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DLSS 5 - Nvidia rend vos jeux plus beaux que la vraie vie

Vous connaissez cette sensation bizarre quand un personnage de jeu vidéo est presque réaliste, mais que quelque chose cloche ? Les yeux morts, la peau en plastique, le sourire figé comme un masque en silicone... Hé bien ce phénomène, c'est ce qu'on appelle l'uncanny valley (la vallée de l'étrange), et Nvidia vient d'annoncer à la GTC 2026 que c'était bientôt terminé grâce à DLSS 5. Jack Lang, prends garde !!

Leur concept s'appelle "rendu neuronal" et en gros, ça fusionne l'IA générative avec le moteur 3D classique. En fait, le processeur graphique analyse chaque image de votre écran 4K et comprend ce que sont la peau, les cheveux, les vêtements, puis recalcule l'éclairage et les ombres pour que tout ait l'air vrai. Jensen Huang parle de combiner données structurées (la 3D prédictive) avec du calcul probabiliste (l'IA générative) et ce qu'on obtient à la sortie, c'est du photoréalisme en temps réel sur votre écran.

La démo parle d'elle-même comme vous pouvez le voir !

Par exemple, sur Resident Evil Requiem, un perso avec des yeux de poisson mort et une peau de mannequin en cire se transforme en quelque chose de photoréaliste. C'est assez dingue. Sur Starfield également, les pupilles et les expressions en carton-pâte deviennent vivantes, car le moteur recalcule les reflets de lumière dans les iris, pixel par pixel. Sur EA Sports FC, le visage d'un joueur de foot gagne des imperfections de peau, des rougeurs sur les joues, des ridules sur le front (bref, la vraie vie quoi). Et pareil sur Hogwarts Legacy.

Par contre, tout ça doit tourner en 16 millisecondes par image et comme y'a pas le temps faire du rendu ciné sur des fermes de serveurs à l'autre bout de la planète (ah les gamers, ces pollueurs ^^), pour la démo sur scène, Nvidia a aligné deux cartes GeForce RTX 5090 en tandem, une pour le rendu et l'autre pour le DLSS 5. Ce n'est pas forcément à la portée de toutes les bourses, ces bêtes-là mais rassurez-vous, à la sortie cet automne, ça tournera sur une seule carte (ouf !). Reste à voir maintenant si l'IA générative ne va pas halluciner un sixième doigt de temps en temps, mais bon, c'est le jeu (ma pauvre Lucette...).

Côté adoption, Bethesda, Capcom, NCSoft, Tencent et Warner Bros sont déjà dans la boucle donc on devrait voir du rendu neuronal dans pas mal de gros titres d'ici fin 2026. D'ailleurs, si le sujet de l' upscaling par IA vous parle, Microsoft avait lancé Auto SR dans le même esprit pour Windows 11.

Après moi ce que j'aimerais surtout, à vrai dire, c'est que Nvidia pousse le concept un cran plus loin et nous sorte des lunettes AR avec du rendu neuronal intégré. Du DLSS 5 mais pour le monde réel !

Ce serait génial pour à la fois pour magnifier les paysages d'Auvergne, les volcans du Puy-de-Dôme... mais surtout pour mettre un petit coup de frais SUR LA GROSSE TÊTE CRASSEUSE de certaines personnes que je croise parfois (non, en vrai, je croise personne, je sors pas de chez moi). Ça ce serait du vrai metaverse les amis !!

Source

Il avait porté DOOM sur Super Nintendo en 1995, il revient trente ans plus tard pour corriger sa copie

Randal Linden est le développeur qui avait réussi l'exploit de faire tourner DOOM sur la Super Nintendo en 1995. Trente ans plus tard, il s’est associé à Limited Run Games pour ressortir une version améliorée sur cartouche, avec un processeur Raspberry Pi caché à l'intérieur.

Dans un long échange accordé à Kotaku, il revient sur ce projet un peu fou et sur les coulisses techniques du portage.

Reverse-engineerer son propre code, trente ans après

À l'époque, Linden bossait chez Sculptured Software, un studio basé à Salt Lake City. L'idée de départ était assez artisanale : acheter des cartouches Star Fox en magasin, les ouvrir, et remplacer la ROM par de la RAM pour tester les capacités de la puce Super FX. Le prototype a suffisamment impressionné ses supérieurs pour qu'ils aillent le présenter directement à id Software au Texas. Le feu vert a suivi.

Le portage de 1995, c'était un moteur entièrement reconstruit de zéro, sans une seule ligne de code d'id Software. Linden avait créé son propre assembleur, son propre linker et son propre débogueur. Mais les contraintes hardware de la SNES avaient imposé des sacrifices : un framerate poussif, pas de textures au sol et au plafond, des niveaux modifiés, et le quatrième épisode supprimé.

Quand Audi Sorlie, de Limited Run Games, lui a posé la question de savoir s'il referait les choses différemment, Linden a répondu qu'il avait « plein d'idées » mais que personne ne lui avait jamais demandé d'y retoucher. Jusqu'à maintenant.

Une puce Raspberry Pi qui se fait passer pour un Super FX

La solution technique est plutôt marrante. La cartouche embarque un Raspberry Pi RP2350 qui émule le processeur Super FX. Comme l'explique Linden à Kotaku, « la Super Nintendo ne sait pas qu'elle ne parle pas à un vrai Super FX ».

Le code est quasiment identique à ce qu'il écrirait pour la puce d'origine, mais avec des performances largement supérieures.

Le résultat : circle strafing, framerate amélioré, support du rumble, et les quatre épisodes complets enfin disponibles sur SNES. Linden admet aussi avoir dû reverse-engineerer son propre code vieux de trente ans. « C'était assez compliqué, une partie du code. Je me suis dit : wow, j'étais vraiment intelligent à l'époque. »

Bethesda a dit oui sans trop hésiter

Côté droits, il fallait quand même convaincre Bethesda, propriétaire de la licence DOOM. Selon Sorlie, la réaction initiale a été plutôt incrédule : « Vous voulez retourner développer pour la Super Nintendo ? Genre, pour de vrai ? » 

Mais le retour de Linden sur le projet et les premiers prototypes ont suffi à convaincre. « Ils étaient aussi enthousiastes que nous. »

C'est le genre d'histoire qui rappelle que derrière les jeux vidéo, il y a parfois des parcours assez improbables. Linden n'avait pas pu appeler id Software pour pitcher son idée en 1995, il avait dû bricoler un prototype avec des cartouches Star Fox achetées en magasin, et trente ans plus tard il se retrouve à relire du code assembleur qu'il ne comprend plus lui-même.

Le projet a un côté un peu absurde, mais c'est aussi ce qui le rend attachant. Reste à voir si les fans de retrogaming seront au rendez-vous, mais vu que l'édition collector limitée à 666 exemplaires s'est déjà envolée, on a un début de réponse.

Source : Kotaku

GB Recompiled - Vos ROMs Game Boy traduites en C natif

La recompilation statique , je vous en avais parlé avec Zelda 64 et Sonic Unleashed. Le principe, en gros c'est qu'au lieu d'émuler bêtement le processeur et la mémoire d'origine, on traduit tout simplement le code assembleur du jeu directement en C natif. Du coup le jeu tourne nativement sur votre machine, sans couche d'émulation.

Et la bonne nouvelle du jour c'est que cette technique vient de parvenir jusqu'à la Game Boy avec GB Recompiled .

Vous filez à cet outil un fichier .gb et il vous sort OKLM un dossier avec du code C, un CMakeLists.txt et tout ce qu'il faut pour le compiler. Vous lancez cmake puis ninja, et votre vieux Pokemon Bleu tourne nativement sur votre PC plutôt que de passer par un émulateur qui simule le processeur Z80 à chaque frame.

Plutôt chouette non ???

Pour réussir ce tour de force, le recompilateur parse les opcodes Z80 de la cartouche, construit un graphe de contrôle de flux et résout les sauts indirects (genre les tables de jump, le truc qui rend la décompilation galère parce que l'adresse de destination dépend de la valeur d'un registre). Le taux de découverte dépasse alors les 98% même sur des RPGs bien touffus... pas mal pour de l'analyse purement statique !

Côté compatibilité, 7 jeux sont pour le moment validés : Tetris, Pokemon Blue, Donkey Kong Land, Kirby's Dream Land, Zelda Link's Awakening, Castlevania et Super Mario Land.

Par contre, attention, tous les jeux ne passent pas encore. Le runtime embarque un rendu PPU scanline , un système audio 4 canaux et les contrôleurs mémoire MBC1, MBC2, MBC3 et MBC5. Et comme tout ça tourne avec SDL2, du coup ça compile tranquillou sur macOS, Linux et Windows sans broncher !

Y'a aussi des outils de vérification assez bien pensés. Par exemple, un mode différentiel lance le binaire recompilé et un interpréteur Z80 côte à côte, puis compare l'exécution cycle par cycle avec une implémentation de référence. Tant que ça colle, le portage est fidèle !

Et y'a aussi un script Python basé sur PyBoy qui génère des traces d'exécution pour repérer les instructions que l'analyse statique aurait loupées. Voilà, ce que je veux vous dire c'est que c'est pas juste un traducteur tout bête. Y'a vraiment tout un pipeline de tests derrière pour assurer le meilleur portage possible.

Si vous avez suivi les autres projets autour de la portable de Nintendo, comme le GB Interceptor qui espionne le bus mémoire avec un adaptateur USB ou le Game Bub et son FPGA Xilinx, GB Recompiled choisit plutôt l'angle purement logiciel. Là où le FPGA reproduit les circuits et l'émulateur simule le CPU, la recompilation traduit le code source. Ce sont 3 philosophies différentes mais qui ont un seul et même objectif : Faire en sorte que ces jeux ne crèvent pas avec leurs cartouches en plastique gris.

Pour tester chez vous, c'est du classique : un petit terminal, un petit git clone, un cmake, un ninja, et vous passez votre fichier .gb au recompilateur.

git clone https://github.com/arcanite24/gb-recompiled.git
cd gb-recompiled
cmake -G Ninja -B build .
ninja -C build

# Générer le code C depuis la ROM
./build/bin/gbrecomp path/to/game.gb -o output/game

# Compiler la nouvelle version en C
cmake -G Ninja -S output/game -B output/game/build
ninja -C output/game/build

# Optionnel: Baisser ou augmenter le niveau d'optimisation
cmake -S output/game -B output/game/build -DGBRECOMP_GENERATED_OPT_LEVEL=2

# Et on lance !
./output/game/build/game

Voilà comment avec juste quelques commandes, votre bonne vieille cartouche GB peut enfin tourner nativement sur votre laptop. Notez que le support Game Boy Color est dans les tuyaux, ainsi qu'un build Android.

Le projet est franchement actif et ça sent très bon pour la suite !

La Xbox One enfin hackée après 12 ans d'invincibilité

La Xbox One n'a jamais été hackée ! Eh oui, depuis 2013, la console de Microsoft narguait la communauté du reverse engineering pendant que les PlayStation, les Switch et autres 3DS tombaient les unes après les autres. Microsoft la décrivait même comme "le produit le plus sécurisé jamais créé" mdrrrr.

Bon bah c'est fini comme vous vous en doutez car à la conférence RE//verse 2026 à Orlando, Markus "doom" Gaasedelen a réussi à exécuter du code arbitraire sur le boot ROM de la console, autrement dit c'est un hack hardware impossible à corriger.

Du coup, comment on casse un truc réputé incassable ?

Eh bien toute la sécurité de la Xbox One repose sur un minuscule processeur ARM Cortex R4, le Platform Security Processor (PSP), planqué dans un coin du SoC AMD.

Ce PSP contient un boot ROM gravé directement dans le silicium... et c'est le seul composant que Microsoft ne peut pas mettre à jour. L'architecte de la sécu Xbox, Tony Chen, l'avait dit lui-même en 2019 : "le seul bug logiciel dont on ne peut pas se remettre, c'est un bug dans le boot ROM".

Le die shot du SoC Xbox One. Le PSP est planqué tout en bas à droite.

Sauf que Markus n'a pas cherché de bug logiciel, parce y'en a pas. Le code du boot ROM est linéaire, hyper audité, sans la moindre faille. Du coup, il est passé par le hardware avec du voltage glitching.

Le principe c'est de faire s'effondrer brièvement le rail d'alimentation du processeur (en gros, on colle un MOSFET sur le rail et on tire la tension vers le bas pendant 100 à 200 nanosecondes) pour corrompre l'exécution d'une instruction. Et Microsoft avait quand même blindé le truc en prenant soin de ne pas mettre de pin reset accessible, pas d'UART, pas de JTAG, pas de post codes de diagnostic (désactivés par des fusibles), et surtout 37 stalls randomisés qui décalent le timing du boot à chaque démarrage. En gros, c'est comme essayer de crocheter une serrure dans le noir, avec des moufles, et la serrure qui change de position toutes les 2 secondes.

D'ailleurs, c'était la première fois que Markus faisait du glitching de sa vie. Au début, il a galéré sur le mauvais rail d'alimentation (la tension 1.8V, finalement un cul-de-sac) avant de trouver le bon (le North Bridge core). Et là, en balançant ses impulsions de voltage au bon moment, il a réussi à activer les post codes que Microsoft avait désactivés par fusibles. Premier signe que la bête était vulnérable !!!!

Le setup de glitching : oscilloscope, carte mère Xbox One et fils partout.

Ensuite, il a ciblé les opérations memcopy du boot ROM, là où les données contrôlées par l'attaquant transitent dans les registres du processeur. Un glitch bien placé pendant un memcopy, et hop, le pointeur d'instruction du processeur part n'importe où. Résultat : 0x41414141 qui sort sur le bus I2C, la preuve qu'on contrôle l'exécution du boot ROM !

Bon par contre, il était enfermé dans un "user jail", une sandbox ARM avec seulement quelques Ko de code accessible. Et c'est pas si simple d'en sortir.

0x41414141 sur le bus I2C. ROP'd OUT MY POST CODE !

Et là, coup de génie du mec : un double glitch sur le même boot.

Le premier casse la boucle d'initialisation du MPU (la protection mémoire ARM, les 12 régions qui créent les jails), le second hijack le pointeur d'instruction pendant le memcopy.

Combiner les deux sur un seul démarrage, c'est du genre 1 chance sur 100 par glitch, soit environ 1 sur 10 000 pour le combo donc autant dire qu'il faut laisser tourner la machine des centaines de milliers de fois. Mais ça marche !! Avec le MPU désactivé et le pointeur d'instruction sous son contrôle, Markus obtient alors l'exécution de code en mode superviseur, avant même que le boot ROM n'ait vérifié les signatures ou déchiffré quoi que ce soit.

Bingo !! Et les conséquences sont radicales puisque grâce à ce hack, il peut maintenant déchiffrer tous les jeux, les firmwares et les mises à jour passés, présents et futurs.

Il peut aussi dé-pairer les NAND et lecteurs optiques pour la réparation. Et comme c'est gravé dans le silicium, c'est impatchable, comme le Reset Glitch Hack de la 360 à l'époque. Pour l'instant, ça concerne uniquement le modèle Xbox One Fat de 2013.

Ah et petit détail croustillant.... Microsoft avait prévu des moniteurs anti-glitch dans le SoC pour détecter les perturbations de voltage, mais sur les premières révisions ils n'arrivaient pas à les stabiliser, du coup ils les ont désactivés par fusibles. Pas de bol. Après sur les modèles suivants (One S, One X) ils sont activés, mais Markus pense que ses techniques pourraient quand même être adaptées.

Le boot flow du PSP. Le hijack se produit à l'étape 4, avant toute vérification crypto.

Le plus dingue c'est que le hack en version finale ne nécessite que 3 fils soudés sur la carte mère ! Tout le reste, les dizaines de sondes à crochet, l'oscilloscope 4 voies, l'analyseur logique branché sur le bus I2C et les GPIO, c'était juste pour comprendre ce qui se passait.

Et le fait qu'il ait construit un émulateur du boot ROM avec l'aide de l'IA pour étudier le comportement du processeur, je trouve ça encore plus incroyable !

Bref, je vous laisse avec la conf en intégralité pour les plus motivés :

Et voilà comment 12 ans de "IMPOSSIBLE À PIRATER" se termine avec 3 fils soudés et 2 glitches bien placés. Pas mal !

Bravo Markus !

Microsoft va bientôt transformer votre PC Windows 11 en console Xbox

Microsoft a profité de la GDC 2026 pour annoncer l'arrivée du Xbox Mode sur tous les PC sous Windows 11 dès le mois d'avril. L'interface plein écran, pensée pour la manette, était jusqu'à présent réservée aux consoles portables ASUS ROG Xbox Ally.

Une interface console sur n'importe quel PC

Le Xbox Mode, c'est l'interface plein écran que les possesseurs (dont je suis) de ROG Xbox Ally et Ally X connaissent déjà. Un environnement épuré, optimisé pour la navigation à la manette, qui donne accès à toute votre bibliothèque de jeux sans passer par le bureau Windows. Vous lancez le mode, vous jouez, et vous pouvez revenir au bureau classique à tout moment.

Microsoft l'étend donc à tous les appareils sous Windows 11 : PC fixes, portables et tablettes. Le déploiement commence en avril dans certains marchés, avant une extension progressive au reste du monde.

Côté entreprise, le mode est disponible sur Windows 11 Pro mais désactivé par défaut sur les machines connectées à un réseau d'entreprise, avec la possibilité pour les administrateurs IT de le bloquer, parce qu’il ne faut pas déconner quand même bande de feignasses, on n'est pas là pour rigoler.

Le message aux développeurs est clair

Le vice-président Xbox Jason Ronald a été direct : pour développer pour Xbox à l'avenir, il faudra développer pour PC. Microsoft pousse le GDK unifié, son kit de développement qui permet de créer un jeu une seule fois et de le faire tourner sur PC et sur console.

Le catalogue Xbox Play Anywhere compte désormais plus de 1 500 jeux et 500 studios partenaires, et la progression se synchronise entre les appareils.

Et puis il y a Project Helix, la prochaine console Xbox. Asha Sharma, la patronne de la division, a confirmé qu'elle jouera à la fois aux jeux console et aux jeux PC. Les kits de développement alpha partiront chez les studios en 2027, ce qui repousse une sortie grand public à 2028 au plus tôt.

Un PC qui fait console, ou une console qui fait PC ?

La vraie question derrière tout ça, c'est la fusion entre PC et Xbox. Microsoft ne veut plus que les joueurs choisissent entre les deux, et le Xbox Mode est le premier morceau visible de cette stratégie.

Sur le papier, pouvoir basculer entre Windows et une interface console avec un bouton, c'est exactement ce que les possesseurs de PC portables gaming et de handhelds demandaient. Reste à voir si l'interface sera aussi fluide sur un PC classique que sur un Ally X conçu pour.

Cette annonce est clairement un gros coup de la part de Microsoft. Transformer n'importe quel PC Windows 11 en quasi-console Xbox, c'est malin, et ça répond à un vrai besoin pour tous ceux qui branchent une manette sur leur portable. Le fait que Play Anywhere dépasse les 1 500 jeux est aussi un bon signal.

Sources : Windows Central , WCC Tech

Un émulateur Xbox arrive sur Android à 8 dollars, et ça pose problème

Un développeur indépendant a porté xemu, l'émulateur Xbox open source , sur Android sous le nom de X1 BOX. L'application était d'abord vendue 8 dollars sur le Play Store, ce qui a provoqué un tollé côté communauté et chez les développeurs du projet original. Une version gratuite est depuis disponible sur GitHub.

X1 BOX : la Xbox de 2001 dans votre poche

Le projet xemu existe depuis plusieurs années sur PC et permet d'émuler la Xbox originale de 2001 avec une bonne précision. Le développeur izzy2lost, déjà connu pour PSX2 (un émulateur PS2 sur Android) et plusieurs portages de jeux N64, a repris le code source pour le faire tourner sur téléphone.

Son application X1 BOX propose une interface Android avec un lanceur de jeux, la récupération automatique des jaquettes, et des commandes tactiles qui disparaissent quand vous branchez une manette Bluetooth. Un assistant de configuration guide l'utilisateur pour pointer vers les fichiers système nécessaires.

Côté matériel, il faut compter sur un appareil costaud : Android 8.0 minimum, un processeur ARM 64 bits avec support Vulkan, et au moins 8 Go de RAM. Un Snapdragon 8 Gen 2 ou plus récent est recommandé pour que ça tourne de façon à peu près jouable. Autant dire que les petits téléphones d'entrée de gamme auront du mal à tenir la route.

8 dollars pour du code gratuit

Le problème est venu du modèle économique. izzy2lost a mis X1 BOX sur le Google Play Store à 8 dollars. Techniquement, vendre un logiciel GPL n'est pas illégal, mais dans la communauté open source, reprendre le travail des autres pour le monétiser sans collaborer, ça n’est pas très chic.

Le développeur principal de xemu a réagi sur les réseaux : « Les arnaqueurs arnaqueront toujours ». Il a aussi confirmé qu'une version officielle Android de xemu arriverait, gratuite. Depuis, izzy2lost a mis le code et l'APK en téléchargement libre sur GitHub.

L'émulation Xbox sur Android, c'est un cap qui vient d'être franchi, et ça fait plaisir. Sauf que la méthode laisse un goût un peu amer. Prendre un projet communautaire maintenu bénévolement, le packager pour Android et le vendre 8 dollars sans prévenir personne, c'est le genre de truc qui crispe à juste titre.

Le code est sous GPL, donc techniquement c'est légal, mais l'éthique, c'est autre chose. En tout cas, la bonne nouvelle c'est que le portage existe et qu'il est gratuit sur GitHub. On attend quand même la version officielle de xemu, qui devrait régler la question une bonne fois pour toutes.

Source : Time Extension

Cette mini borne d'arcade tient dans la main et tourne sur un ESP32

Un développeur a créé Galagino, un émulateur open source qui fait tourner Pac-Man, Galaga, Donkey Kong et trois autres classiques de l'arcade sur un simple microcontrôleur ESP32. Le projet est gratuit, le code est sur GitHub, et avec quelques composants et une imprimante 3D vous fabriquez votre propre mini borne pour presque rien.

Six jeux d'arcade sur une puce à quelques euros

Galagino est un projet open source développé par Till Harbaum. Le principe : émuler des jeux d'arcade des années 80 sur un ESP32, cette petite puce à double coeur cadencée à 240 MHz qui coûte une poignée d'euros. Et ça ne rigole pas côté catalogue, puisque six titres sont pris en charge : Galaga, Pac-Man, Donkey Kong, Frogger, Dig Dug et 1942.

L'émulation est complète, avec le son et la vidéo, le tout affiché sur un petit écran TFT de 320 x 240 pixels en 2 à 3 pouces. Pour les contrôles, cinq boutons poussoirs suffisent, ou un joystick si vous préférez. Le Galaga d'origine tournait sur trois processeurs Z80 plus deux puces dédiées aux entrées et au son. Ici, l'ESP32 gère tout seul, et les deux coeurs sont quand même bien sollicités.

Le Cheap Yellow Display, la solution tout-en-un

Pour ceux qui ne veulent pas souder trop de composants, il existe une alternative bien pratique : le Cheap Yellow Display. C'est une carte ESP32 qui intègre l'écran tactile, un slot micro SD, la sortie audio et le module Wi-Fi dans un seul boîtier.

Il suffit d'y brancher une manette Nunchuk de Wii et un petit haut-parleur pour avoir une borne fonctionnelle. La communauté a aussi développé des boîtiers imprimés en 3D, et certains ont même recyclé des coques de mini bornes My Arcade du commerce pour y glisser la carte.

Tout le code, les fichiers 3D et les instructions de montage sont disponibles sur GitHub. Seul détail : les ROM des jeux ne sont pas incluses pour des raisons évidentes de licence, il faut les fournir vous-même.

Un projet qui vit bien

Le dépôt GitHub compte 186 commits et une communauté active qui continue d'ajouter des jeux comme Frogger, Dig Dug et 1942, et des contributeurs travaillent sur d'autres titres. Davide Gatti, du collectif Survival Hacking, a même porté le projet sur Arduino et publié un tuto vidéo complet pour fabriquer sa borne de A à Z. Le résultat tient dans la paume de la main, avec en option un éclairage LED pour le fronton, histoire de faire comme les vraies.

C’est trop chouette, et c’est exactement le genre de projet qui donne envie de ressortir le fer à souder. Pour quelques euros de composants et un week-end de bricolage, vous repartez avec une borne d'arcade de poche qui fait tourner Pac-Man et Donkey Kong.

Difficile de faire plus chouette en termes de rapport effort/résultat. Et puis le fait que la communauté continue d'ajouter des jeux montre que le projet a de beaux restes devant lui. En tout cas, si vous cherchiez une excuse pour acheter un ESP32, la voilà.

Source : Hackster

Vous n'arrivez pas à finir un jeu ? Microsoft va le finir pour vous

Microsoft vient de publier un brevet qui décrit un système capable d'envoyer une IA ou un autre joueur prendre le contrôle de votre partie quand vous êtes bloqué. Sony travaille sur une idée similaire de son côté. Visiblement les deux géants du jeu vidéo veulent que vous ne restiez plus jamais coincé sur un boss, même si ça veut dire que quelqu'un d'autre joue à votre place.

Un assistant qui prend la manette

On est donc là devant un brevet plutôt intéressant qui porte le doux nom de "Video Game Help Sessions", il a été déposé en février 2024, et vient à peine d'être publié. Le principe est assez simple : quand le système détecte que vous galérez un peu trop sur un passage, un gros bouton HELP apparaît à l'écran.

Si vous êtes ok sur le principe, la partie est automatiquement sauvegardée, et une aide prend le contrôle de votre personnage, histoire de vous débloquer la partie. Cette aide peut être une IA ou un humain.

Sony a la même idée

Microsoft n'est pas le seul à avoir eu cette idée. Sony a déposé un brevet du même genre en septembre 2024, mis à jour début 2026, pour un système baptisé Ghost Player. Côté PlayStation, c'est exclusivement de l'IA, avec deux modes : un Mode Guide où le fantôme vous montre la marche à suivre, et un Mode Complet où l'IA prend la main et finit le passage pour vous.

La principale différence avec le brevet Xbox, c'est que Microsoft mise aussi sur l'aide humaine et que le système détecte lui-même quand vous avez besoin d'un coup de main, au lieu d'attendre que vous le demandiez.

Juste un brevet pour le moment

Rappelons quand même qu'un brevet n'est pas une annonce produit. Microsoft et Sony déposent des dizaines de brevets chaque année, et la plupart ne voient jamais le jour.

Rien ne garantit que ce système arrivera un jour sur Xbox ou PlayStation. La nouvelle patronne de Microsoft Gaming, Asha Sharma, a tenu à préciser que l'entreprise ne produirait pas de "soulless AI slop", autrement dit pas de bouillie générée par l'IA sans âme. Ce qui donne une idée de la prudence affichée en interne.

Franchement, l'idée est intéressante sur le papier. Je suis tellement du genre à quitter définitivement un jeu dès que je bloque sur un boss ou un niveau, que ce genre de truc pourrait me plaire. Mais il y a quand même un truc philosophique là-dedans : si l'IA ou un inconnu finit le jeu à votre place, c'est encore votre partie ? Le brevet pose aussi la question de l'attribution des succès et des achievements.

Source : Dexerto

Un moddeur fait tourner GTA 5 en ray tracing sur une PS5 sous Linux

Andy Nguyen, chercheur en sécurité informatique, a réussi à installer Linux sur une PlayStation 5 et à faire tourner GTA 5 Enhanced Edition en 1440p à 60 images par seconde, ray tracing activé. La console se transforme alors en une sorte de « Steam Machine ». Mais l'exploit ne fonctionne que sur les toutes premières PS5, celles qui n'ont jamais été mises à jour depuis leur achat.

GTA 5 Enhanced en 1440p à 60 FPS

Le résultat est assez bluffant. Andy Nguyen, connu sous le pseudo theflow0, a partagé une vidéo montrant GTA 5 Enhanced Edition qui tourne à 60 images par seconde en 1440p avec le ray tracing activé, le tout sur une PS5 standard, pas la Pro. Le processeur tourne à 3,2 GHz et le GPU à 2,0 GHz, des fréquences volontairement bridées parce que la console commence à surchauffer au-delà. En théorie, le CPU pourrait monter à 3,5 GHz et le GPU à 2,23 GHz, mais le système de refroidissement ne suit pas. La sortie vidéo 4K en HDMI fonctionne, le son aussi, et tous les ports USB sont opérationnels. Pour les pilotes graphiques, Nguyen a travaillé avec le projet open source Mesa pour ajouter le support du GPU de la PS5.

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Un exploit réservé aux premières PS5

Pour faire tourner Linux sur la console, il faut passer par un exploit appelé Byepervisor, développé par la communauté PS5Dev. Ce hack contourne l'hyperviseur de Sony, la couche de sécurité qui empêche l'exécution de code non autorisé sur la console. Sauf que l'exploit ne marche que sur les firmwares 1.xx à 2.xx, les tout premiers sortis au lancement de la console fin 2020. Si vous avez connecté votre PS5 à Internet ne serait-ce qu'une fois, il y a de grandes chances que le firmware ait été mis à jour automatiquement. On parle donc clairement de consoles qui n'ont pas bougé de leur boîte depuis plus de cinq ans.

La PS5 transformée en Steam Machine

Nguyen a promis de publier les instructions « avant la sortie de GTA 6 ». Le projet transforme la PS5 en ce qu'il appelle une « Steam Machine », un clin d'œil aux consoles de Valve qui avaient tenté de combiner PC et salon en 2015. Et il y a un argument qui tient la route : avec le prix actuel de la RAM, une PS5 d'occasion toujours équipée de l'ancien firmware pourrait coûter moins cher qu'un PC à performances équivalentes pour jouer sous Linux. Mais bon, encore faut-il trouver une PS5 qui n'a jamais vu la couleur d'une mise à jour, et ce n'est pas exactement le genre de chose qu'on déniche facilement. Si vous en avez une qui traîne, il y a peut-être moyen de vous faire un peu de sous avec !

Quoi qu'il en soit, c'est du beau boulot. On est là sur de l'ingénierie de haut vol, même si on est hélas quand même loin de la bidouille grand public.

Source : XDA Developers

Directory Dungeon - Un donjon dans vos dossiers Windows

Un dungeon crawler dans l'explorateur de fichiers Windows c'est maintenant une réalité grâce à Directory Dungeon qui transforme votre arborescence de fichiers en donjon, avec monstres, du loot et des combats au tour par tour. Du coup forcément, ça m'a intrigué.

Dans ce jeu, vous ouvrez un dossier C:\DirectoryDungeon sur votre PC et dedans y'a des salles de donjon. Ensuite, pour vous déplacer, vous glissez-déposez votre dossier "Player" dans une nouvelle pièce. Oui du vrai drag-and-drop dans explorer.exe.

Et votre inventaire, c'est un sous-dossier. Vos armes et armures, vous les équipez en les déposant dans le répertoire "Equipment". Et quand vous tombez sur un monstre, le combat se résout automatiquement dans une fenêtre console cmd.exe à côté. Du texte, des chiffres, du tour par tour. C'est old school à mort.

Vous l'aurez compris, y'a pas de surcouche graphique. C'est très nerd comme truc... Vous jouez dans explorer.exe que vous utilisez tous les jours, sauf que là y'a des squelettes dedans. C'est assez absurde en fait et c'est pour ça que ça le fait plutôt bien !

Côté config requise, faut 64 Mo de RAM, 65 Mo de stockage, un processeur 1 GHz minimum et... "un moniteur" comme indiqué dans les prérequis. En fait, si votre PC fait tourner Windows 7, vous pouvez jouer et c'est compatible jusqu'à Windows 11, donc pas besoin d'une bête de course.

Le développeur JuhrJuhr a donc choisi de coller un vrai système RPG complet dans l'arborescence de votre disque dur plutôt que de faire un jeu classique et rassurez-vous, le jeu ne touche à aucun fichier en dehors de son propre répertoire, donc vos documents et autres nudes sont safe. Et comme le mentionne fièrement le dev, aucune IA générative n'a été utilisée pour le développement. On dirait bien que c'est devenu un argument de vente ! lol

Voilà, si vous aimez les dungeon crawlers rétro à l'ancienne ou les délires qui détournent votre OS (genre DOOM en screensaver Windows ), ce petit RPG est pile dans cette veine. Y'a les achievements Steam, le partage familial, et une démo v1.8 déjà dispo pour tester avant la sortie prévue en mars 2026. Seul bémol, c'est Windows uniquement pour le moment, sauf si un portage Linux finit par arriver... On ne sait jamais...

Recalbox 10 débarque avec le support du Raspberry Pi 5 et du Steam Deck

– Article invité, rédigé par Vincent Lautier

Recalbox vient de publier la version 10 de sa distribution open-source française dédiée au rétrogaming. Au programme, le support du Raspberry Pi 5 et du Pi 500, l'arrivée sur Steam Deck en version LCD et OLED, de nouvelles émulations dont la Xbox originale et la GameCube, une interface entièrement revue, et du matériel dédié pour les fans de CRT et de bornes d'arcade. Que du bon.

Du Raspberry Pi 5 au Steam Deck

La version 10 de Recalbox élargit donc son catalogue de matériel compatible, et pas qu'un peu. Le Raspberry Pi 5 est désormais pris en charge, y compris dans sa version 2 Go de RAM, tout comme le Raspberry Pi 500. Mais surtout, la distribution débarque sur les consoles portables PC. Le Steam Deck, en version LCD comme OLED, profite d'une intégration qui gère la luminosité et le mode veille directement depuis l'interface. La très bonne Asus ROG Ally et le Lenovo Legion Go débarquent aussi, même si le support reste expérimental pour le moment. On passe quand même d'un projet pensé pour Raspberry Pi à une distribution qui tourne sur une tonne de machines différentes.

Une interface repensée

Côté émulation, la version 10 ajoute la Xbox originale exclusivement sur PC et Steam Deck (sous réserve de puissance suffisante). Sur Raspberry Pi 5, ce sont la GameCube, la Wii, la Nintendo DS et le Sega Model 3 qui font leur entrée. Si ces systèmes tournent de manière fluide dans la majorité des cas (environ 80 %), on atteint ici les limites matérielles du Pi 5 : certains titres très gourmands pourront donc montrer quelques signes de ralentissement.

Du matériel pour les fans de rétro

Pour ceux qui veulent aller plus loin que le logiciel, Recalbox continue de proposer du matériel dédié de qualité. Le RGB DUAL 2 et le RGB JAMMA 2 permettent de brancher des écrans CRT et des bornes d'arcade avec une gestion dynamique des résolutions. Le projet pousse le concept encore plus loin avec le Recalbox Card Reader et ses RecalCards, des cartouches physiques qui lancent un jeu quand on les insère, à l'ancienne. Et si vous cherchez du clé en main, la boutique propose des kits RecalTower préinstallés avec Raspberry Pi 5, et ça on aime.

J'ai toujours un Raspberry Pi avec Recalbox chez moi, et tout ceci me donne bien sûr très envie de tout mettre à jour !

Article invité publié par Vincent Lautier .
Vous pouvez aussi me lire sur mon blog , sur Mac4ever , ou lire tous les tests que je publie ici, comme cette Webcam 4K , ou ce dock Thunderbolt 5 .

Quand votre télécommande était une manette - L'époque oubliée des jeux sur DVD

Si vous avez grandi dans les années 90 ou 2000 , il y a de fortes chances que vous ayez connu cette époque un peu étrange où le DVD tentait de devenir le centre de divertissement ultime. On achetait nos films en boite, on les collectionnait fièrement sur nos étagères, et on passait parfois pas mal de temps à naviguer dans des menus (souvent en 4/3) avec notre télécommande.

Mais est-ce que vous vous souvenez de ces fameux "jeux" planqués dans les bonus ?

C'était un truc de fou quand on y repense. Certains éditeurs voulaient absolument exploiter le côté "Digital Versatile Disc" et nous pondaient des mini-jeux interactifs. C'était un peu l'équivalent informatique du bouclier de Captain America, ça protégeait l'intérêt du disque en rajoutant une couche de fun (ou de frustration, c'est selon). Un peu comme ces émissions télé des années 80/90 qui nous faisaient rêver de futur interactif.

Dans cette vidéo géniale de la chaîne memoria.exe , on suit une exploration de ces pépites dénichées chez Goodwill. Le concept est de tester des jeux sur des DVD de films que l'on n'a même pas vus, juste pour l'expérience "gaming". Et le moins qu'on puisse dire, c'est que c'est souvent techniquement pété.

Vous utilisiez les flèches de votre télécommande de salon pour déplacer un curseur ou faire des choix. C'était poussif, avec une latence perceptible due aux limites de l' authoring DVD et aux accès mécaniques du lecteur (le fameux bruit de moulin à café au moindre clic), mais on s'en foutait, c'était "interactif" !

On y découvre des trucs lunaires comme le "sentient minecart" dans Voyage au Centre de la Terre (un jeu de rythme pété à la télécommande), ou encore un portrait surréaliste du jeune Josh Hutcherson (alors âgé de 12 ans) qui semble être une vidéo sponsorisée par Billabong avant l'heure. Entre les jeux de cuisine de Kronk dans Kuzco, les trivia impossibles de Ecole paternelle et les mini-jeux de Shrek ou Nos voisins, les hommes, y'avait de quoi faire.

Perso, ça me fait penser aux expériences interactives que Netflix a tenté de populariser récemment avec des titres comme Bandersnatch (même si ce dernier a fini par quitter le catalogue en 2025). Sauf qu'à l'époque, si vous vous plantiez, fallait parfois se retaper un loooong chargement bruyant. C'est raté comme votre dernière coupe de cheveux, mais ça avait un charme fou.

C'était surtout une période d'expérimentation où certains espéraient que le DVD puisse même concurrencer les consoles de jeu familiales mais bon, l'histoire a montré que jouer à la télécommande, c'était quand même une idée de merde, même si ça reste l'une de ces madeleines de notre jeunesse.

Bref, si vous voulez vous payer une bonne tranche de nostalgie et voir à quel point on était patients à l'époque, allez jeter un œil à cette exploration. Ça envoie du bois et ça rappelle des souvenirs de soirées pluvieuses à essayer de finir un mini-jeu de labyrinthe ou de "mix master" sur nos premiers disques. On insère le DVD et on croise les doigts pour que ça ne plante pas !

Aux chiottes les jeux triple A en 4K ray-tracing, et vive le gaming qui lague en 480p !

TypeToRace - Le jeu qui transforme vos cours de dactylo en Fast & Furious

J'sais pas si parmi vous, y'en a qui ont déjà pris des cours de dactylographie genre à l'école où vous deviez taper "asdf jkl;" durant des heures en regardant un écran tristounet mais j'imagine que c'était chiant à mourir ! Hé bien quelqu'un a eu l'idée de transformer ça en jeu de course arcade façon Outrun sous stéroïdes !

TypeToRace, c'est un jeu de course 3D gratuit qui tourne directement dans votre navigateur et où votre vitesse dépend de votre capacité à taper des mots rapidement. Plus vous tapez vite, plus votre voiture accélère et vous vous retrouvez donc à foncer sur une route synthwave avec des néons roses et bleus partout pendant que vous tentez de taper "algorithm" sans faire de faute (oui c'est en anglais).

Le concept mélange TypeRacer (le classique des tests de frappe) avec un gameplay à la Subway Surfers. Et y'a pas juste la vitesse qui compte, puisqu'il faut aussi esquiver des obstacles et gérer des power-ups pour attaquer vos adversaires. Du coup, ça devient un vrai jeu vidéo et pas juste un test de dactylographie déguisé.

Ambiance Tron pour apprendre à taper vite ( Source )

L'esthétique synthwave avec ses couleurs néon et son ambiance rétro-futuriste des années 80 est plutôt cool. En tout cas, moi j'adore et ça change des interfaces austères des outils de typing classiques où on a l'impression d'être revenu en 1995 devant un terminal DOS. D'ailleurs, si vous cherchez d'autres moyens ludiques de vous améliorer, Wordsmash façon Tetris est aussi une excellente option pour bosser sa mémoire musculaire.

Notre jeu du jour vous met face à des adversaires contrôlés par l'IA et vous pouvez grimper dans les classements au fur et à mesure que vous progressez. C'est gratuit, ça ne nécessite aucun téléchargement, vous ouvrez juste le site et c'est parti mon kiki.

Bon après, on va pas se mentir, ce genre de jeu c'est surtout fun les 15 premières minutes avant que ça devienne un peu répétitif. Mais pour s'entraîner à taper plus vite tout en ayant l'impression de jouer plutôt que de bosser, y'a pire. Et puis si vous avez des gamins qui galèrent sur le clavier, ça peut être un bon moyen de les motiver sans les traumatiser avec des exercices barbants.

Puis si vous êtes du genre compétiteur, vous pouvez aussi aller voir du côté de TypeRacer pour vous mesurer à de vrais humains . Mais pour le fun immédiat et l'ambiance visuelle, TypeToRace fait le job.

Voilà, si vous voulez tester votre vitesse de frappe tout en vous prenant pour un pilote de course dans un univers à la Blade Runner, c'est par ici que ça se passe... Et pitié ne pliez pas en deux votre clavier de rage si vous perdez !

GOBLiiNS6 - Le point-and-click culte est de retour

Gobliiins, Gobliins 2, Goblins 3... si vous avez connu les point-and-click de Coktel Vision dans les années 90, vous allez kiffer !! Pourquoi ? Hé bien parce que Pierre Gilhodes, le créateur original, vient de lâcher GOBLiiNS6 sur itch.io pour une dizaine de dollars.

On y retrouve Fingus et Winkle, les deux héros de Gobliins 2, partis cette fois à la recherche du Prince Bouffon, fils du roi Angoulafre, dans un monde médiéval en guerre, avec de la magie, et des puzzles complètement tordus à résoudre.

Mais avant, un petit rappel pour les bébés qui me lisent. En fait dans la série des Goblins, le nombre de "i" dans le titre correspond au nombre de personnages jouables. Gobliiins = 3 persos. Gobliins 2 = 2 persos. Goblins 3 = 1 perso. Du coup GOBLiiNS6 avec ses 2 i, c'est donc encore un duo à coordonner intelligemment pour progresser (et oui, je sais compter ^^).

Et c'est pas un fan game ou un énième remake fait à l'arrache, puisque c'est Pierre Gilhodes lui-même qui est aux manettes. Le bonhomme avait déjà sorti GOBLiiiNS5 sur Steam en 2023 (avec 3 i, donc 3 personnages, z'avez capté ??). GOBLiiNS6 c'est donc finalement la suite directe.

Le jeu propose 16 niveaux en 2D au format 16/9, bourrés d'énigmes à résoudre. Chaque personnage gère son propre inventaire, pas de partage entre les deux (Vous allez tellement galérer à vous souvenir qui trimballe quoi ^^) et le système de jeu repose sur la coopération entre les deux compères, car chacun a des capacités différentes pour débloquer les situations.

Le piège et le côté fun de cette série de jeux, c'est donc justement de tester toutes les combinaisons possibles entre les personnages et les objets. Vous utilisez le mauvais perso au mauvais endroit ? Hop, animation comique et retour à la case départ. C'est voulu ! C'est absurde, c'est drôle, et c'est tout l'ADN de la franchise !

C'est un point-and-click qui va certainement vous rappeller l'époque où les jeux d'aventure français tenaient la dragée haute aux LucasArts et Sierra de l'époque. Coktel Vision, c'était quand même Woodruff, Lost in Time, Ween... etc. Quelle époque !!

GOBLiiNS6 est disponible en français et en anglais et vous pourrez le lancer au choix en plein écran ou fenêtré... car oui c'est du Windows pur !! Pas de Mac ni de console pour le moment. Voici une petite vidéo si vous voulez voir à quoi ça ressemble :

Le jeu est dispo ici sur itch.io pour une dizaine de dollars. Vous cliquez, vous payez, et c'est plié ! De quoi occuper vos soirées au lieu de scroller sur Mastodon ou Bsky à la recherche de votre prochain drama préféré.

Allez, bon puzzle à tous !

Source

Hallucinating Splines - Le SimCity où les IA font mieux que votre Maire

SimCity, je pense que tout le monde connaît. Moi c'est vraiment l'un de jeux préférés. Enfin la version SimCity 2000. C'est que des bons souvenirs pour moi. Dans ce jeu, vous posiez des routes, des zones résidentielles, et vous regardiez votre ville grandir... ou cramer, selon les jours. Hé bien Hallucinating Splines , c'est le même délire, sauf que c'est une IA qui joue à votre place.

Ce projet est basé sur Micropolis , la version open source du SimCity original sorti en 1989 (Et surtout pas les trucs d'EA qui ont suivi ^^). Du coup, on a un vrai moteur de simulation urbaine avec zonage résidentiel, commercial, industriel, gestion des services publics, du trafic... bref le package complet.

Sauf qu'ici, personne ne touche la souris. Des agents autonomes prennent les décisions, construisent les infrastructures et gèrent la croissance de leur ville sans intervention humaine. Enfin, sauf si vous comptez le clic pour lancer la simulation.

Et visiblement ça tient plutôt bien la route (sans mauvais jeu de mots). 96 maires IA, 607 villes construites et une population cumulée de plus de 10 millions d'habitants virtuels. C'est pas mal hein pour des programmes qui n'ont jamais mis les pieds dans un conseil municipal !

En fait, le concept s'appelle "Vibe a City". Vous cliquez sur un bouton et hop, une IA se met à bâtir sa métropole en temps réel sous vos yeux, sans intervention humain. Les villes portent également des noms générés plutôt poétiques je trouve... Turtle Ziggurat, Storm Cove, Azure Heath, Procedural Mesa (ok celui-là est un peu trop honnête).

Et y'a même un leaderboard avec un système de scoring. Chaque cité a son indicateur d'activité (Tout fraiche, récente, ancienne ou stagnante), les stats se rafraîchissent toutes les 30 secondes et on peut trier par population, par score ou par date. Une certaine Annexed Colony tape par exemple dans les 185 000 habitants en l'an 2428 dans le jeu. C'est foufou !

Côté technique, plutôt que de repartir de zéro, tout repose sur micropolisJS, une implémentation JavaScript/HTML5 de Micropolis sous licence GPL v3, et le code est dispo sur GitHub (un git clone et c'est parti). Si vous connaissez Microlandia que j'avais présenté il y a quelques semaines, c'est dans la même veine mais avec une couche d'agents IA par-dessus.

Et n'oubliez pas d'aller voir le petit clin d’œil sur la page de crédits ou dans le footer qui affiche le Dr. Wright, le fameux conseiller de SimCity sur SNES. Après le piège, c'est que vous allez y passer des heures à regarder une IA construire ce que vous n'avez jamais réussi à faire dans le jeu. Ahahaha !

A découvrir ici !

Street Fighter II - Une faute d'orthographe corrigée grâce au mollet de Guile

Street Fighter II, c'est dans l'esprit de la plupart d'entre nous, 1991, les salles d'arcade qui puent la clope et les pièces de 10 francs qui s'enchaînent... et surtout un écran-titre qui affiche "WORLD WARRIER" au lieu de "WORLD WARRIOR". Ouais, y'avait une coquille dans le titre d'un des jeux de baston les plus légendaires de l'univers et personne ne l'a jamais su !

Magnifique hein ?

Le problème, c'est que sur les bornes d'arcade Capcom CPS1, les graphismes sont gravés dans des puces ROM. Du vrai read-only qu'on grave une bonne fois pour toutes et qu'on ne touche PLUS après. Et en 1991, les puces ROM coûtaient un bras et les délais de production étaient assez dingues... Donc impossible pour Capcom de faire regraver quoi que ce soit même pour une malheureuse lettre.

Nous sommes donc toujours en 1991, à 3 jours de la deadline pour livrer le code ROM (la seule puce encore modifiable à ce stade) et quelqu'un se rend compte du bug.

Horreur malheur ! C'est la panique et tout le monde se met à réfléchir à une solution... Quand soudain, un hack digne des plus belles bidouilles émerge de ces cerveaux endoloris par tant de travail.

Il faut savoir que sur le CPS1, chaque graphisme est découpé en "tiles" c'est à dire des petits carrés de 8×8 pixels. Et le truc important, c'est que chaque tile ne contient pas une lettre entière mais un BOUT de lettre. Le logo "WORLD WARRIOR", c'est en fait une mosaïque de 16 tiles collées les unes aux autres, et chaque carreau contient des fragments des lettres voisines. Impossible donc de toucher à ces carreaux une fois gravés dans la ROM graphique... Mais la table qui dit "colle CE carreau ICI avec CETTE palette de couleurs"... ça, c'était encore modifiable dans la ROM code.

Le hic c'est qu'il fallait composer avec les tiles existantes car pas moyen d'en créer de nouvelles !

Du coup, l'équipe s'est mise à passer au crible les centaines de tiles déjà gravées dans la ROM, une par une, pour trouver des morceaux compatibles avec les bonnes lettres. Et bonne nouvelle... pour certaines tiles, ils ont trouvé des équivalents dans le mot "WORLD" sur l'écran-titre. Et en réarrangeant le puzzle, ils ont réussi à afficher presque tout "WARRIOR" correctement. Presque. Parce que le "i", lui, ressemblait maintenant à un "L" minuscule... il manquait le point mes amis !!

Et c'est là que ça devient du grand art car pour dessiner ce petit point, il leur fallait un carreau avec quasi rien dessus. Ils ont fini par repérer la tile 0x96 dans la ROM... un carré de 8×8 avec UN SEUL pixel allumé dans le coin bas gauche. Ce pixel appartient en fait au mollet de Guile. Ni plus ni moins.

En changeant sa palette (exit la teinte vert kaki, bonjour la couleur du logo), ils l'ont ensuite collé 3 fois au bon endroit pour dessiner le point du "I". Et personne n'a finalement rien capté pendant des DÉCENNIES.

Hé voilà comment, si vous avez joué à Street Fighter II en arcade dans les années 90, vous aviez littéralement un bout de la jambe de Guile planqué dans l'écran-titre sans le savoir. Magnifique non ?

C'est Fabien Sanglard qui a déterré toute cette histoire il y a quelques années, en analysant le code source du CPS1, aidé d'une interview d'Akira Nishitani (un des créateurs du jeu) datant de 1991.

C'est le genre de bidouille qu'on ne fait plus aujourd'hui avec les mises à jour en ligne mais à l'époque, quand la ROM était gravée, c'était FINITO donc fallait se débrouiller avec ce qu'on avait sous la main quand y'avait un souci.

Jeux vidéo et violence - Spoiler, c'est du pipeau

Les jeux vidéo rendent violent. Sérieusement ? En fucking 2026, y'a encore des gens pour sortir ça à table le dimanche ou piiiire en public sur le net ?

Aaaaannnh, c'est la honte quand même de dire ça, prem deug. C'est un peu comme ceux qui pensaient que le rock rendait sataniste ou que la BD poussait au crime dans les années 50. À chaque génération, les mêmes paniques… et à chaque fois, la science finit par leur donner tort, ce qui nous permet de nous foutre de leur gueule.

Alors parce que pour battre l'obscurantisme, y'a rien de mieux que de la science, des preuves, des choses tangibles et vraies, je vais vous en donner un peu pour votre argent…

Tenez, en 2019, une équipe d'Oxford (Przybylski et Weinstein, pour les curieux) a suivi 1004 adolescents britanniques pour mesurer l'impact des jeux violents sur leur comportement. Résultat… aucun lien. Ouais, que dalle, et c'était pas un petit sondage BFMTV ou je sais pas quoi, hein… Non, c'est l'une des études les plus rigoureuses sur le sujet, avec des données croisées entre les ados ET leurs parents.

En 2018, des chercheurs du Max Planck Institute à Berlin ont également fait jouer 90 adultes à GTA V pendant deux mois . Tous les jours, 30 minutes minimum sur la version PC. Ensuite, passage au scanner IRM. Aucune modification du comportement, aucune hausse d'agressivité. Rien du tout !

Et c'est pas fini. En 2022, Johannes et son équipe ont suivi 2580 joueurs d'Apex Legends et Outriders avec des données télémétriques Steam et Xbox Live (pas du déclaratif, de la vraie data serveur). Même résultat. Y'a waloooo !

Hé mais j'ai encore mieux les amis puisqu'une étude portant sur une durée de 10 ANS (!!!) publiée dans Cyberpsychology a suivi des gamins qui ont grandi avec GTA. De 10 à 20 ans, avec des questionnaires annuels ! Résultat, y'a pas plus de violence, pas plus de dépression, pas plus d'anxiété. En fait, les groupes ne diffèrent même pas sur les comportements prosociaux. Y'a eu un seul cas de figure où on observait un léger effet, c'est les gamins qui cumulaient jeux violents ET problèmes familiaux préexistants. Sauf que là, c'est le contexte familial le problème, pas la manette. Ce serait bien plus efficace de faire des lois pour interdire les familles de merde, en fait !

Du coup, si la science dit NON, alors pourquoi ce débat pour décérébrés continue ?

Le problème c'est qu'à une époque lointaine que seuls les profs de théâtre auraient pu connaitre, certaines méta-analyses (coucou Anderson et Bushman) trouvaient des corrélations minuscules entre les jeux vidéo et la violence… Genre r = 0,11, ce qui en gros signifie que les JV n'expliqueraient que 2 % du comportement violent d'une personne… Donc autant dire quasiment rien. C'est moins que l'effet de la météo sur votre humeur !!

Et surtout, d'autres chercheurs ont démontré un peu plus tard que ces résultats étaient biaisés . En gros, on publiait les études qui trouvaient un effet et on planquait celles qui trouvaient rien. C'est un cas particulier typique du biais de publication (et y'en avait un sacré paquet des études planquées).

D'ailleurs, même l'APA , la plus grande association de psychologie au monde, a revu sa position en 2020. Leur conclusion : pas de preuve suffisante d'un lien causal. Bon bah quand la plus grosse autorité en psycho vous dit que c'est du vent… normalement, on remballe.

Après, attention, hein, ça veut pas dire que laisser un gosse de 8 ans jouer à GTA Online 12 h par jour c'est une super idée. À la base, la classification PEGI 18 existe pour une raison. Sauf que là, c'est une question d'éducation et de contrôle parental… mais pas de violence virtuelle qui "contaminerait" le cerveau. Et ça, aucune étude sérieuse ne le conteste.

Et si vous voulez des chiffres qui parlent, en voilà. J'ai pas les chiffres en France, mais depuis les années 90, la violence juvénile aux USA a chuté de +80 % selon le Bureau of Justice Statistics. Pendant ce temps, GTA V a dépassé les 200 millions d'exemplaires vendus depuis sa sortie en septembre 2013. Call of Duty, toutes versions confondues depuis CoD 4 en 2007, c'est plus de 400 millions de copies.

Donc NORMALEMENT si les jeux rendaient violent, on devrait nager dans le sang h24, là non ?

Ah et j'oubliais… Le cas du Japon est encore plus parlant. C'est LE pays du gaming, premier marché de la planète par habitant… et un taux d'homicides de 0,2 pour 100 000 habitants en 2023 . Aux USA, c'est plus de 5 . VINGT-CINQ fois plus. Cherchez l'erreur. (Tips : y'en a pas, sauf si on considère que les Japonais sont secrètement immunisés contre les pixels violents.)

Une étude menée par Przybylski sur Animal Crossing a même montré que jouer pouvait être bénéfique pour le moral. Et le NIH a découvert en 2022 que les enfants qui jouent plus de 3 h par jour ont de meilleures performances cognitives que les autres (oui oui, vous avez bien lu). Du coup, non seulement les jeux vidéo ne rendent pas violents mais en plus, ils vous rendent plus malins. C'est diiiingue !

Allez, hop, un dernier clou dans le cercueil et après je vous laisse.

En 2011, la Cour suprême des États-Unis, c'est-à le plus haut tribunal de ce pays de fous, a examiné la question de savoir si les jeux vidéo violents représentaient un vrai danger . Verdict, par 7 voix contre 2, les juges ont conclu que non car les preuves scientifiques étaient insuffisantes pour établir un lien entre jeux vidéo et violence. C'est même le juge Scalia, pourtant connu pour ses positions ultraconservatrices, qui a rédigé la décision. Quand même, hein les gars !!! Autrement dit, même la justice américaine a fini par dire stop aux marchands de peur.

Et le CNRS le confirme , au cas où y'aurait encore des sceptiques.

Alors la prochaine fois qu'un tocard vous sortira le couplet "nia nia nia les jeux vidéo rendent nos enfants violents, nia nia nia", vous aurez une vision claire concernant le vide abyssal de ses connaissances sur ce sujet. Et dites-vous que si ça balance des conneries aussi grosses que ça et aussi débunkées que ça, mais putain qu'est-ce que ça doit être sur les autres sujets… Argh !

Perso, moi ce qui va finir par me rendre violent un jour, c'est la connerie humaine.

ArcadeGPU - Un moteur de jeu rétro qui tourne dans votre navigateur

Et si les meilleures techniques de game dev des années 2000 revenaient dans votre navigateur ?

ArcadeGPU, c'est un moteur de jeu complet qui tourne dans le navigateur grâce à WebGPU. C'est une vraie architecture de jeu avec walkmesh, hitbox BSP, moteur de script, pipeline graphique à la PS1 et même la physique Jolt intégrée (un moteur open source utilisé dans certains gros jeux).

Le truc c'est que le dev derrière, un Français qui bosse seul sur le projet, a pris le parti de ressusciter des techniques qu'on utilisait entre 2000 et 2010 dans le développement de jeux. Du walkmesh pour la navigation des personnages, du hitmesh pour les collisions, du draw call only pour le rendu... Des trucs qu'on ne voit quasi plus dans les moteurs modernes, et pourtant c'est redoutablement efficace pour les indés. Bon, après faut quand même être à l'aise avec TypeScript et la stack web, car c'est pas un moteur drag-and-drop à la GameMaker.

Car oui comme tout est en TypeScript, vous codez votre jeu comme une app web classique. Vous modifiez votre fichier main.ts, le jeu se rafraîchit en temps réel sans avoir à tout relancer. Et vous avez toute la pile web en support, du Web Audio API au CSS en passant par les workers async... Quand on compare avec les 45 secondes de build d'un projet Unity moyen, y'a pas photo.

Y'a aussi un paquet de démos jouables directement sur le site du projet et c'est pas des petits exemples bidon avec un cube qui tourne. Vous y trouverez de vrais prototypes de jeux complets, de la 2D rétro au rendu toon 3D avec ombres volumétriques. L'idée c'est de fournir des templates prêts à l'emploi, vous choisissez le gameplay qui vous correspond et vous partez de là (plutôt que de tout repenser from scratch).

D'ailleurs y'a même un jeu en bêta développé avec le moteur, un Sokoban versus, pour voir ce que ça donne en conditions réelles.

Côté compatibilité, ça tourne sur les navigateurs qui gèrent WebGPU (Chrome, Edge, et Firefox en mode expérimental avec le flag dom.webgpu.enabled). Pour Safari et mobile, c'est plus aléatoire pour le moment donc attention si votre cible c'est iOS. Le projet est open source sous licence Apache 2.0, dispo sur SourceForge et ça pèse environ 400 Mo avec toutes les démos.

Et le rendu... C'est du pipeline PSX complet avec ombrage toon, volumes d'ombre, le tout dans le navigateur. Pour les nostalgiques de la première PlayStation, c'est un peu la papillote Révillon version code (oui ça change des madeleines ^^), sauf que là, c'est vous qui créez les jeux.

Voilà, je trouve que cette approche old-school mixée avec la techno web moderne c'est pas bête du tout. Si vous êtes dev indé et que les usines à gaz style Unity ou Unreal vous donnent des boutons, ça vaut peut-être le coup d'aller jeter un oeil. Seul bémol, la doc est encore un peu légère, donc faudra fouiller dans les exemples pour comprendre l'API.

Bref, merci à Slay3r pour le partage et bravo !

Trois-Rivières - Le jeu vidéo qui sensibilise à l'écologie

On parle souvent de sobriété numérique, mais c'est assez rare de voir ça appliqué concrètement dans le monde du jeu vidéo car d'ordinaire, c'est plutôt la course aux téraflops et aux textures 4K qui font pleurer votre carte graphique. Du coup, quand un projet comme Trois-Rivières déboule, je trouve que ça mérite qu'on s'y arrête 2 minutes.

L'idée de Richard Hanna et de son équipe, c'est de proposer un jeu d'action-aventure en pixel-art qui ne se contente pas d'être joli, mais qui porte un vrai message engagé. On y suit Maï, une randonneuse qui arrive dans un village paisible où trois affluents se rejoignent. Sauf que voilà, la flotte est polluée et il va falloir remonter à la source pour comprendre ce qui cloche. Et là, on entre dans le vif du sujet : le jeu traite des impacts environnementaux et sociaux de la fabrication de nos joujoux numériques. De la mine à l'usine de recyclage, en passant par l'assemblage, tout y passe.

Ce qui est vraiment chouette avec Trois-Rivières, c'est la démarche d'écoconception derrière le projet. Le jeu est ultra léger (14,2 Mo au total, dont 10,4 Mo pour la musique et les sons) et tourne directement dans votre navigateur, que vous soyez sur PC, tablette ou même sur un vieux coucou comme un iPhone 6S de 2015. Pas besoin donc d'installer quoi que ce soit, hop, on lance et ça joue. C'est développé avec le framework Phaser et le résultat est super propre. Pour ceux qui s'intéressent à la création de jeux vidéo , c'est un bel exemple de ce qu'on peut faire avec de la contrainte technique intelligente.

D'ailleurs, le projet a reçu le soutien du Ministère de la Culture et de l'ADEME via le programme Alt Impact. C'est dire si le message est pris au sérieux. Si vous avez envie de tâter du pixel tout en réfléchissant à votre consommation de hardware, c'est vraiment sympa à expérimenter et petit bonus qui fait plaisir : le code source et les musiques sont sous licence libre (MIT pour le code, CC pour les sons).

Bref, un grand merci à Richard Hanna de m'avoir fait découvrir ça, et bravo à toute l'équipe pour le boulot. C'est gratuit, c'est libre, et ça fait réfléchir... C'est par ici que ça se passe .

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