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Un C-3PO grandeur nature transformé en assistant vocal qui répond pour de vrai

3 mai 2026 à 08:20

Un maker a transformé une réplique grandeur nature de C-3PO en assistant vocal interactif, et le résultat est franchement convaincant. Sa version du droïde papote, répond à vos questions, et tient même une conversation, le tout sans dépendre du moindre cloud une fois en local.

Le truc tient sur un Raspberry Pi 5 planqué dans la coque dorée du droïde. Un micro capte ce que vous racontez, un moteur de speech-to-text le transcrit, et un LLM local s'occupe de comprendre votre question pour formuler une réponse. Jusque là, rien de fou c'est même devenu même assez classique.

Le truc rigolo, c'est la couche par dessus. L'auteur a ajouté un prompt système qui force le LLM à répondre comme C-3PO le ferait : un peu anxieux, très formel, avec ce ton un brin pompeux qu'on connaît tous. Du coup, quand vous lui demandez bêtement la météo, vous pouvez vous prendre une réponse genre "Oh dear, je crains que les conditions atmosphériques ne soient guère favorables à un déplacement humain". Très C-3PO.

Pour la voix, le projet utilise un modèle synthétique entraîné sur les dialogues d'Anthony Daniels, l'acteur original. Le son passe ensuite par une chaîne d'effets audio qui ajoute la résonance métallique et le léger souffle qu'on entend dans les films. Le résultat n'est pas parfait, mais ça reste franchement bluffant pour un projet bricolé à la maison.

Tout le code est dispo en open source, ce qui veut dire que vous pouvez théoriquement le reproduire chez vous, à condition d'avoir une réplique C-3PO sous la main. Ce qui n'est pas le plus simple. Pour les budgets plus modestes, l'auteur précise que le pipeline tourne aussi très bien dans une simple enceinte connectée custom, le côté droïde doré n'étant pas indispensable au fonctionnement.

Le seul vrai bémol, c'est la latence. Entre le moment où vous parlez et la réponse vocale, comptez quelques secondes, ce qui casse un peu l'illusion d'avoir affaire à un assistant réactif. Mais bon, le vrai C-3PO du film mettait aussi trois plombes à comprendre les ordres, donc on peut presque considérer ça comme un détail de fidélité au personnage.

Source : Hackaday

ip66.dev - Une base de géoloc IP libre et compatible MaxMind

Par : Korben ✨
2 mai 2026 à 07:47

Hello les amis, voici ma petite trouvaille du jour, idéale pour ceux qui jouent en ce moment avec des adresses IP : ip66.dev . C'est une base de géolocalisation IP et entièrement libre, livrée au format MMDB (le même que celui de MaxMind) qui permet de remplacer direct un fichier GeoLite2 dans vos libs existantes (Python, Go, Node.js), sans toucher au code.

L'équipe de Cloud 66 maintient cette liste à jour sous licence CC BY 4.0 et tout est utilisable simplement en récupérant le fichier mmdb.

Pour le télécharger :

curl -LO https://downloads.ip66.dev/db/ip66.mmdb

Ensuite pour interroger une IP, l'outil mmdbinspect de MaxMind fera le job. Si vous l'avez pas déjà, une ligne suffit :

go install github.com/maxmind/mmdbinspect/cmd/mmdbinspect@latest
mmdbinspect -db ip66.mmdb 8.8.8.8

À l'intérieur de la réponse, vous trouverez le numéro et le nom de l'ASN, le pays avec son code ISO, le continent, en IPv4 et IPv6 :

Au lieu de moudre des heuristiques opaques, ip66 préfère tout simplement agréger des sources à partir des 5 registres régionaux (AFRINIC, APNIC, ARIN, LACNIC, RIPE NCC) pour les allocations, le BGP via RouteViews et RIPE RIS pour les vues publiques d'annonces, le RFC 8805 geofeed quand les opérateurs déclarent eux-mêmes leurs localisations, sans oublier GeoNames pour tout ce qui concerne les libellés.

Du coup chaque enregistrement dispose de son propre niveau de confiance (Very High, High, Medium, Low) selon la qualité de la source. Y'a même des marqueurs pour identifier les IPs VPN / Tor et compagnie.

Notez par contre, que c'est du country-level, et pas du city-level comme GeoIP2 City ou IPinfo Core, mais pour enrichir des logs, sortir des stats par pays ou bloquer un continent entier, c'est largement suffisant !

Et si vous voulez l'exposer en API plutôt que la requêter en local, ça se branche nickel sur le mmdb-server , un petit serveur Python qui sert les fichiers MMDB en HTTP. Vous lui pointez ip66.mmdb dans son dossier db/ et hop, c'est plié !

Bref, un fichier mmdb à DL, et votre serveur sait maintenant que 8.8.8.8 c'est l'oncle Google.

Tunarr - Recréer la télévision qu'on aime zapper dans Plex

Par : Korben ✨
1 mai 2026 à 07:08

Vous vous souvenez de l'époque où on s'écroulait comme des merdes dans notre canapé après une grosse journée de boulot et où on regardait juste ce que la télé nous balançait ? Pas de choix à faire sur Netflix, ni de recommandation sur l'Apple TV. On zappait juste en mode no-brain jusqu'à ce qu'on tombe sur une connerie qui réveille notre cerveau reptilien.

Eh bah le dev Chris Benincasa a créé Tunarr , un soft open source qui ressuscite ce truc-là en transformant votre Plex ou Jellyfin en chaîne de TV en continue.

Grâce à Tunarr, vous configurez vos chaînes dans une interface web (en glisser-déposer...), le soft émule un tuner HDHomeRun (le standard de la TV réseau aux US), que Plex, Jellyfin ou Emby reconnaissent ensuite comme une vraie source TV. Et voilà comment vous avez maintenant votre propre antenne maison.

Ou alors vous exportez en M3U pour des players IPTV comme Tivimate ou UHF, le tout avec un EPG intégré (c'est le guide des programmes), des bumpers (vous savez ces petites séquences Tchii Tchaaa ou M6 Mhmmmh des chaînes TV), des pubs vintage entre les programmes et même des clips musicaux pour faire authentique.

Bref, du déjà-vu, mais avec votre catalogue d'émissions à vous.

L'histoire de ce projet est d'ailleurs assez marrante car c'est un fork de dizqueTV (de vexorian), lui-même fork de pseudotv-plex (de DEFENDORe) et chacun de ces devs contribuent à Tunarr. 3 générations de mainteneurs qui collaborent sur le même projet, ça fait plaisir à voir car dans l'open source et la tech en général, ce genre de filiation c'est souvent rare tant les egos sont groooos.

Et côté fonctionnalités, c'est plutôt pas mal. Vous programmez vos chaînes par créneaux horaires (comme une vraie grille TV), par shuffle aléatoire ou par blocs cycliques. Vous balancez alors du contenu de remplissage entre les épisodes, vous personnalisez les profils de transcodage par chaîne, et vous regardez ça directement dans votre navigateur web ou via votre client Plex préféré.

De son côté, le hardware transcoding gère NVENC, VAAPI, Intel QuickSync et VideoToolbox sur macOS, donc votre GPU ne bosse pas pour rien.

Pour ma part, je me ferais bien une ambiance "C'est dimanche" qui balance des séries TV + vidéo gag et des docs sur la nature toute la journée, ou une "chaîne minuit" uniquement pour les vieux films d'horreur et les clips MTV de ma jeunesse ^^. Aaaah, nostalgie quand tu nous tiens ! Et je mettrais des vrais bumpers vintage entre les programmes, comme ça, ça donnerait l'illusion qu'on est sur une vraie programmation TF1 des années 90. Ce serait chouette non ?

Pour faire tourner ça, un Docker compose suffit (port 8000), avec un FFmpeg 6.1 minimum (7.1.1 recommandé). Vous lancez simplement :

docker run -d -p 8000:8000 -v ./tunarr-data:/config/tunarr chrisbenincasa/tunarr:latest

et c'est en ligne !

Maintenant sauf si votre Pi 3 a 2 Go de RAM, le transcoding 4K ne marchera pas mais sur du x86 récent ou un Pi 5, ça envoie carrément bien.

Et si vous préférez la méthode à l'ancienne, y'a également des binaires Linux, macOS, Windows, et même une image ARM pour Raspberry Pi . Le code est en TypeScript à 99,6%, sous license zlib (très permissive) et y'a des nouvelles releases régulières.

Voilà, ce projet n'a aucun sens dans le monde du streaming à la demande et c'est précisément pour ça que je vous en parle ! Si vous voulez retrouver l'ambiance zapping, c'est par ici ou sur le GitHub .

Et un GRAND merci à Johnny pour l'info !!

Le code source original du premier 86-DOS enfin publié

30 avril 2026 à 16:19

45 ans après sa sortie, le code source du tout premier 86-DOS vient d'atterrir sur GitHub . Microsoft a profité de cet anniversaire pour publier les listings d'assembleur originaux, accompagnés de plusieurs versions de PC-DOS 1.00 et de MS-DOS 1.25, sous licence MIT. Tout ceci est dans le dépôt DOS-History/Paterson-Listings, et oui, le tout est compilable.

Ces listings, c'est Tim Paterson en personne qui les avait conservés dans ses tiroirs depuis 1980. À cette époque, il bossait chez Seattle Computer Products, une boîte de matos qui faisait des cartes pour processeurs Intel 8086.

Il avait écrit en quelques mois un OS rudimentaire baptisé 86-DOS pour faire tourner les machines de SCP. Microsoft a fini par racheter le code à SCP pour 75 000 dollars, l'a légèrement retravaillé, et l'a refilé à IBM sous le nom PC-DOS pour équiper le tout premier IBM PC. Ce code-là est le grand-père de Windows.

On parle ici de dix paquets de listings papier (le bon vieux papier à bandes vertes), dont huit ont déjà été transcrits par Yufeng Gao et Rich Cini, deux passionnés de préservation. À l'intérieur : le noyau de 86-DOS 1.00, plusieurs snapshots de développement de PC-DOS 1.00, et des utilitaires comme CHKDSK.

Plus intéressant encore, les listings contiennent les annotations manuscrites de Paterson lui-même, des notes en marge qui montrent les hésitations et les corrections d'un ingénieur en plein travail.

Le code est prêt à être compilé avec l'assembleur SCP d'origine, ce qui veut dire qu'on peut générer des binaires fonctionnels et les faire tourner dans un émulateur comme par exemple PCem ou 86Box. C'est rare en archéologie logicielle d'avoir des snapshots aussi complets, et c'est encore plus rare quand l'auteur original est toujours là pour répondre aux questions. Les originaux papier vont d'ailleurs rejoindre l'Interim Computer Museum, donnés par Paterson lui-même.

Ce n'est pas la première fois que Microsoft ouvre du code un peu ancien. En 2018, ils avaient déjà open-sourcé MS-DOS 1.25 et 2.11. En 2024, c'était MS-DOS 4.0. Mais cette fois on remonte carrément à la racine, à la version SCP avant rachat, avec les fragments de l'évolution vers PC-DOS. Du coup, pour les nostalgiques et les chercheurs en histoire de l'informatique, c'était la pièce manquante.

Petite cerise sur le gâteau : les scans bruts des listings papier sont aussi sur Archive.org, donc même la version "préhistorique" est consultable. Et si vous avez envie de contribuer à la transcription des deux paquets restants, ce projet est ouvert.

Bref, le grand-père de Windows est désormais lisible ligne par ligne, annotations comprises. Pour les fans d'archéologie informatique, c'est carrément chouette.

Source : Hackaday

GNU TeXmacs - Écrivez vos équations comme dans Word

Par : Korben ✨
23 avril 2026 à 09:30

Ah, LaTeX...

Si vous avez un jour essayé de poser 3 équations dans un document sérieux, vous voyez le genre de galère que c'est. Le rendu est magnifique, les maths sont propres, mais faut d'abord digérer son langage de markup avant de réussir à imprimer la moindre intégrale. Heureusement, c'est là qu'arrive GNU TeXmacs , un éditeur scientifique libre qui fait pareil mais en WYSIWYG.

Ça tourne sur Linux, macOS et même des OS du passé comme Windows ^^ et ça devrait ravir étudiants en sciences, thésards, chercheurs, enseignants, ou autres curieux qui veulent voir à quoi ressemble un éditeur scientifique vraiment libre. Faut vous imaginer un Google Docs avec un mode maths natif, dans lequel vous tapez directement votre équation comme dans un bon vieux Word avec du gras (c'est bon le gras ^^ !), de l'italique, des fractions, ou encore des racines carrées que vous pouvez faire à la souris ou via des raccourcis clavier. Et le moteur vous sort alors une typographie de niveau publication académique. Comme ça, pas besoin de "recompiler" votre document à chaque correction car tout s'affiche en direct !

Une formule rendue directement dans l'éditeur, sans recompilation

Le truc qu'il faut comprendre, c'est que TeXmacs n'est PAS un frontend graphique pour LaTeX. C'est un moteur de typographie complètement indépendant, qui s'inspire des idées de TeX sans en recycler le code. Vous pouvez donc exporter vers du .tex si un collègue en a besoin, mais ce n'est pas ce qui tourne sous le capot pendant que vous écrivez.

L'autre truc sympa, c'est que TeXmacs sert aussi d'interface pour de nombreux systèmes de calcul formel libres tels que Maxima, Sage, Pari ou Axiom qui peuvent balancer leurs résultats directement dans votre document, formatés proprement. R et Octave sont aussi de la partie pour le côté stats et numérique.

TeXmacs servant d'interface à un système de calcul formel, le résultat tombe déjà formaté

Derrière le projet, y'a Joris van der Hoeven, un mathématicien néerlandais et Directeur de recherche au CNRS. Il bosse sur TeXmacs depuis la fin des années 90, et maintient en parallèle Mathemagix, un système de calcul formel libre qui se marie forcément bien avec. Le projet est sous licence GPL et fait partie du projet GNU . Ce n'est donc pas un truc vibe codé en un weekend just 4 fun !

TeXmacs reste quand même un logiciel de niche. Et gaffe en particulier à l'import depuis LaTeX, qui laissera tomber les fichiers de style custom et ne gèrera qu'un sous-ensemble du langage. L'interface a aussi un côté très années 2000 assumé, et la communauté est plus petite que celle de LaTeX.

Mais peu importe, moi ce qui me plaît dans la démarche, c'est cette indépendance assumée vis à vis de TeX avec un moteur refait à zéro et pas une surcouche contraignant comme LyX. Alors oui forcément, on perd un peu de compatibilité mais ça rend tellement service que c'est pas très grave.

Voili voilou, si vous êtes amateur de maths et de formules ou que vous voulez voir à quoi ressemble un éditeur scientifique vraiment WYSIWYG, ça vaut son petit téléchargement. Puis c'est gratuit alors foncez !

VidStudio - L'éditeur vidéo dans votre navigateur, sans upload

Par : Korben ✨
22 avril 2026 à 12:15

Un éditeur vidéo qui redimensionne, compresse et coupe vos clips... sans rien uploader nulle part, ça vous dit ???

Ça tombe bien puisque VidStudio fait tourner FFmpeg directement dans votre navigateur ! Vous allez sur vidstudio.app, vous déposez votre vidéo, et tout le traitement se fait ensuite côté client. Les fichiers ne quittent jamais votre machine, ce qui fait que niveau vie privée, ça nous change clairement des éditeurs cloud type Clipchamp ou Canva où une partie du traitement passe par leurs serveurs avec toutes les joyeusetés que ça implique côté données.

Sous le capot, le truc tient debout grâce à trois briques. Il y a WebCodecs qui s'occupe du décodage frame par frame pour la timeline, en utilisant les décodeurs hardware du navigateur quand ils sont dispos. FFmpeg compilé en WebAssembly prend ensuite le relais pour l'encodage final et les conversions de format. Et pour le rendu, c'est Pixi.js sur une canvas WebGL, avec un fallback logiciel quand la carte graphique ne suit pas.

Les projets sont sauvegardés dans IndexedDB, du coup vous pouvez fermer l'onglet et revenir plus tard, car tout est conservé et les traitements lourds tournent dans des Web Workers, ce qui évite de geler l'interface quand vous compressez un fichier de 2 Go déjà bien lourd.

Ensuite, côté outils, y'a de quoi faire avec un éditeur multi-piste avec source monitor et la possibilité de parcourir la vidéo à la frame près. Il y a également de quoi redimensionner pour YouTube ou TikTok, un mode batch pour convertir plusieurs vidéos d'un coup, un compresseur avec cible de taille exacte, un extracteur audio, un générateur de thumbnails et storyboards, et un système de watermarks avec positionnement et timing. Les sous-titres sont également gérés, avec possibilité de les incruster dans la vidéo ou de les sortir séparément.

Niveau problèmes que vous pourriez rencontrer avec cet outil, ce sera surtout à cause des codecs HEVC qui galèrent sur Firefox. De plus, les vidéos 10-bit ne passent pas toujours sur Windows, et certains WEBM avec des codecs audio exotiques refusent de charger. Bon après c'est pas grand chose de dramatique pour du contenu classique filmé avec un smartphone ou un appareil photo, mais si vous bossez avec du matos pro en 10-bit, allez plutôt voir ailleurs.

Après si vous aimez ce genre d'outils, dans la famille "traitement vidéo dans le navigateur", VidStudio rejoint Cutia qui mise sur l'open source, et MediaBunny qui propose une bibliothèque bas niveau pour les devs et dont je vous ai déjà parlé. Cependant, je préfère VidStudio qui se positionne plutôt sur du grand public, avec une interface qui ressemble à un vrai logiciel de montage.

Ça tourne d'ailleurs sur smartphone, ce qui est franchement impressionnant. Donc si vous avez juste une vidéo à retoucher vite fait sans passer par une usine à gaz type Adobe Premiere ou Final Cut, ça fera bien le job, et vos fichiers restent sagement au chaud chez vous !

Comment fabriquer son propre soda ?

Par : Korben ✨
22 avril 2026 à 10:27

Les beaux jours reviennent, et avec eux l'envie d'un soda bien frais ! Sauf qu'au lieu d'alimenter un énième groupe industriel (coucou Coca Cola), vous pouvez maintenant fabriquer le vôtre à la maison. Et blinry , un développeur allemand, l'a bien compris puisqu'il vient de publier sur GitHub ses 6 années de recherches sur le sujet... en CC0, donc dans le domaine public ! A vous votre copie cheap du Bougnat / Breizh Cola ^^

L'histoire commence en 2020. Le mec a deux problèmes simples à résoudre : la caféine lui file des migraines, et il veut éviter le sucre. Du coup il décide de se faire son propre cola, sans caféine, sans sucre, et surtout sans dépendre d'une marque qui garde sa formule secrète depuis plus d'un siècle.

Six ans plus tard, il a finalement trois recettes bien abouties : cola, orange, et amande (!). Toutes sont dispos sur son dépôt GitHub en markdown, dans le même esprit que Cooklang dont je parlais récemment . Et comme c'est du domaine public pur et dur, vous pouvez tout copier, modifier, revendre, tout ce que vous voulez.

Car concrètement, un cola c'est quoi ? Hé bien selon la recette de blinry, c'est un mélange de 7 huiles essentielles (orange, citron vert, citron, noix de muscade, casse, coriandre, lavande), un peu de gomme arabique pour l'émulsion, de l'acide citrique, du colorant caramel, et un édulcorant genre sucralose.

Ensuite, vous prenez une seringue d'un millilitre pour doser les huiles au centième de millilitre près, vous pesez le reste sur une balance de précision, et hop, vous avez un sirop concentré qu'il n'y a plus qu'à diluer avec de l'eau gazeuse !

Niveau matos, c'est assez basique... Balance, seringue, mixeur à main, un petit récipient en plastique, et voilà. D'abord vous mélangez les huiles avec la gomme arabique pour faire l'émulsion, ensuite vous ajoutez l'eau et le reste, puis vous filtrez. Par contre, attention, les huiles essentielles concentrées sont corrosives, donc c'est gants en latex obligatoires si vous ne voulez pas finir avec les doigts brûlés.

Et le verdict ? Hé bien le gars dit qu'il préfère son cola au vrai Coca, carrément ! D'ailleurs quand il a testé un Coca récemment pour comparer, il l'a trouvé, je cite "fade, genre glace au cola fondue". Moi j'suis plus Cherry Coke mais c'est compliqué d'en trouver du light, donc si je me lance là dedans, j'essayerai de bien doser en huile essentielle de cerise ^^.

Notez que Blinry n'est pas seul dans cette quête. Avant lui, il y a eu Cube Cola , OpenCola avant encore, et plus récemment un certain LabCoatz a utilisé carrément un spectromètre de masse pour décoder le profil de saveur. Bref, y'a tout un écosystème de gens qui essaient de percer le "secret" Coca-Cola depuis des décennies mais visiblement sans succès puisque tout ce que j'ai pu goûter en cola alternatif était vraiment pas ouf... Ça sent trop le médicament aux plantes en général.

Et comme Coca n'a jamais breveté sa formule parce qu'un brevet aurait tout révélé, le vrai produit qu'ils vendent, c'est surtout le mystère autour de la formule. Donc il suffit qu'un de ces bidouilleurs de soda perce le mystère et demain on aura du coca 100% similaire à l'original niveau goût, 100% sous licence libre ! Ce serait fou !

Bref, servez-vous, modifiez, et surtout partagez vos améliorations sur son Git. Et si vous trouvez la recette ultime, faites signe !

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YOR - Le robot open source à 10 000 dollars à monter soi-même

Par : Korben
5 avril 2026 à 05:28

Quand je vois tout le taf que j'ai à la maison, je vous avoue que je rêve d'un robot qui vide le lave-vaisselle, arrose les plantes et ramasse le linge pendant que moi je glandouille sur le canapé (ou que je bosse parce que je glandouille jamais en fait...Argh...). Hé bien bonne nouvelle, une équipe de chercheurs de NYU vient de publier les plans complets pour en construire un et tout ça en open source pour environ 9 200 dollars !

YOR, pour " Your Own Robot ", c'est un robot mobile avec deux bras articulés, une base sur roues qui se déplace dans tous les sens, et un lift télescopique qui est tout simplement... un vérin de bureau debout. Du coup le robot peut descendre à 60 cm du sol pour ramasser vos chaussettes et monter à 1,24 m pour atteindre un placard en hauteur. Et le vérin se verrouille tout seul en cas de coupure de courant (comme ça, pas de bras qui s'écrasent au sol...).

Le coût total des composants revient comme je vous le disais à environ 9 200 dollars. Les deux bras représentent à eux seuls plus de la moitié du budget (5 000 dollars), la base roulante un bon quart (2 700 dollars). Le reste, c'est de l'électronique grand public et des profilés alu et le cerveau, c'est un Raspberry Pi 5 avec 16 Go de RAM. Quand on sait qu'un Mobile ALOHA (le robot de Stanford) revient à environ 32 000 dollars et que les plateformes commerciales dépassent les 100 000... y'a pas photo !

YOR et ses deux bras articulés sur base omnidirectionnelle

Un truc original dans ce robot, ce sont les pinces. L'équipe a d'ailleurs conçu des grippers custom capables de manipuler des objets délicats ou de serrer fort ce qui est bien utile et y'a aussi une caméra stéréo sur la tête pour que le robot cartographie son environnement et se repère tout seul dans une pièce.

Pour le piloter, pas besoin de matériel exotique puisque des manettes Meta Quest 3 suffisent. Vous restez debout derrière le robot et vous contrôlez tout, les bras, la base, la hauteur. Et le truc cool, c'est que quand vous déplacez la base, les pinces restent stables sur l'objet qu'elles tiennent. Cela lui permet par exemple d'attraper une assiette et de se déplacer vers le lave-vaisselle sans tout faire valdinguer.

YOR en action : lave-vaisselle, arrosage et ramassage

Côté recherche, l'équipe est même allée encore plus loin. En pilotant le robot à la main une centaine de fois (avec des iPhones fixés sur les pinces comme caméras supplémentaires), ils ont entraîné une IA capable de reproduire les gestes toute seule. Résultat, 9 réussites sur 10 dans un test de tri des déchets en autonomie (la poubelle JAUNE !!!!), du genre donc attraper un carton avec les deux bras, le soulever, contourner un obstacle, le déposer dans la poubelle de tri... et tout ça sans intervention humaine. Et bien sûr, si vous voulez tester vos propres algos avant de risquer du vrai matos, y'a un simulateur pour ça.

L'empreinte au sol de cette bestiole fait 43 × 34,5 cm. En gros, la taille d'un carton à pizza. Le projet est porté par une équipe de NYU et UC Berkeley et parmi les auteurs, on retrouve Soumith Chintala (NYU), le co-créateur de PyTorch. Toute la doc de construction est dispo sur build.yourownrobot.ai , avec la liste complète des composants en Google Sheets, les modèles CAD et le code Python sous licence MIT sur GitHub .

YOR face à la concurrence : petit, pas cher, open source

J'ai rarement vu un projet aussi bien documenté pour ce niveau de complexité mais attention quand même, ça reste un projet de recherche, et pas un kit Lego. Faut savoir souder, câbler des batteries, et être à l'aise avec Python et Git. C'est donc un sacré projet de plusieurs week-ends (comptez plutôt des mois si vous débutez). Mais c'est aussi ça qui est cool, puisque vous construisez VOTRE robot, et pas celui d'un constructeur chinois que vous avez payé une couille en dropshipping.

Si les robots open source vous branchent, le ToddlerBot à 4 300 dollars propose également une approche bipède imprimable en 3D, et si vous voulez voir ce que la coordination bimanuelle donne à l'échelle industrielle ... y'a du choix.

Bref, 9 200 dollars, licence MIT, la liste complète des composants, ça fait grave envie !! En tout cas, c'est le genre de projet à suivre de prêt...

Pour la partie impression 3D du châssis, si vous n'avez pas encore d'imprimante, une Creality Ender-3 V3 fera l'affaire pour les pièces structurelles, et un Raspberry Pi 5 est au cœur du projet. (liens affiliés)

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EmDash - Cloudflare refait WordPress from scratch

Par : Korben
2 avril 2026 à 00:10

Cloudflare qui sort un successeur open source à WordPress le 1er avril, je vous avoue que ça sentait le poisson d'avril à plein nez. Sauf que non !! EmDash est bien réel, son code est sur GitHub sous licence MIT, et ça s'installe en une commande toute simple !

L'idée de base pour Cloudflare, c'est de dire que WordPress a plus de 20 ans et bien qu'il alimente 40% du web, son architecture de plugins est un emmental (Le gruyère n'a pas de trou les amis ^^). En effet, 96% des failles de sécurité viennent des extensions et pas du noyau PHP ni des thèmes et en 2025, on a quand même explosé le record de failles dans l'écosystème WP.

Du coup Cloudflare, grand prince (Matthew ^^ Ok, je sors...) a tout repris de zéro en TypeScript et avec l'aide de nombreux agents IA. Et de ce que j'ai compris, le gros morceau de ce projet, visiblement, c'est l'isolation des plugins.

Car sur WordPress, une extension a accès à toute la base de données et au système de fichiers (d'où l'importance de bien les choisir ). Alors que sur EmDash, chaque plugin tourne dans son propre isolat avec un modèle de capacités déclaratives. En gros, le plugin annonce dans un fichier manifeste JSON ce dont il a besoin, genre read:content ou email:send, et il ne peut rien faire d'autre. S'il veut accéder au réseau, il doit même préciser le hostname exact. Comme ça fini les extensions qui aspirent vos données en douce. Par contre, ça veut aussi dire que vos plugins WordPress actuels ne marcheront pas tels quels...

Côté stack, c'est comme je disais du TypeScript de bout en bout avec Astro 6.0 en frontend (pour les thèmes) et Node.js derrière. L'auth passe également par des passkeys par défaut (enfin, plus de mots de passe !) et y'a même un système de paiement natif via le standard ouvert x402 pour monétiser du contenu.

Et le truc qui va vous rassurer si vous êtes allergique au cloud : c'est auto-hébergeable. En fait, le CMS peut tourner sur Cloudflare Workers, mais aussi sur n'importe quel serveur Node.js avec SQLite. Les abstractions sont portables, avec Kysely pour le SQL et l'API S3 pour le stockage. Du coup vous pouvez brancher PostgreSQL, Turso, AWS S3, ou tout bêtement des fichiers en local. Le bonheur !

Le truc cool pour les bidouilleurs, c'est que chaque instance expose un serveur MCP (Model Context Protocol) et une CLI pour piloter le CMS par script. Y'a aussi des Agent Skills pour que les agents IA puissent créer du contenu, gérer les médias et modifier le schéma sans toucher au dashboard. C'est clairement pensé pour l'ère des agents IA.

Et pour ceux qui veulent migrer depuis leur WordPress, c'est prévu pour vous faciliter la tâche puisqu'il y a le support d'export WXR classique ou via un plugin dédié qui crée un endpoint sécurisé protégé par mot de passe. Que ce soient les médias, les custom post types...etc tout est transférable en quelques minutes. Par contre, attention les shortcodes et les blocs Gutenberg custom ne passeront pas tels quel, faudra faire des ajustements.

Car oui c'est une v0.1.0 preview, donc on peut le dire, une bonne grosse beta qui bave mais je trouve ça super cool car le drama WP Engine vs WordPress a montré que l'écosystème était fragile, et c'est bien de réintroduire un peu de diversité. Par contre, remplacer un CMS qui fait tourner 40% du web, c'est hyper ambitieux et ça se fera pas en un trimestre. Car la vraie force de WordPress, c'est sa communauté, ses milliers de plugins et de thèmes, et ça pour le moment, y'a pas grand chose sur EmDash.

M'enfin, si vous voulez tester c'est npm create emdash@latest et c'est parti mon kiki. Ah et y'a aussi un playground sur emdashcms.com pour vous faire une idée sans rien installer. Pour ma part, je testerai ça dès que j'aurais 5 min, mais pour le moment, je ne me vois pas quitter WordPress car EmDash n'a pas (encore) ce petit truc en plus qui me ferait changer... On verra d'ici quelques temps.

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Euro-Office veut remplacer Microsoft 365, mais OnlyOffice crie au vol

Par : Korben
1 avril 2026 à 08:07

Une coalition d'entreprises européennes vient de lancer Euro-Office, une suite bureautique open source qui ambitionne de concurrencer Microsoft 365. Le problème, c'est que le projet est un fork d'OnlyOffice, et ce dernier accuse Nextcloud et IONOS de violer sa licence.

Un projet présenté au Bundestag

Euro-Office a été dévoilé le 27 mars à Berlin, directement au Bundestag. Derrière le projet, on retrouve huit organisations européennes : IONOS, Nextcloud, Eurostack, XWiki, OpenProject, Soverin, Abilian et BTactic.

L'idée est de proposer une suite bureautique capable d'éditer documents, tableurs et présentations, avec une compatibilité Microsoft complète, le tout sous contrôle européen.

Plutôt que de repartir de zéro, la coalition a choisi de forker le code open source d'OnlyOffice, jugé plus moderne et performant dans un navigateur que les alternatives dérivées de LibreOffice. Une préversion est d'ailleurs déjà proposée sur GitHub, et la première version stable est annoncée pour cet été.

OnlyOffice accuse de violation de licence

Et voilà que ça se complique. Deux jours après l'annonce, OnlyOffice a publié un billet de blog accusant Nextcloud et IONOS de violer les conditions de sa licence AGPL v3.

Le reproche est précis : Euro-Office aurait supprimé toutes les références à la marque OnlyOffice, alors que la licence impose de conserver le logo et les attributions dans les travaux dérivés. Ces conditions supplémentaires ont été ajoutées en mai 2021 via la section 7 du fichier LICENSE.txt.

Côté Nextcloud, on se défend en affirmant que les forks font partie de l'ADN de l'open source. L'entreprise dit avoir consulté Bradley M. Kuhn, le créateur de la licence AGPL, qui soutiendrait leur position "à 100 %".

La Free Software Foundation serait aussi de leur côté. Nextcloud avance par ailleurs que la collaboration directe avec OnlyOffice était compliquée, pointant les origines russes de l'équipe fondatrice. OnlyOffice rétorque que sa propriété intellectuelle est détenue en Lettonie (Ascensio System SIA) depuis 2009, que sa holding est à Singapour, et que l'activité russe a été cédée à des investisseurs locaux en 2019.

La souveraineté numérique en toile de fond

Le timing n'est pas anodin. Partout en Europe, des administrations et des entreprises cherchent à réduire leur dépendance aux outils américains.

Euro-Office arrive avec un argument fort : une suite bureautique développée et hébergée en Europe, sans dépendance vis-à-vis d'acteurs non européens. C'est exactement ce que réclament plusieurs gouvernements depuis des années.

C'est quand même un drôle de démarrage pour un projet censé incarner la souveraineté numérique européenne. On lance une alternative à Microsoft en forkant le code d'une société enregistrée en Lettonie mais aux racines russes, et trois jours plus tard on se retrouve avec une accusation de violation de licence sur les bras.

Le fond du débat juridique est intéressant : est-ce qu'on peut forker un logiciel AGPL et retirer les mentions de la marque originale ?

Source : OnlyOffice.com

Qobuz en bit-perfect sur Linux (enfin !!)

Par : Korben
31 mars 2026 à 09:24

Si vous êtes abonné Qobuz et que vous êtes sous Linux, vous connaissez cette douleur sourde qui vous coupe le souffle la nuit : IL N'Y A PAS DE CLIENT OFFICIEL ! Vous êtes donc condamné comme n'importe quel gueux à utiliser le lecteur web, qui est aussi "audiophile-phile" qu'un casque de chantier.

Mais heureusement, QBZ vient régler ça, et vous allez voir, c'est du sérieux !

Il s'agit d'un client natif et open source (sous licence MIT) écrit en Rust avec Tauri 2.0 côté desktop et SvelteKit pour l'interface, ce qui fait que c'est léger, que ça démarre vite, et surtout ça gère le bit-perfect via 4 backends audio au choix : PipeWire, ALSA, ALSA Direct (accès exclusif au DAC) et PulseAudio.

Le switching de sample rate se fait alors à la volée, de 44.1 à 192 kHz, selon ce que votre DAC supporte. Pour les audiophiles... bah ça change tout par rapport au resampling sauvage du navigateur. Ouf, on est sauvé en fait ^^

Côté fonctionnalités, c'est clairement loin du petit projet bricolé un dimanche soir en vibe coding puisque ce lecteur décode nativement FLAC, MP3, AAC, ALAC, WavPack, Ogg Vorbis et Opus, le tout avec du gapless playback et de la normalisation de loudness EBU R128. Je comprends pas tout parce que je suis pas expert là dedans, mais si vous aimez la Hi-Fi, je sais que ça vous parle.

Y'a aussi une gestion de bibliothèque locale avec scan de dossiers et indexation SQLite, et même un import de playlists depuis Spotify, Apple Music, Tidal ou Deezer. Ainsi, si vous migrez vers Qobuz, ça vous fera gagner des heures plutôt que de tout vous retaper à créer à la main !

Niveau intégrations, c'est aussi super complet : scrobbling Last.fm et ListenBrainz, enrichissement MusicBrainz, pochettes via Discogs, contrôle MPRIS et touches média. Et le casting vers Chromecast, DLNA/UPnP et AirPlay est intégré. Le Chromecast directement depuis un client Linux sans bidouille, c'est pas courant, et ça fait plaizzz !

L'interface est également hyper soignée avec 26 thèmes au choix (Dark, OLED, Nord, Dracula, Tokyo Night...) et 17 panneaux de visualisation dont un spectre, un oscilloscope et un spectrogramme. Y'a même un mode immersif plein écran, le tout dispo en 5 langues dont le français.

Pour l'installation, c'est packagé proprement : Flatpak, AUR, Snap, AppImage, DEB, RPM et même un DMG pour macOS (Apple Silicon, expérimental) et si vous êtes sur Arch, un petit yay -S qbz-bin et c'est réglé.

Par contre, il y a quelques limites à connaître comme le seeking sur des pistes hi-res au-dessus de 96 kHz qui peut prendre 10 à 20 secondes. ALSA Direct bloque aussi les autres applis audio (logique, c'est l'accès exclusif). Et le bit-perfect via PipeWire est limité quand on lance le tout en sandbox Flatpak. En fait, le problème c'est que la sandbox bloque l'accès direct au matériel donc si vous voulez le max de qualité, optez pour le paquet natif.

Si Qobuz est votre service de streaming et que Linux est votre OS préféré d'amour, les alternatives payantes comme Audirvana ou Roon ne sont clairement pas données. C'est pour cela que je vous parle de QBZ qui fait le boulot gratuitement comme un chef et dont le développeur (vicrodh) est super actif (il recherche des contributeurs si vous voulez l'aider).

Et un grand merci à Pierre pour le tuyau !

OpenCiv3 - Civilization III renaît en open source

Par : Korben
31 mars 2026 à 08:15

Vous vous souvenez de Civilization III ? Hé bien des fans ont décidé de le recréer de zéro en open source avec OpenCiv3 , et franchement ça a de la gueule, vous allez voir !

En fait, leur idée c'était pas juste de cloner le jeu de Sid Meier tel quel, mais plutôt de le réimaginer en corrigeant tous les trucs qui étaient cassés à l'époque, mais aussi en virant les limites arbitraires du moteur original et en poussant le modding aussi loin que possible. En gros, ils nous ont pondu un Civ3 comme il aurait dû être si les développeurs avaient eu le temps de tout finir.

Côté technique, c'est du Godot avec du C#, ça tourne sur Windows, Linux et Mac et c'est sous licence MIT. Du coup vous pouvez forker le truc et en faire votre propre version si ça vous chante.

Après, voilà, on est encore en pré-alpha. La version 0.3 "Dutch" est sortie en décembre dernier, et permet de lancer une partie, explorer la carte, créer des villes et taper sur vos voisins. Mais la fin du jeu n'est pas encore là. Et le truc sympa, c'est que contrairement à d'habitude, le jeu fonctionne en mode standalone avec des graphismes de remplacement, donc pas forcément besoin d'avoir Civ3 installé. Après si vous avez l'édition Conquests ou Complete qui traîne quelque part sur votre disque dur, OpenCiv3 est capable d'importer les graphismes originaux pour un rendu fidèle !

Mais comme vous l'avez compris, le vrai kiff du projet, c'est le modding. Le Civ3 original vous laissait modifier trois bricoles via des fichiers texte, et c'était pas ouf... Mais OpenCiv3, lui, veut ouvrir toutes les portes en changeant les règles de combat, en ajoutant des mécaniques de jeu, en créant des scénarios complets, voire en inventant de toutes pièces de nouvelles civilisations... bref tout est prévu pour être modifiable. Ça rappelle un peu ce qu' UnCiv fait avec Civ V sur Android , sauf que c'est sur PC.

Voilà, c'est encore super jeune mais si vous avez la nostalgie des soirées "encore un tour", ça vaut le coup de garder un œil dessus !

À découvrir ici : OpenCiv3

MS-DOS tourne maintenant sur un Apple IIe, et c'est un projet open source

Par : Korben
25 mars 2026 à 10:07

Un développeur a réussi à porter MS-DOS 2.0 sur l'Apple IIe, l'ordinateur personnel d'Apple sorti en 1983. Le projet, baptisé "reboot-camp-83", repose sur une carte d'extension qui embarque un processeur Intel 8088 à 8 MHz.

Le tout communique avec le processeur 6502 de l'Apple II, et le code est en accès libre. Quarante ans de retard, mais le geste est là, et il est plutôt classe.

Un processeur Intel dans un Apple II

Seth Kushniryk vient de publier "reboot-camp-83", un projet open source qui permet de faire tourner des applications MS-DOS 2.0 sur un Apple IIe. Pour que ça fonctionne, il faut une carte d'extension AD8088, fabriquée à l'époque par ALF Products.

Cette carte contient un processeur Intel 8088 qui tourne à 8 MHz et qui se branche sur le bus d'extension de l'Apple II. On se retrouve avec deux processeurs dans la même machine : le 6502 d'Apple et le 8088 d'Intel.

Kushniryk a développé un programme "pont" qui fait communiquer les deux processeurs. Il a aussi déplacé ce programme dans une zone différente de la RAM pour libérer de la place et permettre l'affichage en haute résolution.

Le tout a demandé pas mal de travail de débogage, avec entre autres un problème lié à une contrainte non documentée de ProDOS.

Ce que ça fait tourner, et ce que ça ne fait pas

Le port est compatible avec la quasi-totalité des logiciels MS-DOS 2.0, à une condition : que le programme n'écrive pas directement dans la mémoire vidéo. C'est une limitation qui exclut pas mal de jeux, mais les applications de productivité et les utilitaires fonctionnent.

Pour l'époque, avoir un processeur à 8 MHz dans un Apple IIe, c'était quand même une sacrée puissance de calcul, et pouvoir lancer des applications DOS en parallèle du système Apple aurait été un vrai avantage.

Le projet est entièrement open source et disponible sur le dépôt git de Kushniryk. Les mises à jour et la documentation sont publiées sur son site personnel.

Quarante ans de retard, mais c'est le geste qui compte

L'Apple IIe a été commercialisé en 1983, et MS-DOS 2.0 la même année. À l'époque, les cartes coprocesseur existaient déjà pour faire tourner CP/M-86 sur Apple II, mais le port complet de MS-DOS n'avait jamais été finalisé publiquement.

Kushniryk comble ce vide quarante ans plus tard, avec un projet qui relève plus de la prouesse technique et de la passion du rétro-computing que d'un usage pratique.

C'est le genre de projet qui ne sert à rien... et c'est pour ça qu'on l'aime bien. Faire tourner MS-DOS sur un Apple IIe, c'est un peu comme mettre un moteur de Porsche dans une 2CV : ça ne va pas révolutionner les transports, mais ça force le respect.

Le fait que le projet soit open source et bien documenté en fait aussi une ressource intéressante pour ceux qui s'intéressent au fonctionnement des processeurs de cette époque. Franchement, si en 1983 quelqu'un avait pu lancer Lotus 1-2-3 sur son Apple IIe, on en parlerait encore.

Source : Hackaday

PowerToys - Quand Microsoft corrige les manques de Windows

Par : Korben
24 mars 2026 à 12:25

Si vous êtes sous Windows 10 ou 11, vous avez forcément déjà ragé sur un truc tout bête. Genre redimensionner 50 photos d'un coup, renommer des fichiers en masse, ou juste organiser vos fenêtres proprement sur un écran ultra-large. Tout ça, Windows ne sait pas le faire nativement et c'est bien dommage ! Heureusement, c'est là que les PowerToys entrent en jeu... Si vous ne connaissez pas encore ça, sachez simplement qu'il s'agit d'un pack d'une trentaine d'utilitaires open source, maintenus par Microsoft eux-mêmes qui s'installent comme ceci dans un powershell lancé en admin :

winget install Microsoft.PowerToys -s winget

C'est gratuit, c'est dispo sur GitHub, et franchement, c'est à se demander pourquoi tout ça n'est pas intégré par défaut dans l'OS. C'est fou quand même !

Le premier truc qui change la vie, c'est FancyZones. Si vous avez un grand écran, le Snap Layout de Windows 11 c'est... limité. Avec FancyZones, vous créez vos propres zones de dépôt. Vous maintenez MAJ, vous glissez une fenêtre, hop, elle se cale exactement où vous voulez. Une fois qu'on y a goûté, impossible de revenir en arrière.

Autre indispensable c'est PowerToys Run. Tapez Alt + Espace et une barre de recherche épurée apparaît comme Spotlight sur Mac. Ça cherche vos applis, vos fichiers, ça fait calculatrice et conversion d'unités. Bref, vous pouvez oublier le menu Démarrer (et ses pubs).

Pour garder une fenêtre au premier plan quoi que vous fassiez, Win + Ctrl + T et c'est réglé. Always on Top, ça s'appelle et ça se matérialise sous la forme d'une bordure colorée qui apparaît pour vous montrer que la fenêtre est "clouée". Pratique quand vous suivez un tuto tout en tapant du code à côté.

Côté renommage de fichiers, PowerRename remplace avantageusement des outils comme Ant Renamer . Clic droit sur vos fichiers, search & replace avec support des regex pour les plus courageux. Du coup, fini le renommage un par un comme en 2003.

Y'a aussi Color Picker (Win + Maj + C) qui transforme votre curseur en pipette pour chopper n'importe quel code couleur à l'écran. Et Text Extractor (Win + Maj + T) qui fait de l'OCR instantané sur une zone de votre écran. Attention, ça marche pas toujours selon la police, mais ça évite de retaper du texte à la main.

Le plus dingue, c'est Crop and Lock. Vous faites Win + Ctrl + Maj + R et vous découpez une zone d'une appli pour en faire une fenêtre indépendante. Genre un graphique ou un flux d'infos. Sous le capot, ça crée une sorte de proxy visuel de la fenêtre originale, et vous pouvez même continuer à interagir dedans.

Et si vous avez deux PC côte à côte, Mouse Without Borders vous permet de les contrôler avec la même souris et le même clavier. Vous passez d'un écran à l'autre comme si c'était la même machine. Et d'ailleurs, si vous perdez votre curseur sur vos écrans géants, y'a aussi un utilitaire ici pour retrouver sa souris facilement.

Après j'ai pas tout listé. Y'a par exemple un éditeur de variables d'environnement hyper fastoche à utiliser, un aperçu du registre (pour éviter les bêtises), une fonction "Command Not Found" pour vous aider dans le terminal, un redimensionneur d'images intégré au clic droit...etc. Bref, à vous de fouiller mais ce que je retiens c'est que Microsoft a mis 30 ans à admettre que son OS avait des manques, et au lieu d'y répondre au cœur de Windows, ils ont fait ce side project devenu indispensable.

Et pour ceux qui veulent gérer leurs installs avec une interface graphique, allez voir WingetUI . C'est le complément parfait.

Voilà. Installez ça et remerciez-moi plus tard !

Voicebox - Clonez des voix en local sans passer par le cloud

Par : Korben
20 mars 2026 à 11:22

Si vous cherchez un moyen de faire du clonage vocal en local sans filer vos fichiers audio à un service cloud, Voicebox devrait vous plaire. C'est un studio de synthèse vocale open source et gratuit qui tourne entièrement sur votre machine, et qui n'a rien à envier à ElevenLabs.

Concrètement, vous téléchargez l'app (dispo macOS, Windows et Docker), vous importez un extrait audio d'à peine 3 secondes minimum et hop, la voix est clonée. Pas besoin de compte, pas de limite d'utilisation, pas de "crédits" qui fondent comme neige au soleil !

Voicebox embarque 5 moteurs TTS différents plutôt que de tout miser sur un seul. Par exemple, Qwen3-TTS gère 10 langues avec des instructions en langage naturel du genre "parle lentement" ou "chuchote". Chatterbox Multilingual couvre 23 langues, de l'arabe au swahili en passant par le finnois.

LuxTTS lui est ultra-léger... genre 1 Go de VRAM et 150x plus rapide que le temps réel même sur CPU (anglais uniquement par contre) ! Et avec Chatterbox Turbo, vous pouvez injecter des tags comme [laugh], [sigh] ou [gasp] directement dans le texte pour que la voix rigole ou soupire à la demande (anglais aussi). Franchement, c'est pas mal du tout.

Tenez voici ce que ça donne avec ma voix (J'ai utilisé Qwen3)

Et pour ceux qui aiment bidouiller, y'a une API REST complète sur localhost:17493. Du coup, on peut intégrer la synthèse vocale dans ses propres scripts, automatiser la génération de podcasts ou monter un pipeline perso avec ffmpeg. Parce que bon, avoir un moteur vocal sans pouvoir l'utiliser dans ses projets, ça n'a pas d'intérêt.

Côté post-production, 8 effets audio sont dispos (pitch shift, reverb, delay, chorus, compression...) propulsés par pedalboard, la lib audio de Spotify. On peut aussi sauvegarder des presets et les appliquer par profil vocal. Y'a même un éditeur multi-pistes pour composer des conversations ou des narrations avec plusieurs voix sur une timeline.

Attention par contre, le projet est assez récent (c'est sorti en janvier) et côté Linux, y'a pas encore de binaires pré-compilés, faudra donc compiler from source mais je sais que vous adorez ça, les barbus ^^. Et le problème avec 5 moteurs différents, c'est que chacun a ses propres dépendances, donc ça prend pas mal en espace disque.

Sous le capot, c'est codé en Rust, ça utilise Tauri (pas Electron) car personne ne veut un genre de Chromium de 500 Mo pour lancer un simple outil audio. Sur Mac Apple Silicon, l'inférence passe par MLX et le Neural Engine et sur Windows et Linux, c'est CUDA, ROCm pour AMD, DirectML et même Intel Arc. D'ailleurs si vous voulez exploiter l'IA locale sur Mac pour d'autres usages, les Foundation Models d'Apple s'y prêtent aussi.

Si vous avez déjà joué avec MLX-Audio pour faire de la synthèse vocale en ligne de commande, Voicebox c'est finalement la version "app complète" avec interface graphique, gestion de profils vocaux et file d'attente de génération. C'est un peu le Ollama de la voix.

Voilà, si le clonage vocal en local vous branche, c'est sous licence MIT, c'est gratuit et ça tourne nickel ! Ah et si vous êtes un escroc qui cherche à cloner des voix pour arnaquer des gens, sachez que je viens de vous jeter un mauvais sort à travers la lecture de cet article. Attendez-vous à avoir des cheveux qui vous poussent sur la langue et des verrues dans les yeux, d'ici quelques semaines.

Merci à Lorenper pour la découverte.

Transformez le monde réel en map Minecraft avec Arnis

Par : Korben
19 mars 2026 à 12:42

Amis crafteurs, préparez-vous à voir votre monde d'une toute nouvelle façon car il est désormais possible de recréer votre ville, votre quartier ou même la Cathédrale de Clermont-Ferrand dans Minecraft (Java ET Bedrock) avec une précision chirurgicale. C'est ce que permet de faire Arnis , un projet open source vraiment très cool.

Développé en Rust, Arnis fait le pont entre notre bonne vieille Terre et l'univers cubique de Minecraft en exploitant tout simplement la puissance d'OpenStreetMap. Pour rappel, c'est une formidable base de données cartographique collaborative qui recense routes, bâtiments et points d'intérêt du monde entier.

Le principe est donc simple mais efficace : vous sélectionnez une zone géographique avec l'outil de sélection intégré, vous choisissez votre monde Minecraft (de préférence un monde plat), et Arnis se chargera automatiquement de :

  1. Récupérer les données géographiques via l'API Overpass
  2. Convertir ces informations en coordonnées Minecraft
  3. Traiter les éléments par ordre de priorité pour éviter les conflits
  4. Générer une couche de sol adaptée avec les données d'élévation
  5. Construire les structures bloc par bloc
  6. Sauvegarder le tout dans votre monde

La beauté d'Arnis réside dans sa capacité à retranscrire les moindres détails. Les bâtiments conservent leurs proportions, les routes suivent leur tracé réel, et même les zones vertes sont fidèlement reproduites. Le système gère intelligemment les bâtiments avec leur hauteur relative, les routes et autoroutes, les espaces verts et plans d'eau, les points d'intérêt particuliers et tout ce qui est fontaines et structures spéciales.

Niveau personnalisation, Arnis propose également :

  • Un mode Hiver pour transformer votre zone en paysage enneigé
  • Un facteur d'échelle pour ajuster la taille de votre génération
  • Un réglage de la hauteur du sol pour définir l'altitude de base
  • Un Timeout Floodfill pour contrôler le temps de génération des zones d'eau
  • Et une BBOX personnalisée permettant d'entrer manuellement les coordonnées de la zone désirée

D'ailleurs, la version 2.5 sortie en février 2026 (baptisée "Metropolis Update") a apporté pas mal de nouveautés bien senties. Déjà, Arnis supporte maintenant Minecraft Bedrock en plus de Java, du coup ça marche aussi sur console et mobile. Ensuite, le générateur intègre les données d'élévation pour un terrain réaliste avec de vraies collines et vallées... plus besoin de se contenter d'un monde plat. Et le truc franchement cool, c'est la génération d'intérieurs de bâtiments avec du mobilier. Pour les grosses zones ou si vous êtes sur mobile, y'a aussi MapSmith, une alternative qui tourne directement dans le navigateur.

Pour tirer le meilleur parti d'Arnis, vous devrez utiliser Minecraft 1.17 minimum (Java) ou la dernière version Bedrock, initialiser un monde tout plat pour éviter les conflits de terrain, et une fois la génération terminée, vous n'aurez plus qu'à vous téléporter aux coordonnées 0 0 0 (/tp 0 0 0). Pensez à explorer vers les X et Z positifs si vous ne voyez rien immédiatement et si vous êtes sur Windows, installez l'Evergreen Bootstrapper de Microsoft si nécessaire.

La communauté bosse activement sur le projet. Et si vous voulez pas installer Rust et compiler, y'a des binaires prêts à l'emploi sur la page des releases . Hop, on télécharge, on lance, et on se balade dans son quartier version cubique !

Article publié initialement le 11 février 2025 et mis à jour le 19 mars 2026.

Framasoft dit tout haut ce qu'on est nombreux à penser tout bas

Par : Korben
19 mars 2026 à 11:19

Framasoft a publié aujourd'hui 2 articles sur le numérique public. Le premier, c'est un dossier ultra costaud (impressionnant !) qui tenez-vous bien, défend la Suite numérique de l'État (Tchap, visio LiveKit, France Transfert, Grist, assistant Mistral...) face à ses détracteurs.

Et le second, c'est une tribune parue dans l'Humanité, qui explique pourquoi le fantasme de l'"Airbus du numérique" est une impasse.

Sur la Suite numérique, Framasoft remet en fait les pendules à l'heure. OUI, le développement a coûté 9,3 millions d'euros, mais comparé au système de paie Louvois qui a coûté 500 millions ou à l' ONP qui a coûté un peu moins de 350 millions, on est clairement sur une autre échelle ! Ainsi, dans son article, Framasoft calcule que le coût annuel revient à 75€ par agent public. Franchement c'est pas "cher" quand on sait que c'est plutôt 300 à 590€ pour une licence Microsoft 365 ou un Google Workspace. Donc en fait, cette suite numérique, c'est pas forcément délirant comme investissement.

Ah et sur le fameux "Airbus du numérique", leur tribune est, elle aussi, limpide puisqu'elle nous explique que créer un champion européen du cloud, ça reviendrait à reproduire les mêmes erreurs que les GAFAM mais avec de l'argent public.

Le problème de cette approche en fait, c'est qu'on reste prisonnier du même modèle de centralisation des données, donc pour Framasoft, la seule vraie alternative, ce sont les communs numériques à savoir tout ce qui est logiciels libres, serveurs décentralisés, gouvernance collective...etc.

Après ça ne veut pas dire que c'est facile à mettre en place, mais au moins c'est pas du greenwashing à la con ou appelez ça comme vous voulez.

Voilà, si vous suivez ce blog depuis un moment, vous savez que c'est un sujet qui me tient à cœur. J'en parle ici depuis des années, que ce soit quand Framasoft a lancé Dégooglisons Internet ou plus récemment avec le guide pour larguer Google . Et je suis assez attristé de voir que finalement, ce débat n'a pas bougé d'un pouce dans le cerveau de certaines personnes alors que de mon point de vue et de celui de Framasoft, c'est plutôt une bonne chose que l’État s'y mette enfin !

Bref, allez lire leurs deux articles, vous allez apprendre plein de trucs : Le dossier complet et la tribune !

Comma 4 + openpilot 0.11 - La conduite assistée open source passe un cap

Par : Korben
19 mars 2026 à 10:24

Vous vous souvenez quand je vous parlais de Geohot et de sa voiture autonome en 2015 ? Le mec bidouillait une Acura avec des caméras à 13 balles et rêvait de vendre son kit à 1000 balles. Hé bien 10 ans plus tard, c'est fait ! Et si je vous reparle de ça aujourd'hui, c'est parce que sa société comma.ai sort la v0.11 d' openpilot ainsi qu'un nouveau boîtier qui tient dans la main, le Comma 4 !

Alors qu'est-ce qui change avec cette version 0.11 ?

En gros, c'est le premier système de conduite assistée dont le modèle est entièrement entraîné dans une simulation générée par un réseau neuronal.

Comma est donc sorti du simulateur classique avec des règles codées à la main pour passer officiellement sur World Model de 2 milliards de paramètres qui a avalé 2,5 millions de minutes de vidéo de conduite réelle filmées par les dashcams de leurs anciens boîtiers Comma 3 et 3X pour apprendre à simuler tout ce qu'il se passe sur la route.

Et c'est dans cette simulation apprise que le petit réseau neuronal qui pilote votre voiture s'entraîne. Concrètement, openpilot gère le maintien de voie et l'accélération/freinage sur l'autoroute, un peu comme un super régulateur adaptatif. Résultat avec cette v0.11 (qui succède à la v0.10 sortie il y a quelques mois ), ça converge mieux en vitesse, ça réagit mieux autour des voitures garées, et les utilisateurs qui l'ont testé préfèrent carrément ce mode Experimental au régulateur classique de leur voiture.

George Hotz, alias Geohot (le génie qui avait hacké l'iPhone à 17 ans puis la PS3), continue de faire les choses à sa manière et c'est pour ça que je l'adore ! Pas de levée de fonds à 10 milliards, pas de partenariat avec un constructeur auto. Non, juste sa dream team à San Diego qui conçoit, fabrique et assemble tout sur place et dernièrement, ils ont même ouvert leur propre datacenter avec 600 GPU et 4 pétaoctets de stockage... le tout pour environ 5 millions de dollars alors que la même infra en cloud leur aurait coûté 5 fois plus cher.

Donc bravo George pour les économies ^^ !

Côté hardware, le Comma 4 est une petite merveille d'ingénierie. Il est cinq fois plus petit que le Comma 3X, avec la même puissance de calcul (Snapdragon 845 MAX), un écran OLED, triple caméra 360 degrés et un système de refroidissement custom qui ne bride jamais le processeur... le tout sans faire un bruit.

Vous le collez sur votre pare-brise, hop, 5 minutes d'install, pas de temps de séchage (le 3X demandait 48 heures de séchage !), pas besoin de Wi-Fi au démarrage et c'est parti mon kiki. Et c'est compatible avec plus de 300 véhicules , dont Toyota, Hyundai, Honda, Ford et même des Lexus ou des Kia. Cela coûte 999 dollars, ou 699 si vous renvoyez votre ancien appareil, peu importe son état.

Et pour ceux qui se demandent comment ça se compare aux gros... Hé bien pendant que Mercedes met en pause son Drive Pilot de niveau 3 parce que ça coûte trop cher à développer, et que Tesla promet le niveau 5 depuis une décennie sans jamais le livrer, comma.ai sort un truc open source qui marche sur beaucoup de bagnoles lambda (pas les françaises, désolé ^^).

Donc pas besoin de claquer 35 000 à 45 000 euros dans une Tesla pour avoir de l'assistance à la conduite potable. Vous gardez votre Toyota ou votre Honda, vous branchez le Comma 4 sur le bus CAN (le réseau interne de votre voiture) et vous avez un truc qui envoie du bois ! Attention par contre, c'est du niveau 2 : donc vous devez garder les mains sur le volant et les yeux sur la route !! Car le problème c'est qu'en France, la légalité de ce genre de boîtier reste floue, donc renseignez-vous bien avant de foncer. Et sauf si votre bagnole est dans la liste de compatibilité, ça ne marchera pas forcément et là faudra suer un peu dans le code et le reverse pour le portage !

La v0.11 apporte aussi un détail technique qui a son importance. La consommation en veille du Comma 4 est passée de 225 milliwatts à 52 milliwatts, soit une réduction de 77%. Cela veut dire qu'avant ça vidait la batterie de votre bagnole en quelques semaines si vous le laissiez branché sans démarrer la voiture. Mais maintenant c'est plutôt en mois donc on peut le laisser tout le temps actif, ça passe. Pour réussir cette prouesse, ils ont désactivé les périphériques inutiles sur le microcontrôleur STM32, réduit le voltage scaling de VOS1 à VOS3, et mis le CPU en mode stop... du bel embarqué bien optimisé comme on aime !

Ce que je trouve dingue, c'est que c'est open source et qu'il n'y a encore eu aucun constructeur en Europe qui n'a eu la présence d'esprit d'intégrer ça dans ses bagnoles alors que les Chinois ne font que ça depuis des mois.

Perso, j'ai pas encore craqué pour le Comma 4. À vrai dire j'attends qu'il y ait une petite promo parce que 999 dollars ça pique un peu, mais clairement c'est sur ma liste. Mais en tout cas, je ne peux que saluer le chemin parcouru depuis ce prototype de 2015 conçu dans un garage. C'est quand même dingue ce que fait cette boîte avec une fraction des moyens de Tesla ou de Waymo.

Bref, si la conduite assistée open source vous branche, c'est le moment de s'y intéresser.

Google veut vérifier l'identité de tous les développeurs Android, et ça menace F-Droid

Par : Korben
16 mars 2026 à 15:19

Google va obliger tous les développeurs Android à s'enregistrer avec une pièce d'identité et à payer 25 dollars, même ceux qui distribuent leurs apps en dehors du Play Store. F-Droid, le dépôt d'applications open source qui existe depuis quinze ans, dit que c'est une menace pour sa survie.

Une inscription obligatoire dès septembre

L'été dernier, Google a annoncé que toutes les applications installées sur des appareils Android certifiés devront obligatoirement être liées à un compte développeur vérifié. Cette obligation entrera en vigueur dès le mois de septembre prochain au Brésil, en Indonésie, à Singapour et en Thaïlande. Le reste du monde suivra quatre mois plus tard.

Pour s'enregistrer, il faut fournir une pièce d'identité officielle, accepter les conditions de Google et payer 25 dollars. Et ça concerne tout le monde : les développeurs qui publient sur le Play Store, mais aussi ceux qui passent par des stores alternatifs, par F-Droid, ou qui proposent leurs apps en téléchargement direct depuis un site web.

F-Droid ne peut pas s'adapter

F-Droid héberge plus de 3 000 applications open source, sans pub et sans trackers. Le problème, c'est que F-Droid signe lui-même les apps qu'il distribue avec sa propre clé, et Google impose désormais une seule signature par application.

Ça casse tout le modèle : si l'app est déjà signée par le développeur sur le Play Store, la version F-Droid ne peut plus exister. Et F-Droid ne peut pas non plus forcer des centaines de contributeurs bénévoles à s'enregistrer chez Google et à fournir leurs papiers.

37 organisations ont signé une lettre ouverte contre ce projet, dont l'Electronic Frontier Foundation, la Free Software Foundation et Vivaldi. Une pétition sur Change.org a rassemblé 64 000 signatures de développeurs.

Le lien avec le procès Epic Games

Ce durcissement arrive juste après l'accord entre Google et Epic Games sur la distribution d'apps Android. Les deux entreprises ont annoncé un programme de stores enregistrés qui permet le sideloading, mais sans obliger Google à intégrer des stores tiers dans le Play Store. 

Certains y voient une manoeuvre : si les tribunaux n'obligent pas Google à ouvrir le Play Store, la vérification des développeurs lui donne quand même un contrôle indirect sur toute la distribution Android.

Google, de son côté, dit que c'est une question de sécurité et que ça permet de bloquer les développeurs malveillants plus rapidement. Les distributions Android alternatives comme LineageOS ou GrapheneOS ne sont pas concernées.

Google invoque la sécurité, mais le Play Store lui-même laisse régulièrement passer des apps malveillantes, donc l'argument ne tient pas tant que ça.

Obliger un développeur bénévole qui publie un petit outil open source à fournir ses papiers d'identité à Google, c'est quand même un peu naze. On verra si la mobilisation des 37 organisations et des 64 000 développeurs suffira à faire bouger les choses, mais pour l'instant le calendrier est maintenu.

Sources : Android Authority , F-Droid

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