Vue lecture

Il y a de nouveaux articles disponibles, cliquez pour rafraîchir la page.

AltStore Classic permet enfin de sideloader des apps sur son iPhone sans ordinateur

Riley Testut et Shane Gill viennent de sortir une bêta d' AltStore Classic (la 2.3b1 ), qui supprime enfin le besoin d'avoir un ordinateur pour sideloader des apps sur iPhone. AltStore, pour ceux qui débarquent, c'est la boutique alternative qui installe des apps qu'Apple ne veut pas sur son store, sans jailbreak et pour l'utiliser jusqu'ici, il fallait garder un Mac ou un PC allumé avec AltServer pour réinstaller vos apps tous les 7 jours.

Mais maintenant, une simple connexion Wi-Fi suffit !!

Pour s'en servir, vous allez dans les réglages d'AltStore Classic et vous renseignez l'URL d'un "serveur anisette" et hop, l'app se mettra à causer directement aux serveurs d'Apple pour signer et rafraîchir vos installations, sans passer par AltServer. Pour l'instant c'est réservé aux AltStore Patrons (les abonnés Patreon), avec un déploiement grand public prévu une fois la bêta stabilisée.

L'anisette, c'est la donnée d'authentification que les serveurs d'Apple exigent pour valider une demande de signature. Avant, AltServer la générait depuis votre ordinateur, d'où l'obligation de l'avoir sous la main. En déportant ça sur un serveur anisette distant, AltStore se débrouille maintenant tout seul depuis le téléphone.

C'est bien pensé ! Du coup le refresh hebdomadaire se fait en silence, et gérer le plafond de 3 apps imposé par Apple devient indolore même si cette limite des 3 apps reste...

SideStore , un fork open source d'AltStore, fait du sideloading sans ordinateur depuis un bon moment, en montant un VPN WireGuard local qui fait croire à l'iPhone qu'un ordi est branché, donc oui c'est vrai, AltStore Classic arrive un peu après la bataille mais avec une approche différente, ce serveur anisette plutôt que le VPN.

Mais ces serveurs anisette, faut bien que quelqu'un les fasse tourner et quand ils tombent, votre sideloading tombe avec.... Les habitués de SideStore connaissent bien la chanson. Vous pouvez bien sûr héberger le vôtre si vous êtes du genre à bidouiller, mais sinon vous dépendrez d'un serveur communautaire... et de sa bonne santé.

Tout cela permet de reprendre un peu la main sur un iPhone qu'Apple a tenu verrouillé à double tour depuis bien trop longtemps. C'est grâce à ça que pas mal de gens peuvent aujourd'hui installer des émulateurs à l'ancienne comme Provenance , ou que la pression a fini par pousser Apple à accepter les émulateurs rétro sur son propre store.

Bref, si vous êtes Patron AltStore et sous iOS 17.4 ou plus, vous pouvez tester dès maintenant. Sinon, encore un peu de patience...

Source

Google Discover - L'algorithme qui choisit vos actus à votre place

Vous le savez, il y a un algorithme dans votre téléphone qui décide ce que vous allez lire aujourd'hui et il s'appelle Google Discover.

Google Discover, c'est le flux d'articles qui apparaît quand vous ouvrez l'appli Google sur Android ou iOS, ou que vous swippez à gauche depuis la home de votre smartphone Android et Chrome mobile aussi. Et pas besoin d'avoir cherché quoi que ce soit puisque Google analyse votre historique, connaît vos centres d'intérêt, et vous sert ainsi des articles « adaptés » en continu.

Sauf que l'algo confond souvent « ce que vous voulez lire » avec « ce qui génère le plus de clics ». Et là, ça part en couille sévère...

Du coup vous vous retrouvez avec des articles qui expliquent que le cash va être interdit dans deux mois, que les conducteurs avec une moustache vont devoir repasser le permis, ou que l'Union Européenne s'apprête à requalifier la pizza comme « sandwich plat » pour l'assujettir à une nouvelle taxe.

Et pendant ce temps, les vraies actus tech que vous aimez tant, elles, se noient quelque part entre deux horoscopes et une pub déguisée en article. Et c'est d'ailleurs ça le gros défaut de tous les flux algorithmiques : ils optimisent l'engagement mais pas l'exactitude. On est tous humain, alors forcément un titre alarmiste battra toujours un article de qualité sobre et bien sourcé. L'algo se contrefout royalement de respecter les 3 neurones qui vous restent... ^^

Mais Discover a quand même un truc pas con ! En fait depuis fin de l'année dernière, Google permet de suivre directement des éditeurs sur le réseau, un peu comme un flux RSS mais sans lecteur à installer ni boîte mail à gérer. Suffit de cliquer sur un bouton et hop, les articles de vos sources préférées remontent en priorité dans votre feed Google Discover !

Par exemple, si vous voulez voir les articles de Korben.info apparaître dans votre flux (de la vraie tech, sourcée, sans moustaches ni taxes pizza), c'est par là, il suffit d'aller sur mon profil Google Discover et de cliquer sur le bouton "Suivre sur Google".

Et comme ça, une fois abonné, mes publications remonteront directement dans votre Discover. Perso, je trouve ça pas mal du tout comme système.

Bref, si vous ne voulez pas que votre téléphone vous apprenne demain que les chats seront bientôt recensés comme « animaux de surveillance passive » par un nouveau décret gouvernemental, pensez à bien choisir vos sources !

Et pour trouver les liens de vos médias préférés, vous pouvez passer par cet outil de Julien .

Apple corrige une faille iOS qui permettait à la police d'extraire des messages supprimés

Apple a publié hier une mise à jour iOS qui ferme une faille utilisée par les forces de l'ordre américaines pour récupérer des messages supprimés dans des applications comme Signal.

La faille concernait la base de données des notifications : quand vous supprimiez un message dans l'appli, la version cachée dans le cache des notifications pouvait rester accessible jusqu'à un mois.

Concrètement, un message Signal effacé côté appli restait lisible par quiconque avait la main sur le téléphone et savait fouiller au bon endroit.

Le FBI, selon les documents repérés par 404 Media début avril, a utilisé cette faiblesse sur plusieurs affaires pour remonter des conversations pourtant explicitement effacées par les utilisateurs, y compris celles utilisant la fonction messages éphémères.

Apple a reconnu le problème, mais si ça a été fait avec les pincettes habituelle, avec une phrase du genre... "les notifications marquées pour suppression pouvaient être conservées sur l'appareil de manière inattendue", ce qui ne veut pas dire grand chose, ou au contraire, tout dire...

Dit plus simplement, il y avait un écart entre ce que l'utilisateur voyait disparaître et ce qui restait réellement sur le disque. Le patch a été rétroporté sur les anciennes versions d'iOS 18, ce qui suggère que la faille existait depuis un bon moment et a probablement été exploitée dans des affaires que l'on ne connaîtra jamais.

Meredith Whittaker, présidente de Signal a rappelé publiquement que les notifications pour des messages effacés ne devraient jamais rester dans la base de notifications d'un OS. C'est une évidence technique. Sauf que dans la pratique, la chaîne cache des notifications plus indexation iOS laisse des traces que les outils forensiques comme Cellebrite ou GrayKey savent exploiter depuis des années.

Le problème dépasse Signal. Toute application qui envoie une notification contenant le texte d'un message entier sur iOS pouvait voir ses contenus persistés dans le cache, même après un effacement explicite. Du coup, pour les journalistes, les avocats, les activistes ou simplement les gens qui tiennent à leur vie privée, mettre à jour le plus vite possible n'est pas une option mais une priorité.

Bref, quand on parle de messagerie chiffrée, la vraie surface d'attaque n'est plus le protocole mais tout ce que l'OS fait autour dans votre dos.

Source : The Hacker News

Axios, l'une des bibliothèques les plus populaires de npm, piratée pour installer un cheval de Troie

La bibliothèque JavaScript Axios, téléchargée plus de 100 millions de fois par semaine, a été compromise. Un attaquant a détourné le compte du mainteneur principal pour y glisser un malware multiplateforme qui vise aussi bien macOS que Windows et Linux.

Un compte piraté, deux versions vérolées

Tout est parti du compte npm de jasonsaayman, le mainteneur principal d'Axios. L'attaquant a réussi à prendre le contrôle du compte, a changé l'adresse mail vers un ProtonMail anonyme, et a publié deux versions malveillantes : axios 1.14.1 et axios 0.30.4.

Les deux ont été mises en ligne en l'espace de 39 minutes, et pas via le processus habituel. Au lieu de passer par GitHub Actions, le pipeline d'intégration continue du projet, les paquets ont été poussés directement avec la ligne de commande npm. Un détail qui aurait pu alerter plus tôt, mais qui est passé entre les mailles du filet pendant deux à trois heures avant que npm ne retire les versions concernées.

Un malware bien préparé, avec auto-destruction

Le plus vicieux dans l'affaire, c'est la méthode. Plutôt que de modifier directement le code d'Axios, l'attaquant a ajouté une dépendance fantôme appelée plain-crypto-js. Elle n'est jamais importée dans le code source, son seul rôle est d'exécuter un script d'installation qui fonctionne comme un programme d'installation de malware. 

Ce qui veut dire que dès que vous faites un npm install, le script contacte un serveur de commande en moins de deux secondes et télécharge un programme malveillant adapté à votre système : un daemon déguisé sur macOS, un script PowerShell sur Windows, une porte dérobée en Python sur Linux. Et une fois le malware déployé, le script se supprime, remplace son propre fichier de configuration par une version propre, et fait comme si de rien n'était. Même un npm list affiche alors un numéro de version différent pour brouiller les pistes.

Une attaque attribuée à la Corée du Nord

StepSecurity et Socket.dev ont été les premiers à repérer la compromission. Selon Ashish Kurmi, CTO de StepSecurity, ce n'est pas du tout une attaque opportuniste. La dépendance malveillante avait été préparée 18 heures à l'avance, trois programmes malveillants différents étaient prêts pour trois systèmes d'exploitation, et les deux branches de publication ont été touchées en moins de 40 minutes.

Elastic a de son côté relevé que le binaire macOS présente des similitudes avec WAVESHAPER, une porte dérobée en C++ déjà documentée par Mandiant et attribué à un acteur nord-coréen identifié sous le nom UNC1069. Pour les chercheurs en sécurité, le message est clair : si vous avez installé axios 1.14.1 ou axios 0.30.4, considérez votre machine comme compromise. Il faut supprimer la dépendance, faire tourner les identifiants, et dans certains cas, réinstaller la machine.

Franchement, c'est le genre d'attaque qui fait froid dans le dos. Axios, c'est une brique de base pour à peu près tous les projets JavaScript qui font des appels réseau. Et là, en deux heures, un attaquant a réussi à transformer cette brique en porte d'entrée pour un cheval de Troie, y compris sur Mac.

Le plus déroutant, c'est que le système de publication npm permet encore de pousser un paquet manuellement sans que personne ne bronche. Bon par contre, il faut reconnaître que StepSecurity et Socket.dev ont fait du bon boulot en détectant le problème aussi vite.

Sans eux, la fenêtre d'exposition aurait pu être bien plus large, c'est faramineux quand on y pense. Et quand on sait que la piste nord-coréenne revient de plus en plus souvent dans ce genre d'opérations, on se dit que la sécurité de la chaîne logicielle mérite qu'on s'y intéresse de près.

Source : The Register

❌