proxy, Urban Browser Guard et Urban Ad Blocker qui aspirent silencieusement tout ce que vous tapez dans vos chat IA préférées.

Le truc vicieux, c'est que ces extensions ne se contentent pas de regarder votre historique de navigation comme les trackers classiques. Non non non, elles injectent du code JavaScript directement dans les pages des chatbots IA quand vous les visitez et ça modifie les fonctions de base du navigateur (fetch() et XMLHttpRequest pour les techos) pour intercepter absolument tout ce qui passe entre vous et l'IA.

Vos prompts, les réponses du chatbot, les métadonnées de conversation, tout est aspiré et envoyé vers les serveurs analytics.urban-vpn.com et stats.urban-vpn.com. Et le pire c'est que cette collecte continue en arrière plan même quand le VPN est désactivé. Bye bye tous vos secrets.

Derrière ces extensions se cache Urban Cyber Security Inc., une boîte affiliée à BiScience, un courtier en données bien connu des chercheurs en sécurité. Ces gens-là sont passés de la collecte d'historique de navigation à la collecte de conversations IA complètes, soit un niveau de sensibilité bien supérieur vu ce qu'on peut raconter à une IA (questions médicales, code propriétaire, problèmes personnels, données financières...).

Et devinez quoi ? Ces extensions arboraient fièrement le badge "Featured" sur le Chrome Web Store et le Microsoft Edge Add-ons, censé garantir que Google et Microsoft ont vérifié leur sécurité. Nos deux géants américains ont donc validé des extensions qui violent directement leur propre politique d'utilisation limitée des données utilisateurs.

Bref, si vous avez installé une de ces extensions et utilisé ChatGPT, Claude, Gemini, Copilot, Perplexity, DeepSeek, Grok ou Meta AI depuis juillet de cette année, partez du principe que toutes ces conversations sont maintenant sur les serveurs d'un data broker et potentiellement revendues à des annonceurs.

La morale de l'histoire, c'est que dans le cas des VPN gratuits, le produit c'est littéralement tout ce que vous faites en ligne. Donc si vous voulez vraiment protéger votre vie privée avec un VPN, mieux vaut payer quelques euros par mois pour un service sérieux comme NordVPN ou Surfshark qui n'a pas besoin de revendre vos données pour survivre.

🔒 VPN sérieux vs extensions gratuites douteuses

Pour protéger réellement vos conversations IA et votre vie privée sans finir dans une base de données de data broker, NordVPN fait le job :

  • ✓ Politique stricte de non-conservation des logs (auditée par des tiers indépendants)
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Et désinstallez moi ces merdes immédiatement si vous les avez.

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Deep Eye - Le scanner de vulns multi-IA

Ce serait cool si on pouvait réunir les Avengers des LLMs pour les faire bosser ensemble sur de la recherche de faille de sécurité ? OpenAI, Anthropic, X.AI et Meta ensemble contre les forces du mal, c’est maintenant possible avec Deep Eye , un super scanner de vulnérabilités qui transforme les quatre IA rivales en équipe de pentesteurs. Vous allez voir, c’est assez génial !

Deep Eye, c’est donc un outil Python open source qui scanne les sites web et les API pour trouver des vulnérabilités. SQL injection, XSS, command injection, SSRF, path traversal, authentication bypass, au total y’a plus de 45 méthodes d’attaque automatisées. Vous lui indiquez une URL, et il teste tout en switchant entre les services d’IA selon le contexte.

Dans le contexte d’un pentest légitime, Deep Eye a même trouvé comment parler aux IA pour qu’elles acceptent de pondre du code un peu sensible. Et ça tombe bien car chaque IA a ses forces et ses faiblesses. GPT-4 par exemple excelle sur les payloads créatifs et les contournements de filtres. Claude lui est plus méthodique, et capable de mieux analyser le contexte et de génèrer des attaques adaptées au framework détecté. LLAMA en local quand à lui est rapide et ne coûte rien en appels API. Et Grok ? Bah il a le mérite d’être dispo même s’il est loin d’être le meilleur.

Deep Eye en tout cas est capable des les utiliser toutes selon la situation. Pour l’installer, ça se passe en 3 commandes :

Vous installez ça comme ceci :

git clone https://github.com/zakirkun/deep-eye.git
cd deep-eye

Puis sous Windows :

cd scripts
./install.ps1

Ou sous macOS / Linux :

chmod +x scripts/install.sh
cd scripts
./install.sh

Ensuite, vous n’avez plus qu’à configurer vos clés API dans config/config.yaml puis à le lancer comme ceci avec Python :

python deep_eye.py -u https://example.com

Et c’est parti pour le scan ! Il commencera par de la reconnaissance passive, énumèrera les DNS, découvrira les sous-domaines, testera les fameuses 45 méthodes d’attaque, génèrera les payloads avec les IA, et vous sortira un rapport incroyable (ou pas) en PDF, HTML ou JSON.

Bien sûr, Deep Eye est conçu pour des tests de sécurité autorisés uniquement donc utilisez le uniquement sur vos propres systèmes, ou sur des systèmes pour lesquels vous avez une autorisation d’agir écrite car vous le savez, scanner un site sans permission, c’est illégal !!!

Bref, ça ne remplace pas encore de vrais pentesters mais ça peut permettre de faire un peu d’analyse en amont histoire de voir où on met les pieds.

Merci à lorenper pour la découverte 🙏

Il balance un stream de DOOM sur des caméras Yi pleines de failles

Vous avez une caméra de surveillance connectée chez vous ? Du genre petite caméra Yi à 15 balles achetée sur AliExpress pour surveiller le salon ou le chat quand vous n’êtes pas là ? Alors tenez-vous bien parce qu’un chercheur a réussi à faire tourner DOOM dessus. Et sans toucher au firmware s’il vous plait ! Il a juste exploité le stream vidéo et quelques bugs bien sentis de l’appareil.

Luke M a publié son projet Yihaw sur GitHub et ça fait un peu peur car si quelqu’un peut hijacker le stream de votre caméra pour y balancer un FPS des années 90, il peut aussi faire pas mal d’autres trucs beaucoup moins rigolos.

Le hack est assez cool d’ailleurs car ces caméras Yi tournent sur un petit processeur ARM sous Linux. Elles ont donc une app mobile qui vous permet de voir le stream en temps réel et Luke M a trouvé plusieurs vulnérabilités dans la stack réseau de la caméra. Je vous passe les détails mais avec ces bugs, il peut injecter du code arbitraire sans modifier le firmware.

Il peut alors créer trois threads qui tournent en parallèle. Le premier récupère les frames YUV420p directement depuis le capteur de la caméra. Le deuxième convertit ça en h264. Le troisième, au lieu d’envoyer le flux vidéo normal, envoie DOOM. Du coup, vous ouvrez l’app Yi IoT sur votre smartphone et vous voyez le Doomguy buter des demons au lieu de voir votre salon. C’est rigolo, hein ?

Ces caméras Yi, il y en a des millions installées partout dans le monde. Bureaux, maisons, magasins…etc car elles sont pas chères, elles marchent plutôt bien, elles ont une app correcte, mais leur sécurité c’est une vraie passoire. C’est bourré de bugs qu’on trouve en une après-midi avec un fuzzer basique.

Luke M liste plusieurs exploits dans son repo GitHub et c’est un vrai buffet à volonté pour quelqu’un qui veut prendre le contrôle de ces caméras. Bien sûr ce serait illégal alors personne ne le fait, surtout parce que ça demande quand même un peu de boulot pour chaque modèle de caméra. Mais les outils existent, les vulnérabilités sont connues, et si un chercheur solo peut le faire pour s’amuser avec DOOM, imaginez ce qu’un botnet bien pensé pourrait faire.

Tous ces trucs qu’on a chez nous, qui tournent sur du Linux embarqué avec des stacks réseau écrites à l’arrache par des équipes chinoises sous-payées qui doivent sortir un produit tous les trois mois.

C’est beau non ?

Source (c’est du PDF)

Diffrays - Un super outil de diffing binaire IDA Pro pour la recherche de vulnérabilités

Tous les mardis soir, c’est la même chose dans le petit monde de la cybersécurité : Microsoft balance ses patches, et dès le mercredi matin, c’est la ruée vers l’or pour les experts sécu. Bienvenue dans l’univers déjanté de l’Exploit Wednesday, où des chercheurs du monde entier se transforment en cyber-archéologues pour y déterrer les vulnérabilités avant que les méchants ne s’en emparent afin de coder des exploits.

Et un nouvel outil vient de débarquer pour pimenter cette course folle : Diffrays .

Imaginez… il est 3h du matin, on est mercredi et pendant que vous dormez tranquillement, des milliers de chercheurs en sécurité sont déjà en train de comparer frénétiquement les binaires de Windows fraîchement patchés avec leurs versions vulnérables.

Pourquoi est-ce qu’ils font ça ? Hé bien c’est parce que chaque seconde compte. L’IA a réduit de 40% le temps nécessaire pour identifier une vulnérabilité à partir d’un patch et ce qui prenait des jours prend maintenant des heures, notamment aux cybercriminels, du coup, la course s’est transformée en sprint.

Et c’est là que Diffrays entre en scène. Cet outil, conçu par pwnfuzz, fait ce qu’on appelle du “patch diffing”. Pour les non-initiés, le patch diffing, c’est l’art de comparer deux versions d’un programme pour trouver ce qui a changé. Un peu comme comparer deux photos pour jouer au jeu des 7 différences, sauf que là, on cherche des bugs qui valent potentiellement des millions.

Pour cela, Diffrays utilise IDA Pro et sa nouvelle IDA Domain API pour extraire le pseudocode des fonctions et les comparer de manière structurée. Et ce n’est un vulgaire comparateur de texte…non… Diffrays génère en fait une base de données SQLite complète avec toutes les différences trouvées, et lance même un serveur web local pour naviguer dans les résultats. Vous tapez diffrays diff old.exe new.exe, puis diffrays server --db-path results.sqlite, et hop, vous avez une jolie interface web sur http://localhost:5555 pour explorer ces changements.

Grâce à cet outil, chacun peut savoir exactement comment Microsoft corrige ses bugs. Prenez par exemple l’analyse du driver Clfs.sys montrée dans la documentation de Diffrays . Les chercheurs ont téléchargé deux versions du driver. La première vulnérable (10.0.22621.5037) et la seconde patchée (10.0.22621.5189) puis ont laissé Diffrays faire son travail… Et en quelques minutes, l’outil a identifié exactement quelles fonctions avaient été modifiées et comment.

Évidemment, Diffrays n’est pas seul sur ce marché juteux. Google a son BinDiff , il y a aussi Diaphora, et maintenant même des outils boostés à l’IA comme DeepDiff qui convertissent le code en “embeddings” (des représentations mathématiques) pour trouver des similarités. Mais Diffrays a un avantage, il est open source, gratuit, et surtout, il est conçu spécifiquement pour la recherche. Pas de conneries marketing, juste du code qui fait le taf.

D’ici 2026 , les experts prédisent que le patch diffing assisté par IA sera la norme dans toutes les red teams et programmes de bug bounty. On parle même de plateformes de diffing en temps réel avec des bases de données de vulnérabilités crowdsourcées.

Voilà, donc si vous voulez vous lancer dans ce genre d’analyses comparatives de binaires, sachez que Diffrays est sur GitHub , et qu’il est prêt à transformer vos mercredis matins en séances de fouilles intensives. Et n’oubliez pas… avec un grand pouvoir vient une grande responsabilité ! Sinon, c’est la zonzon, comme pour Sarko !

Buttercup - L'IA qui trouve et patche automatiquement les failles de sécurité

Ce serait quoi un monde où les bugs de sécurité se font corriger avant même que les hackers ne les trouvent ? Ce serait plus calme non ? J’écrirais moins sur les failles de sécurité cela dit, mais ça me ferais plus de temps pour chiller dans le hamac. Breeeef, ça va peut-être se produire bientôt car c’est exactement ce que vient de rendre possible Trail of Bits en libérant Buttercup, leur système AI qui a décroché la deuxième place et 3 millions de dollars au challenge AIxCC du DARPA.

Et c’est maintenant open source et ça tourne sur votre laptop.

La tendance actuelle c’est une explosion des vulnérabilités… y’a plus de code produit que jamais, des dépendances partout, et des hackers de plus en plus organisés. Donc les équipes de sécurité sont débordées et passent leur temps à courir après les failles. Heureusement, Buttercup vient inverser complètement la donne en automatisant tout le processus, de la détection au patch.

Ce qui rend ce système spécial, c’est qu’il combine le meilleur des deux mondes. D’un côté, les techniques classiques de cybersécurité comme le fuzzing (bombarder le code avec des entrées aléatoires pour le faire planter) et l’analyse statique. Et de l’autre, sept agents IA différents qui collaborent pour comprendre le contexte, générer des patchs et vérifier qu’ils ne cassent rien d’autre.

Lorsqu’on lui confie une analyse, d’abord, Buttercup lance donc une campagne de fuzzing augmentée par IA sur votre code. Et au lieu de tester bêtement des entrées aléatoires, l’IA apprend quels patterns ont le plus de chances de révéler des bugs. Puis, quand une vulnérabilité est trouvée, le système utilise des outils comme tree-sitter et CodeQuery pour créer un modèle complet du programme et comprendre exactement comment le bug s’intègre dans l’architecture globale.

Et c’est là que ça devient vraiment intéressant car les sept agents IA entrent alors en action, avec chacun avec sa spécialité. L’un analyse le bug, l’autre génère des propositions de patch, un troisième vérifie que le patch ne casse pas les tests existants, et ainsi de suite. Ils se coordonnent tous pour produire un patch normalement robuste qui corrige vraiment le problème sans créer de régression.

Pendant la compétition DARPA à DEF CON 33, Buttercup a impressionné tout le monde. Le système a trouvé et patché des vulnérabilités dans 20 des 25 CWEs les plus dangereux selon MITRE. Et je vous parle de trucs sérieux : buffer overflows, injections SQL, race conditions… Trail of Bits a même reçu le prix “LOC Ness Monster” pour avoir soumis un patch de plus de 300 lignes qui fonctionnait parfaitement.

Ce qui est fou, c’est qu’ils ont obtenu ces résultats en utilisant uniquement des modèles IA moins chers, non-reasoning, et pas les gros modèles de raisonnement ultra-chers. Ça veut dire que c’est accessible pour des projets normaux, pas seulement pour les géants de la tech avec des budgets illimités.

L’installation est vraiment simple pour un outil de cette complexité :

git clone --recurse-submodules https://github.com/trailofbits/buttercup.git
cd buttercup
make setup-local
make deploy-local

Bon, il vous faudra quand même 8 cœurs CPU, 16GB de RAM et environ 100GB d’espace disque. Plus des clés API pour OpenAI ou Anthropic si vous voulez utiliser les fonctionnalités IA. Mais comparé à d’autres outils de sécurité enterprise, c’est vraiment raisonnable. Rassurez-vous aussi, il est possible de fixer un budget maximum en conso API.

Le système supporte actuellement le C et le Java, avec une compatibilité OSS-Fuzz pour s’intégrer facilement dans vos pipelines existants. Il y a même une interface web pour monitorer les tâches en cours et voir exactement ce que fait le système.

Ce qui me plaît vraiment dans ce projet, c’est surtout la philosophie derrière car au lieu de garder cette technologie secrète ou de la vendre hyper cher, Trail of Bits a décidé de tout libérer. Ils ont même créé une version “laptop-friendly” spécialement optimisée pour tourner sur des machines normales, pas juste des clusters de serveurs.

Dans le contexte actuel, c’est une vraie révolution. Google a par exemple montré que son IA peut trouver de nouvelles vulnérabilités dans des projets open source majeurs et Meta développe AutoPatchBench pour standardiser la réparation automatique. Mais Buttercup est le premier système complet, de bout en bout, et open source.

Avec cet outil, des projets open source pourrait se patcher automatiquement et les développeurs pourraient alors se concentrer sur les features au lieu de passer des heures à debugger. Bien sûr, ce n’est pas magique et Buttercup ne remplacera pas les experts en sécurité mais c’est un outil incroyablement puissant qui peut automatiser la partie la plus répétitive et chronophage du travail. Et vu que c’est open source, la communauté peut l’améliorer, l’adapter à ses besoins, créer des plugins…

Donc, si vous bossez dans le dev ou la sécurité, allez jeter un œil au GitHub de Buttercup et qui sait, peut-être qu’un jour on regardera en arrière et on se demandera comment on faisait sans IA pour sécuriser notre code.

Sploitus - Le Google des exploits et des outils de hacking

Si vous bossez dans la sécu ou que vous êtes juste curieux de comprendre comment fonctionnent les vulnérabilités, je vais vous parler d’un outil qui va vous changer la vie : Sploitus. C’est comme Google mais pour trouver des exploits sécu et avec un crâne-pieuvre en logo.

Créé par Anton “Bo0om” Lopanitsyn, un chercheur en sécurité web basé à Moscou, Sploitus est devenu LA référence pour trouver rapidement des exploits, des proof-of-concepts et des outils de hacking. Le site indexe en temps réel tout ce qui sort dans le domaine de la sécurité offensive et ça, c’est vraiment pratique quand vous devez vérifier si un système est vulnérable.

Sur sploitus.com, vous avez une barre de recherche toute simple dans laquelle vous pouvez chercher par nom de logiciel, par CVE (Common Vulnerabilities and Exposures), par type d’exploit ou même par auteur. Et le moteur va alors fouiller dans sa base de données massive et vous sortir tous les exploits pertinents.

Ce qui est cool avec Sploitus, c’est qu’il agrège plusieurs sources. On y trouve des exploits venant d’Exploit-DB, de GitHub, de Packet Storm, et plein d’autres plateformes. Comme ça au lieu de perdre du temps à chercher sur 15 sites différents, vous avez tout centralisé au même endroit et cerise sur le gâteau, les résultats sont triables par date ou par score de pertinence.

Pour chaque exploit, vous avez donc accès à pas mal d’infos utiles : la description détaillée, le code source (quand il est dispo), les plateformes affectées, et surtout un lien vers la source originale. C’est super important ça, parce que vous pouvez vérifier l’authenticité de l’exploit et voir s’il y a des mises à jour ou des commentaires de la communauté.

Le site propose aussi des flux RSS et Atom si vous voulez suivre en temps réel les nouveaux exploits qui sortent. C’est donc super pratique si comme moi, vous faites de la veille techno ou pour surveiller les vulnérabilités qui touchent vos systèmes. Y’a même un mode sombre pour ceux qui préfèrent coder la nuit (ou qui veulent juste faire plus hacker ^^).

Ah et petit détail sympa, des développeurs ont créé des scripts Python pour interroger Sploitus en ligne de commande. Le projet sploitus-search sur GitHub permet par exemple d’intégrer les recherches Sploitus directement dans vos outils de pentest. C’est super pratique par exemple pendant les CTF ou les audits de sécurité.

Maintenant, parlons un peu de l’aspect légal et éthique, parce que c’est aussi très important. Sploitus a eu par le passé quelques soucis avec des plaintes DMCA, notamment concernant un exploit WordPress, mais globalement, le site reste dans la légalité en tant que moteur de recherche qui indexe du contenu public.

CEPENDANT, les exploits référencés sur Sploitus sont des outils puissants qui peuvent causer des dégâts considérables s’ils sont mal utilisés. L’utilisation de ces exploits sur des systèmes dont vous n’êtes pas propriétaire ou sans autorisation explicite est illégale et peut vous valoir de sérieux problèmes judiciaires. Et ne comptez pas sur moi pour vous apporter des oranges en prison !

Ces outils sont donc destinés aux professionnels de la sécurité pour :

  • Tester la sécurité de leurs propres systèmes
  • Effectuer des audits autorisés
  • Comprendre les vulnérabilités pour mieux s’en protéger
  • Faire de la recherche en sécurité informatique

Voilà, donc si vous débutez dans le domaine, je vous conseille fortement de vous former d’abord aux bases de la sécurité informatique et de toujours travailler dans un environnement de test isolé.

D’ailleurs, Sploitus n’est pas le seul dans son genre. Vous avez aussi Exploit-DB qui propose SearchSploit en ligne de commande pour les recherches hors ligne, ou encore la base de données CVE officielle du MITRE. Mais l’avantage de Sploitus, c’est vraiment cette agrégation de sources multiples et cette interface web simple et efficace.

Voilà… Et n’oubliez jamais que le but de ce genre d’outils, c’est de sécuriser les systèmes, pas de les compromettre.

SpeculationControl - Un module PowerShell anti-Spectre / Meltdown

Vous vous souvenez de Spectre et de Meltdown ? Mais siiii, ces petites vulnérabilités qui ont foutu le bazar dans tous les processeurs en 2018 ?

Eh bien figurez-vous que Microsoft vient de mettre à jour son outil de vérification, histoire de nous rappeler que nos CPU sont toujours aussi troués qu’un emmental (Oui, le gruyère n’a pas de trou). Le module SpeculationControl pour PowerShell évolue donc et c’est l’occasion parfaite de faire un petit check-up sécurité de vos machines.

DeepTeam - Un framework red teaming pour sécuriser vos LLM

Vous savez ce qui me fait marrer ? Les sociétés qui proposent de l’IA sur le web passent leur temps a bien verrouiller leurs serveurs contre les attaques classiques, alors que pendant ce temps-là, y’a leur IA qui se fait jailbreaker par un simple “ignore toutes tes instructions précédentes”.

Et c’est un problème car les LLM (Large Language Models) sont partout ! Dans nos chatbots, nos agents IA, nos pipelines RAG…etc mais qui teste réellement leur sécurité ? Hé bien pas encore assez de monde à mon goût, et c’est bien le problème. Même les modèles les plus récents comme GPT-4o ou Claude restent vulnérables à des attaques adversariales relativement simples, avec des taux de réussite de 100% dans certains cas.

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