Sur
la photo officielle
que j'ai mise en illustration de cet article, Dirk Schrödter, ministre du Numérique et chef de la chancellerie du Land allemand du Schleswig-Holstein, pose assis dans un escalier avec un Tux en peluche. Et il a le smile puisque plus de 200 agents de sa chancellerie bossent maintenant uniquement sous Linux, exactement comme il l'a annoncé aux 24e Open-Source-und-Linux-Tage de Kiel.
Sur
la photo officielle
que j'ai mise en illustration de cet article, Dirk Schrödter, ministre du Numérique et chef de la chancellerie du Land allemand du Schleswig-Holstein, pose assis dans un escalier avec un Tux en peluche. Et il a le smile puisque plus de 200 agents de sa chancellerie bossent maintenant uniquement sous Linux, exactement comme il l'a annoncé aux 24e Open-Source-und-Linux-Tage de Kiel.
Alors attention, on n'est pas à 100 % parce qu'il reste quand même une vingtaine de postes sous Windows à la chancellerie qui sont nécessaires pour cause de dépendance technique à des logiciels métiers purement Windows.
Mais le ministre assure dans
l'annonce officielle du Land
que ses équipes planchent aussi là-dessus. Mais voilà, globalement, pour tout le reste, la bascule s'est bien terminée, même si on ne sait pas sur quelle distrib ils tournent exactement.
Pour réussir cet exploit, Dirk Schrödter a commencé tout doucement depuis plusieurs années en mettant d'abord en place LibreOffice sur des postes hors administration fiscale et en passant également la messagerie sur Open-Xchange et tout ce qui était VisioConf sur OpenTalk.
Puis cela continue de s'étendre lentement avec Nextcloud pour généraliser le travail collaboratif, un annuaire qui s'appelle
Nubus
, conçu pour remplacer Active Directory de Microsoft. Sans oublier la téléphonie, qui doit encore passer sur OSKAR, une solution totalement libre.
Alors bien sûr, comme ils disent chez Microsoft, Linux n'est gratuit que si votre temps ne vaut rien. Mais côté porte-monnaie, d'après le bilan du Land, ça fait déjà plus de 15 millions d'euros de licences économisées, face à 9 millions d'investissements ponctuels prévus en 2026 pour la migration et le développement des outils libres. Pas mal, hein ?
Et si vous vous demandez comment on fait passer toute une chancellerie sous Linux, hé bien sachez que les agents ont eu droit à de nombreuses réunions d'information en présentiel ET en ligne, à des vidéos de formation, à des experts présents sur place pour les aider et à des forums Linux. On ne les a pas balancés comme ça devant un poste Linux en mode "démerdez-vous".
Et pour la maintenance, c'est Gonicus, une entreprise allemande spécialisée en open source, qui va assurer le support technique de Linux avec Dataport, le prestataire informatique du Land.
Alors, est-ce que Windows c'est terminé pour de bon en Allemagne ?
Hé bien pas vraiment, parce que ça ne représente qu'environ 200 agents, ce qui reste une goutte d'eau face aux quelques 30 000 agents que compte l'administration du Land. Les autres ministères et administrations devraient cependant suivre "progressivement" le mouvement, et la planification du déploiement "tourne à plein régime" d'après le ministre. Mais bon pour l'instant, il n'a donné aucune date...
Comme je vous le disais au début de mon article, le gros morceau, ce sont surtout les logiciels métier. Le Land explique qu'une grande partie de ceux hébergés chez Dataport ne tournent que sous Windows, ou ne sont supportés que sous Windows par leur éditeur. La parade prévue c'est donc de les remplacer par d'autres produits, ou de les rendre utilisables à distance !
Sans compter qu'une bascule de cette taille peut aussi mal tourner. En effet, quand le ministère de l'Intérieur a migré sa messagerie vers Open-Xchange et Thunderbird durant l'été 2025,
le syndicat de police GdP
a parlé de "chaos total", avec des milliers de mails retrouvés dans des services qui n'avaient rien à voir. Bref, c'était le bordel.
Le syndicat reconnaît quand même que le libre est utilisable, mais que c'est quand même assez loin du confort des anciens logiciels. Voilà, donc ça marche, mais le changement demande quand même des efforts d'adaptation à des interfaces plus austères / complexes...
M'enfin, voilà ça avance... Comme quoi, un autre monde est possible ^^.
-- Article en partenariat avec
Freebe
--
J'espère que si vous avez une entreprise, vous êtes au courant de cette information, car depuis le 1er septembre, la facturation électronique a été mise en place. La communication autour de ça a été assez chaotique et j'ai vu circuler tout et son contraire sur le sujet. Par exemple, des indés persuadés qu'ils devaient tout basculer en urgence, d'autres convaincus que ça ne visait que les grosses boîtes... Du coup, ce que je vous prop
J'espère que si vous avez une entreprise, vous êtes au courant de cette information, car depuis le 1er septembre, la facturation électronique a été mise en place. La communication autour de ça a été assez chaotique et j'ai vu circuler tout et son contraire sur le sujet. Par exemple, des indés persuadés qu'ils devaient tout basculer en urgence, d'autres convaincus que ça ne visait que les grosses boîtes... Du coup, ce que je vous propose aujourd'hui, c'est qu'on remette tout ça à plat.
En gros, il y a deux dates charnière à connaitre et elles n'ont pas les mêmes implications. En effet, depuis le 1er septembre 2026, toutes les entreprises françaises doivent pouvoir recevoir une facture électronique. Mais c'est seulement à partir du 1er septembre 2027 que les micro-entreprises, TPE et PME devront également savoir émettre les leurs par le circuit officiel.
Non, votre client ne peut pas vous forcer la main
Le premier point dont personne ne parle alors que POURTANT c'est dans le
guide pratique publié par la DGFiP
cet été : Un client n'a pas le pouvoir d'imposer une facture électronique à une entreprise dont l'échéance d'émission est fixée à septembre 2027. Mieux, il ne doit pas refuser de traiter ou de payer votre facture au seul motif qu'elle n'est pas électronique !
Heureusement !
Et bien sûr, inversement, si un fournisseur vous envoie encore un PDF par mail après le 1er septembre, la facture reste valable et votre droit à déduction de TVA est bien sûr conservé. Bref, on peut tous respirer. Sauf que "respirer" ne veut pas dire "ne rien faire", et c'est là que ça se corse...
Ce qui, par contre, vous concerne dès maintenant
Comme vous l'aurez compris parce que vous êtes supers malins, recevoir des factures électroniques, ça suppose donc d'avoir désigné une plateforme agréée pour les réceptionner. Sans ça, vous n'êtes pas dans l'annuaire, et une grande entreprise qui vous facture ne saura tout simplement pas où envoyer sa facture électronique.
Et là, malheureusement la sanction est un peu plus difficile que celle qu'agite les médias d'habitude. Car vous l'avez sûrement lu, par ci par là, tout le monde le répète, ça vous coutera 50 € par facture non conforme, plafonnés à 15 000 € par an. Sauf qu'en cas d'absence de plateforme de réception, le mécanisme est différent. Ça commence par une mise en demeure, ensuite, vous avez 3 mois pour vous mettre en règle, puis vous vous prendrez une amende de 500 €, puis 1 000 € si au bout de trois mois de plus vous n'êtes toujours pas en règle. Ce mécanisme-là n'a donc rien à voir avec le plafond de 15 000 € par an.
Mais j'ai une bonne nouvelle quand même : la DGFiP a annoncé qu'elle n'appliquerait pas les sanctions de façon automatique et aveugle au lancement, si la difficulté d'inscription est réelle et que vous avez engagé une démarche. en gros si vous n'êtes pas de mauvaise foi et que vous essuyez les plâtres de cette nouveauté, l'Administration sera clémente. Mais attention, sa clémence n'est ni un report ni une suspension et le calendrier devra être respecté.
Les quatre mentions qui débarquent sur vos factures
Maintenant, je vous propose qu'on zoome un peu plus sur les détails concrets car ça, vous pouvez le mettre en place, même sans outil. Il s'agit de 4 nouvelles mentions qui deviennent obligatoires sur les factures B2B qui entrent dans le champ de la réforme :
le numéro SIREN de votre client (9 chiffres, pas le SIRET)
la catégorie de l'opération : vente de biens, prestation de services, ou les deux
l'option TVA sur les débits, si vous l'avez prise
l'adresse de livraison, quand elle diffère de l'adresse de facturation
Jusqu'ici aucun identifiant client n'était vraiment exigé, mais maintenant, vous allez devoir chercher le SIREN de chacun de vos clients pro.
Et il y a un troisième volet dont on parle beaucoup moins : l'e-reporting. En gros, tout ce qui ne passe pas par la facturation électronique doit quand même être déclaré à l'administration. C'est le cas de vos ventes à des particuliers, ou à des clients installés hors de France où c'est votre outil qui transmet ces données au fisc à votre place. Autant dire qu'à la main, dans un tableur, ça ne tiendra pas 3 mois.
Freebe, c'est quoi ?
C'est là qu'arrive le sponsor de cet article, et je vais vous dire à quoi ça sert avant de vous dire pourquoi ça vaut le coup.
Freebe est un logiciel de gestion français pour indépendants, lancé en 2018 par une petite boîte bretonne. Et ce n'est pas un simple générateur de factures comme on en voit parfois, mais plutôt l'endroit où vit toute votre activité : vos clients, vos devis, vos factures, votre trésorerie, votre livre des recettes, vos déclarations URSSAF et le temps passé sur chaque mission.
Le tableau de bord d'un compte micro-entreprise, avec le chiffre d'affaires encaissé, la répartition par client et les cotisations du mois
Historiquement c'était réservé aux micro-entrepreneurs mais depuis 2024, l'outil accepte aussi les EI, les SASU, les SAS, les EURL, les SARL, les GIE, les artistes-auteurs et les SCI depuis cette semaine, ce qui veut dire que si demain votre statut évolue, par exemple, si vous passez d'entreprise individuelle à SAS, vous pouvez continuer à utiliser l'outil au lieu de tout redéménager.
Ce que ça change concrètement
Freebe a donc également évolué par rapport à la facturation électronique. Ainsi, quand vous créez un client, vous tapez juste son nom et Freebe interroge les bases de l'INSEE et récupère le SIRET, dont les neuf premiers chiffres sont justement le SIREN, plus l'adresse. Vous ne saisissez rien, et surtout vous ne pouvez pas vous tromper ! De la charge mentale en moins, c'est ça que j'aime !
La fenêtre d'ajout d'un client : on cherche l'entreprise par son nom, et Freebe remplit le SIRET et l'adresse
Ensuite, vous pouvez y faire un devis en 3 clics depuis votre catalogue de prestations, le transformer en facture quand le client signe. Les factures sortent alors au format Factur-X, ce fameux PDF qui embarque en douce des données XML, comme ça, votre client voit une facture normale, mais la machine, elle, voit des données structurées qu'elle peut importer. Ça permet de tout ranger au même endroit avec l'état de chaque paiement en face.
La liste des factures de vente, avec le montant net, la TVA et l'état de chaque paiement
Et depuis peu, vous pouvez enfin personnaliser l'allure de vos factures avec votre logo, vos couleurs, la mise en page. C'est cosmétique dit comme ça, mais c'est ce qui fait qu'une facture ressemble à votre boîte et pas à un modèle sorti d'un moule.
La partie que je trouve la plus utile, c'est surtout la synchronisation bancaire. Freebe se branche sur plus de 450 banques, et rapproche automatiquement les virements reçus des factures correspondantes. C'est ce rapprochement qui tient votre trésorerie et votre livre des recettes à jour sans que vous ayez à saisir quoi que ce soit. Autrement dit, le truc chiant est fait dans la foulée sans que vous n'ayez à vous pencher dessus.
Un virement reçu qu'on associe à son client et à son justificatif, ce qui fait passer la facture en encaissée
Et pour les micro-entrepreneurs, il y a aussi la déclaration URSSAF automatisée avec chiffre d'affaires pré-rempli, cotisations calculées, déclaration envoyée depuis l'outil via un mandat. Rien que ça, ça évite un oubli à 22h le dernier jour de l'échéance...
Les déclarations mensuelles de chiffre d'affaires, avec le montant déclaré et les cotisations correspondantes
Concernant l'inscription à l'annuaire central, ça se fait aussi depuis l'interface, et sachez qu'on vous demandera une pièce d'identité. C'est une vérification KYC classique imposée par la réglementation, qui sert à éviter que n'importe qui s'inscrive à la place d'une entreprise dans le circuit des factures.
Le truc qu'il faut savoir avant de signer
Maintenant, je préfère le dire, parce que vous allez forcément le découvrir tout seuls : Freebe n'est pas une plateforme agréée par l'État. C'est ce que la réforme appelle une "solution compatible", c'est-à-dire un logiciel branché sur une plateforme agréée partenaire, en l'occurrence SUPER PDP, immatriculée par la DGFiP.
Alors est-ce que c'est un problème ?
Hé bien non, et c'est même le cas le plus courant chez les éditeurs qui visent les indépendants. La réforme prévoit ce statut, et pour vous le résultat est identique puisque vos factures partent dans le bon format, via le bon circuit.
La différence est ailleurs, et plutôt à l'avantage de Freebe puisqu'une plateforme agréée est conçue pour faire transiter des flux à grande échelle, et pas pour vous prévenir par exemple que vous approchez du plafond de la franchise de TVA. Vous trouverez par exemple des concurrents agréés en direct qui facturent gratuitement, et qui font ça bien mais ils ne vous permettront pas de faire votre déclaration URSSAF, votre livre des recettes et le suivi de rentabilité de vos missions. On n'est donc pas sur le même niveau de service, ni les mêmes fonctionnalités qui simplifient la vie.
Et la sécurité, alors ?
Si vous vous êtes intéressé à la facturation électronique, vous avez sûrement vu passer les mêmes trucs que moi cet été. Des tribunes qui expliquent qu'on va confier toutes les factures de France à des prestataires pas fiables. Fin août, un sénateur, le maire de Cannes, une députée européenne et le patron de Clever Cloud réclamaient même un moratoire sur le sujet et le gouvernement a dit "non".
Mais si vous regardez de plus près ce qui a déclenché cette colère, ce n'est pas parce qu'une plateforme privée s'est faite trouer. Non, c'est l'État. On a eu le fichier Ficoba d'abord, avec 1,2 million de comptes bancaires consultés illégitimement fin janvier. Puis une intrusion chez la DGFiP en juin-juillet, concernant 678 000 particuliers et professionnels, que les premiers contrôles n'avaient même pas détectée. Donc difficile de reprocher ça aux éditeurs de logiciels de facturation électronique, pour le moment, même si je ne doute pas que des incidents arriveront.
Du côté des plateformes agréées, à l'heure où j'écris ces lignes, sachez qu'aucune faille n'a été publiée, aucun avis du CERT-FR, aucune fuite. Ça ne veut pas dire que tout est parfait, mais que pour le moment, il n'y a rien à leur reprocher pour l'instant. N'oubliez pas aussi que pour être immatriculées, elles doivent être certifiées ISO 27001, qualifiées SecNumCloud en cas d'hébergement cloud, et garantir qu'aucune donnée ne sort de l'Union européenne.
Maintenant, le cas qui nous intéresse, c'est SUPER PDP qui porte cette casquette pour Freebe. Il s'agit d'une jeune boîte, montée fin 2024, par des gens qui ont déjà construit des trucs sérieux, l'un des cofondateurs de Capitaine Train (revendu à Trainline) et un cofondateur de Memo Bank.
Freebe, lui, est hébergé chez AWS et Scaleway, donc en Europe et bénéficient par rebond des certifications de sécurité de leur plateforme agréée.
Je précise aussi que l'exigence de ne pas sortir de l'Union repose sur la plateforme agréée, donc sur SUPER PDP. Côté Freebe, leur politique de confidentialité indique que certains sous-traitants, Stripe et Google par exemple, sont situés hors de l'UE. Sur la sécurité du compte, sachez également que la double authentification est en chantier. Ça devrait donc rapidement se bonifier avec le temps.
Dernier truc rassurant que peu de gens connaissent, si vous changez de plateforme, un décret de cette année oblige l'ancienne à maintenir vos services durant un an donc si vous n'êtes pas content, vous n'êtes pas coincé chez un prestataire dont vous ne voulez plus.
Le tarif
C'est le point où je vous conseille de bien regarder, parce que le prix dépend de votre statut :
Statut
À l'année
Au mois
Micro-entreprise
150 € TTC
15 € TTC
Entreprise individuelle
300 € TTC
30 € TTC
GIE
180 € TTC
20 € TTC
Société (SASU, SAS, EURL, SARL)
540 € TTC
54 € TTC
Toutes les fonctionnalités sont bien sûr incluses quel que soit le statut, il n'y a pas de palier à débloquer ni d'option cachée. Et il y a 60 jours d'essai sans carte bancaire, ce qui est la bonne façon de se faire un avis solide.
Ce que j'en pense
Bref, si vous êtes en micro entreprise et que vous facturez 3 clients par an, honnêtement, vous pouvez tenir encore un moment avec vos PDF, jusqu'en septembre 2027 pour l'émission, tant que vous avez désigné une plateforme pour la réception.
Par contre, si vous facturez pour de vrai, si vous jonglez avec la TVA, les acomptes, les seuils et les déclarations URSSAF, la question n'est plus vraiment la conformité mais plutôt combien d'heures vous passez chaque mois à faire un boulot que personne ne vous paye. À 150 € par an pour une micro, la question elle est vite répondue comme disent les jeunes entrepreneurs.
Voilà... en tout cas, ce que j'aime bien dans Freebe, c'est que c'est fait par des gens qui ont manifestement compris que l'administratif d'un freelance ce n'est pas de la comptabilité d'entreprise en plus petit. C'est vraiment un taf différent, avec ses seuils débiles, ses déclarations et ses plafonds et l'outil est vraiment construit autour de ça.
OpenAI a annoncé qu'il allait couper l'accès de ses modèles à Cursor, l'éditeur de code dopé à l'IA que s'arrachent les développeurs. En cause, le rachat de Cursor par SpaceXAI, l'entité née de la fusion des activités IA d'Elon Musk.
Officiellement, OpenAI laisse du temps. La coupure est fixée au 12 novembre 2026, soit le délai le plus long permis par le contrat, même si Cursor peut décider d'arrêter plus tôt.
Le motif, lui, est assez clair. OpenAI dit ne pas pouvoir faire confiance à SpaceXAI p
OpenAI a annoncé qu'il allait couper l'accès de ses modèles à Cursor, l'éditeur de code dopé à l'IA que s'arrachent les développeurs. En cause, le rachat de Cursor par SpaceXAI, l'entité née de la fusion des activités IA d'Elon Musk.
Officiellement, OpenAI laisse du temps. La coupure est fixée au 12 novembre 2026, soit le délai le plus long permis par le contrat, même si Cursor peut décider d'arrêter plus tôt.
Le motif, lui, est assez clair. OpenAI dit ne pas pouvoir faire confiance à SpaceXAI pour respecter ses conditions d'utilisation, en s'appuyant sur son expérience des entreprises de Musk qui violent les contrats.
Il faut dire que les deux camps se détestent depuis un bail. Musk a été l'un des premiers investisseurs d'OpenAI, avant de claquer la porte en 2018 quand on lui a refusé le contrôle du conseil. En 2024, il a attaqué OpenAI en justice pour l'empêcher de devenir une société commerciale. En mai dernier, un jury lui a donné tort sur toute la ligne.
Surtout, OpenAI ressort dans l'affaire une révélation gênante du procès. Lors d'un contre-interrogatoire, Musk a reconnu que xAI avait entraîné ses propres modèles à partir des réponses d'OpenAI, une technique appelée distillation. Autrement dit, faire apprendre son IA en recopiant celle du voisin. Difficile, ensuite, de laisser Cursor entre les mains du même Musk sans se poser de questions.
OpenAI en profite pour mettre en avant son prochain modèle, Astra, et une vigilance accrue sur son usage. Un modèle que l'entreprise a d'ailleurs ralenti récemment, après que ses agents se sont échappés de leur bac à sable pour aller taper sur la plateforme Hugging Face.
Du côté de Cursor, le patron Michael Truell relativise. Il assure qu'OpenAI ne pèse que 5 pour cent des usages de l'outil, et que les discussions continuent pour trouver une sortie de crise. Anthropic, le grand rival, a tout de suite tendu la main, en promettant plus de puissance de calcul pour faire tourner ses modèles Claude dans Cursor.
Résultat, Anthropic récupère des développeurs sans lever le petit doigt, pendant que Musk et OpenAI continuent de se regarder dans le blanc des yeux.
À Milan, une affiche Apple montre un tout petit enfant qui tient un iPhone couvert d'une substance gluante, sous le slogan "Tutto ok, è iPhone", tout va bien, c'est un iPhone. L'autorité italienne de protection de l'enfance ne l'a pas du tout prise comme une blague.
Le visuel appartient à la campagne mondiale "Relax, it's iPhone", qui décline depuis des mois le même gag d'un téléphone qui ressort indemne des petites catastrophes du quotidien. Ici, la catastrophe a deux ans et les mains pleines d
À Milan, une affiche Apple montre un tout petit enfant qui tient un iPhone couvert d'une substance gluante, sous le slogan "Tutto ok, è iPhone", tout va bien, c'est un iPhone. L'autorité italienne de protection de l'enfance ne l'a pas du tout prise comme une blague.
Le visuel appartient à la campagne mondiale "Relax, it's iPhone", qui décline depuis des mois le même gag d'un téléphone qui ressort indemne des petites catastrophes du quotidien. Ici, la catastrophe a deux ans et les mains pleines de bouillie.
Une habitante de Milan, dérangée par l'image, l'a signalée à l'AGIA, l'autorité garante de l'enfance et de l'adolescence. Celle-ci a embrayé direct.
Pour l'autorité, cette affiche banalise le baby-sitting électronique, cette habitude de coller un smartphone dans les mains des très jeunes enfants pour avoir la paix, avec un risque de dépendance à la clé et des conséquences sur leur développement psychologique et cognitif.
Le dossier a du coup été transmis à trois organismes, le régulateur des communications, l'autorité de la concurrence et l'institut d'autodiscipline publicitaire, pour d'éventuelles suites. Aucune décision n'est tombée pour le moment. bien sûr, c'est un peu tôt encore.
Apple voulait probablement dire autre chose : votre téléphone survivra si le petit dernier s'en empare, l'écran encaisse la bave et la purée de carottes. Sauf que voilà, sur ce panneau, le double sens existe, et il ne reste qu'un bébé absorbé par un iPhone.
Le moment est mal choisi. Plusieurs pays débattent d'un âge minimum pour les réseaux sociaux, et les autorités de santé répètent depuis des années qu'avant trois ans, l'écran est à proscrire tout court.
On comprend le problème, et il faut dire que l'image est gênante pour une marque qui vante par ailleurs son mode Temps d'écran et ses outils de contrôle parental à chaque conférence.
Apple n'a pas commenté. La campagne, elle, poursuit tranquillement sa tournée mondiale.
Le
Fire TV Stick 4K Select
d'Amazon ne tourne pas sous Android. Il tourne sous Vega OS, un système maison basé sur Linux, et ça va foutre en l'air vos projets de player pour votre média center puisque les applications Android n'y ont plus cours, et que l'installation manuelle est verrouillée.
Il n'y a donc plus de bascule "sources inconnues" planquée dans les réglages, comme sur les Fire TV sous Android. Rien que pour faire apparaître les options développeur, il faut d'abord enre
Le Fire TV Stick 4K Select d'Amazon ne tourne pas sous Android. Il tourne sous Vega OS, un système maison basé sur Linux, et ça va foutre en l'air vos projets de player pour votre média center puisque les applications Android n'y ont plus cours, et que l'installation manuelle est verrouillée.
Il n'y a donc plus de bascule "sources inconnues" planquée dans les réglages, comme sur les Fire TV sous Android. Rien que pour faire apparaître les options développeur, il faut d'abord enregistrer l'appareil auprès d'Amazon avec un compte développeur et même comme ça, aucun APK Android ne se lancera.
Résultat, Kodi ne tourne pas ! L'application avait déjà été retirée du store d'app Amazon en 2015, mais on la réinstallait tous à la main sur les anciens sticks. Eh bien ce contournement n'est plus possible et côté Jellyfin, malheureusement, le projet n'a toujours pas sorti de client pour Vega OS.
Bref, Amazon a verrouillé la machine au nom de la sécurité et de la chasse au piratage, comme prévu puisque
je vous en parlais déjà en novembre dernier
. Sauf que le même verrou bloque aussi la lecture des fichiers qui dorment par exemple sur votre NAS, même si vous les avez rippés vous-même, peu importe que ce soit le dernier Avatar ou une vidéo de vacances.
Et ce n'est pas un accident de parcours sur un modèle d'entrée de gamme puisque sur sa
page développeur
, Amazon écrit qu'à partir du 4K Select, tous les futurs Fire TV Stick tourneront sous Vega, donc il n'y aura plus de retour arrière, désolé...
Par contre, les modèles sous Fire OS restent en vente pour l'instant, et eux acceptent toujours l'installation manuelle. Donc si vous comptiez remplacer le vôtre un jour, vérifiez le nom exact de la référence avant de commander, c'est maintenant que ça se joue !
Sur un stick qui serait déjà passé à Vega, il reste toutefois Astra, un client tiers compatible Jellyfin et Emby, dispo sur le magasin Amazon mais limité à une lecture basique. Plex passe aussi, mais en H.264 seulement, sauf à transcoder côté serveur. Et de son côté l'équipe Jellyfin
dit travailler
sur un vrai client Vega sans annoncer de date... Voilà, donc pour le moment c'est compliqué avec Vega mais j'ai bon espoir que des bidouilles et nouveaux outils sortent dans les mois qui viennent.
Y'a un truc dont on parle pas assez dans le milieu tech je trouve, et pourtant tout le monde le constate : Une grande partie des communautés autour du logiciel libre, de Linux, du dev...etc sont devenues des endroits franchement hostiles. Des clubs fermés, peuplés quasi exclusivement de mecs, qui passent leur temps à expliquer aux autres qu'ils sont de gros nuls, qu'ils posent des questions de noobs, ou encore qu'ils ne tapent pas sur leur clavier comme il faut et j'en passe... Oui je parle bien
Y'a un truc dont on parle pas assez dans le milieu tech je trouve, et pourtant tout le monde le constate : Une grande partie des communautés autour du logiciel libre, de Linux, du dev...etc sont devenues des endroits franchement hostiles. Des clubs fermés, peuplés quasi exclusivement de mecs, qui passent leur temps à expliquer aux autres qu'ils sont de gros nuls, qu'ils posent des questions de noobs, ou encore qu'ils ne tapent pas sur leur clavier comme il faut et j'en passe... Oui je parle bien entre autres du fameux barbu Linux qui vous toise parce que vous utilisez Ubuntu et pas Arch que vous avez compilé à la main.
Et le pire, c'est que tout ça est documenté et chiffré, et même reconnu par les pontes du milieu eux-mêmes ! Vous allez voir...
Prenez Linus Torvalds par exemple. C'est le créateur de Linux et pendant des années, il a insulté publiquement des développeurs sur la mailing list du kernel, leur balançant que leur code était une honte et compagnie. En septembre 2018, il a toutefois fini par mettre les choses à plat dans un
mail d'excuses
où il écrit noir sur blanc que ses attaques étaient "non professionnelles et injustifiées", et qu'il voulait s'excuser auprès des gens que son comportement avait blessés et je cite, "possiblement complètement chassés du développement du kernel". Il a même pris une pause pour aller se faire aider à comprendre ses émotions. Si même le mec au sommet de la pyramide reconnaît qu'il a fait fuir des contributeurs à coups de mépris, vous imaginez un peu l'ambiance qui grouille en dessous...
D'ailleurs, trois ans plus tôt, en 2015, une développeuse majeure du kernel avait déjà claqué la porte. Sarah Sharp, celle qui maintenait le pilote USB 3.0, était pourtant loin d'être une débutante. Dans son billet
Closing a door
, elle explique notamment qu'elle n'arrive plus à contribuer à une communauté où elle était respectée pour ses compétences mais jamais respectée en tant que personne.
Violence verbale, blagues sexistes et homophobes, voilà tout ce qu'elle subissait. Et en 2015, malheureusement, elle criait vraiment dans le désert. Personne ne l'a écouté et il aura fallu attendre 2018 et les excuses de M. Torvalds pour capter qu'il y avait un sérieux problème.
Je vous ai dit aussi que j'avais des chiffres, alors les voilà... En 2017, une
étude publiée dans PeerJ
a analysé plus de 3 millions de pull requests sur GitHub et le résultat bien que fascinant m'a déprimé. Le code proposé par des femmes est accepté à un taux plus élevé que celui des hommes, environ 79% contre 75%. SAUF quand leur genre est identifiable. Cela veut dire que quand on sait que c'est une femme, on accepte moins son code, alors même qu'en moyenne il est meilleur. Affreux non ?
La même année, l'enquête
Open Source Survey de GitHub
plantait également le décor en annonçant qu'il y avait environ 95% d'hommes, 3% de femmes et 1% non binaire parmi les contributeurs (le 1% restant c'est l'arrondi, btw). Et tristement, les femmes rapportaient bien plus souvent du langage qui les mettait mal à l'aise, et des remarques stéréotypées ("Pas mal pour une femme !", "T'es blonde ou quoi ?", ce genre de saloperies sexistes).
Voilà où en est la belle méritocratie du logiciel libre !
Et du côté de l'entraide soi-disant légendaire, c'est pas plus glorieux. Stack Overflow, le site où des millions de devs vont chercher de l'aide tous les jours, a carrément publié en 2018 un
mea culpa officiel
. Leur responsable "culture" y écrit que trop de gens vivent Stack Overflow comme un endroit hostile ou élitiste, en particulier les codeurs débutants, les femmes et les personnes de couleur.
Le vrai problème, selon lui, ce n'est pas la communauté, c'est qu'on a appris aux utilisateurs à dire aux autres ce qu'ils font de travers sans jamais leur apprendre à le faire correctement. C'est ce bon vieux RTFM de connard balancé à la gueule des débutants qui après n'osent plus poser de question.
Et tout ça, ça coûte cher, figurez-vous. Oui, oui, la
Tech Leavers Study du Kapor Center
, en 2017, a chiffré à 16 milliards de dollars par an le coût du turnover provoqué par une culture de travail injuste dans la tech. Les femmes, les minorités, les gens qui ne rentrent pas dans le moule, bah ils se barrent. Une autre enquête,
Elephant in the Valley
, montrait même que 60% des femmes de la Silicon Valley qui avaient +10 ans d'expérience avaient subi des avances sexuelles non désirées.
Bon, maintenant je vais quand même vous parler de moi, parce que tout ça, je le constate aussi depuis vingt ans.
Pour ma part, si je me suis retiré des réseaux sociaux, et je parle même des réseaux plus barbus, les Mastodon et compagnie censés être plus sains, c'est à cause de ça. Cette hostilité permanente, ce besoin maladif de certains de vous expliquer pourquoi vous avez tort, pourquoi votre choix technique est nul, pourquoi vous n'êtes pas un "vrai". Et si j'ai fermé mes commentaires il y a des années, c'est exactement pour la même raison. Pas parce que je ne voulais plus discuter avec vous, mais parce que je ne voulais plus servir de défouloir à une poignée de types qui confondent intelligence et agressivité.
Sachez que sur cette planète, 100% des problèmes que j'ai eus (et que j'ai encore) dans ma vie perso comme dans ma vie pro, ont été causés par des hommes. Pas 90%. 100% ! Et à chaque fois que quelqu'un m'a défendu, m'a tendu la main, m'a aidé quand j'étais au sol, c'était dans 80% des cas des femmes. Alors je le dis tout simplement, merci à elles, vraiment, du fond du cœur.
Donc voilà, messieurs les toxiques de la tech, sachez-le, je vous évite du mieux que je peux, parce que vous n'êtes pas les personnes ouvertes et sympathiques que vous pensez être. J'ai toujours refusé de rentrer dans vos cases et je pense que pour votre bien et celui du Monde en général, ce serait chouette à un moment d'arrêter de vous comporter en boy's club de connards, et surtout arrêter de croire que la tech vous appartient et que tous ceux qui ne pensent pas comme vous méritent de se faire détruire en place publique.
Et aux femmes, aux noobs, aux curieux, et à tous ceux qui ne sont pas ces clones qui se marrent à chaque blague sexiste, sachez que la tech, elle est à tout le monde.
Elle l'a toujours été d'ailleurs.
Franchement, je vous le dis, moi je trouve ça triste parce que ce milieu, moi je l'aime, j'y suis depuis le tout début, probablement bien avant eux et le voir se transformer en cour de récré pour mecs aigris incapables de gérer leurs émotions, et voir surtout que ça empire d'année en année, bah ça me fout le cafard.
Ah et si mon article vous a donné la rage et que vous voulez me casser la gueule, c'est probablement parce que vous vous êtes bien bien reconnu en 4K UHD Dolby Atmos avec les sous-titres et que vous venez de comprendre que vous n'êtes pas ce gars altruiste que vous pensez être... Déso / pas déso 😘 hein.
D'habitude, une batterie domestique, c'est un gros bloc qu'on planque à la cave ou au garage. SAMDUO prend le contre-pied avec sa gamme Nex, présentée cette semaine à Amsterdam, et veut en faire un objet qu'on assume de laisser à la vue de tous.
Le modèle E6000 ressemble à un grand cadre fixé au mur, 11,9 cm d'épaisseur seulement, soit la plus fine du monde d'après la marque. Sa variante E6000H abandonne le mur pour un cube de la taille d'un micro-ondes, à glisser dans un coin. Même capacité. De
D'habitude, une batterie domestique, c'est un gros bloc qu'on planque à la cave ou au garage. SAMDUO prend le contre-pied avec sa gamme Nex, présentée cette semaine à Amsterdam, et veut en faire un objet qu'on assume de laisser à la vue de tous.
Le modèle E6000 ressemble à un grand cadre fixé au mur, 11,9 cm d'épaisseur seulement, soit la plus fine du monde d'après la marque. Sa variante E6000H abandonne le mur pour un cube de la taille d'un micro-ondes, à glisser dans un coin. Même capacité. Deux façons de la ranger.
Derrière SAMDUO se cache un industriel chinois quasi inconnu il y a encore six mois, qui arrive en Europe avec de gros moyens. Les deux E6000 stockent 6 kWh et visent le tarif de 1999 euros, avec une sortie française au troisième trimestre.
Vient ensuite la question du branchement. Pas besoin de toucher à vos panneaux, la batterie se greffe sur le circuit électrique de la maison et récupère le surplus produit dans la journée. On appelle ça du couplage en courant alternatif, et le bon côté, c'est que ça fonctionne avec à peu près n'importe quelle installation déjà posée.
Côté France, le souci, c'est que la batterie doit savoir en temps réel ce que consomme la maison. SAMDUO a prévu un petit boîtier pour ça, mais il est pensé pour les compteurs néerlandais pour le moment. Chez nous, il faudra ajouter un module dans le tableau électrique.
Pour ceux qui partent de zéro, il y a aussi la P2800 Pro, plus petite avec ses 2,73 kWh extensibles jusqu'à 16,41 kWh, mais qui se relie directement aux panneaux par quatre entrées dédiées. Une approche plus classique, au tarif encore tenu secret.
On a pu jeter un oeil à l'application, et c'est propre. Elle affiche en direct ce qui entre et ce qui sort, jongle avec les heures creuses chez 800 fournisseurs européens dont EDF, mais l'API ouverte n'est pas encore prête.
Si tout le monde se précipite sur ces batteries, c'est que revendre son électricité est de moins en moins rentable, même en France. Les Pays-Bas, eux, où nous étions pour le lancement de la marque avec l'ami Korben, suppriment leur système de revente avantageux dès 2027.
En tous cas le pari du design est réussi. À 2000 euros pièce, par contre, il faudra quelques années avant de le rentabiliser.
La souveraineté numérique n’est plus seulement un débat européen ou français : c’est devenu un sujet mondial. Du Canada à l’Union européenne, en passant par les États‑Unis, la Chine, l’Inde ou encore l’Afrique, chaque région tente aujourd’hui de reprendre le contrôle de ses données, de ses infrastructures et de ses technologies.Dans un monde où données, infrastructures et technologies façonnent nos décisions, nos économies et même nos démocraties, une question centrale émerge :
Comment chaqu
La souveraineté numérique n’est plus seulement un débat européen ou français : c’est devenu un sujet mondial. Du Canada à l’Union européenne, en passant par les États‑Unis, la Chine, l’Inde ou encore l’Afrique, chaque région tente aujourd’hui de reprendre le contrôle de ses données, de ses infrastructures et de ses technologies. Dans un monde où données, infrastructures et technologies façonnent nos décisions, nos économies et même nos démocraties, une question centrale émerge :
Comment chaque pays peut-il conserver son autonomie numérique face aux géants technologiques ?
Qu’est‑ce que la souveraineté numérique ?
La souveraineté numérique désigne la capacité d’un État, d’une organisation ou d’un citoyen à garder le contrôle sur ses données, ses infrastructures technologiques et ses usages numériques. En d’autres mots : savoir où, comment et sous quelle juridiction nos données et nos outils sont exploités.
Le concept apparaît à la fin des années 1990 et se précise au fil des années face à la domination grandissante des géants technologiques mondiaux. Aujourd’hui, il englobe :
la maîtrise des données
l’indépendance vis‑à‑vis des plateformes étrangères
Les trois piliers universels de la souveraineté numérique
La maîtrise des données
Peu importe le pays, la question centrale est : où sont stockées les données et qui y a accès ?
Pour le Canada, cela inclut par exemple la protection des données citoyennes à travers des initiatives comme les solutions CIRA DNS Firewall, qui encouragent à privilégier des technologies développées au pays pour améliorer la souveraineté et la cybersécurité.
Pour l’Europe, le RGPD reste une référence mondiale pour assurer une protection élevée des données personnelles.
Note : Le RGPD ne couvre pas les données industrielles. Ces dernières relèvent d’autres cadres juridiques et réglementaires.
Données personnelles, données de santé, données industrielles… Elles représentent un nouveau pouvoir économique et politique. Assurer la souveraineté numérique, c’est :
savoir où les données sont stockées,
décider qui peut y accéder,
s’assurer qu’elles sont protégées par des lois adaptées (ex. RGPD, Loi25).
Le contrôle des infrastructures
Cela comprend les :
data centers,
clouds,
câbles sous-marins,
satellites,
serveurs et réseaux.
Les collectivités françaises peuvent utiliser des clouds certifiés SecNumCloud, qui garantissent un haut niveau de sécurité et de conformité, mais pas une souveraineté garantie. En effet, comme l’a rappelé le directeur de l’ANSSI, SecNumCloud ne protège pas contre toutes les formes d’extraterritorialité, notamment si le fournisseur reste soumis à un droit étranger.
Il s’agit de limiter les dépendances critiques, notamment en :
utilisant des technologies locales ou open source,
diversifiant les fournisseurs,
renforçant les capacités nationales d’innovation,
évitant les situations où un acteur étranger pourrait couper l’accès à un service essentiel.
Tour du monde des stratégies de souveraineté numérique
Canada : priorité à la protection des données
Le Canada adopte une approche pragmatique axée sur :
l’hébergement local des données,
le renforcement de la cybersécurité,
l’adoption de solutions “made in Canada” pour les organisations publiques et privées.
CIRA, par exemple, encourage les organisations à donner la priorité à la souveraineté des données afin de renforcer la sécurité et la résilience face aux cybermenaces.
Plusieurs États membres abandonnent progressivement des outils américains (Teams, Zoom) au profit de solutions souveraines développées en interne ou en Europe. En France, la migration vers Visio, une plateforme souveraine hébergée localement, illustre ce virage massif.
États‑Unis : la puissance technologique comme souveraineté
La souveraineté numérique américaine repose sur :
la domination du cloud mondial (AWS, Azure, Google Cloud),
le contrôle des plateformes (Meta, Google, X…),
les lois extraterritoriales comme le Cloud Act, qui obligent les entreprises américaines à fournir des données même si elles sont stockées à l’étranger.
Le contrôle des câbles sous-marins, dont les GAFAM détiennent plus de 70 %
Les lois extraterritoriales, notamment le Cloud Act (réquisition judiciaire encadrée pour enquêtes criminelles), Section 702 du FISA (surveillance électronique secrète par la NSA), Executive Order 12333 (collecte de renseignement en dehors du territoire américain).
Note : Le FISA est généralement considéré plus intrusif que le Cloud Act, car il relève du renseignement, pas d’une procédure judiciaire.
Paradoxalement, cette souveraineté américaine devient un enjeu de dépendance pour les autres pays.
Chine : souveraineté totale et contrôle strict
La Chine applique l’une des approches les plus radicales :
Internet national contrôlé (Great Firewall),
plateformes chinoises (WeChat, Alibaba, Tencent),
cloud souverain,
hébergement obligatoire des données en Chine.
Son modèle repose sur une souveraineté numérique autoritaire et centralisée, profondément différente de l’approche européenne.
Pourquoi la souveraineté numérique est devenue un enjeu mondial ?
Plusieurs facteurs contribuent à placer la souveraineté numérique au cœur des débats :
La domination des géants du numérique
Les GAFAM (Google, Amazon, Microsoft, Apple, Meta) et leurs équivalents chinois (BATX) contrôlent une part massive des données mondiales. Ils influencent les communications, l’innovation, les flux d’information et même certaines décisions politiques.
La montée des tensions géopolitiques
Sanctions extraterritoriales, menaces de coupures de services, “kill switches”, espionnage numérique… L’Europe, Le Canada, et bien d’autres, fortement dépendants des clouds et technologies américains, se retrouvent en posture fragile.
L’explosion des cyberattaques
Les infrastructures critiques (santé, énergie, transport, collectivités) sont devenues des cibles. Sans maîtrise des systèmes, impossible d’assurer continuité, résilience ou protection.
IA et données sensibles
L’IA dépend fortement du contrôle des données et du calcul, deux ressources stratégiques.
Ce que cela implique pour les entreprises
Peu importe le pays, les entreprises doivent :
choisir des clouds alignés avec leurs lois nationales (ex : RGPD en Europe) ;
renforcer la cybersécurité ;
éviter la dépendance totale à un seul fournisseur étranger ;
privilégier les solutions souveraines ou open source ;
connaître les réglementations transfrontalières qui s’appliquent.
Un enjeu mondial, une responsabilité partagée
La souveraineté numérique est devenue un impératif planétaire. Chaque région du monde, selon ses valeurs et ses besoins, tente aujourd’hui de trouver le juste équilibre entre :
sécurité,
indépendance,
innovation,
ouverture internationale.
Qu’il s’agisse de l’Europe, de la France, des États‑Unis, de la Chine, de l’Inde, de l’Afrique ou du Canada, tous convergent vers un même constat :
Aucun pays ne peut dépendre entièrement de technologies qu’il ne contrôle pas.
La souveraineté numérique n’est donc pas une option :
c’est une condition essentielle pour l’avenir démocratique, économique et technologique du monde.