Vue lecture

Il y a de nouveaux articles disponibles, cliquez pour rafraîchir la page.

BetterEU veut passer toute la réglementation européenne au crible de l'IA

Un projet open source vient de lâcher une IA sur les 41 300 règlements européens adoptés depuis 1958. L'outil, qui tourne sur Grok 4.1, rend un verdict binaire pour chaque texte : à garder ou à supprimer. Les résultats défilent en direct sur bettereu.com.

41 300 textes passés à la moulinette

Le principe est assez bourrin. BetterEU prend chaque règlement européen, du plus ancien, publié en 1958, au plus récent publié il y a quelques semaines, et le soumet à Grok avec un prompt unique. L'IA doit trancher : KEEP ou DELETE.

Aucune nuance, pas de peut-être, juste un verdict sec. Le tout est diffusé en temps réel sur le site, avec un graphique interactif qui montre la progression année par année. Les données se rafraîchissent toutes les cinq secondes, et le coût de l'opération en dollars s'affiche en direct. Le code source est ouvert, le prompt aussi. N'importe qui peut aller vérifier comment l'IA raisonne.

La Commission veut aussi simplifier

Ce projet tombe à un moment où l'Union européenne elle-même reconnaît que sa réglementation est devenue un problème. La Commission a lancé en 2026 son programme de travail le plus dérèglementaire de son histoire : sur 47 initiatives prévues, 25 portent sur la simplification.

L'objectif affiché est de réduire la charge administrative des entreprises de 25 %, ce qui représenterait une économie de 37,5 milliards d'euros d'ici 2029. Et l'AI Act, qui entre en application en août 2026, fait lui-même l'objet d'un Digital Omnibus pour alléger ses propres règles. Quand le législateur simplifie la loi qui encadre l'IA pendant qu'une IA propose de simplifier les lois, on est en plein dans le sujet.

Un exercice quand même un peu limité

Évidemment, demander à une IA de décider si un règlement doit être gardé ou supprimé, c'est un peu court. Le droit européen est un empilement de textes qui se référencent les uns les autres, et supprimer un règlement peut en déstabiliser dix autres.

BetterEU ne tient pas compte de ces interdépendances, et le verdict binaire ne dit rien des articles à amender plutôt qu'à supprimer.

Mais l'exercice a quand même un intérêt : il rend visible l'ampleur du corpus réglementaire européen. 41 300 textes en soixante-sept ans, ça donne une idée de la masse à laquelle les entreprises et les citoyens sont soumis.

Bref, l’idée est rigolote, et on imagine bien le même traitement appliqué à la législation française. Par contre, le choix de Grok est peut-être un peu étonnant, vu qu'on soupçonne Musk de politiser son IA, pas dit qu'on ait les mêmes résultats avec Claude.

En tout cas, passer le Code général des impôts ou le Code du travail dans une IA pour relever les incohérences, les doublons et les articles devenus obsolètes, ça ferait probablement ressortir des choses assez intéressantes. BetterEU ne va pas remplacer un juriste, mais comme outil d'audit à grande échelle, c’est loin d’être con.

Source : BetterEU

Alternatives européennes aux GAFAM - Le guide ultime pour reprendre le contrôle

Bon, j'avoue qu'en 2026, la question n'est plus "faut-il quitter les GAFAM ?" mais plutôt "par quoi on les remplace ?". Entre les politiques de confidentialité qui changent tous les 4 matins, le CLOUD Act qui permet au gouvernement US d'accéder à vos données même si les serveurs sont en Europe, et un contexte géopolitique disons... tendu (merci Donaldi Trumpovich)... bref, il y a de quoi vouloir garder ses billes sur le vieux continent.

Et la bonne nouvelle, c'est que les alternatives européennes ne sont plus des gadgets de libristes barbus dans leur garage. On parle de vrais services, solides, souvent conformes RGPD par design, et qui n'ont plus à rougir face aux mastodontes américains. Du coup, je vous ai concocté LE guide pour vous y retrouver dans cette jungle d'alternatives made in EU.

Les 4 annuaires incontournables pour trouver des alternatives européennes

Avant de rentrer dans le vif du sujet catégorie par catégorie, sachez qu'il existe maintenant plusieurs annuaires spécialisés qui font le taf de curation pour vous. Parce que oui, trouver l'alternative européenne qui va bien, c'est pas toujours évident quand on ne sait pas où chercher.

Go European est celui qui a tout déclenché. Le projet est né en février 2025 sur le subreddit r/BuyFromEU et en à peine un mois, plus de 150 000 personnes avaient rejoint le mouvement. Aujourd'hui c'est plus de 1 000 produits et services indexés par une soixantaine de bénévoles. Le truc cool, c'est qu'il y a des extensions pour Firefox et Chrome qui vous suggèrent automatiquement une alternative européenne quand vous visitez un site US. Pas de prise de tête, pas de configuration complexe, juste ce qu'il faut.

European Alternatives est probablement le plus complet du lot. On parle de 61 catégories couvrant absolument tout : du web analytics (31 alternatives à Google Analytics !) au cloud computing, en passant par les VPN, les services de paiement, les outils de visioconférence, les chatbots IA et même les gestionnaires de mots de passe. Le site propose aussi une section " Alternatives to " super pratique où vous cliquez sur le logo de Slack, Dropbox, Zoom ou Stripe pour voir instantanément tous les concurrents européens. En gros, c'est devenu LA référence.

Et pour les devs parmi vous, TechAlternatives.eu recense plus de 550 alternatives GDPR-compliant dans plus de 70 catégories, avec un focus particulier sur l'infrastructure (Kubernetes managé, FaaS, PaaS...). C'est clairement le plus orienté tech des trois.

Enfin, European Tech Map se distingue avec sa carte interactive qui permet d'explorer plus de 500 entreprises tech européennes classées dans une trentaine de catégories et filtrables par pays. C'est le plus visuel du lot, et c'est super pratique pour voir d'un coup d'œil ce qui se fait chez vos voisins.

Cloud et stockage : adieu Dropbox et Google Drive

C'est probablement la catégorie où l'Europe a le plus à offrir. pCloud (Suisse) propose du stockage cloud avec chiffrement côté client et des offres à vie qui font mal à la concurrence... genre vraiment mal. Nextcloud (Allemagne) c'est carrément toute une suite collaborative open source que vous pouvez auto-héberger ou utiliser chez un hébergeur européen. Infomaniak (Suisse) propose kDrive avec 15 Go gratuits et une suite bureautique intégrée, le tout sur des serveurs alimentés en énergie renouvelable. Pas mal pour de la Suisse !

Côté infrastructure, OVHcloud (France) et Scaleway (France) rivalisent sérieusement avec AWS et Google Cloud, avec des datacenters 100% européens. Si vous êtes une boîte et que vous cherchez à rapatrier vos workloads, c'est clairement par là qu'il faut commencer.

Email et messagerie : Proton Mail n'est que la partie émergée

Proton Mail (Suisse) c'est un peu le poster child des alternatives européennes, et à raison : chiffrement de bout en bout, zéro accès à vos données, juridiction suisse. Mais il n'est pas seul ! Tuta (ex-Tutanota, Allemagne) offre une approche similaire avec en prime un calendrier chiffré. Infomaniak Mail propose aussi un service email pro solide et RGPD-compliant. Et si vous avez besoin d' adresses email jetables pour vos inscriptions douteuses, il y a des solutions européennes pour ça aussi (on ne juge pas).

Côté messagerie instantanée, Element (UK) basé sur le protocole Matrix est décentralisé et chiffré de bout en bout. Olvid (France) a carrément été certifiée par l'ANSSI et est utilisée par le gouvernement français (si ça c'est pas un gage de confiance). Et Threema (Suisse) fonctionne sans numéro de téléphone, ce qui en fait un vrai rempart pour la vie privée.

Moteurs de recherche et navigation web

Pour la recherche, Qwant (France) a son propre index et ne trace rien du tout. Startpage (Pays-Bas) vous donne les résultats de Google sans que Google sache que vous existez... c'est assez malin comme approche. Et Ecosia (Allemagne) plante des arbres avec les revenus publicitaires, si vous cherchez l'utile à l'agréable.

Côté navigateurs, Vivaldi (Norvège) est une vraie usine à gaz de la personnalisation (dans le bon sens du terme !), avec un bloqueur de pubs intégré et un respect de la vie privée qui change de Chrome. Mullvad Browser (Suède), développé en collab avec le Tor Project, pousse le curseur encore plus loin en minimisant votre empreinte numérique.

Et pour le DNS, sachez que DNS4EU est le résolveur DNS européen co-financé par l'UE et supervisé par l'ENISA. Une brique d'infrastructure que la plupart des gens ignorent mais qui est fondamentale pour la souveraineté numérique européenne.

Bureautique et productivité : on peut bosser sans Microsoft

Microsoft 365 et Google Workspace dominent le marché, mais les alternatives européennes arrivent en force. OnlyOffice (Lettonie) propose une suite complète compatible avec les formats MS Office. CryptPad (France) pousse le concept encore plus loin avec des documents collaboratifs chiffrés de bout en bout, idéal pour ceux qui ne veulent pas que leurs docs se baladent dans la nature. Et Nextcloud Office intègre Collabora Online pour de l'édition collaborative directement dans votre cloud.

Pour la gestion de projet, Zenkit (Allemagne) peut remplacer Trello et Notion, et Odoo (Belgique) c'est carrément un ERP/CRM open source complet qui fait tourner des boîtes entières. Et si vous cherchez un Zapier-like européen , Automatisch fait le taf en auto-hébergé.

IA et traduction : l'Europe a rattrapé son retard

C'est LE secteur où ça a bougé le plus vite. Mistral AI (France) avec Le Chat propose un assistant IA qui tient la comparaison avec ChatGPT, et leurs modèles open source font le bonheur des développeurs du monde entier. Aleph Alpha (Allemagne) cible les entreprises et les institutions avec des modèles souverains. Et Hugging Face (France), même si c'est plus une plateforme qu'un service grand public, c'est devenu THE place pour les modèles open source d'IA.

Pour la traduction, DeepL (Allemagne) n'a franchement plus besoin d'être présenté. La qualité de traduction est souvent supérieure à Google Translate, et le service traite des milliards de traductions. C'est probablement l'alternative européenne la plus aboutie de toute cette liste... et de loin.

VPN et sécurité : protéger ses données à l'européenne

Mullvad VPN (Suède) accepte les paiements en cash par courrier (oui oui, vous envoyez des billets dans une enveloppe) et ne demande aucune information personnelle à l'inscription. Proton VPN (Suisse) propose une offre gratuite généreuse et bénéficie de toute la réputation de l'écosystème Proton.

Pour les mots de passe, Proton Pass (Suisse - pas européen) et pCloud Pass font très bien le job. Et n'oubliez pas que des consortiums européens bossent même sur des alternatives open source à Google Play Integrity pour sécuriser Android sans dépendre de Google. Ça bouge à tous les étages !

Le vrai défi : passer à l'acte (progressivement)

Je sais ce que vous vous dites : "C'est bien joli tout ça mais changer tous ses outils d'un coup c'est l'enfer." Et vous avez raison. La bonne stratégie, c'est d'y aller progressivement. Commencez par un truc simple : remplacez votre moteur de recherche par Qwant ou Startpage, ça prend 30 secondes. La semaine d'après, essayez Proton Mail pour vos mails perso. Et ainsi de suite. Un service à la fois, sans se mettre la pression.

Ce qui est certain, c'est que l'écosystème européen n'a jamais été aussi mature. Entre la consultation de Bruxelles sur l'open source qui veut faire du logiciel libre une infrastructure essentielle, les communautés comme r/BuyFromEU qui fédèrent des centaines de milliers de personnes, et des boîtes européennes qui lèvent des millions... on n'est plus dans le "un jour peut-être" mais dans le "c'est maintenant".

Installez l'extension Go European , bookmarkez European Alternatives , TechAlternatives et European Tech Map , et explorez. Vous serez surpris de voir à quel point l'Europe a rattrapé son retard. Et avec le RGPD comme filet de sécurité, vos données restent chez vous. Pas mal, non ?

Article initialement publié le 29 décembre 2025 et mis à jour le 13 mars 2026

L'Allemagne dit non à Chat Control - Une victoire pour la vie privée en Europe !

Enfin une bonne nouvelle les amis ! Le parti CDU/CSU, actuellement au pouvoir en Allemagne, vient de déclarer clairement qu’il n’y aura pas de Chat Control avec ce gouvernement. L’annonce a été faite hier et c’est une victoire majeure pour la vie privée en Europe !

Pour ceux qui n’ont pas suivi, je vous avais parlé de Chat Control , une proposition de règlement européen qui obligerait WhatsApp, Signal, Telegram et tous les autres à scanner automatiquement tous vos messages, même chiffrés, pour y chercher du contenu illégal. En gros, on casse le chiffrement de bout en bout pour surveiller tout le monde “au cas où”. C’est de la surveillance de masse déguisée en protection de l’enfance, et d’ailleurs tous les experts en sécurité vous le diront : on ne peut pas casser le chiffrement “juste un peu” ou “pour une bonne cause”. Soit c’est chiffré, soit ça l’est pas.

Bref, la déclaration de la CDU/CSU est limpide : Il n’y aura pas de surveillance généralisée des messages sans motif, comme certains pays de l’UE le réclament. Patrick Hansen, qui suit de près ces questions de réglementation crypto et tech en Europe, a tweeté que c’était une grande victoire pour la vie privée dans l’UE et il a raison, le bougre !

Alors pourquoi c’est important cette décision de l’Allemagne ? Hé bien parce qu’elle pèse lourd dans les décisions européennes la Bertha ! Pour qu’une proposition comme Chat Control passe, il faut le soutien d’États membres représentant au moins 65% de la population de l’UE. Et sans l’Allemagne, c’est mathématiquement compliqué. Du coup, ça tombe bien puisque le vote au Conseil était prévu pour le 14 octobre 2025.

Faut pas oublier que la position allemande avait vacillé en septembre. En effet, après une réunion du groupe de travail LEWP, l’Allemagne était revenue à une position “indécise”, ce qui avait fait flipper tout le monde et sans le refus ferme de Berlin, l’opposition ne pouvait plus garantir une minorité de blocage.

Bref, on était pas loin de la catastrophe !!

Mais là, c’est bon, on est sauvé puisque la CDU/CSU remet les points sur les i. Pas de Chat Control. Le dossier est clos (pour le moment…). C’est chouette parce que franchement, dans le cas contraire, j’aurais pas compris car l’Allemagne a quand même une histoire particulière avec la surveillance de masse. Entre les nazis et la Stasi d’Allemagne de l’Est, ils savent mieux que personne ce que ça donne quand l’État surveille tout le monde. J’imagine que cette mémoire historique a compté dans leur position vis à vie de ChatControl.

En tout cas, c’est le bon moment pour dire merci. Merci à tous ceux qui se sont mobilisés contre ce projet délirant ces derniers mois. Les associations comme l’Electronic Frontier Foundation, le Chaos Computer Club, European Digital Rights, tous les devs qui ont gueulé, tous les citoyens qui ont écrit à leurs députés, tous ceux qui ont relayé l’info…etc. Car sans cette pression, on aurait probablement déjà Chat Control en place. Une preuve de plus que la mobilisation, ça marche !

Après, en tant qu’ancêtre d’Internet, croyez en ma grande expérience, ce genre de loi merdique n’est jamais vraiment mort. Ça reviendra sous une autre forme, avec un autre nom, un autre prétexte. C’est l’histoire même de la surveillance… ils réessayent encore et encore jusqu’à ce que ça passe, en espérant qu’on sera trop fatigués ou trop distraits pour résister. Mais bon, ce sera pas pour cette fois encore…

Signal avait même menacé de quitter le marché européen plutôt que de compromettre le chiffrement de son service. Proton, Tuta et d’autres avaient de leu côté fait des déclarations similaires.

Donc voilà. Pour une fois, une bonne nouvelle sur la vie privée en Europe, alors en attendant la prochaine saloperie politique, on savoure cette victoire, et on continue à se battre !

pCloud : l’alternative européenne au stockage en ligne qui fait trembler les GAFAM

– Article en partenariat avec pCloud

Dans le petit monde du stockage en ligne, il est difficile de ne pas penser immédiatement aux géants américains comme Google Drive, Dropbox ou encore OneDrive. Ces services dominent largement le marché, mais quid des alternatives qui respectent davantage notre vie privée et se plient aux réglementations européennes ? pCloud, une solution de stockage suisse, est peut-être exactement ce que vous cherchez. Avec des centres de données situés au Luxembourg et une conformité stricte avec le RGPD, il se démarque par son respect de la vie privée et une multitude de fonctionnalités révolutionnaires.

❌