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Un zéro mal interprété dans le firmware Coldcard a rendu les clés Bitcoin devinables pendant cinq ans

Le 30 juillet, un attaquant a vidé 1 196 adresses Bitcoin en 41 minutes. Un peu plus de 1 082 bitcoins, environ 70 millions de dollars. Aucune des victimes n'avait cliqué sur quoi que ce soit.

Elles avaient acheté un Coldcard, le portefeuille matériel de la société canadienne Coinkite, l'appareil que les puristes du bitcoin recommandent depuis des années précisément parce qu'il ne se connecte jamais à Internet.

Un portefeuille matériel fabrique une seed, la suite de mots dont dérivent toutes vos clés. Toute la sécurité repose sur un seul point : que cette suite soit réellement imprévisible. La puce embarque pour ça un générateur d'aléatoire physique.

En mars 2021, le firmware 4.0.0 a introduit une erreur d'intégration. Coldcard voulait désactiver le générateur intégré de MicroPython pour utiliser le sien, et a donc défini le paramètre MICROPY_HW_ENABLE_RNG à zéro. Sauf que la bibliothèque libngu vérifiait seulement si ce paramètre existait, pas la valeur qu'il portait. Il existait. Le test passait.

Pendant cinq ans, chaque tirage est donc passé par Yasmarang, un générateur pseudo-aléatoire non cryptographique dont l'état de départ venait de trois choses : l'identifiant 32 bits de la puce, un registre de minuterie et l'horloge interne. Rien de secret là-dedans, et plus la moindre entropie fraîche ensuite.

Les Mk3 se retrouvaient avec une quarantaine de bits d'imprévisibilité au lieu des 128 promis, les Mk4, Mk5 et Q avec 72. Pour ces derniers, l'ensemble des clés que l'appareil pouvait produire tombait à quelques milliards de combinaisons.

À ce niveau, il n'y a plus rien à pirater. L'attaquant génère les seeds candidates sur sa propre machine, calcule les adresses que chacune produirait, et les compare à la blockchain, publique par construction. Quand une adresse contient des fonds, il tient la clé. Aucun appareil n'a jamais été touché.

Coinkite a publié un firmware d'urgence le 31 juillet pour tous les modèles concernés. Attention au contresens qui coûte cher : la mise à jour ne répare pas une seed déjà créée. Il faut en générer une nouvelle et y déplacer les fonds. Les configurations multisignature, où le Coldcard n'est qu'une clé parmi plusieurs, sont largement épargnées.

Rodolfo Novak, le patron de Coinkite, a écrit qu'il était désolé et dévasté, et assume. Il avance aussi que l'attaquant a peut-être déniché la faille avec une IA, sans en apporter la preuve, tout en reconnaissant que sa propre revue de code assistée par IA était passée à côté.

Cinq ans qu'un zéro traînait dans un fichier de configuration, sur l'appareil vendu comme le plus sûr du marché. Le pire endroit possible pour ce genre d'oubli.

Source : The Hacker News

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Claude casse un algo post-quantique en 60 heures

Anthropic, le concurrent direct d'OpenAI sur les modèles d'IA, a publié hier un billet de recherche qui a fait pas mal de bruit : son modèle Claude Mythos Preview a trouvé en 60 heures une faiblesse dans HAWK, un schéma de signature post-quantique que deux ans de relecture humaine n'avaient pas repérée.

La cryptographie post-quantique, ce sont ces nouveaux algorithmes conçus pour résister aux futurs ordinateurs quantiques, qui pourraient un jour casser une partie du chiffrement actuel. Le NIST, l'organisme américain qui normalise ces standards, organise depuis des années un concours public, et HAWK y concourt au troisième tour pour les signatures numériques, ce mécanisme qui prouve qu'un message vient bien de vous.

Sauf que voilà, ce que l'IA a réellement cassé, c'est HAWK-256, un paramètre de défi mis à disposition des chercheurs pour être attaqué, pas les versions HAWK-512 et HAWK-1024 pensées pour un usage réel. L'attaque fait passer le coût d'une récupération de clé de 2 puissance 64 à 2 puissance 38 opérations, de quoi diviser par deux la taille de clé effective sur un schéma qui n'est déployé nulle part.

Deuxième résultat mis en avant : une attaque 200 à 800 fois plus rapide que la meilleure méthode connue contre AES-128 réduit à 7 tours. AES, c'est le chiffrement le plus utilisé au monde, celui qui protège votre navigateur, vos sauvegardes ou votre disque dur.

Un tour, c'est une passe de brouillage des données, et AES-128 en enchaîne dix. Les cryptographes attaquent depuis toujours des versions volontairement raccourcies pour jauger la marge de sécurité du vrai chiffre, du coup 7 tours, c'est un exercice académique, rien de plus.

Même sur cette version affaiblie, l'attaque suppose de faire chiffrer environ 2 puissance 105 messages choisis par l'attaquant, une quantité de données que personne ne réunira jamais. Anthropic l'écrit noir sur blanc : aucun système en production n'est touché.

Le sujet est ailleurs. La technique contre AES, que le modèle a baptisée le pont de Möbius, est sortie de trois jours de travail quasi autonome pour environ 100 000 dollars de calcul, avant plusieurs centaines d'heures de vérification par des chercheurs humains, seuls capables de confirmer que l'attaque tient debout.

Anthropic a d'ailleurs prévenu les auteurs de HAWK dès juin et coordonné sa publication avec le NIST. Chez Keyfactor, une société spécialisée dans la gestion du chiffrement, on y voit la preuve que le processus d'évaluation fait son travail : mieux vaut découvrir ces faiblesses maintenant qu'une fois le standard déployé partout.

Une IA qui trouve toute seule des failles dans du chiffrement, c'est franchement impressionnant. Les titres qui enterrent déjà le chiffrement mondial, beaucoup moins.

Source : Anthropic

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WP2Shell - La faille qui permet de pirater WordPress sans aucun plugin

Vous avez un site sous WordPress ? Alors lâchez tout ce que vous faites deux minutes, parce que là c'est du sérieux !!

Cette nouvelle attaque baptisée WP2Shell permet de compromettre une installation Wordpress sans passer par le moindre plugin. Heureusement, un patch est sorti en urgence le 17 juillet !

En temps normal, quand une alerte sécu tombe sur WordPress, le fautif c'est un plugin tiers vérolé , un truc installé un soir de flemme et oublié depuis des lustres. Mais cette fois, rien de tout ça puisque le trou de sécu se trouve dans le cœur de WordPress lui-même.

Dans le détail, WP2Shell enchaîne deux failles. La première, CVE-2026-63030 , est une confusion de route dans l'API REST batch, sur l'endpoint /wp-json/batch/v1. La seconde, CVE-2026-60137 , est une injection SQL bien planquée dans le paramètre author__not_in de WP_Query. Chacune dans son coin, c'est déjà vilain, mais mises bout à bout, elles offrent une exécution de code à distance.

Pas de compte, pas de mot de passe, et encore moins de plugin exotique mais simplement quelques requêtes HTTP et hop, c'est plié !

Côté versions, la chaîne complète touche WordPress 6.9.0 à 6.9.4 et 7.0.0 à 7.0.1. Si votre site est dans cette fourchette, vous êtes donc exposé. Les correctifs sont arrivés avec les versions 6.9.5 et 7.0.2. Et si vous vous traînez encore une vieille 6.8.x, sachez que seule l'injection SQL vous concerne potentiellement mais qu'elle a été patchée depuis la version 6.8.6.

Derrière cette trouvaille, on trouve Adam Kues, chercheur chez Assetnote (une branche de Searchlight Cyber), qui a assemblé et documenté toute la chaîne avant de la remonter proprement via le programme HackerOne de WordPress. Les détails techniques les plus croustillants restent sous le coude le temps que la planète patche mais l'équipe a mis en ligne un outil, wp2shell.com , pour vérifier si votre site est vulnérable. Allez-y, ça coûte rien !

Autre signal qui ne trompe pas, WordPress.org a déclenché les mises à jour automatiques forcées sur les sites concernés. Une mesure réservée aux failles vraiment graves, comme à l'époque où la faille critique de Really Simple Security avait exposé des millions de sites. Il y a donc de bonnes chances que votre installation toute pourrie dont vous ne vous occupez pas parce que vous êtes un mauvais webmaster ^^ ait déjà été rustinée toute seule. Vraiment, vous ne méritez pas les équipes sécu de Wordpress ^^

Mais ne pariez pas votre site là-dessus non plus... Car si vous avez désactivé les mises à jour auto (et beaucoup d'hébergeurs et d'admins le font), personne n'aura rien poussé chez vous. Sans oublier qu'un bout de PoC circule déjà sur GitHub (les chercheurs gardent pour eux le dernier maillon vers la RCE, mais ça n'arrêtera pas longtemps les motivés), et les scans automatisés ont commencé.

En attendant de patcher, bloquez surtout donc l'accès anonyme à l'endpoint batch de l'API REST via votre WAF ou votre plugin de sécu. Attention, pas seulement la forme /wp-json/batch/v1 : sa variante ?rest_route=/batch/v1 doit sauter aussi, sinon autant laisser la clé sur la porte. Cloudflare propose d'ailleurs des règles toutes prêtes. Et pour durcir le reste de votre config, ma vieille série sur le sujet reste d'actualité.

En tout cas, quand on sait qu'il y a +500 millions de sites actuellement propulsés par Wordpress, même s'ils ne sont pas tous concernés par cette faille, ça reste une surface d'attaque gigantesque !!

Bref, filez vérifier votre version. Sous 6.9.5 ou 7.0.2, vous mettez à jour et vous bloquez le batch en attendant. Deux minutes chrono, et votre site dort tranquille !

Source : Security Affairs

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JaiLIP - L'image piégée qui débride les IA qui voient

Md Jueal Mia et Hadi Amini, deux chercheurs de Florida International University , ont mis au point une méthode qu'ils ont baptisée JaiLIP qui permet de forger une image capable de contourner les garde-fous des LLM pour les jailbreaker.

Pour cela, ils utilisent 2 techniques en simultanée. La première dit à l'image "reste identique à l'originale, qu'aucun humain ne voie la moindre différence" et la seconde dit "pousse le modèle à cracher la réponse interdite". Ainsi, en poussant ces 2 curseurs d'un coup, ils obtiennent une photo qui au premier abord a l'air normale mais qui fait dérailler les modèles IA.

Vous, vous repérez un chat, des contours, une scène et vous lui courez derrière pour lui faire des papouilles. L'IA, elle voit une grille de chiffres et des corrélations entre pixels. Du coup sa vie est nulle mais surtout, une retouche minuscule, totalement invisible à votre œil, suffit à déplacer ce qu'elle comprend de l'image.

Sur leurs tests, l'image trafiquée a quasiment doublé la part de réponses dangereuses par rapport à la même image laissée intacte, la toxicité étant mesurée avec des outils standards du domaine. Dans l'un de leurs exemples, ils ont trafiqué une image de signalisation routière qui a permis au modèle ensuite d'expliquer OKLM comment ignorer les règles de circulation et éviter les PV.

Les chercheurs ont testé l'attaque sur deux modèles vision-langage open source, BLIP-2 et MiniGPT-4. GPT-4V, Gemini et les autres gros modèles fermés, eux, n'ont pas été testés dans l'étude. Donc non, contrairement à ce que j'ai pu lire par ci et par là, ce n'est pas une faille prouvée dans ChatGPT ou peu importe l'assistant IA que vous utilisez tous les jours.

Et tromper une IA avec une image bricolée, ça existe depuis une bonne dizaine d'années. Mais la nouveauté de JaiLIP, c'est surtout sa recette d'optimisation. En jouant sur les deux pertes à la fois, l'image reste plus discrète à l'œil tout en se montrant un cran plus efficace que les bidouilles précédentes.

Et ce genre de détournement nous concerne tous parce que des modèles qui regardent des images, il y en a partout maintenant. Les agents IA qui bossent à partir de captures d'écran, les assistants à qui vous balancez vos photos, sans oublier la modération automatique qui trie les images avant publication. À cause de ça, l'image est dorénavant un canal d'attaque, exactement comme l'était déjà le texte...

On l'a vu avec le son inaudible qui pirate les assistants vocaux , on l'a vu avec les IA qu'on manipule sans qu'elles s'en aperçoivent , et c'est toujours la même logique qui revient. Ce n'est pas parce qu'en tant qu'humain, nous ne percevons rien, que l'IA elle n'est pas capable de capter le message 5/5.

Le cousin de cette attaque, côté perception, c'est par exemple le sticker qui trompe une voiture autonome . Et côté parade, nos chercheurs esquissent une piste légère : virer au hasard 10 à 30% des mots passés en entrée, histoire de casser l'attaque sans réentraîner le modèle.

Prometteur d'après eux, mais c'est pas encore une solution blindée. Pour le reste, leurs conseils tiennent du bon sens : Ne passez pas d'infos sensibles en image à un modèle, limitez qui peut envoyer des images à vos systèmes, et auditez sérieusement la sécurité avant de mettre un VLM en prod.

C'est pas le graal mais c'est mieux que rien. Bref méfiez vous des images que vous donnez à vos IA. On ne sait jamais.

Source : le papier JaiLIP sur arXiv

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La faille d'Amazon Q : ouvrir un projet suffisait à se faire voler ses accès au cloud

Amazon Q, l'assistant de programmation dopé à l'IA que propose Amazon, pouvait se faire piéger d'une manière aussi simple qu'embarrassante.

Petit rappel pour situer. Amazon Q se greffe dans Visual Studio Code, l'éditeur de code de Microsoft que les développeurs utilisent au quotidien, et sert à écrire ou corriger du code à votre place.

Des chercheurs de Wiz, une société spécialisée dans la sécurité du cloud, ont découvert que cet assistant exécutait des commandes cachées à la simple ouverture d'un projet. La faille a reçu un identifiant officiel, CVE-2026-12957, et une note de gravité de 8,5 sur 10, ce qui est sérieux.

Le problème venait d'un fichier de configuration un peu particulier. Pour fonctionner, Amazon Q lit un fichier nommé .amazonq/mcp.json, qui s'appuie sur le MCP, pour Model Context Protocol, une sorte de prise standardisée qui permet de brancher une IA sur des outils extérieurs.

Sauf qu'il suffisait d'ouvrir un dépôt de code et d'activer Amazon Q pour que l'extension aille lire ce fichier et exécute son contenu. Sans fenêtre de confirmation, sans demander votre avis, et sans vérifier si vous faisiez confiance au dossier que vous veniez d'ouvrir.

Et c'est là que ça devient vraiment fourbe. Ces commandes héritaient de tout votre environnement de travail. Du coup, elles pouvaient récupérer au passage vos clés d'accès au cloud d'Amazon, vos jetons de connexion, vos secrets d'API et même l'accès à votre agent SSH, ce trousseau qui garde en mémoire vos connexions aux serveurs distants. En clair, tout ce qu'un développeur laisse ouvert pendant qu'il travaille.

Le plus gênant, c'est que Visual Studio Code possède justement une sécurité prévue pour ça, la confiance d'espace de travail, qui vous demande si vous validez un dossier avant de le laisser agir. L'extension d'Amazon passait tout bonnement par-dessus.

Pour un pirate, le piège était facile à tendre. Il suffisait de glisser ce fichier dans un projet open source d'apparence anodine, ou dans un bout de code partagé sur un forum, et d'attendre qu'un développeur qui récupère un projet l'ouvre pour voir comment il fonctionne.

Amazon a corrigé le tir dans la version 1.65.0 de son serveur de langage et a confirmé la correction. Wiz note d'ailleurs que des failles très proches ont déjà touché d'autres outils de code boostés à l'IA.

Donner autant de pouvoir à une IA sans le moindre garde-fou, et laisser filer les clés du cloud avec, ça reste une erreur de débutant pour un géant comme Amazon.

Source : The Register

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75 000 pare-feu Fortinet siphonnés : l'attaque FortiBleed touche la moitié du parc mondial

Environ 75 000 pare-feu Fortinet ont vu leurs identifiants de connexion volés puis vérifiés un par un, des FortiGate, ces boîtiers qui filtrent l'accès au réseau des entreprises et servent très souvent de porte d'entrée VPN pour les salariés en télétravail.

Baptisée FortiBleed par les chercheurs qui l'ont mise au jour, la campagne couvre 194 pays et plus de 21 000 domaines, soit à peu près la moitié des pare-feu Fortinet exposés sur Internet à l'heure actuelle.

Parmi les organisations dont les accès se sont retrouvés dans la nature, on relève des noms qui n'ont rien d'amateur en matière de sécurité : Foxconn, Samsung, Comcast, Siemens, Lenovo, FedEx, Accenture ou encore Oracle.

Toute l'ironie de l'affaire tient là : le pare-feu, l'appareil précisément chargé de tenir les intrus à l'écart du réseau, s'est transformé en point d'entrée qui leur a ouvert la porte en grand.

Sur le plan technique, les attaquants interceptaient l'authentification du SSL VPN, cet accès distant chiffré qui permet de rejoindre le réseau interne d'une entreprise depuis l'extérieur, récupéraient l'empreinte chiffrée des mots de passe et la cassaient sur une grappe de 45 cartes graphiques pilotée par l'outil Hashtopolis, avant de basculer vers l'Active Directory, l'annuaire qui gère l'ensemble des comptes Windows de l'organisation.

Les volumes traités donnent la mesure de l'opération : 1,16 milliard de tentatives de connexion lancées contre 320 000 équipements FortiGate, et 2,1 milliards d'autres dirigées en parallèle vers 160 000 serveurs de bases de données Microsoft.

Au moins quatre organisations ont été entièrement compromises, avec déplacement des attaquants d'une machine à l'autre à l'intérieur du réseau, au Japon, à Taïwan, au Vietnam, en Irak et en Turquie. Le cas le plus sérieux touche un sous-traitant turc de la défense, membre de l'OTAN, chez qui des documents classifiés ont été volés. Tout ça est attribué à un groupe cybercriminel russophone à plusieurs opérateurs.

C'est le chercheur Bob Diachenko qui a repéré les intrusions, avant que Hudson Rock (une société spécialisée dans l'analyse des données aspirées par les logiciels espions) ne décortique le tout et que Kevin Beaumont confirme que les identifiants étaient bien valides.

Hudson Rock a d'ailleurs mis en ligne une liste des domaines concernés, histoire que chaque entreprise vérifie si elle figure au tableau de chasse.

Fortinet, de son côté, minimise et parle d'un recyclage de données issues d'incidents passés et de simples attaques par force brute, pas d'une nouvelle faille dans ses produits.

Sauf que voilà : la plupart des boîtiers concernés sont toujours en ligne. Recyclées ou pas, ces données ouvrent une porte bien réelle tant que les mots de passe VPN et administrateur n'ont pas été changés, et changer tous les accès d'un pare-feu dans une grande organisation ne se fait pas en claquant des doigts.

Bref, faille ou vieux stock recyclé, ça ne change rien pour les boîtes touchées : on change les mots de passe VPN tout de suite, et on active la double authentification.

Source : The Register

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Une seule commande, et votre Surface se transformait en presse-papier

Une seule petite ligne de code envoyée au mauvais endroit pouvait transformer un Surface Laptop en bloc de métal inutilisable. C'est sur cette faille que Microsoft a discrètement travaillé pendant trois mois, avant qu'elle ne soit rendue publique le 12 juin.

L'histoire commence de façon assez improbable. Jack Darcy, un chercheur en sécurité australien, a demandé à Microsoft Copilot (l'assistant IA intégré à Windows) de régler le rétroéclairage de son écran, rien de dingue donc. Bien gentil, Copilot écrit tout seul un script Python, l'exécute, et la paf, il rend l'ordinateur totalement inopérant. Plus de démarrage, plus d'accès au BIOS, rien, queudalle.

En creusant, Darcy comprend ce qui vient de se passer. Le script a écrit n'importe quoi dans le firmware du SAM, le Surface Aggregator Microcontroller, cette petite puce qui coordonne le matériel sur les Surface : alimentation, ventilateurs, clavier, capteurs. Une fois sa mémoire corrompue, la machine ne sait tout simplement plus démarrer.

Le problème de fond, c'est que cette puce n'avait aucun garde-fou. Elle acceptait n'importe quelle valeur en écriture sans vérifier si elle avait le moindre sens. Pire, les commandes de lecture et celles d'écriture partageaient la même numérotation, ce qui rendait toute exploration prudente impossible. "Vous ne pouvez littéralement pas scanner deux commandes qui se suivent sans une chance sur deux de tomber sur une commande d'écriture", résume Darcy.

Du coup, un seul paquet expédié pouvait griller la carte mère pour de bon. Aucune réparation logicielle, aucune réinitialisation d'usine, aucun accès USB de secours : direction le remplacement complet de la carte mère, soit plusieurs centaines d'euros.

Tout n'est pas si noir quand même. Pour déclencher la catastrophe, il fallait déjà disposer des droits administrateur sur la machine et avoir désactivé Secure Boot et Secure Core, les deux protections activées par défaut sur les Surface. Autrement dit, un parc d'entreprise géré normalement ne risquait rien, et les seules machines réellement exposées étaient celles des bidouilleurs tournant sous Linux, en configuration gaming allégée ou avec des pilotes maison.

Les modèles concernés vont du Surface Laptop 3 au Surface Laptop 6 et du Surface Book 1 au Surface Book 3. Les Surface Go semblent épargnés, et les versions ARM n'ont pas été testées.

Côté correctif, Microsoft a plutôt bien joué le jeu. Prévenu le 10 mars, l'éditeur a reconnu le défaut puis déployé des mises à jour de firmware via Windows Update dès le mois de mars, si bien que la grande majorité des appareils touchés sont désormais protégés. Darcy a récupéré un Surface tout neuf pour le dédommager.

Un point chiffonne quand même. Microsoft a refusé d'attribuer un CVE, l'identifiant officiel qui répertorie une faille de sécurité, estimant que le bug "n'atteignait pas le seuil" requis. Pour un défaut capable de tuer une machine de façon irréversible, l'argument laisse songeur.

Pour la suite, Redmond mise sur le langage Rust, réputé pour empêcher ce genre de débordements mémoire. Le firmware embarqué est en cours de réécriture intégrale, baptisée "Secure EC", tout comme une partie de l'UEFI sous le nom de "Project Patina".

Bref, un Copilot qui brique tout seul le PC sur lequel il tourne, voilà une démo involontaire dont Microsoft se serait bien passé.

Source : The Register

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