Des faux installateurs Claude Code se baladent dans Google
Des faux installateurs Claude Code se baladent dans Google
Les chercheurs d'Ontinue, une boîte de cybersécurité, ont publié une analyse d'une campagne de vol de données qui vise directement les développeurs.
La méthode est en fait assez simple. Vous tapez "install claude code" dans Google, vous cliquez, plein d'innocence, sur le premier résultat sponsorisé, et là vous tombez sur une page qui ressemble trait pour trait à la doc officielle d'Anthropic. Sauf que le serveur derrière n'a rien à voir, et la commande d'installation à copier-coller a été modifiée.
L'astuce technique est intéressante. La commande PowerShell affichée n'est pas visible dans le code source qu'un scanner automatique pourrait analyser, elle est générée à la volée dans le HTML de la page. Du coup, les scans de sécurité voient du contenu légitime, l'utilisateur copie une commande malveillante, et paf, un loader PowerShell d'environ 600 Ko se lance discrètement.
Ce loader essaie ensuite quelque chose de carrément vicieux. Il abuse de IElevator2, une interface interne de Chromium (le moteur derrière Chrome, Edge, Brave, Vivaldi, Opera) lancée en janvier 2026 par Google pour mieux protéger les cookies et mots de passe avec un chiffrement renforcé. Le malware injecte un petit module dans le navigateur pour appeler cette interface depuis l'intérieur, ce qui lui permet de récupérer les clés et de déchiffrer toute la base. Cookies de session, mots de passe enregistrés, infos de paiement. Tout y passe.
Trois domaines pirates ont été enregistrés sur six jours en avril, tous derrière Cloudflare pour compliquer le takedown. Le bout de code utilisé ne correspond à aucune famille de malware connue (Lumma, StealC, Vidar). Le plus proche serait Glove Stealer, repéré en novembre 2024, mais avec une orchestration différente. Bref, ce serait un nouveau venu fabriqué exprès pour cette campagne.
Et la cible, c'est précisément les développeurs. Ce sont eux qui installent Claude Code (l'outil en ligne de commande d'Anthropic pour coder avec l'IA, concurrent direct de Cursor).
Et un développeur, dans son navigateur, c'est l'accès à GitHub, à AWS, à des dashboards de production, à des comptes Cloud, à des secrets qui se revendent potentiellement très cher. Les défenses classiques qui surveillent les exécutables natifs ne voient rien, tout se joue au niveau de l'appel COM (la mécanique Windows qui permet à des programmes de se parler entre eux) et de PowerShell.
Petit conseil : passez par anthropic.com directement, jamais par un résultat sponsorisé. Si vous avez collé une commande douteuse récemment, c'est le moment de regarder ce qui tourne sur votre machine.
Source : Infosecurity Magazine
![]()
