La version Nintendo 64 de Command & Conquer, c'était une drôle de bestiole. Sortie en 1999 et portée par Looking Glass Studios, elle reprenait le RTS de Westwood avec des unités, des bâtiments et un terrain en vraie 3D. Pour ma part, je ne l'ai jamais testé à l'époque (moi j'étais sur PC) mais ça va pouvoir changer puisque c'est ce que
le projet OpenCNC3D
fait revivre sous la forme d'un programme Windows et macOS.
Pour y parvenir, le mystérieux dev qui s'occupe de ce projet, a repris la logique de jeu de Tiberian Dawn, dont EA
a publié le code source
sous licence GPL en 2020, puis y a collé les modèles 3D, les textures, le terrain et même la caméra à l'identique en les extrayant de la cartouche originale. Le tout est ensuite redessiné par un moteur de rendu écrit pour l'occasion, avec les menus et les sons des CD de la version MS-DOS de 1995.
Derrière ce projet se cacherait d'après les rumeurs,
Frederik Schreiber
, le patron de Slipgate Ironworks, le studio de Tempest Rising. C'est en tout cas ce qu'affirme le site Command & Conquer Saga, puisque le dépôt est signé freschism3000, un pseudo proche de son compte X, Freschism.
Côté contenu, vous retrouverez les 36 missions de campagne GDI et Nod, 27 missions Special Ops et 67 cinématiques d'origine, alors que
la version N64 les avait tristement remplacées
par des images fixes. Et il y a aussi du neuf, à commencer par le multijoueur en réseau dispo jusqu'à huit joueurs, que la cartouche n'avait pas, plus le mode escarmouche contre l'ordinateur et un éditeur de cartes.
La v0.8.0, sortie le 10 octobre dernier, ajoute également trois nouveaux rendus. Classic, c'est l'image plate en 320x200 du jeu de 1995, N64, celle de la cartouche, et Enhanced, ce sont les bâtiments refaits et peints à la main, les véhicules et les soldats remodélisés, ainsi que de l'herbe qui ondule et des bruits d'ambiance. Et vous pouvez passer de l'un à l'autre en pleine partie sans souci.
Je vous préviens quand même, maintenant que vous êtes bien hypé,
le dépôt GitHub du projet
, sous GPL v3, ne contient aucune donnée du jeu. Donc pour le faire tourner, vous devez en théorie fournir le dump de votre propre cartouche européenne et vos CD MS-DOS de 1995... Mais bon, comme les paquets du site, eux,
livrent le jeu complet
, sans la bénédiction d'EA, vous pourrez y jouer même sans ça. Oui, on est dans un genre de zone grise totale ce qui veut dire que ça pourrait, comme tout ce qui est beau dans ce monde, se faire shooter du jour au lendemain par les ayants droits.
C'est gratuit avec installeur pour Windows mais également une version universelle Apple Silicon et Intel pour macOS. Et ça tourne à 60 images par seconde jusqu'en 4K ! La vie est belle !
Mercredi, c'est le jour des enfants, mais c'est surtout celui des adultes qui n'ont aucune envie de bosser !!
Alors pour ceux-là, je vous ai débusqué
Ported2Browser
, un annuaire qui recense +200 jeux et logiciels capables de tourner directement dans l'onglet de votre navigateur. Bref de quoi jouer sans rien installer sur l'ordi...
Vous vous baladez sur le site ou vous cherchez ce que vous voulez, vous cliquez et hop, ça se lance directement depuis le site qui héberge le portage.
Vous pouvez ainsi filtrer par plateforme (NES, Super Nintendo, Nintendo 64, GameCube, Game Boy et d'autres), par tags, ou par façon de jouer. Par là, j'entends soit au clavier et à la souris, ou la manette ou directement via l'écran tactile. Il y a même un éditeur d'images, Compositor, pour les graphistes qui n'arrivent VRAIMENT pas à décrocher de leur boulot ^^.
En tout cas ça m'a fait plaisir de retomber sur "You don't know Jack" auquel je jouais quand j'étais petit (en français). Je l'avais complètement oublié ce jeu, c'est fou !
Voilà, je vous laisse découvrir tout ça, histoire de vous détendre avant le 17 octobre ^^ !
Je pense que ça va vous plaire ! En tout cas, moi ça m'a vraiment impressionné !
Le Petit Prince parmi les étoiles
, c'est un jeu en 3D qui se lance directement dans le navigateur et qui nous emmène de planète en planète tout comme dans le conte de Saint-Exupéry. Il n'y a rien à installer, et le jeu est en français, en plus de sept autres langues.
La carte du voyage en français : B-612 est ouverte, les sept autres planètes attendent
Au premier clic, la carte du voyage s'ouvre avec huit planètes, et au démarrage, seule B-612 est accessible. Le roi, l'allumeur de réverbères, le géographe et les autres attendront donc leur tour pendant que vous promenez le petit prince sur son astéroïde (après une courte cinématique où il contemple une mer de nuages), entre ses volcans et sa fleur. Votre progression, elle, reste sauvegardée dans le navigateur d'une visite à l'autre.
Sur B-612, premier objectif : faire le tour de la planète, entre la cabane et les deux volcans
L'ambiance est reposante, un peu magique et m'a bien replongé en enfance, quand je lisais cette histoire poétique et un peu bizarre ^^.
Derrière ce jeu, il y a Sac, un créateur basé à Singapour qui parle d'IA et de 3D toute la journée sur X. Dans
son post de lancement
, il explique avoir passé 16 jours sur ce projet avec l'aide de Claude Opus 5.5, en combinant
Tripo
et
Blender
. Mais c'est surtout Opus 5.5 qui a transformé chaque planète du conte en scène 3D totalement explorable. Il a promis aussi de publier un peu plus tard le code source du jeu et le détail de comment il a réussi à faire tout ça. Après avoir fait ce jeu pour tester les capacités de l'IA, ce qu'il pense maintenant, c'est que plus personne n'a la moindre raison de ne pas l'utiliser.
En attendant qu'on ait les détails de son making-of, en creusant un peu, ce qu'on peut déjà voir c'est que c'est un export Unity qui tourne en WebGPU (sans aucun repli vers WebGL2), découpé en lots de chapitres, et que les commentaires dans le code renvoient à des documents de conception écrits en Markdown (UI_DESIGN.md, ENGLISH_COPY.md, WEB_BUILD.md...) ainsi qu'à des scripts Python qui génèrent en l'occurrence les polices et les logos.
Maintenant, quelle part a été faite à la main, ça, on ne le saura que lorsqu'il publiera sa technique...
Mais en tout cas, si après avoir joué à ce jeu, ça vous donne envie de vous y mettre pour réaliser vous aussi le jeu vidéo de vos rêves que vous avez dans la tête depuis que vous êtes tout petit, voici ce que vous avez à votre dispo.
Tout d'abord, il vous faut des graphismes et pour cela, Tripo transformera une description texte ou une simple image en modèle 3D, surtout si vous utilisez aussi son
add-on officiel pour Blender
qui permet de faire ça sans quitter le logiciel (à condition d'avoir une clé API Tripo). Maintenant, si vous préférez tout garder sur votre machine, n'oubliez pas que TRELLIS de Microsoft génère lui aussi des modèles 3D, sous licence MIT, et que je vous avais présenté
son portage sur les Mac Apple Silicon
il y a quelques mois.
Ensuite, pour que Claude pilote Blender, il y a
MCP for Blender
, l'ex-blender-mcp. L'IA y écrit elle-même le Python de Blender pour la modélisation, les matériaux, l'animation, le rig et la retopologie, et le serveur lui ajoute Poly Haven, Sketchfab ainsi que la génération 3D par Tripo ou Hyper3D Rodin (il propose aussi Hunyuan3D, mais
la licence de Tencent
exclut l'Union européenne, donc à voir ce qu'on fait de ça chez nous...).
Côté moteur, Unity a déclaré obsolète le serveur MCP intégré à son éditeur au profit du
Unity CLI
, gratuit et indépendant de son offre Unity AI, qui sait configurer Claude et installer des skills Unity pour votre agent.
Ça donne ceci si vous voulez l'installer. Ça commence par Blender d'abord, et puis Unity :
Ensuite, pour sortir le jeu et qu'il tourne dans le navigateur, sachez que le WebGPU d'Unity n'est
plus expérimental depuis Unity 6.6
, mais qu'il faut encore l'ajouter vous-même aux API graphiques du lecteur Web. Quant au chef d'orchestre, Claude Code, comme vous le savez, c'est payant et inclus dès
l'abonnement Pro de Claude
, à 20 balles par mois.
Après, le hic, c'est ce WebGPU obligatoire car le jeu exige Chrome ou Edge 113 et plus, Safari 26, ou Firefox 141 sous Windows et 145 sur les Mac Apple Silicon. Et sous Linux (si j'en crois
le suivi du W3C
), Chrome ne l'active d'office qu'avec un GPU Intel récent ou une carte NVIDIA sous Wayland, et Firefox seulement en Nightly.
Donc si l'écran vous dit que votre navigateur n'est pas compatible, séchez vos larmes et essayez depuis un Mac ou un PC Windows.
Et puis si l'envie vous prend d'adapter un autre classique à votre tour, choisissez-le bien, puisque le texte de Saint-Exupéry reste protégé en France jusqu'en 2032 et que ses héritiers
exploitent le nom et les personnages comme étant des marques
. Du coup, y'a des chances que Little Prince, le jeu, saute rapidement.
Depuis quelques jours c'est l'effervescence sur le net car l'équipe d'ArtCraft a mis en ligne sur GitHub, 12 logiciels GRATUITS qui ont pour mission de remplacer TOUS les outils payants que nous sommes très nombreux à utiliser.
Ces nouveaux logiciels s'appellent PhotoCraft, VectorCraft, FilmCraft, LightCraft, PdfCraft, EffectCraft, DesignCraft, WordCraft, SoundCraft, DeckCraft, CADCraft et GridCraft. Et ces
Crafting Apps
sont des réécritures "propres" en Rust et natives pour macOS, Windows et Linux d'incontournables comme Adobe Photoshop, Microsoft Word, Avid Pro Tools ou encore Autodesk AutoCAD.
Maintenant pour réussir à publier 12 clones d'outils aussi iconiques en quelques jours, l'équipe derrière le projet ne s'est évidemment pas tapé tout à la main, vous vous en doutez... De nombreux commits de PhotoCraft sont par exemple co-signés "Claude Opus 3.5" ou "Codex". Hé oui, les ravages de l'IA qui a reçu
pour consigne de refaire à l'identique
par exemple Photoshop avec les mêmes menus, les mêmes raccourcis, et le même comportement.
J'ai mis un peu de temps à me décider d'installer tout ça pour tester parce que tous ces outils, depuis que l'IA est entrée dans ma vie, bah je n'en ai plus vraiment besoin. Mais bon, faut bien que je fasse mon taf à un moment ou à un autre ^^ alors j'ai pris le temps de tout installer sur mon Mac pour voir ce que ça donne...
Déjà l'installation passe par l'ArtCraft Launcher, signé par une société nommée Learning Machines LLC , qui installe chaque app en quelques secondes depuis les releases GitHub, après avoir contrôlé son empreinte SHA-256. Au total, en installant tout, j'ai fini avec 1,7 Go d'applications, ce qui est vraiment peu, je trouve.
Voici à quoi ressemble ce launcher :
Le launcher en vue tableau, avec sa colonne "Inspirée de" et la mention des marques en bas
J'ai donc commencé par PhotoCraft en ouvrant le PSD de mon propre logo, soit 7 calques et tous se sont bien chargés, même les calques techniques comme ceux concernant la lumière, la densité des couleurs, etc. En plus, j'ai été surpris mais l'interface est entièrement en français, avec des menus identiques à ceux qu'on retrouve sur Photoshop jusqu'au "Filtre Camera Raw". J'ai ensuite comparé le rendu de l'outil à l'image fusionnée que Photoshop avait enregistrée dans le fichier, et 100 % des pixels correspondent. Et quand je réenregistre en PSD mon fichier, celui-ci garde ses sept calques et se rouvre à l'identique.
C'est assez impressionnant, je suis bluffé...
Mon logo PSD dans PhotoCraft, avec ses sept calques et leurs modes de fusion
WordCraft, lui, reprend le menu "ruban" de Word jusqu'aux onglets Mailings et Zotero, et mon document de test (avec titres, gras, italique, accents, liste et tableau) s'affiche impecc. Par contre, l'interface reste en anglais et le correcteur souligne tout mon french en rouge par défaut.
WordCraft et mon document de test, sous un ruban calqué sur celui de Word
De son côté, le tableur GridCraft, quant à lui, a passé une épreuve un peu plus dure puisque dans mon classeur j'ai enregistré des formules SUM, AVERAGE et MAX mais sans leur résultat. Hé bien lui les a recalculées de lui-même sans une erreur !
GridCraft a recalculé seul les totaux, la moyenne et le maximum de mon classeur
Pour le reste, PdfCraft a parfaitement lu mon PDF de trois pages, VectorCraft a affiché correctement un SVG avec courbes et texte s'il vous plait, DeckCraft a affiché mes trois diapos PowerPoint de test, et CADCraft respecte totalement les proportions d'un plan DXF.
CADCraft et mon plan DXF, avec un ViewCube et une ligne de commande façon AutoCAD
De son côté, DesignCraft (le clone InDesign) sait ouvrir un fichier IDML sur 2 colonnes, césure comprise, en signalant les erreurs et les polices manquantes. Enfin, pour l'image et le son, LightCraft permet d'importer un dossier de JPEG, SoundCraft charge un WAV stéréo dans la joie et la bonne humeur, et FilmCraft tout comme EffectCraft importent des vidéo MP4 sans problème (j'ai testé uniquement avec des vidéos de quelques secondes.)
Les 6 autres apps que j'ai lancé en test avec les fichiers de l'essai, et entre parenthèses le logiciel dont chacune s'inspire
Attention quand même, tout ce que j'ai ouvert là, ce sont des formats qui ont été documentés publiquement. Si vous essayez d'ouvrir des projets After Effects et Premiere, ça ne passera pas. EffectCraft ne sait pas ouvrir les .aep, et FilmCraft ne lit pas encore les .prproj. Après SoundCraft n'échange encore aucune session en AAF ou en OMF, et CADCraft perd à l'enregistrement les entités qu'il ne gère pas.
Voilà, donc si le format proprio PSD passe aussi bien, c'est parce qu'Adobe en a publié les specs depuis longtemps.
Voilà pour mon petit test... Ce que je peux vous dire c'est que le boulot accompli est vraiment impressionnant, mais que les outils sont assez inégaux dans leur maturité. Après rien d'inquiétant car ça avance très très vite entre les contributions et l'IA. Donc pour le moment, ça ne remplacera pas Photoshop si vous êtes un pro de cet outil. Mais pour des gens comme moi qui en ont un usage très ponctuel, c'est le pied !
FilmCraft, son projet de démo et ma vidéo de test importée en bas à gauche
Maintenant, la question que je me suis posé, c'est qui finance tout ce bordel ?
Parce que même si c'est l'IA qui fait en grande partie le taf, faut bien payer les tokens ! Et bien, derrière le projet, il y a Brandon Thomas, qui se présente sur GitHub comme fondateur d'ArtCraft, de Storyteller.ai et de FakeYou. FakeYou, c'est un site de voix synthétiques de célébrités, sur lequel le Garante italien (la CNIL italienne, quoi...) avait
ouvert une enquête
en 2022. Et visiblement c'est soutenu par le fonds Pebblebed qui liste ArtCraft dans son
portefeuille
. Bref, après le clonage de voix, on dirait bien que Brandon est passé au clonage de logiciels. Le garçon a de la suite dans les idées...
Maintenant la thune générée par ArtCraft, provient de leur studio d'images et de vidéos par IA avec des abonnements qui coûtent entre 96 et 576 dollars par an. Cela donne droit à des crédits de génération sur Nano Banana, Seedance ou Kling. Mais rassurez-vous, les Crafting Apps, elles, ne sont pas monétisées.
Maintenant mettre tous ces clones en open source, c'est une excellente idée je trouve car d'un point de vue "code", ça les rend immortels (suffit de cloner le dépôt) et surtout, les contributeurs qui apportent des fonctionnalités et des corrections de bug le font avec leur temps et... leurs tokens... Bah oui.
Donc quelque part, la communauté ArtCraft finance aussi une bonne partie du dev...
Reste la question du droit d'auteur bien sûr puisque concernant le code, le droit européen est très clair. En effet la directive de 2009 sur les logiciels protège ce qui est écrit, mais pas les idées qui se cachent derrière une interface, et elle laisse donc à quiconque le droit d'utiliser un programme, et de le décortiquer en le faisant tourner pour l'analyser. De plus, en 2012, l'arrêt SAS Institute a précisé que ce que fait un logiciel et le format de ses fichiers ne sont pas protégés. Et comme ArtCraft affirme n'utiliser ni code, ni shaders, ni assets propriétaires, ils sont clean, sauf si Microsoft ou Adobe arrivent à prouver le contraire.
Là où ça peut coincer, je pense, c'est au niveau de l'interface puisque fin 2010, la même Cour a estimé qu'une
interface graphique
, à défaut d'être protégée comme du code, peut l'être comme n'importe quelle œuvre, dès lors qu'elle est originale ! Or chez ArtCraft, il est dit qu'ils ont étudié Photoshop pour son comportement et son apparence et rien d'autre... Oui, son apparence... donc là y'a peut-être une faille ?
Bref, pour le moment rien n'indique que le code viole le droit d'auteur, mais l'interface et la manière de se présenter sont risquées.
Maintenant si vous voulez vous faire votre propre avis, rendez-vous sur
getartcraft.com
.