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À partir d’avant-hierKorben

Qui possède vos médias préférés ?

Par : Korben ✨
11 août 2026 à 14:30

Aujourd'hui, je tiens à vous présenter cette extension navigateur qui colle le nom du propriétaire à côté des résultats Google dont le média est référencé, aussi bien dans la recherche Web que dans l'onglet Actualités. Ça s'appelle "Qui possède ?" et sa base de référence contient 584 médias français.

Une fois le propriétaire identifié, le badge reste affiché quand vous arrivez sur le site du média.

Au survol du badge, la chaîne de détention se déroule alors en entier, du média jusqu'au propriétaire final, avec la source de l'info. Les données viennent de l'open data d'Acrimed et du Monde diplomatique + les propres recherches de l'auteur de l'extension. Ensuite, les propriétaires sont répartis dans 7 catégories : milliardaire, famille ou propriétaire privé, groupe de presse, banque ou fonds, public, religieux, et indépendant.

Bien sûr, Korben.info est dedans, chez les indépendants, avec moi comme seul propriétaire ^^.

La base est embarquée dans l'extension, disponible sur Chrome, Firefox et Firefox Android et les permissions de celle-ci se limitent au stockage local, à 6 domaines Google et aux sites des médias référencés. Aucun serveur tiers n'est donc appelé et en plus c'est gratuit.

Et s'il manque un média, un bouton apparaîtra même dans les résultats pour le proposer. Bref, installez-la sur Chrome ou Firefox , et signalez les médias qui manquent.

Merci REDMAMBA l'auteur de l'extension pour le partage !

Votre vieux Morrowind se relance dans le navigateur

Par : Korben ✨
28 juillet 2026 à 08:11

Si vous êtes fan de The Elder Scrolls III: Morrowind, j'ai une bonne nouvelle pour vous : vous allez pouvoir y jouer directement dans un onglet de navigateur ! En effet, c'est ce que nous propose openmw-web , signé Virtastic et sorti il y a quelques jours !

openmw-web fait donc tourner Morrowind dans un browser en recompilant OpenMW vers WebAssembly avec Emscripten. OpenMW, c'est le moteur libre qui réimplémente de zéro celui du jeu, et l'avoir en WebAssembly, ça permet de le faire tourner localement sur votre machine dans le navigateur.

Si vous voulez tester, il y a deux façons de vous lancer. Soit via le monde de démo livré avec OpenMW qui est jouable direct avec un petit village, ses PNJ, ses gardes et des créatures qui rôdent autour.

Ou alors vous pointez le navigateur vers le dossier Data Files de votre propre installation. Les fichiers sont alors lus en streaming depuis le disque via la File System Access API, rien n'est uploadé nulle part, et Tribunal, Bloodmoon et vos mods en .esp, .esm ou .bsa sont détectés tout seuls.

Dans ce mode, les sauvegardes atterrissent ensuite sous la forme de vrais fichiers dans un sous-dossier openmw-web-saves, donc vider le cache du navigateur ne les effacera pas. Alors que sur le monde de démo, elles resteront dans le stockage du navigateur, et là si vous videz votre cache en mode bourrin, vous perdrez votre avancement.

J'ai lancé la démo, et je dois dire que ça tourne plutôt bien.

Ce clic autorise une connexion à Google : adresse IP transmise et traceurs possibles. En savoir plus Voir cette vidéo sur YouTube

Virtastic est une boîte dont c'est le métier de recompiler des logiciels desktop en applis web. Ils vendent la prestation de conversion, la maintenance et l'hébergement, et licencient leur bibliothèque de dépendances déjà cross-compilées vers WebAssembly, genre Qt, CPython, OpenCASCADE ou FFmpeg.

Donc Morrowind c'est leur vitrine, avec FreeCAD et Jagged Alliance 2 en preview et Blender annoncé. Ça explique la finition du truc, car le gros du travail était surtout dans la chaîne de dépendances, et pas forcément dans le jeu.

Notez que de ce que j'ai lu dans la doc, sous Windows, visiblement le navigateur refuse d'ouvrir un dossier situé dans Program Files, là où Steam installe par défaut. Il faut donc copier Data Files sur le Bureau ou dans Documents avant de le sélectionner.

Le développeur a évoqué également un mode multijoueur parmi les fonctions à venir, ce que le jeu n'a jamais eu d'origine. Et sur le dépôt, il tient sa roadmap sous forme de tickets qu'il s'ouvre à lui-même.

Je vous parlais d'OpenMW en 2012 , quand c'était encore un moteur prometteur en cours d'écriture et nous voilà 14 ans plus tard, et ce même moteur tourne dans un Chrome OKLM. C'est beau non ? Dans le genre vieux logiciel qui déménage dans le navigateur, y'a aussi ce émulateur x86 en WebAssembly qui reste mon autre chouchou.

Amusez-vous bien !

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Firefox ressort le mode compact du placard, 5 ans après

Par : Korben ✨
27 juillet 2026 à 17:00

En 2021, Mozilla a estimé que le mode compact de Firefox intéressait trop peu de monde pour mériter sa place dans l'interface. Le bug qui actait sa suppression a énervé pas mal de monde, mais la justification à l'époque, c'était que cette densité est "difficile à découvrir, et on suppose qu'elle est peu utilisée".

Faut dire que ce mode compact réduit sacrément l'espacement des barres d'outils et des onglets pour gagner de la place à l'écran. Mozilla le destine explicitement aux petits écrans.

Mais devant la levée de boucliers, Mozilla a dû faire machine arrière mais à moitié ^^. En avril 2021, un second bug acte le compromis : ceux qui utilisaient déjà le mode compact le gardent, les autres doivent aller l'activer à la main dans about:config via browser.compactmode.show.

Puis au bout d'un moment dans le menu de personnalisation, l'option réapparaît en juin 2021 dans Firefox 89 sous le doux nom de "Compact (not supported)". C'est la version qui embarquait la refonte Proton dont je vous parlais à l'époque .

Nous sommes 5 ans plus tard, et Mozilla remet le couvert avec le mode compact ! En effet, le nouveau design de Firefox est arrivé aujourd'hui dans Nightly, et ce mode compact fait partie du package. "Les gens nous ont dit que ça leur manquait, et on les a écoutés", explique l'équipe.

Sauf que ce n'est pas exactement un retour à la case départ. Dans le code de Nightly 155, le mode compact ne revient pas dans le menu de personnalisation. En réalité, il déménage dans les réglages, sous une rubrique "Window density" qui propose Automatique, Standard, Compact et Tactile.

Mais surtout Firefox sait maintenant basculer en compact tout seul. C'est une préférence fraîchement débarquée, browser.compactmode.auto.threshold, qui fixe le déclencheur à 0.05. Cela veut dire que si la barre d'onglets s'apprête à bouffer plus de 5 % de la hauteur de votre fenêtre, le navigateur passe en densité réduite sans rien vous demander.

Même logique sur la largeur avec la barre latérale repliée avec un garde-fou plutôt propre qui fait que si un utilisateur a choisi lui-même une densité, il ne se fait jamais écraser son réglage.

Le reste de la refonte, baptisée Project Nova en interne , n'est pas mal non plus. Les onglets prennent une forme plus douce avec un léger dégradé sur l'onglet actif, la palette s'inspire du feu avec des violets fumés, et les icônes sont redessinées pour tenir la route en thème clair comme en sombre. Mozilla a d'ailleurs publié les teintes avec leurs codes, du Cream #FFF4EE au Midnight Purple #210340.

Les réglages sont réorganisés au passage, avec une entrée dédiée aux contrôles IA pour couper entièrement ces fonctions, et un réglage du niveau de protection contre le pistage. Mozilla annonce aussi 9 % de gain sur les temps de chargement du contenu principal des pages sur un an.

Bon voilà, ce que je peux vous dire, c'est que comme d'habitude, avec Firefox, les gens vont encore gueuler pour rien. En 2014, la refonte Australis avait provoqué le même genre de problème, au point qu' une extension entière avait été codée pour restaurer l'ancienne apparence .

La différence, cette fois, c'est que Mozilla range la personnalisation du côté des réglages officiels au lieu de la laisser aux extensions et à about:config.

Pour voir tout ça, il vous faut la version Nightly et rien d'autre. Dans le code source, la préférence globale browser.nova.enabled n'est activée que sur les builds Nightly, elle reste à false partout ailleurs. Le déploiement large est annoncé pour cette année, sans date. En attendant, la branche stable continue d'avancer de son côté avec les conteneurs natifs arrivés dans Firefox 153 .

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Pascal Editor - Le plan 3D se dessine pendant que Claude bosse

Par : Korben ✨
27 juillet 2026 à 16:58

J'ai jamais fait construire de maison mais je crois savoir que dessiner le plan de sa maison en 3D, ça passe encore par un logiciel assez lourd à installer + une licence, sans oublier l'interface façon Micro Applications de 2003 (qui s'en souvient ??). C'est pourquoi Aymeric Rabot et Wassim Samad ont pris le problème autrement avec Pascal Editor, un éditeur de bâtiments 3D qui tourne simplement dans un onglet de navigateur. Et en plus, c'est gratuit, open source (licence MIT) et surtout sans inscription.

Vous tracez les murs à la souris, puis viennent les zones, les dalles, les plafonds et les toits. Les portes et les fenêtres sont paramétriques, posez-les sur une cloison, la découpe se fait toute seule en géométrie booléenne via three-bvh-csg. Le mobilier s'accroche au sol, au mur ou au plafond selon l'objet ( allez regarder cet exemple ! )

Tout ça s'organise en Site, Bâtiment, Niveau, puis pièces. Le rendu passe par Three.js en WebGPU, la scène est sauvegardée en local dans IndexedDB, et l'historique remonte 50 étapes en arrière. Sauvegardez ou partagez un projet en ligne par contre, et il part sur leurs serveurs.

Le projet propose aussi @pascal-app/mcp sur npm, un serveur Model Context Protocol qui expose la scène 3D à un agent. Vous installez le package, et la commande pascal-mcp branche Claude Desktop, Claude Code, Cursor ou Codex directement sur votre plan (votre scène part alors chez le fournisseur du modèle, forcément).

Ça donne une trentaine d'outils utilisables en langage naturel : create_room pour sortir une pièce complète depuis un polygone, add_door et add_window sur un mur donné, furnish_room qui meuble selon le type de pièce, measure, check_collisions pour repérer les objets qui se chevauchent, et undo si l'agent part en vrille. Trois prompts sont livrés avec, dont from_brief qui transforme une phrase du genre "un 2 pièces dans 80 m²" en suite de modifications.

Deux outils lisent aussi des images, un pour les plans scannés, un pour les photos de pièce. Attention, ils n'embarquent aucun modèle de vision mais utilisent la capacité sampling du protocole, autrement dit c'est le modèle de votre client MCP qui regarde l'image.

Et puis il y a la synchro. Le serveur écrit dans une base SQLite locale, et la page de l'éditeur s'abonne au flux d'événements. Résultat, vous gardez l'onglet ouvert à côté de votre fenêtre de chat et vous voyez les murs apparaître au fur et à mesure que l'agent travaille. J'avais montré le même genre de bascule avec n8n qui laisse une IA piloter ses workflows , sauf qu'ici le retour est visuel et immédiat.

Côté interopérabilité, un convertisseur avale les fichiers IFC, le format d'échange du BIM, et l'export sort en GLB, STL ou OBJ. Cet export est d'ailleurs arrivé par des contributeurs extérieurs, pas par l'équipe, c'est pour vous montrer à quel point le projet est bien soutenu ! De quoi ensuite passer votre plan dans Blender, ou le texturer avant impression 3D . Un système de plugins permet aussi d'ajouter ses propres types d'objets, avec un exemple officiel qui plante des arbres et des fleurs.

Si vous voulez tester, l' éditeur s'ouvre direct dans le navigateur , et le code est sur GitHub. À vous de voir si vous dessinez tout vous-même ou si vous déléguez à l'IA.

Merci Letsar pour le lien !

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Chrome tourne enfin sur Raspberry Pi (si vous savez où cliquer)

Par : Korben ✨
27 juillet 2026 à 08:43

Si vous avez un Raspberry Pi et que Chromium commence à vous fatiguer, le VRAI Chrome, celui des chads que vous êtes, est enfin dispo en ARM64 !! Enfin, dispo... Si vous savez où chercher, parce que la page de téléchargement de Google vous propose toujours l'installeur amd64, qui ne tournera jamais sur votre machine. C'est Joey Sneddon, d'OMG! Ubuntu, qui a trouvé la combine en bidouillant l'URL depuis son Pi 5.

Avant toute chose, vérifiez que vous êtes bien en 64 bits, parce qu'un système 32 bits refusera le paquet :

dpkg --print-architecture

Si ça répond arm64, le fichier est , 126 Mo. Il s'installe comme n'importe quel .deb local, en laissant apt gérer les dépendances :

wget https://dl.google.com/linux/direct/google-chrome-stable_current_arm64.deb
sudo apt install ./google-chrome-stable_current_arm64.deb

Le RPM existe aussi pour les distributions qui préfèrent, en remplaçant la fin du nom par aarch64.rpm.

J'ai ouvert le paquet pour regarder ce qu'il y avait dedans. Son fichier de contrôle annonce google-chrome-stable en version 150.0.7871.186, architecture arm64, un peu plus de 400 Mo une fois installé. Soit exactement la même version que le paquet x86 poussé le même soir. Le même Chrome, à la même révision.

Et le canal stable n'est pas seul. Le dépôt de Google sert aussi la beta (151.0.7922.47), la dev (152.0.7967.2) et la canary (152.0.7974.0) pour les puces ARM, et son fichier Release déclare noir sur blanc les deux architectures. Les quatre canaux ont été publiés dans la même minute que leurs équivalents x86.

Est-ce qu'on se retrouve coincé sur cette version, à re-télécharger le .deb à la main tous les mois ? Non. Le script de post-installation contenu dans le paquet ajoute le dépôt Google en précisant l'architecture, et les cinq paquets y sont indexés en arm64 exactement comme en x86. Les mises à jour ont donc de quoi arriver par apt, comme d'habitude.

Alors pourquoi s'embêter, puisque Chromium tourne sur ARM depuis des années ? Pour deux trucs. D'abord ma synchro du compte Google, qui ramène favoris, mots de passe et extensions. Et ensuite, Widevine, le module DRM, qui est ici un vrai binaire aarch64 et pas une couche de compatibilité comme l'émulateur FEX financé par Valve . Netflix et les autres plateformes à DRM s'ouvriront enfin sur un SBC !!!

Mais avec une nuance à connaître avant de vous réjouir qui est que sous Linux, Widevine reste au niveau "Software Secure". Cela veut dire que sur Netflix, la qualité plafonnera entre 720p et 1080p. De la HD donc et pas de la 4K. Désoléééé !

Google avait promis tout ça en mars, pour le deuxième trimestre et son billet annonçait même une installation via chrome.com/download pour les autres distributions, ce qui est malheureusement le morceau qui manque aujourd'hui.

Cela veut dire aussi que rien ne garantit que ce paquet soit considéré comme étant prêt par ses auteurs donc si votre machine doit rester stable, laissez passer quelques semaines avant de vous y essayer.

Manque plus que quelqu'un chez Google ait le courage d'appuyer sur "publier".

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WP2Shell - La faille qui permet de pirater WordPress sans aucun plugin

Par : Korben ✨
19 juillet 2026 à 06:38

Vous avez un site sous WordPress ? Alors lâchez tout ce que vous faites deux minutes, parce que là c'est du sérieux !!

Cette nouvelle attaque baptisée WP2Shell permet de compromettre une installation Wordpress sans passer par le moindre plugin. Heureusement, un patch est sorti en urgence le 17 juillet !

En temps normal, quand une alerte sécu tombe sur WordPress, le fautif c'est un plugin tiers vérolé , un truc installé un soir de flemme et oublié depuis des lustres. Mais cette fois, rien de tout ça puisque le trou de sécu se trouve dans le cœur de WordPress lui-même.

Dans le détail, WP2Shell enchaîne deux failles. La première, CVE-2026-63030 , est une confusion de route dans l'API REST batch, sur l'endpoint /wp-json/batch/v1. La seconde, CVE-2026-60137 , est une injection SQL bien planquée dans le paramètre author__not_in de WP_Query. Chacune dans son coin, c'est déjà vilain, mais mises bout à bout, elles offrent une exécution de code à distance.

Pas de compte, pas de mot de passe, et encore moins de plugin exotique mais simplement quelques requêtes HTTP et hop, c'est plié !

Côté versions, la chaîne complète touche WordPress 6.9.0 à 6.9.4 et 7.0.0 à 7.0.1. Si votre site est dans cette fourchette, vous êtes donc exposé. Les correctifs sont arrivés avec les versions 6.9.5 et 7.0.2. Et si vous vous traînez encore une vieille 6.8.x, sachez que seule l'injection SQL vous concerne potentiellement mais qu'elle a été patchée depuis la version 6.8.6.

Derrière cette trouvaille, on trouve Adam Kues, chercheur chez Assetnote (une branche de Searchlight Cyber), qui a assemblé et documenté toute la chaîne avant de la remonter proprement via le programme HackerOne de WordPress. Les détails techniques les plus croustillants restent sous le coude le temps que la planète patche mais l'équipe a mis en ligne un outil, wp2shell.com , pour vérifier si votre site est vulnérable. Allez-y, ça coûte rien !

Autre signal qui ne trompe pas, WordPress.org a déclenché les mises à jour automatiques forcées sur les sites concernés. Une mesure réservée aux failles vraiment graves, comme à l'époque où la faille critique de Really Simple Security avait exposé des millions de sites. Il y a donc de bonnes chances que votre installation toute pourrie dont vous ne vous occupez pas parce que vous êtes un mauvais webmaster ^^ ait déjà été rustinée toute seule. Vraiment, vous ne méritez pas les équipes sécu de Wordpress ^^

Mais ne pariez pas votre site là-dessus non plus... Car si vous avez désactivé les mises à jour auto (et beaucoup d'hébergeurs et d'admins le font), personne n'aura rien poussé chez vous. Sans oublier qu'un bout de PoC circule déjà sur GitHub (les chercheurs gardent pour eux le dernier maillon vers la RCE, mais ça n'arrêtera pas longtemps les motivés), et les scans automatisés ont commencé.

En attendant de patcher, bloquez surtout donc l'accès anonyme à l'endpoint batch de l'API REST via votre WAF ou votre plugin de sécu. Attention, pas seulement la forme /wp-json/batch/v1 : sa variante ?rest_route=/batch/v1 doit sauter aussi, sinon autant laisser la clé sur la porte. Cloudflare propose d'ailleurs des règles toutes prêtes. Et pour durcir le reste de votre config, ma vieille série sur le sujet reste d'actualité.

En tout cas, quand on sait qu'il y a +500 millions de sites actuellement propulsés par Wordpress, même s'ils ne sont pas tous concernés par cette faille, ça reste une surface d'attaque gigantesque !!

Bref, filez vérifier votre version. Sous 6.9.5 ou 7.0.2, vous mettez à jour et vous bloquez le batch en attendant. Deux minutes chrono, et votre site dort tranquille !

Source : Security Affairs

Firefox en WebAssembly - Gecko s'embarque dans vos pages web

Par : Korben ✨
17 juillet 2026 à 11:56

Vous avez une TV connectée qui vous crache de la pub, un navigateur intégré dedans qui n'accepte aucune extension, et surtout aucun moyen d'installer quoi que ce soit dessus ? Bonne nouvelle les amis, l'équipe de Puter vient de compiler Firefox en WebAssembly, ce qui fait que ce mur commence sérieusement à se fissurer...

On avait déjà de vieux OS et des émulateurs x86 qui tournaient dans une page web , et là on passe carrément au navigateur au complet. La démo est en ligne si vous voulez tester tout de suite.

L'idée, la voilà... vous ouvrez un onglet dans votre navigateur, et dans cet onglet, c'est un Firefox complet qui tourne, avec son propre moteur d'affichage. Curieux de savoir ce que ça pesait, j'ai récupéré les fichiers, et une fois tout déballé, on arrive à 233 Mo. C'est exactement le même Firefox que sur votre machine, sauf qu'il vit à 100% sur une page web.

Le plus marrant là-dedans, c'est toutes les possibilités que ça ouvre... Par exemple, il y a un gars sur Hacker News qui vient de récupérer une TV sous VIDAA, ce système où tout s'affiche en pages web et où le navigateur maison refuse le moindre bloqueur de pub. Et maintenant son programme du week-end c'est de démarrer Firefox dans le navigateur de la télé, puis d'y glisser uBlock Origin . Et ça vaut pour tout ce qui est cadenassé, la borne d'accueil, le Chromebook du collège, le poste du boulot où l'informatique vous a tout bloqué sauf le navigateur.

La deuxième, c'est de pouvoir vérifier un site dans Firefox quand vous n'avez pas de Firefox sous la main. Vous êtes sur iPhone, ou coincé sur le Chrome tout naze de votre boîte sans les droits admin ? Bah vous ouvrez un onglet et vous avez un vrai moteur Mozilla sous la main pour vérifier que votre page ne part pas en vrille.

La troisième possibilité s'adresse aux développeurs. Pour fabriquer une miniature de page ou prévisualiser du HTML, il faut d'habitude un navigateur qui tourne sur un serveur, avec la machine à payer derrière. Là, le rendu peut se faire directement chez le visiteur, grâce à un peu de code :

import { Gecko } from 'gecko.js';

const gecko = new Gecko({ canvas: document.querySelector('canvas')! });
await gecko.init();
await gecko.load('data:text/html,# hello from Gecko

');

Maintenant, la limite de la démo actuellement en ligne, c'est que tout le trafic passe par les serveurs de Puter, sans quoi ça ne pourrait pas fonctionner du tout. Le HTTPS reste bien chiffré de bout en bout, mais évitez quand même d'y taper vos mots de passe. Ah et ça rame aussi un peu, et sur mobile c'est mort pour le moment. En tout cas, c'est pas un truc que je vous conseille d'utiliser au quotidien parce que bien employé par un cybercriminel, ça pourrait permettre s'il y a une faille dans le moteur de rendu évidemment de lire par exemple vos cookies.

Donc si vous l'utilisez, pensez bien à faire tourner chaque site que vous visitez avec ça, dans une instance séparée

Ce chantier a été entrepris avec l'aide de Claude d'Anthropic. Il a englouti une trentaine de milliards de tokens, soit dans les 25 000 $ au tarif normal. Mais heureusement, l'équipe de Puter avait un abonnement Max et s'en est tirée "que" pour une centaine de dollars. Voilà, c'est de la bidouille, avec les défauts qui vont avec mais avouez que c'est beau ^^.

Le code est ici sous licence MPL, et y'a aussi WebkitWasm qui fait la même chose avec WebKit.

Source : Simon Willison

Steam Controller - elle rampe toute seule vers son chargeur

Par : Korben ✨
28 juin 2026 à 05:55

Il y a des problèmes qui n'existent pas, et des gens qui les résolvent quand même... Ray Foss en fait partie. Ce dernier a fait en sorte que sa Steam Controller flambant neuve rampe toute seule jusqu'à son chargeur, sans qu'il ait à lever le petit doigt. Et pour cela, il a codé son Triton Auto-Charge Vision Tracker qui tourne entièrement dans le navigateur et qui est utilisable par tous !

Le principe est bien tordu... Vous collez une webcam au-dessus de votre bureau, vous ouvrez la page, et vous cliquez sur trois points à l'écran : le palet de charge, l'avant de la manette, l'arrière. À partir de là, la vision par ordinateur suit la manette en temps réel pendant que le code pilote ses deux petits moteurs de vibration internes.

Petit rappel si vous aviez hiberné, Valve a ressorti sa Steam Controller en mai dernier, des années après avoir lâché la première. Elle se recharge sur un palet magnétique, et c'est pile poil cette dernière étape que Foss a automatisée. La Steam Controller, c'est aussi la manette dans laquelle Valve a planqué un cri Wilhelm , et visiblement elle attire les bidouilleurs.

En pulsant ces moteurs de façon asymétrique, autour de 70 Hz, la page fait littéralement ramper la manette sur le bureau et la réoriente petit à petit vers le palet. C'est le principe de ces bristlebots faits avec une brosse à dents et un moteur vibreur de téléphone, sauf qu'ici les moteurs étaient prévus pour faire vibrer la manette dans vos jeux, et surement pas pour la balader sur le bureau...

Pas d'install, pas de pilote à régler non plus, c'est la page qui se connecte directement à la manette via WebHID, la même techno qui permet déjà de tester son matos gaming dans le navigateur , à condition d'être sur Chrome ou Edge parce que Firefox et Safari boudent toujours cette API.

L'interface de l'outil, avec les points de repère à placer sur la manette et le palet.

Au passage, elle lit la batterie de la manette et vous affiche le pourcentage et même le voltage de la cellule, histoire de confirmer que le contact magnétique se fait bien.

Foss a aussi prévu un mode approche en douceur qui réduit de moitié la fréquence des vibrations quand la manette arrive tout près du palet, pour qu'elle se pose dedans au lieu de le percuter. Enfin, en théorie, parce qu'il prévient lui-même que l'amarrage n'est pas garanti.

La vraie limite du truc, c'est que le calage des points de repère reste assez pénible à faire.

Ça ne sert strictement à rien, mais c'est marrant. Le projet est en open source sur GitHub si vous voulez tenter le coup chez vous.

Source

Half-Life 2 dans le navigateur - Le hack d'un lycéen

Par : Korben ✨
25 juin 2026 à 22:34

Vous vous souvenez de la première fois que vous avez lancé Half-Life 2 et que vous avez attrapé une caisse avec le gravity gun ? Eh bien un lycéen qui se fait appeler slqnt vient de remettre tout ça dans votre navigateur, gratuitement, sans avoir à installer Steam ni à télécharger le moindre gros paquet. Ça se passe sur hl2.slqnt.dev , c'est en ligne depuis hier, et le jeu tourne tout en fluidité, largement au-dessus des 60 images par seconde directement sous Chrome.

Sur mobile par contre, il vous faudra un clavier branché parce que les contrôles tactiles sont quasi inexistants pour l'instant, mais sur un PC, vous lancez la page et vous voilà à Black Mesa East.

Maintenant, le plus intéressant c'est comment il s'y est pris, parce que porter un jeu bâti sur le moteur Source de Valve (le même que celui de 2004, successeur de GoldSrc) dans un onglet, ça ne se fait pas en claquant des doigts.

Et slqnt n'est pas parti de zéro puisque c'est un copain qui lui a montré un portage de Portal fait par un autre dev nommé weliveinhell. Ce projet open source était d'ailleurs lui-même un fork de nillerusr/source-engine , c'est-à-dire une version modifiée de la fuite du code du moteur Source de Team Fortress 2 qui a circulé en 2020. Voilà pour la base du truc qui n'est ni plus ni moins que le moteur leaké patiemment retapé par la communauté.

L'astuce de ce portage tient dans un mode de rendu appelé ToGLES. En gros le moteur sait parler OpenGLES, le truc qu'on utilise d'habitude pour les applis Android, sauf qu'Emscripten sait traduire ces appels en WebGL2 dans le navigateur. Résultat, slqnt n'a eu quasiment aucun travail à faire côté affichage, le plus dur étant déjà fait.

Le casse-tête par contre, ça a été d'abord les assets, parce que cette version du moteur date d'avant la réédition anniversaire de HL2 et ne supportait pas ses fichiers. Il a donc fallu basculer sur la branche steam_legacy de Steam, puis dépaqueter tous les VPK du jeu et les redécouper en fichiers .data, un par carte, pour que le navigateur les charge au fur et à mesure.

Et puis il y a eu les animations faciales. C'était l'une des grandes fiertés techniques de HL2 à sa sortie, la façon dont les visages bougeaient en parlant. Sauf que ça faisait tellement planter le portage que slqnt a fini par désactiver complètement le système pour avoir quelque chose de stable.

Du coup le G-Man vous fait son monologue d'intro avec un visage figé, mais au moins ça tourne. Le reste de son journal de bord est également une jolie liste de galères de bidouilleur, vu de l'intérieur avec au hasard, les sauvegardes à recâbler sur le système de fichiers d'Emscripten, les batteries et medkits qui ne fonctionnaient pas, le gravity gun qu'Alyx vous tend mais qui n'arrivait jamais dans l'inventaire, les PNJ qui s'effondraient et mouraient au hasard, les headcrabs qui ne faisaient aucun dégât, l'eau toute noire et j'en passe...

Petit détail qui parle à quiconque a déjà bidouillé un jeu, il a dû remapper l'accroupissement sur la touche C, parce que CTRL déclenchait des raccourcis du navigateur qui pourrissent la partie.

Reste maintenant la question que tout le monde se pose : Est-ce que Valve est au courant ? Parce qu'un portage qui repose sur du code moteur leaké et sur les assets du jeu, légalement, c'est une zone grise bien grise qui tire vers le noir.

Valve a toujours été plutôt cool avec sa communauté de moddeurs, mais ça pourrait disparaître du jour au lendemain. Après si l'idée d'un jeu Source qui tourne dans un onglet vous fait marrer, c'est exactement le même esprit que ce Portal 2 transformé en serveur web , ou que ce Doom qui tourne avec juste du CSS . Mettre les vieux FPS dans le navigateur, c'est presque devenu un sport, je vous en parlais déjà avec Wolfenstein 3D .

Bref, foncez essayer tant que c'est en ligne. Et si vous y arrivez sur mobile sans clavier, écrivez vite un bouquin pour raconter comment vous avez fait !

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Adblock for YouTube - 10 millions d'installs et un piège dormant

Par : Korben ✨
25 juin 2026 à 22:20

Mise à jour du 26 juin 2026 : Mathias Rochus, le fondateur d'AdBlock Ltd qui édite l'extension, m'a contacté pour réagir. Il souligne que cette capacité n'a jamais servi (le rapport Island le confirme) et que le scriptlet en cause, trusted-create-element, n'est pas maison : il vient de la bibliothèque open-source de scriptlets d'AdGuard que beaucoup de bloqueurs embarquent. Surtout, il annonce corriger les deux problèmes dès aujourd'hui : suppression pure et simple du scriptlet inutilisé pour qu'aucune config serveur ne puisse l'appeler, et vérification du vrai domaine youtube.com au lieu d'une chaîne posée n'importe où dans l'URL. La nouvelle version doit encore passer la revue de Google.

Une précision quand même, parce que c'est le cœur du sujet : selon le rapport Island, quand le serveur renvoie certains paramètres, l'élément créé est une balise <script> dont le contenu est fourni directement par le serveur. Autrement dit, le verrou qu'on retire servait bien à faire tourner du code venu d'ailleurs. Le correctif, lui, est une bonne nouvelle pour les 10 millions d'utilisateurs. Je reviendrai vérifier une fois la mise à jour en ligne.


Si vous avez installé une extension qui s'appelle "Adblock for YouTube" pour virer les pubs de vos vidéos, prenez deux minutes pour lire mon article.

Les chercheurs Oleg Zaytsev et Shachar Gritzman, de la boîte de sécurité Island, viennent de passer au peigne fin une de ces extensions installée par plus de 10 millions de personnes, et ce qu'ils ont trouvé dedans n'est pas très joli joli. Le truc affiche fièrement un badge "Featured" sur le Chrome Web Store, fait bien le boulot promis (il bloque les pubs), mais il embarque aussi de quoi exécuter n'importe quel bout de JavaScript sur n'importe quel site que vous visitez.

Et ça, ça craint !

Mais avant que vous fermiez l'onglet en panique, sachez tout d'abord qu'il existe plusieurs extensions qui portent ce nom. Celle qui pose problème a un identifiant précis, cmedhionkhpnakcndndgjdbohmhepckk. Donc pour vérifier, tapez chrome://extensions dans votre barre d'adresse, activez le "Mode développeur" en haut à droite, et regardez l'ID affiché sous chaque extension. Si vous tombez sur celui-là, virez-la sans réfléchir. Si c'est un autre identifiant, ce n'est pas l'extension visée par cette analyse, ce qui ne veut pas dire pour autant que tous les bloqueurs du store sont blancs comme neige, hein...

Ce qui inquiète Island, ce n'est pas une ligne de code qui vole vos données là, maintenant mais plutôt une capacité en sommeil. L'extension contient ce que les chercheurs appellent les ingrédients architecturaux pour faire tourner du code arbitraire, et la mèche peut être allumée par un simple changement côté serveur sans que cela se voit.

En clair, du jour au lendemain, le bidule pourrait se mettre à lire vos pages, aspirer vos données et à agir à votre place dans vos comptes perso, vos applis de boulot ou vos panneaux d'admin. Au moment de l'analyse, le mécanisme dormait. Il n'était pas absent.

Et le détail qui fait sourire jaune, c'est quand même ce garde-fou censé limiter l'extension à YouTube. En théorie elle ne s'active que sur le site de Google mais en pratique, elle tourne sur absolument tous les sites, avec une vérification qui regarde juste si la chaîne "youtube.com" apparaît quelque part dans l'URL.

Oui n'importe où, du coup une adresse comme bank.example.com/search?q=youtube.com passe le test sans problème donc autant vous dire que le verrou ne verrouille pas grand chose...

Cette extension traîne sur le store depuis 2014. Au départ c'était donc un bête bloqueur de pub YouTube, jusqu'à un changement de propriétaire en 2018. Les premières versions embarquaient carrément un SDK d'injection de pub baptisé Unistream, finalement retiré en juin 2024, et les chemins d'injection de script pilotables à distance sont présents depuis février 2025. 3 autres extensions de blocage de pub liées au même écosystème ont déjà été dégagées du Chrome Web Store pour cause de malware.

Toutefois, pour le moment, il n'y a aucune preuve qu'un payload malveillant ait réellement été poussé aux utilisateurs, mais c'est la combinaison de plusieurs de ces facteurs qui pue : une extension à 10 millions d'installs, un accès à tous les sites, un canal d'injection téléguidé, un passé d'injection de pub et des cousines déjà bannies. Gloups !

Donc je vous conseille vivement de faire le tour de vos extensions. CRXplorer vous aidera à débusquer celles qui sont louches, et si vous cherchez à bloquer les pubs proprement, j'avais fait le point sur les bonnes méthodes pour ça . Petit rappel au passage, sur Chrome le uBlock Origin complet a été débranché par le passage à Manifest V3, et il ne reste que sa version Lite, forcément moins fortiche.

Donc si vous voulez le vrai, c'est sur Firefox que ça se passe maintenant.

Bref, méfiez-vous des bloqueurs de pub qui réclament la lune et au moindre doute sur l'ID, désinstallez cette merde !

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GeoFS - Le simulateur de vol gratuit qui tourne dans le navigateur

Par : Korben ✨
16 juin 2026 à 08:30

Vous avez aimé le simulateur de vol planqué dans la version web de Google Earth ? Alors GeoFS risque de vous scotcher pour de bon !

GeoFS, c'est un simulateur de vol entièrement gratuit développé par le Français Xavier Tassin, qui tourne directement dans votre navigateur. Vous ouvrez geo-fs.com , vous choisissez votre zinc parmi une trentaine d'appareils, et vous voilà en l'air au-dessus de n'importe quel point du globe.

Tout se pilote au clavier et à la souris, donc pas besoin de sortir le joystick pour commencer et surtout, l'imagerie est satellite et mondiale, du coup vous pouvez survoler votre quartier et reconnaître votre maison sans problème.

GeoFS est né en 2010 sous le nom de GE Flight Simulator (GE comme Google Earth, oui oui), et à l'époque il tournait carrément sur le plugin de Google Earth. Quand Google a buté son plugin, Xavier Tassin a alors tout rebasculé sur Cesium . Ce jeu comporte +40 000 pistes référencées, du trafic aérien réel récupéré via les données ADS-B de vrais avions, de la météo en temps réel (METAR) et même de la navigation radio aux instruments (VOR, NDB, GPS). Bref, c'est du solide !

Mais le plus chouette, c'est qu'on peut jouer soit finement comme un vrai pro, soit en mode pépère. En effet, en activant le pilote automatique, vous n'avez besoin d'aucune connaissance en pilotage, et vous pouvez juste regarder le paysage défiler sous vos ailes. Et vous pouvez carrément troquer l'avion contre une montgolfière où là, une seule commande suffit pour allumer ou couper le brûleur, et ainsi vous laisser porter par les vents. Comme me l'a joliment écrit Claude, le lecteur qui m'a soufflé GeoFS (merci !!!), c'est "une très bonne surprise pour qui voler c'est avant tout visiter le monde vu du ciel".

Du coup OUI, c'est nettement plus abouti que le simulateur planqué dans Google Earth, qui à côté fait un peu gadget. Maintenant, si vous cherchez du pilotage pointu, genre révision de brevet avec checklist et tout le bazar, il faudra plutôt vous tourner vers FlightGear ou X-Plane, mais là c'est réservé aux passionnés, avec PC musclé, joystick et palonnier à la clé.

Mais pour 90% d'entre nous qui ne sommes pas pilotes, GeoFS suffira largement à se faire plaisir. Et si vous préférez faire le gros bourrin, je vous rappelle que le Web Flight Simulator et son F-15 vous attend aussi dans le navigateur.

Bref, le tout est gratuit, avec une imagerie standard à 10 mètres par pixel ce qui est déjà très correct. Et si vous voulez du détail fin pour repérer chaque clocher en vol à vue, l'option HD passe par l'imagerie Bing haute résolution pour une dizaine d'euros par an, avec une journée d'essai offerte pour vous faire une idée.

Moi à Bora-Bora

A vous maintenant d'aller sur geo-fs.com (ou sur la nouvelle beta ici ), de monter à 2000 pieds et allez reconnaître votre toit. Merci à Claude pour le tuyau et son chouette carnet de vol maison qu'il m'a envoyé !

Submit This Form - Le jeu où le boss final est un formulaire web

Par : Korben ✨
27 mai 2026 à 08:37

Remplir un formulaire web, c'est sans doute l'activité la plus chiante qu'on puisse faire en ligne. C'est pourquoi Ben, un développeur qui me lit depuis 20 ans (merci !!!), a eu l'idée géniale d'en faire un jeu à part entière. Ça s'appelle Submit This Form, et c'est un puzzle game gratuit accessible via votre navigateur et dont le boss final est... le formulaire lui-même !

Votre objectif c'est donc de soumettre le formulaire. Facile non ? Bah pas tant que ça puisque ce formulaire fait absolument tout pour vous en empêcher. Chaque niveau ajoute une règle de validation plus absurde que la précédente, et c'est à vous de trouver la combine pour passer. J'vous jure, ça ma rappelé des vrais formulaires qui m'ont déjà rendu la vie dure.

Au début, on entre simplement son pseudo, puis les exigences du formulaires se font de plus en plus précises et relou...

Et c'est ça tout le sel du projet est là puisque Submit This Form, c'est une satire jouable de tout ce qu'on déteste dans le web moderne. Les CAPTCHA débiles, les champs qui refusent votre mot de passe parce qu'il manque une majuscule, les formulaires conçus pour vous épuiser jusqu'à l'abandon, et les vrais dark patterns manipulateurs comme les bandeaux cookies qui planquent le bouton refuser.

Ben a tout simplement repris toute cette UX hostile et il en a fait sa mécanique de jeu. D'ailleurs en passant, si les bandeaux cookies vous rendent dingue, un outil comme Consent-O-Matic vous permet de les refuser automatiquement.

Le jeu cache aussi une vraie histoire qui se dévoile au fil des niveaux, avec une difficulté qui grimpe en douceur, donc vous n'êtes pas largué dès le départ. Attention quand même, certains niveaux demandent une bonne dose de débrouille. C'est gratuit, ça tourne directement dans le navigateur et c'est par ici : Submit This Form . Après vous ne verrez plus jamais un champ de saisie de la même façon.

Merci Ben pour le partage !

Plus de confort de lecture sur Korben

Par : Korben ✨
12 mai 2026 à 10:14

Je viens de pousser en prod une fonctionnalité sur laquelle je bosse depuis quelques temps et comme je suis content du résultat, c'est le moment de partager ça avec vous.

En haut à gauche du site, juste à côté de l'icône qui change le thème, vous trouverez un petit bouton "abc" qui jusqu'à présent ne servait qu'à appliquer une police spéciale dyslexique à mon contenu. Mais j'ai amélioré un peu tout ça pour que maintenant niveau "Confort de lecture" vous soyez refait !

En cliquant donc sur cette icône, s'ouvre un petit panneau de config avec dedans de quoi configurer votre expérience de lecture aux petits oignons. Police adaptée pour la dyslexie, espacement variable, fond couleur crème, mode audio TTS, lignes colorées pour guider l'œil...etc tout ça sans dépendre d'un service tiers.

Ensuite, vos réglages sont conservés dans le localStorage de votre navigateur pour les retrouver à chaque visite et il y a un petit lien en bas de la fenêtre pour réinitialiser tout ça.

Maintenant, l'histoire derrière cette feature, parce qu'elle est intéressante. À la base j'étais parti pour recoder un équivalent du " Bionic Reading ", vous savez ce truc à la mode qui met en gras le début de chaque mot pour soi-disant accélérer la lecture. J'avais déjà bien avancé quand je suis tombé sur une étude scientifique de 2024 qui démontait complètement le concept. En gros, les chercheurs ont mesuré que cela ne produisait aucun effet positif sur la vitesse de lecture ni sur la compréhension. Que dalle...

Du coup, pivot complet... J'ai tout repris pour bâtir un système basé sur ce qui marche vraiment, avec un principe simple : Chaque option du panneau affiche un badge "Sci ✓" si elle est soutenue par la recherche, ou "Pref" si c'est une préférence subjective documentée. Comme ça vous savez sur quoi vous cliquez et on évite le marketing déguisé en science.

Côté polices donc, vous avez 4 choix. La police par défaut du site, Lexend qui est une "variable font" développée par la Dr. Bonnie Shaver-Troup avec des résultats publiés montrant une amélioration significative de la fluidité de lecture, Atkinson Hyperlegible créée par le Braille Institute spécifiquement pour les personnes malvoyantes, et enfin OpenDyslexic que j'avais déjà. Pour cette dernière, je l'ai mise avec un badge "Pref" parce que la communauté dyslexique l'apprécie mais les études sont moins solides scientifiquement.

Les sliders d'espacement permettent également de jouer sur trois axes : espace entre les lettres, hauteur de ligne, largeur de la colonne de texte. Tout est calibré pour être utile sans casser le rendu. Vous pouvez aussi activer un fond crème qui utilise la couleur Solarized base3 (c'est #FDF6E3, reconnue dans la communauté des dev pour son confort de lecture sur une longue durée), et le texte non-justifié qui évite les "rivières" blanches entre mots qui posent problème notamment aux dyslexiques.

Pour le guide visuel, je vous ai mis 2 options. "Lignes colorées" qui applique un gradient cosinus caractère par caractère sur chaque ligne, avec une palette noir-bleu-noir-rouge qui alterne et permet à l'œil de suivre naturellement la progression du texte.

Et ce que j'ai appelé Saccade que j'ai gardé en option, marqué d'un badge orange "Pref ⚠" parce que la science dit que ça sert pas à grand chose, mais que si vous aimez visuellement, bah au moins c'est dispo !

Et puis il y a le mode audio (TTS) qui dépend de la qualité des voix installées sur votre système. Y'a pas d'IA là dedans, donc ça peut donner une lecture robotique sur certains OS. Une fois activé, ça apparaît en haut des articles avec une estimation de durée. Ça utilise la Web Speech API native de votre navigateur, donc zéro service externe une fois encore et ça respecte la voix système que vous avez configurée.

À ma connaissance, je suis le seul à proposer ce niveau de personnalisation pour l'accessibilité. N'oubliez pas qu'au delà de la démarche, l'accessibilité numérique est devenu une obligation légale en Europe avec l' European Accessibility Act qui s'applique depuis juin 2025 (Qui en a entendu parlé ? Pas grand monde je pense).

En tout cas, si je peux me permettre ce luxe de bosser sur des trucs qui ne rapportent pas un kopeck mais qui rendent le site plus agréable et plus accessible, c'est uniquement grâce à mes Patreons .

Alors un énorme merci à eux.

DirPlayer - L'émulateur qui ressuscite Shockwave

Par : Korben ✨
2 mai 2026 à 07:38

Flash à sa grande époque c'était quand même tout un truc, mais est-ce que vous vous souvenez de Shockwave ? Le grand frère de Flash (techniquement c'était une autre techno bâtie sur Director mais bref...), qui était capable de faire tourner des trucs bien plus complexes que les vieux .swf ?

Et ben l'équipe derrière DirPlayer s'est tapé tout le reverse-engineering du moteur Director from scratch pour le ressusciter grâce à Rust et le rendre à nouveau fonctionnel dans nos navigateurs modernes !

Faut savoir qu'Adobe a débranché Shockwave Player en avril 2019 et Flash un peu plus tard, et avec eux c'est un pan entier du web rétro qui s'est retrouvé inaccessible du jour au lendemain. Du genre tous ces jeux qui tournaient sur Shockwave.com ou les vieux portails de mini-jeux des années 2000, paf, d'un coup plus moyen d'y rejouer.

Alors heureusement, pour Flash, y'a déjà Ruffle qui fait tourner les bons vieux .swf. Hé bien ici c'est le même principe avec DirPlayer pour les .dcr Shockwave.

L'outil se décline sous 3 formes. D'abord une extension Chrome qui détecte automatiquement les balises Shockwave qui traînent encore sur les vieux sites web, ce qui peut être sympa pour redécouvrir des sites des années 2000.

Y'a aussi une version standalone construite avec Electron qui embarque carrément un debugger Lingo (le langage de scripting de Director, super pratique si vous voulez bidouiller du contenu existant). Et enfin un polyfill JS auto-contenu qui réécrit les et directement sur votre site web.

Perso, pour vous faire une idée, je vous invite surtout à jeter un oeil à la démo web pour tester rapidement parce qu'il n'y a rien à installer. Mais dès que vous voudrez analyser ou debugger un vieux jeu en profondeur, faudra plutôt opter pour la version standalone.

Notez que DirPlayer utilise Ruffle en submodule Git donc les 2 projets sont liés et bonus côté sécurité, le tout tourne en WebAssembly avec le sandboxing du navigateur, donc y'aura plus toutes ces failles qu'on pouvait retrouver à l'époque sur l'ancien plugin Shockwave Player.

Pour les sites qui hébergent encore des applis ou des jeux Shockwave (genre archive.org, avec des musées interactifs ou des jeux des années 2000), c'est une nouvelle corde à leur arc. Et si vous avez de vieux .dcr planqués sur un disque dur, la démo web devrait pouvoir les avaler aussi (faudra tester quoi...).

Bref, grâce à Ruffle pour Flash et DirPlayer pour Shockwave, le web des années 90-2000 n'est pas encore tout à fait mort ! Un peu comme moi finalement ^^

Comment activer l'adblock natif de Firefox 149 ?

Par : Korben ✨
30 avril 2026 à 13:55

Vincent en avait parlé il y a peu : Firefox 149 embarque maintenant discrètement adblock-rust , le moteur Adblock de Brave, désactivé par défaut et contrôlé uniquement par deux prefs dans about:config.

A l'origine, je vous avais parlé d'une extension mais après analyse plus approfondie, celle-ci n'est pas vraiment nécessaire. Y'a juste deux valeurs à coller dans about:config et le moteur tourne. Merci donc à François qui m'a indiqué cette méthode directe.

Étape 1 : Activer le moteur

Dans la barre d'adresse, tapez about:config et acceptez l'avertissement. Cherchez la préférence suivante :

privacy.trackingprotection.content.protection.enabled

Passez-la à true. Si elle n'existe pas encore dans votre profil, créez-la : clic droit quelque part dans la liste → Nouveau → Booléen.

Étape 2 : Charger vos listes de filtres

Cherchez ensuite cette seconde préférence :

privacy.trackingprotection.content.protection.test_list_urls

Collez-y la valeur suivante, toutes les URLs séparées par des pipes :

https://easylist.to/easylist/easylist.txt|https://easylist.to/easylist/easyprivacy.txt|https://secure.fanboy.co.nz/fanboy-cookiemonster.txt|https://raw.githubusercontent.com/uBlockOrigin/uAssets/refs/heads/master/filters/annoyances-others.txt|https://raw.githubusercontent.com/AdguardTeam/FiltersRegistry/master/filters/filter_2_Base/filter.txt|https://raw.githubusercontent.com/uBlockOrigin/uAssets/refs/heads/master/filters/filters.txt|https://raw.githubusercontent.com/AdguardTeam/FiltersRegistry/master/filters/filter_3_Spyware/filter.txt|https://pgl.yoyo.org/adservers/serverlist.php?hostformat=adblockplus&showintro=1&mimetype=plaintext

Ça couvre 8 listes : EasyList, EasyPrivacy, Fanboy Cookie Monster, uBO Annoyances (les 4 de base), plus uBO Filters, AdGuard Base, AdGuard Tracking et Peter Lowe. Si vous voulez un profil plus léger, vous pouvez supprimer des URLs avant de coller.

Petite note : le préfixe test_ dans le nom de cette pref indique que la feature est encore expérimentale dans Firefox 149. Les noms peuvent donc changer dans une version future.

Désactiver ETP (optionnel mais recommandé)

La protection contre le pistage intégrée de Firefox (ETP) et adblock-rust filtrent chacun de leur côté. C'est redondant. Pour désactiver ETP, allez dans about:preferences → Confidentialité et sécurité → Protection renforcée contre le pistage → cochez "Personnalisée", puis décochez tout ce que vous voulez confier à adblock-rust.

Limitation actuelle : adblock-rust ne gère pas encore les sélecteurs CSS de masquage d'éléments, les règles ## du style uBlock Origin. Brave les supporte déjà, Firefox devrait suivre. En attendant, quelques pubs que uBO cachait via CSS resteront visibles.

Pour le contexte technique complet sur l'intégration de ce moteur, allez lire l'article de Vincent sur l'arrivée discrète d'adblock-rust dans Firefox 149 . Et si vous voulez un guide général pour bloquer les pubs et trackers sur le web , c'est par là.

Merci à François pour la méthode et la liste de filtres !

Nullroom - Un chat P2P qui s'efface en 15 minutes

Par : Korben ✨
23 avril 2026 à 08:00

Utiliser une conversation WhatsApp pour partager un mot de passe à un pote, c'est un peu comme écrire son code de carte bleue au marker dans des chiottes publics. Sauf que les messages, eux, restent des années dans l'historique car y'a personne qui viendra nettoyer ça. Heureusement, Nullroom vient régler ce genre de bricole en mode radical, avec un chat P2P chiffré qui s'autodétruit au bout d'un quart d'heure, sans avoir à vous créer de compte et sans laisser de trace côté serveur.

Alors comment ça fonctionne ? Hé bien vous cliquez sur "CREATE SECURE ROOM", un lien apparaît, vous le balancez à votre correspondant par le canal de votre choix (Signal, SMS, pigeon voyageur...etc), et hop, une session chiffrée s'ouvre entre vos deux navigateurs. Vous pouvez alors discuter, échanger éventuellement des fichier (jusqu'à 16 Mo max en beta), et après 15 minutes, la room s'évaporera. Purement et simplement et aucun serveur n'aura vu passer vos échanges (mis à par quelques bouts de métadonnées pour établir la connexion).

Sous le capot, y'a un truc crypto assez chouette qui est une clé de chiffrement AES-GCM 256 bits, générée côté client via l'API Web Crypto du navigateur, qui vit dans le fragment de l'URL (c'est la partie qui vient après le #). Et comme les navigateurs n'envoient JAMAIS ce fragment au serveur, vu que c'est un standard HTTP, vous êtes tranquille.

Et voilà comment votre clé de session n'existe que chez vous et chez votre correspondant. Le serveur de Nullroom ne la voit pas, même pas une microseconde. C'est le même trick que celui qu'utilise PrivateBin pour les snippets chiffrés, mais appliqué à du chat en direct.

Le flux de données, lui, passe en direct d'un navigateur à l'autre via WebRTC et le serveur ne sert comme je vous le disais plus haut, qu'à la poignée de main initiale.

Ensuite, les messages et les fichiers circulent en peer-to-peer, relayés via les serveurs TURN de Cloudflare quand votre NAT coince. Donc au pire, Cloudflare voit passer du trafic 100% chiffré, et pas le contenu en clair. Les logs serveur sont également désactivés sur les chemins des rooms, et les UUIDs de sessions vivent dans un Redis totalement volatile qui est nettoyé au bout de ces fameuses 15 minutes.

Niveau limites, une room c'est deux personnes max donc si vous cherchiez un remplaçant à Signal ou à Briar, ce n'est pas le bon outil. C'est juste une messagerie pour un échange ponctuel entre 2 personnes.

Et l'équipe ou l'entreprise derrière n'est pas affichée côté site (pas de mentions légales, pas de juridiction précisée), donc attention ! Ça reste du "faites-vous votre opinion" mais comme le code est open source (licence MIT) sur GitHub vous pouvez quand même l'analyser et monter votre propre infra Nullroom.

Pour le quotidien, c'est un service qui est bien foutu, que ce soit pour un mot de passe à filer à un collègue en télétravail, un lien temporaire à partager pendant une réu, une confidence à un pote qui n'a rien à faire dans les archives iMessage, ou encore un numéro de compte à transmettre vite fait avant que l'autre ne parte en vacances... Tous ces cas d'usage existent et la friction est quasi nulle donc c'est plutôt une bonne approche je trouve.

Voilà, si vous voulez tester le concept d'une conversation qui n'aura jamais eu lieu, filez sur nullroom.io.

Flipbook - Le web où chaque page est une image IA

Par : Korben ✨
23 avril 2026 à 07:03

Flipbook est un navigateur web génératif où aucune page n'existe avant que vous ne la demandiez. Pas de HTML, pas de boutons, pas de liens... A la place, vous tapez simplement un mot ou un sujet dans la barre de recherche (ou vous uploadez une image), et hop, ça vous pond une image en direct façon "infographie" qui explique ce sujet.

Ensuite, vous cliquez n'importe où sur cette image, et une nouvelle image apparaît qui creuse ce que vous venez de cliquer. En gros, faut imaginer Wikipedia mais avec aucun article pré-écrit puisque chaque page est dessinée par une IA pendant que vous patientez. C'est un genre d'Infinite Wiki en version 100% visuelle !

La page que Flipbook m'a sortie quand j'ai tapé mon nom. Tout ce que vous voyez est une seule image générée par le modèle, y compris le texte.

Perso, j'ai juste tapé mon pseudonyme ce matin pour tester et comme résultat, j'ai obtenu une page intitulée "Korben: The French Tech Influence", avec mon vrai nom Manuel Dorne, le lancement de korben.info noté en 2004, RemixJobs cité et même cette citation : "A cornerstone of the French-speaking web for over two decades" écrit en bas.

Ne vous inquiétez pas pour mes chevilles, c'est pas moi qui le dit mais l'IA qui a chopé ces infos très précises et pour la majorité exacte. Le système de Flipbook fait une vraie recherche web agentique, et pas juste de l'hallucination pure à partir de son modèle. Les créateurs l'expliquent d'ailleurs dans leur FAQ.

Ensuite, il suffit de cliquer sur des éléments de l'image pour qu'une nouvelle image soit générée avec d'autres informations plus précises selon ce sur quoi vous avez cliqué.

Mais le détail qui tue, c'est que TOUT le texte affiché à l'écran est rendu par le modèle d'image lui-même ! Aucune superposition HTML, aucun overlay texte. Les titres, les labels, les légendes, les flèches... tout est dessiné pixel par pixel au moment de la génération, comme si Photoshop crachait une infographie complète à chaque requête.

Le hic c'est que parfois ça bug (le modèle écrit un mot au mauvais endroit, ou fait une petite faute de frappe), mais c'est le choix assumé de l'équipe, qui ne souhaite aucune couche de rendu HTML classique. Sous le capot en fait, y'a LTX Studio (le modèle vidéo de Lightricks) qui anime les transitions en stream vidéo live, et Modal Labs pour l'infra GPU serverless qui encaisse la charge.

Après comme d'hab avec ce genre d'outils c'est que les hallucinations factuelles sont invisibles pour l'utilisateur, puisqu'il n'y a pas de source citée, ni de lien à cliquer pour vérifier.

Et Zain Shah, l'un des créateurs, l'admet lui-même dans son thread de lancement sur X, Flipbook est aujourd'hui limité aux explications visuelles. Donc pas forcément adapté pour du vrai mode interactif (coder, réserver un truc, stocker de la data). Il faudra donc attendre que les modèles d'image et de vidéo deviennent plus rapides, plus précis, et surtout capables de conserver leur état pour assurer une cohérence dans le contenu (texte et images).

Bref, ça vaut le coup de tester , tapez votre nom ou votre animal préféré et voyez ce qui en sort !

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Il charge TOUTES les extensions Firefox dans son navigateur

Par : Korben ✨
22 avril 2026 à 10:12

Vous vous souvenez du mème " Oh, tu aimes les extension Firefox ? Alors nomme les toutes ! " ?

Bah Jack s'est dit que plutôt que les nommer, autant toutes les installer. Oui, les 84 194 extensions d'un seul coup !

Sur le papier c'est pas si compliqué. Tu télécharges les .xpi depuis l'API publique Mozilla (aucune authentification requise), tu les colles dans le dossier extensions/ d'un profil Firefox, tu édites extensions.json pour tout activer. Sauf que l'API de recherche plafonne à 600 pages max, soit environ 30 000 résultats. Du coup Jack a du combiner plusieurs tris pour contourner la limite et chopper les 84 235 extensions existantes, soit 49,3 Go de données au total.

Première tentative dans une VM Windows Tiny11 : le pagefile bouffe malheureusement tout le disque, Firefox gèle, et c'est la fin. Du coup, essai suivant sur Mac avec 6 heures de téléchargement, soit 400 Go d'écritures disque... la fenêtre Firefox s'ouvre mais ne répond jamais ! Entre 4 000 et 6 000 extensions actives certes mais les sites web ne chargent plus (une des extensions bloque tout mais laquelle ??). Bref, plus grand-chose ne répond à part le about:addons.

6 mois plus tard, Jack retente alors l'opération avec une VM. 84 194 extensions chargées, en 1h43 auquel s'ajoute 39 minutes pour que Firefox réécrive le fichier extensions.json (qui pèse du 189 Mo), +24 minutes avant que le navigateur affiche quoi que ce soit, avec une consommation mémoire stabilisée vers 32 Go. La cause du ralentissement est chirurgicale... En fait Firefox sérialise extensions.json en entier à chaque écriture donc ça marche nickel pour 15 extensions mais pour 84 194, c'est pas le même délire.

Le plus intéressant après, c'est pas la démarche elle-même, c'est surtout ce que ça révèle sur le store de Mozilla. En effet, après analyse, 34,3 % des extensions n'ont aucun utilisateur quotidien. 19 % sont totalement abandonnées, sans user, sans review ni capture écran, et encore moins une icône. Y'a aussi des contributeurs un peu chelous comme un certain "Dr. B" qui a publié à lui seul 84 extensions, toutes générées avec Grok 3.

Et puis il y a aussi des extensions de phishing crypto avec des homoglyphes cyrilliques . L'extension malveillante "Іron Wаllеt" par exemple récupère ses URLs depuis un NocoDB trois secondes après installation. Le groupe Innover Online Group contrôle à lui seul plus de 700 000 utilisateurs via un paquet d'extensions de spam affilié sur Yahoo Search. Mozilla en a pour le moment désactivé 3 dans la foulée.

Autre moment drôle : Windows Defender a flaggé HackTools comme cheval de Troie alors que c'est légitime. Y'a aussi la plus grosse extension installée, dmitlichess, qui pèse 196 Mo car elle embarque 2 000 fichiers audio), et la plus petite fait 7 518 octets... sans contenir une seule ligne de code. Bref, y'a des pépites.

Et Jack a publié son dataset en CC0 sur Hugging Face sans oublier que son code est dispo donc si vous avez 50 Go à cramer et envie de faire joujou avec l' écosystème Firefox , servez-vous !

Bref, un Firefox lancé avec TOUTES les extensions du store Mozilla, ça fonctionne techniquement, mais c'est loin d'être utilisable. Mais après pour faire de l'analyse et des stats, je trouve ça marrant.

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Gemma Gem - Un agent IA dans Chrome, 100% local

Par : Korben
7 avril 2026 à 08:30

Les extensions Chrome qui promettent de l'IA, ça pullule de ouf et à vrai dire, la plupart se contentent d'envoyer vos données sur un serveur distant. C'est naze ! Heureusement, l'extension Gemma Gem prend le problème à l'envers puisque son modèle tourne directement dans votre navigateur via WebGPU, sans clé API, sans cloud, et vos données ne sortent jamais de votre machine. C'est comme le kir, royal !

Comme c'est pas sur le Chrome Web Store, faudra la builder vous-même... Vous clonez le repo, vous lancez pnpm install puis pnpm build et vous chargez le dossier dans chrome://extensions en mode développeur et ensuite, elle téléchargera le modèle de Google (environ 500 Mo pour la version légère, genre le poids d'un gros jeu mobile), et pif paf pouf, ensuite vous aurez un agent IA qui vit sa best life dans votre Chrome.

Cliquez alors sur l'icône en bas à droite, une fenêtre de chat s'ouvre et vous pourrez interroger n'importe quelle page. Et si vous préférez un modèle plus costaud, l'E4B pèse 1,5 Go et permet d'obtenir des réponses plus fines.

Sauf que c'est pas juste un chatbot de plus. En effet, l'extension fait du tool calling en boucle à l'aide de 6 outils : read_page_content, click_element, type_text, scroll_page, take_screenshot et run_javascript. Elle peut ainsi lire une page, cliquer sur des boutons, remplir un formulaire et même balancer du JavaScript dans le contexte de la page.

Comme l'inférence WebGPU ne peut pas tourner dans un service worker Chrome (y'a pas d'accès au GPU, c'est une limitation connue depuis des années), le développeur a trouvé une parade : il utilise un offscreen document, c'est-à-dire une page HTML invisible que Chrome maintient en arrière-plan et qui, elle, a accès au GPU. Résultat, le modèle calcule dans cette page fantôme, le service worker joue le facteur entre les morceaux, et le content script affiche le chat. Je trouve ça bien pensé comme découpage !

Toute la boucle d'agent (le code qui décide quand appeler un outil et quand répondre) est isolée dans un dossier agent/ sans aucune dépendance Chrome. Cela veut dire que vous pouvez prendre ces 5 fichiers .ts (agent-loop.ts, prompt-builder.ts, tool-parser.ts, types.ts et index.ts), les coller dans un projet Node.js ou Deno, et hop, vous avez votre propre boucle agentique. Yaniv Kessler, le développeur a pensé le truc pour que ça serve ailleurs.

Les deux variantes (E2B et E4B) sont compressées en q4f16 avec 128K tokens de contexte en théorie, même si en pratique la fenêtre effective dépend de votre VRAM. Cela dit, c'est largement de quoi avaler une page web complète sans broncher ! Et le modèle reste en cache après le premier téléchargement, du coup au deuxième lancement, c'est quasi instantané. Par contre, si vous êtes sur un vieux Chromebook avec un Intel UHD intégré et 4 Go de RAM, ça risque de mouliner à fond. Et sur Firefox (qui est le meilleure navigateur du monde, comme je n'ai de cesse de vous le dire), le WebGPU est encore un peu expérimental, donc pour l'instant ce sera Chrome ou rien... Sniiif.

Si vous avez déjà testé des extensions comme Localsumm qui faisaient tourner Phi-3 en local pour résumer des pages, disons que Gemma Gem pousse le concept beaucoup plus loin avec ses capacités d'agent. Et si le sujet de l'IA locale dans le navigateur vous branche, jetez un oeil à Clippy qui fait tourner des LLM localement sur votre desktop.

Notez quand même que sur Hacker News, le projet a déclenché pas mal de débat. Certains pointent le risque du tool run_javascript qui donne au modèle les pleins pouvoirs sur le DOM (genre, supprimer des trucs ou poster un formulaire à votre place). C'est vrai que c'est important mais bon, c'est le même modèle de permissions que n'importe quel script web classique, sauf que là au moins vos données restent chez vous.

Bref, 500 Mo de modèle, pas de cloud, et votre navigateur qui devient plus autonome que votre fils de 22 ans. Pas mal non ?

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