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Aujourd’hui — 3 mai 2026Flux principal

Hadopi : le Conseil d'État éteint la riposte graduée après 17 ans

1 mai 2026 à 08:01

Fin de partie pour la riposte graduée. Le Conseil d'État a déclaré illégale, le 30 avril 2026, la phase la plus dure du dispositif anti-piratage Arcom, héritier de la Hadopi.

La décision s'applique immédiatement et décapite le système après 17 ans de chasse aux téléchargeurs sur les réseaux peer-to-peer. La Quadrature du Net, qui pilote le contentieux depuis 2019, a publié dans la foulée un bilan intitulé "Hadopi (2009-2026)".

Concrètement, deux failles ont été retenues. La juridiction a constaté que le décret de 2010 n'oblige nulle part les opérateurs à stocker les adresses IP dans "un compartiment totalement isolé", comme l'avait pourtant exigé la Cour de justice de l'Union européenne en avril 2024.

Et surtout, la troisième étape de la riposte graduée, celle qui transmet votre dossier au procureur après deux avertissements ignorés, ne prévoyait aucune autorisation judiciaire préalable. Du coup, les sanctions pénales, jusqu'à 1 500 euros d'amende et 3 000 euros en cas de récidive, ne peuvent plus être déclenchées.

Les deux premiers étages tiennent quand même encore debout. Si vous récupérez un torrent illégal demain, l'Arcom peut toujours vous envoyer un email d'avertissement, puis une lettre recommandée. Mais l'arme dissuasive, le passage devant le juge, exige désormais qu'un magistrat valide d'abord l'identification de l'abonné, et que les données aient été stockées dans le respect du droit européen.

Côté Arcom, l'institution prépare déjà une bascule sur le blocage de sites pirates et le déréférencement, c'est-à-dire la pression sur les intermédiaires plutôt que sur vous, particuliers.

Pour rappel, Hadopi a été lancée en 2009 sous le gouvernement Sarkozy, puis fusionnée avec le CSA en 2021 pour devenir l'Arcom. Le bilan ? Environ 13 millions d'avertissements envoyés et seulement 500 jugements rendus en 17 ans.

Soit un taux de conversion qui ferait glousser n'importe quel directeur commercial. La Quadrature, qui a mené le contentieux avec FDN et Franciliens.net, parle aujourd'hui d'une "victoire" pour les droits fondamentaux et appelle à ne pas ressusciter le dispositif sous une autre forme.

La Quadrature rappelle que le dispositif a surtout servi à criminaliser le partage culturel non-marchand entre internautes, sans jamais améliorer la rémunération des artistes ni endiguer le piratage à grande échelle.

Le streaming illégal, les plateformes IPTV, les sites de direct download : tout ça a continué à prospérer pendant que l'Autorité s'acharnait sur les utilisateurs de torrents. À côté, l'industrie culturelle a fini par s'adapter avec Spotify, Deezer ou Netflix, sans qu'on ait eu besoin de surveiller les abonnés de manière excessive.

Bref, on aura mis 17 ans à constater que ficher massivement les internautes sans contrôle judiciaire, c'est illégal, mais on s'en est toujours douté.

Source : La Quadrature du Net

À partir d’avant-hierFlux principal

macMule - L'âne est de retour sur Mac

Par : Korben
8 avril 2026 à 09:30

Vous vous souvenez d'eMule ? Le petit âne qui monopolisait votre connexion ADSL pendant 3 jours pour télécharger un fichier de 700 Mo... et les fameux "Linux_ISO.avi" qui n'étaient absolument pas des ISOs Linux ?

Eh bien le bougre est de retour sur macOS. macMule c'est eMule packagé en .app native, compatible Apple Silicon via Rosetta 2, zéro configuration. Vous glissez dans Applications, vous lancez, et hop ça se connecte tout seul aux serveurs ed2k et au réseau Kad. Hé oui, ça tourne encore en 2026.

Côté technique, l'app fait environ 1 Go parce qu'elle embarque Wine Crossover (la couche de compatibilité Windows par Gcenx). Le développeur Martin Derouet a pris le build Community x64 d'eMule par irwir, l'a wrappé dans un bundle .app self-contained, et comme ça, ça se lance comme n'importe quelle app Mac.

Y'a pas de dépendances externes à installer, et surtout pas de terminal à ouvrir. Les fichiers téléchargés atterrissent alors dans ~/Library/Application Support/macMule/drive_c/eMule/Incoming/... c'est pas super intuitif comme chemin, mais au moins c'est rangé.

D'ailleurs, si vous avez suivi l'actualité de Wine 10.0 et le support ARM , vous savez que la couche de compatibilité Windows n'a jamais été aussi solide. macMule en profite directement. Et si vous voulez compiler votre propre build, le script est dispo : ./build.sh pour la dernière version stable ou ./build.sh 0.70b pour une version spécifique. Faut juste avoir Homebrew avec wine-crossover et Rosetta 2 installés.

J'ai été surpris que les réseaux ed2k et Kad soient encore debout. Mais c'est cool car ces réseaux hébergent des fichiers qu'on ne trouve nulle part ailleurs. Des archives oubliées, des vieux logiciels, des trucs que personne n'a jamais re-uploadé nulle part. C'est un peu le grenier d'Internet, poussiéreux mais plein de trésors pour qui sait chercher et plein de malwares aussi, alors gaffe à vous !

Attention quand même, ça reste un client P2P pour le réseau ed2k donc les précautions habituelles s'appliquent. Vérifiez ce que vous téléchargez, et n'oubliez pas que l'Arcom (ex-Hadopi) veille toujours au grain.

Bref, si vous avez la nostalgie du petit âne et que vous êtes sur Mac, c'est par là !

Merci à Martin pour la découverte !

Le plus vieux torrent de The Pirate Bay fête ses 22 ans

Par : Korben
30 mars 2026 à 13:48

Un épisode de la série suédoise High Chaparral, uploadé le 25 mars 2004 sur The Pirate Bay, est toujours partagé aujourd'hui. Vingt-deux ans plus tard, des pirates le seedent encore, non pas pour le contenu, mais juste pour le symbole. Un record de longévité qui en dit long sur la culture du torrent, et sur la résistance du site le plus traqué du web.

Un fichier devenu culte

Tout a commencé par un épisode d'une émission de télé suédoise, High Chaparral, avec un passage du célèbre Uri Geller. Le fichier a été uploadé sur The Pirate Bay le 25 mars 2004, quelques mois après le lancement du site. Et il est toujours là. Selon les données d'OpenTrackr.org, quatre seeders partagent encore le fichier complet en 2026. Personne ne le télécharge pour le contenu, on est d'accord.

C'est devenu un trophée, un petit monument du piratage. Quelques semaines après la mise en ligne, des utilisateurs se plaignaient déjà de rester bloqués à 99 %. Le fichier a failli disparaître, mais des irréductibles l'ont maintenu en vie, année après année.

Des torrents qui refusent de mourir

Le deuxième plus vieux torrent du site date du 31 mars 2004, six jours après. C'est une copie du documentaire Revolution OS, qui retrace l'histoire de Linux et du logiciel libre. Plus de 33 personnes le partagent encore activement. Son réalisateur, J.T.S. Moore, avait d'ailleurs exprimé son mécontentement face au piratage de son film, tout en reconnaissant que ça lui avait donné une longévité inattendue.

Et puis il y a The Fanimatrix, un fan-film inspiré de Matrix, créé en septembre 2003. Celui-là n'est pas hébergé sur The Pirate Bay mais il détient le record du plus vieux torrent actif au monde, avec des dizaines de seeders fidèles au poste. Tourné en Nouvelle-Zélande avec 800 dollars de budget, dont la moitié partie dans un blouson en cuir, il avait été téléchargé 70 000 fois la première semaine.

Si vous vous demandez pourquoi BitTorrent a eu autant de succès à l'époque, voilà un début de réponse : le protocole leur avait économisé environ 550 000 dollars de bande passante.

The Pirate Bay, le survivant

The Pirate Bay a enterré à peu près tous ses concurrents. TorrentSpy, Mininova, isoHunt, KickassTorrents, ExtraTorrent, RARBG, TorrentGalaxy, la liste est longue. Le site tourne encore, même si on ne peut pas dire qu'il soit en grande forme.

L'inscription ne fonctionne plus, les commentaires non plus, et l'interface n'a pas bougé depuis des années. Mais il reste debout, ce qui en soi est un exploit. Ses trois fondateurs, Gottfrid Svartholm, Fredrik Neij et Peter Sunde, ont tous été condamnés en 2009 à un an de prison et 30 millions de couronnes suédoises d'amende. Le site a changé de mains, de serveurs, de pays, mais il est toujours là.

Internet a changé dix fois depuis 2004, les services de streaming se sont multipliés, et des gens continuent de partager un épisode de télé suédoise que personne ne regarde. Juste parce que c'est le plus vieux. On est quelque part entre la résistance numérique et la collection de timbres, version geek. The Pirate Bay lui-même est devenu une sorte de vestige, un site qui fonctionne à moitié mais que personne n'arrive à faire disparaître. Difficile de ne pas trouver ça un peu fascinant.

Source : Torrent Freak

Bato.to c'est fini - Le roi du scan manga coulé par la police

Par : Korben
30 janvier 2026 à 12:11

Yop les amis !

Mauvaise nouvelle pour les amateurs de lecture japonaises qui avaient leurs petites habitudes sur Bato.to. Le site, véritable institution du scantrad manga, a été mis hors ligne et cette fois, c'est pas une simple maintenance qui a mal tourné ou un serveur qui a pris feu (quoi que, ça arrive plus souvent qu'on ne le pense ^^).

Non, c'est la CODA (Content Overseas Distribution Association), c'est à dire l'organisme japonais de lutte contre le piratage, qui en collaboration avec les autorités chinoises, ont fait arrêter l'opérateur du site fin novembre. Le gars a admis opérer non seulement Bato.to mais aussi une soixantaine de sites liés comme xbato.com ou mangapark.io.

Honnêtement, impossible de se connecter ce matin, c'est le désert total. Apparemment, la base de données a été saisie et les serveurs sont aux fraises.

Du coup, c'est tout un empire qui s'effondre. Pour vous donner une idée de l'ampleur du truc, Bato.to c'était 350 millions de visites cumulées sur l'ensemble du réseau rien que pour le mois de mai 2025. Et niveau thunes, ça brassait pas mal puisque les revenus publicitaires montaient jusqu'à 400 000 yuans par mois lors des pics d'audience, soit environ 57 000 dollars. Ça commence à faire une belle somme pour de la scanlation illégale, surtout quand on sait que la plupart des traducteurs font ça pour la gloire (ou pour le kiff).

Perso, je trouve ça super moche de voir disparaître des archives communautaires aussi énormes parce que même si c'était pas "légal" c'était quand même un peu le temple du scan manga où l'on trouvait des pépites introuvables ailleurs, même si la qualité variait selon les équipes. Mais bon, faut pas se leurrer, quand y'a autant d'oseille en jeu, c'était inévitable...

Si vous êtes en manque de lecture, sachez que l'offre légale a quand même méga bougé. Avant c'était la galère absolue, mais maintenant on a des trucs comme Manga Plus (qui appartient à la Shueisha , donc c'est la source directe) ou Mangas.io . C'est quand même plus propre pour soutenir les mangakas qui triment sur leurs planches, sauf si vous lisez des trucs hyper obscurs qui n'arriveront jamais chez nous, là c'est plus compliqué...

D'ailleurs, pour ceux qui galèrent avec les chapitres qui sortent uniquement en japonais, y'a des outils incroyables maintenant. J'avais testé Manga Net sur Android et plus récemment Koharu, un traducteur de mangas par IA codé en Rust et franchement, ça automatise une grande partie du boulot de nettoyage et de trad. C'est peut-être ça l'avenir du scantrad finalement... des outils persos pour lire ce qu'on veut localement sans dépendre de gros sites qui finissent par se faire chopper.

Bref, une page se tourne. L'opérateur a été libéré sous caution en attendant la suite de la procédure, mais ne comptez pas trop sur un retour du site de sitôt. Va falloir trouver une autre crémerie ou, folie suprême, commencer à acheter vos tomes préférés.

Ahahaha !

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Anna's Archive vient de sauvegarder la totalité de Spotify

Par : Korben
21 décembre 2025 à 09:25

Vous connaissez Anna's Archive , cette bibliothèque pirate qui sauvegarde tous les livres et articles scientifiques de l'humanité ? Hé bien ils viennent de s'attaquer à un nouveau chantier : sauvegarder Spotify (en tout cas le plus possible), c'est à dire des millions de morceaux + de la métadonnées, soit ~300 téraoctets de données !!

Anna's Archive se focalise normalement sur le texte (livres, et documents de recherche) parce que c'est ce qui a la plus haute densité d'information mais leur mission, c'est de préserver le savoir et la culture de l'humanité, et ça inclut donc aussi la musique. Et comme ils ont trouvé un moyen de scraper Spotify à grande échelle, ils se sont dit "Hey pourquoi pas ? On est des oufs".

Et ça donne la plus grande base de données de métadonnées musicales jamais rendue publique, avec 186 millions d'ISRCs uniques (ces codes qui identifient chaque enregistrement). Pour vous donner un ordre de grandeur, MusicBrainz n'en a que 5 millions. Niveau fichiers audio, ils ont aussi archivé environ 86 millions de morceaux, ce qui représente 99,6% des écoutes sur la plateforme (même si ça ne fait "que" 37% du catalogue total). Donc si vous écoutez un morceau au hasard sur Spotify, y'a 99,6% de chances qu'il soit dans l'archive.

Pour trier tout ça, ils ont utilisé la métrique "popularité" de Spotify qui va de 0 à 100. Ainsi, pour les morceaux avec une popularité supérieure à 0, ils ont récupéré quasiment tout en qualité originale (OGG Vorbis 160kbit/s) et pour les morceaux à popularité 0 (soit ~70% du catalogue, des trucs que personne n'écoute), ils ont réencodé en OGG Opus 75kbit/s pour gagner de la place… mais ils ne sont pas allés au bout de la longue traîne (trop de stockage pour trop peu de gain, et pas mal de contenu “bof” à popularité 0). Pour 99% des gens ça sonne pareil, même si je sais que les audiophiles vont me tuer dans les commentaires ^^.

En regardant les stats qu'ils ont produit à partir de ce qui a été scrappé, les 3 morceaux les plus populaires (Die With A Smile de Lady Gaga et Bruno Mars, BIRDS OF A FEATHER de Billie Eilish, et DtMF de Bad Bunny) ont été streamés plus de fois que les 20 à 100 millions de morceaux les moins populaires combinés. Bon, ils précisent aussi que la popularité est très dépendante du moment, donc ce top est un peu arbitraire mais ça montre à quel point la longue traîne est looooongue sur les plateformes de streaming...

Après le problème avec la préservation musicale actuelle (ce qu'on retrouve sur les sites de Torrent par exemple), c'est qu'elle se concentre uniquement sur les artistes populaires et la qualité maximale (FLAC lossless). Du coup, y'a plein de musique obscure qui ne survit que si une seule personne décide de la partager. Et ces fichiers sont souvent mal seedés. Et c'est pour ça que je trouve l'approche d'Anna's Archive plutôt pas mal car elle consiste à archiver tout ce qui existe (ou presque), même en qualité "suffisante", plutôt que de se concentrer sur un sous-ensemble en qualité parfaite.

Et comme vous vous en doutez, tout est distribué via des torrents, avec les métadonnées déjà disponibles (moins de 200 Go compressés) et les fichiers audio qui arrivent progressivement par ordre de popularité. Note la base s'arrête à juillet 2025, donc tout ce qui est sorti après peut ne pas être là (même s'il y a quelques exceptions).

Bref, c'est la première archive de préservation musicale vraiment ouverte, que n'importe qui peut mirrorer s'il a assez de stockage et voilà comment grâce à l'aide de tout le monde, le patrimoine musical de l'humanité sera protégé pour toujours des catastrophes naturelles, des guerres, des coupes budgétaires et autres désastres... Par contre, pas sûr que ça la protège de la boulimie des IA génératives.

Merci à Lilian pour l'info !

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