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L'Italie démantèle Cinemagoal, l'énorme appli de streaming pirate

26 mai 2026 à 16:05

Le fisc italien a frappé fort il y a quelques jours. La Guardia di Finanza, sous la direction du parquet de Bologne, vient de démanteler un réseau de piratage de streaming baptisé Cinemagoal, dans une opération nommée "Tutto Chiaro" (tout clair, en italien).

Plus de 100 perquisitions ont été menées dans 17 régions du pays, plus des saisies coordonnées en France et en Allemagne via Eurojust (l'agence européenne qui coordonne les enquêtes judiciaires entre pays de l'UE). Joli coup de filet.

Le système était assez bien huilé. Cinemagoal proposait à ses clients un accès à Netflix, Disney+, Spotify, Sky et DAZN pour 40 à 130 euros par an, soit une fraction du prix de l'ensemble des abonnements officiels.

Pour faire fonctionner ce petit business, l'équipe derrière l'appli avait monté une infrastructure de machines virtuelles en Italie qui aspiraient en permanence les clés de déchiffrement DRM (les codes numériques qui débloquent la lecture des contenus protégés) à partir de vrais comptes payants.

Toutes les trois minutes, de nouvelles clés étaient renvoyées aux clients, ce qui rendait le système difficile à bloquer en temps réel par les plateformes officielles.

L'astuce des trois minutes n'était pas innocente. En renouvelant les clés à intervalle court, Cinemagoal contournait les outils antifraude que Netflix et consorts utilisent pour détecter les comportements bizarres sur un compte. Difficile pour la plateforme de repérer un piratage à grande échelle quand chaque clé volée n'est utilisée que quelques minutes avant d'être remplacée.

Côté budget, l'enquête estime à environ 300 millions d'euros le manque à gagner cumulé pour les ayants droit sur plusieurs années. Les autorités ont aussi mis la main sur les serveurs étrangers qui hébergeaient le code source complet de l'appli et les bases de données de clés, ce qui devrait empêcher le service de redémarrer sous un autre nom.

Plus inhabituel, l'opération s'attaque aussi aux utilisateurs finaux. Environ un millier d'abonnés à Cinemagoal ont été identifiés et reçoivent en ce moment des avis d'amende administrative allant de 154 à 5 000 euros. C'est une approche assez différente de ce qu'on voit en France, où les pirates côté consommateurs sont rarement inquiétés (ouf). L'idée du parquet italien, c'est vraiment de faire peur.

Et puis il y a la question de la durée. Cinemagoal tournait depuis plusieurs années sans gros problème, ce qui veut dire que les plateformes officielles ont mis du temps à repérer la fuite, ou en tout cas à coordonner une réponse efficace avec les autorités. Vu les sommes en jeu, ça pose quand même la question de la solidité des protections DRM actuelles face à des équipes techniques motivées pour tout pirater.

Source : Bleeping Computer

Vos câbles fibre optique peuvent servir à vous espionner, et ça marche très bien

12 mai 2026 à 13:08

Une fibre optique de télécom standard, celle qui passe peut-être à quelques mètres de votre bureau en ce moment, peut être transformée en microphone à distance.

C'est ce qu'ont démontré des chercheurs à la conférence NDSS 2026, le rendez-vous annuel de la sécurité réseau qui s'est tenu à San Diego. Leur démo est carrément flippante. Pas de matériel posé sur place, pas de signal radio détectable, et une qualité audio largement suffisante pour transcrire ce qu'on dit dans une pièce.

Le principe repose sur une technique appelée DAS (Distributed Acoustic Sensing, en français "détection acoustique distribuée"), qui consiste à envoyer un laser dans la fibre depuis une extrémité et à analyser comment la lumière revient.

Quand des ondes sonores frappent le câble, elles le font vibrer de manière minuscule, ce qui modifie le trajet de la lumière. En mesurant ces modifications, on peut reconstituer le son d'origine, comme si la fibre devenait un long micro de plusieurs dizaines de mètres.

Pour booster la sensibilité, les chercheurs ont fabriqué un petit accessoire qu'ils appellent "Sensory Receptor", en gros un cylindre en plastique PET de 65 mm de diamètre autour duquel ils enroulent 15 mètres de fibre. Le cylindre concentre les vibrations et amplifie le signal capté.

Les résultats ? À deux mètres de la fibre, le taux d'erreur sur les mots (le WER, qui mesure combien de mots sont mal transcrits par un système de reconnaissance vocale) descend sous les 20 %. Dans un test grandeur nature mené dans un bureau, avec une cinquantaine de mètres de fibre séparant les deux pièces et le boîtier installé sous un meuble, ils tombent à 9 %.

Quasiment un transcript parfait donc. En bonus ils ont utilisé OpenAI Whisper et NVIDIA Parakeet, deux modèles d'IA de reconnaissance vocale grand public, donc rien d'exotique côté logiciel.

Et le truc qui change tout, c'est l'indétectabilité. Une fibre passive ne consomme pas d'électricité, n'émet aucune onde radio, et passe inaperçue aux détecteurs de mouchards classiques utilisés par les services de contre-espionnage. 

es balayages TSCM (les outils déployés pour chercher des micros cachés dans une pièce sensible) passent à côté. Limite tout de même : il faut être à environ 5 mètres maximum de la fibre, et celle-ci ne doit pas être enterrée trop profondément. Mais dans n'importe quel immeuble de bureaux moderne, où la fibre court partout dans les faux plafonds, ça peut fonctionner !

Source : Hackaday

Les données de 120 000 adhérents LFI dans la nature

11 mai 2026 à 13:14

Un hacker au pseudo "fuzzeddffmepg" a balancé sur un forum cybercriminel le 7 mai une base de données présentée comme provenant d'Action Populaire, le réseau militant numérique de la France Insoumise.

Au programme : environ 120 000 adresses email uniques, 20 000 numéros de téléphone, et un paquet de données personnelles couvrant pratiquement neuf ans d'activité, de 2017 à 2026.

Le contenu de la fuite est franchement gênant pour les adhérents. On y trouve les noms et prénoms des utilisateurs, leurs adresses email et numéros de téléphone, leurs adresses postales liées à des paiements, leurs participations à des groupes et événements, mais aussi des messages privés et échanges internes, plus des données de paiement et d'abonnement.

La période couverte va de 2017 à 2026, soit pratiquement toute l'histoire d'Action Populaire en tant que plateforme militante. Le hacker affirme avoir exploité une faille sur une infrastructure décrite comme obsolète, et il menace de publier d'autres extractions, dont des serveurs de messagerie.

Côté LFI, aucune confirmation officielle pour le moment. Silence radio. Ce qui n'est pas franchement la meilleure stratégie quand vos propres adhérents lisent partout sur le web que leurs données traînent en libre service.

La situation a un goût particulièrement improbable parce que LFI venait justement de déposer une proposition de résolution pour créer une commission d'enquête parlementaire sur "l'accumulation et la fuite de données personnelles en France". Sauf que voilà, demander une enquête sur les fuites pendant qu'on se fait fuiter, c'est un peu tendu.

Au passage, ce hack n'est pas isolé. Depuis quelques mois, les fuites se multiplient en France, du public au privé : CPAM, Parcoursup, ANTS, et maintenant un parti politique. Le hacker a clairement expliqué viser une infrastructure obsolète, et c'est un peu le même refrain qu'on entend partout sur l'état général de la sécurité des plateformes hébergées en France.

Concrètement, les risques pour les adhérents exposés sont réels. L'appartenance politique étant une donnée sensible au sens du RGPD, ces 120 000 personnes peuvent désormais s'attendre à des campagnes de phishing très ciblées, du harcèlement téléphonique en règle, et possiblement de l'usurpation d'identité.

Pour les militants, c'est franchement pénible. La CNIL devrait normalement être saisie par le parti dans les 72 heures suivant la prise de connaissance de l'incident~~, mais sans communication officielle, impossible de savoir si cette obligation a été respectée~~. Mise à jour : la LFI a bien prévenu ses membres et adhérents !

Screenshot

Bref, une infrastructure à l'abandon finit toujours par parler. Et ça tombe pile quand LFI réclamait plus de protection des données. Joli timing.

Source : French Breaches

Hash MD5 - 60% des mots de passe craqués en moins d'une heure

Par : Korben ✨
8 mai 2026 à 16:52

60% des mots de passe hashés en MD5 peuvent être cassés en moins d'une heure... C'est ce que dit en tout cas une étude de Kaspersky publiée cette semaine qui se base sur +231 millions de mots de passe qu'on peut trouver sur le dark web et tirés de fuites ayant eu lieu entre 2023 et 2026. D'après leurs tests, 48% sont craqués en moins d'une minute et 60% en moins d'une heure. C'est pas très rassurant, surtout si votre base tourne encore au MD5.

Ce qui a changé ces dernières années, c'est surtout la puissance des GPU modernes qui n'a cessé d'augmenter. Par exemple, une RTX 5090 monte à 220 milliards de hash MD5 par seconde ce qui représente une augmentation de +34% par rapport à la RTX 4090 ! Du coup, louer un GPU cloud pour lancer une attaque par dictionnaire revient à quelques dizaines de centimes à quelques dollars de l'heure. C'est rentable hein ?

L'étude souligne aussi que 53% des mots de passe du corpus se terminent par des chiffres. Et là, du point de vue des règles hashcat, c'est du pain bénit car les crackers adorent la prévisibilité. Alors attention si vous administrez un service web avec une gestion de comptes utilisateur car les attaques modernes (dictionnaire + règles hashcat) règlent aujourd'hui son compte à une bonne partie du corpus et cela en moins d'une minute. Par contre, les mots de passe longs avec symboles variés résistent encore puisque c'est exponentiel ! Vaut mieux une phrase de passe avec plein de mots et facile à retenir du genre running-douche-afford-laborer-art-amber-deftly-acetone-lego-reoccupy qu'un mot de passe court et complexe comme 3d2^vO$RZ1.

Bref, MD5 pour les mots de passe c'est mort donc si vous avez encore ça dans vos bases, migrez moi tout ce bordel rapidement ! La migration maintenant, ça se fait vers Argon2id en priorité... Je balance pas ça au pif, hein, c'est le standard recommandé par OWASP et le NIST, et c'est memory-hard, donc les GPU ne peuvent pas juste brute-forcer des milliards de hashs par seconde comme avec MD5.

Après si votre stack est ancienne et qu'Argon2id n'est pas dispo, bcrypt reste une option solide. Dans tous les cas, évitez SHA-1, SHA-256 ou SHA-512 sans algorithme adaptatif car ils sont rapides par conception, donc tout aussi crackables que MD5.

Source

Google Discover - L'algorithme qui choisit vos actus à votre place

Par : Korben ✨
8 mai 2026 à 10:42

Vous le savez, il y a un algorithme dans votre téléphone qui décide ce que vous allez lire aujourd'hui et il s'appelle Google Discover.

Google Discover, c'est le flux d'articles qui apparaît quand vous ouvrez l'appli Google sur Android ou iOS, ou que vous swippez à gauche depuis la home de votre smartphone Android et Chrome mobile aussi. Et pas besoin d'avoir cherché quoi que ce soit puisque Google analyse votre historique, connaît vos centres d'intérêt, et vous sert ainsi des articles « adaptés » en continu.

Sauf que l'algo confond souvent « ce que vous voulez lire » avec « ce qui génère le plus de clics ». Et là, ça part en couille sévère...

Du coup vous vous retrouvez avec des articles qui expliquent que le cash va être interdit dans deux mois, que les conducteurs avec une moustache vont devoir repasser le permis, ou que l'Union Européenne s'apprête à requalifier la pizza comme « sandwich plat » pour l'assujettir à une nouvelle taxe.

Et pendant ce temps, les vraies actus tech que vous aimez tant, elles, se noient quelque part entre deux horoscopes et une pub déguisée en article. Et c'est d'ailleurs ça le gros défaut de tous les flux algorithmiques : ils optimisent l'engagement mais pas l'exactitude. On est tous humain, alors forcément un titre alarmiste battra toujours un article de qualité sobre et bien sourcé. L'algo se contrefout royalement de respecter les 3 neurones qui vous restent... ^^

Mais Discover a quand même un truc pas con ! En fait depuis fin de l'année dernière, Google permet de suivre directement des éditeurs sur le réseau, un peu comme un flux RSS mais sans lecteur à installer ni boîte mail à gérer. Suffit de cliquer sur un bouton et hop, les articles de vos sources préférées remontent en priorité dans votre feed Google Discover !

Par exemple, si vous voulez voir les articles de Korben.info apparaître dans votre flux (de la vraie tech, sourcée, sans moustaches ni taxes pizza), c'est par là, il suffit d'aller sur mon profil Google Discover et de cliquer sur le bouton "Suivre sur Google".

Et comme ça, une fois abonné, mes publications remonteront directement dans votre Discover. Perso, je trouve ça pas mal du tout comme système.

Bref, si vous ne voulez pas que votre téléphone vous apprenne demain que les chats seront bientôt recensés comme « animaux de surveillance passive » par un nouveau décret gouvernemental, pensez à bien choisir vos sources !

Et pour trouver les liens de vos médias préférés, vous pouvez passer par cet outil de Julien .

Au Royaume-Uni, les enfants contournent la vérification d'âge avec des fausses moustaches dessinées

7 mai 2026 à 08:39

Le Royaume-Uni a mis en place via l'Online Safety Act un système de vérification d'âge obligatoire sur les plateformes accessibles aux mineurs, avec contrôles biométriques à la clé pour estimer l'âge à partir d'un selfie.

Sur le papier, c'était la grande solution pour empêcher les ados d'accéder à TikTok, Instagram ou aux sites pour adultes. En pratique, c'est l'inverse : les enfants britanniques se passent les méthodes pour passer outre, et les méthodes en question sont parfois franchement drôles.

En fait, selon une étude d'Internet Matters, près de la moitié des enfants britanniques (46 %) considèrent les systèmes de vérification d'âge comme faciles à contourner, et un tiers reconnaissent l'avoir déjà fait.

Les méthodes documentées vont de la classique fausse date de naissance au VPN, mais aussi à des techniques plus créatives : envoyer une vidéo du visage de quelqu'un d'autre, voire d'un personnage de jeu vidéo, et le meilleur : se dessiner une moustache au feutre pour tromper l'estimation d'âge faciale. J'adore.

Côté plateformes, c'est du coup difficile à gérer. L'Online Safety Act prévoit des amendes importantes contre les services qui laisseraient passer ces contournements, mais le régulateur Ofcom rame pour qualifier la responsabilité quand le gosse a triché lui-même avec une astuce que la plateforme n'a pas su détecter.

Internet Matters relève d'ailleurs que les adultes profitent aussi de ces failles, ce qui complique encore le tableau quand un majeur peut piquer la session d'un mineur, ou inversement.

L'autre limite, c'est la captation des données biométriques. Pour vérifier qu'un gosse est bien un gosse, il faut analyser son visage, ce qui veut dire stocker (ou au moins traiter) une image biométrique d'un mineur.

Plusieurs experts ont déjà soulevé le paradoxe : pour protéger les enfants, on les oblige à transmettre leur visage à une plateforme étrangère. Et si la plateforme se fait pirater (spoiler : ça arrive régulièrement), on a une fuite de données très sensibles dans la nature.

Vous l'avez compris, une régulation qui se fait contourner par un coup de feutre sous le nez, c'est probablement le signe qu'il faut revoir la copie.

Source : Independent

Surfshark sort Dausos : le protocole VPN qui pense enfin à vous

Par : Korben ✨
7 mai 2026 à 07:25
-- Article en partenariat avec Surfshark VPN --

On connaît tous les grands noms des protocoles VPN : WireGuard, OpenVPN, IKEv2 (Surfshark VPN utilise les 3). Ce sont des bêtes solides, mais elles ont au départ été pondues pour des usages pro, avec des armées de serveurs en entreprise et des configs à rallonge. Puis on les a adaptés pour nous, les users lambda qui veulent juste binge-watcher une série sur Netflix ou checker ses mails sur le Wi-Fi crade du troquet du coin, sans se prendre la tête sur les détails techniques. Ça roule, mais c'est pas l'idéal.

Surfshark a dit stop au bricolage. Ils ont tout repris à zéro et lancé Dausos. Pas une énième couche de sauce marketing sur de l'existant, non : une architecture repensée de fond en comble. La promesse ? Vitesse, confidentialité et efficacité des ressources, sans un seul compromis. Et dans un écosystème où les VPN se battent sur le prix et les fonctionnalités cosmétiques, cette approche mérite qu'on s'y penche sérieusement. Je vais vous décortiquer tout ça, point par point, pour que vous pigiez bien ce que ça change concrètement.

Dausos en détail : pas une adaptation, une création native

Dausos, c'est le tout premier protocole VPN 100% maison chez Surfshark, taillé sur mesure pour les particuliers. Le nom ? Inspiré de la mytho balte, où "Dausos" évoque l'élévation et la protection divine, sympa comme clin d'œil pour un truc qui vous met à l'abri en ligne. L'idée centrale est de créer un tunnel qui colle pile à vos besoins, sans les contraintes des protocoles pros recyclés.

La grosse différence avec les classiques, c'est la gestion du trafic. La plupart des VPN font passer les datas de plein d'utilisateurs via des tunnels partagés sur un même serveur. C'est pratique pour l'opérateur (moins de ressources nécessaires), mais ça crée une surcharge permanente, des interférences potentielles entre sessions et un risque accru si un user foireux impacte les autres. Résultat : des perfs en dent de scie à certains moments et une sécurité des données pas toujours optimale.

Dausos inverse le principe. Chaque connexion (la vôtre) se voit coller un tunnel dédié et 100% isolé sur le serveur. Votre trafic ne croise jamais celui du voisin, même sur un même serveur bondé. Ça réduit les surfaces d'attaque (moins d'expositions aux fuites croisées), optimise les perfs en virant la contention ressource et renforce la confidentialité globale. C'est comme si vous aviez votre propre bande sur l'autoroute VPN, sans camion qui vous colle au cul.

Les briques techniques qui font la diff

Le protocole brille par ses choix d'implémentation pointus. Pas de demi-mesure ici. D'abord, le chiffrement : exit AES-GCM, la vieille garde fiable, mais datée. Place à AEGIS-256X2, un algo moderne taillé pour les CPUs récents (nouveaux Intel/AMD, Apple Silicon...). Plus rapide en chiffrement/déchiffrement, il bouffe moins de cycles processeur pour un niveau de sécu équivalent. Concrètement ? Votre débit reste au max, même sous charge.

Ensuite, la résilience post-quantique intégrée (voir aussi mon article sur Surfshark et le post-quantique ). Ici ce n'est pas une rustine ajoutée après coup, l'architecture est née quantique-ready. Avec les ordis quantiques qui pointent le bout de leur nez (merci Google et consorts), ça protège vos données sensibles pour les 10-20 ans à venir. Ça pense à l'avance, quoi.

Troisième atout : l'adaptation dynamique. Dausos scanne votre réseau et votre hardware en live et ajuste les paramètres (MTU, compression, etc.) pour coller à la réalité. Fibre optique ? Full perf. Passage en 4G foireuse ou métro ? Stabilisation automatique sans drop. Pas d'interruption visible, juste du smooth.

Et pour la crédibilité l'outil à passé avec succès un audit indépendant par Cure53. Ces gars sont des pointures en sécu (ils ont bossé sur Signal, Proton, etc.) et le rapport est public, dispo pour tous. Pas de blabla, de la preuve béton.

Les gains concrets pour votre quotidien

Surfshark balance des chiffres : jusqu'à +30% de vitesse vs protocoles standards. Comme d'hab c'est à nuancer, hein, ça dépend de votre setup, du réseau et du serveur choisi, etc. Sur une fibre stable, c'est perceptible, mais pas fou. Par contre, en mobilité ou réseaux chiants (vacances, events), l'adaptation dynamique fait des miracles. Moins de lag, une connexion plus stable, que demande le peuple ?

tunnel vpn classique

L'isolation trafic ? C'est moins flashy, mais crucial. ça réduit les risques de fuites croisées et d'attaques par corrélation (un attaquant qui matche patterns entre différents utilisateurs). Côté mobile, l'efficacité en termes de ressources sauve un peu plus de batteries. L'optimisation CPU/GPU c'est une autonomie augmentée de 10-20% en VPN constant. Un détail, mais un détail qui change tout en déplacement.

Comment l'activer et disponibilité

Pour l'instant, Dausos est en bêta exclusive sur macOS via App Store. Pas de date ferme pour iOS/Android/Windows/Linux, mais un rollout progressif est annoncé (logique pour éviter le chaos).

Étapes simples :

  1. Installez/mettez à jour vers la dernière version Surfshark depuis l'App Store macOS.
  2. Allez dans Paramètres > Paramètres VPN.
  3. Protocole > Sélectionnez Dausos.
  4. Connectez-vous à un serveur.

Si vous avez la version DMG (non-App Store), désinstallez-la d'abord pour éviter les conflits, Bêta oblige des instabilités sont possibles. Si ça vous arrive, revenez vers WireGuard/OpenVPN en attendant, et signalez le bug au support.

Ce que j'en pense pour de bon

Ce que j'apprécie toujours autant, après des années à l'utiliser, c'est cette cohérence et ce côté proactif à toute épreuve. Surfshark ne fait pas semblant : opter pour des tunnels dédiés par utilisateur, ça coûte un bras en infra serveur (plus de ressources allouées, moins d'optimisation low-cost), mais ça livre du premium pur jus.

L'AEGIS-256X2, c'est du costaud. Ils sortent des rails AES-256-GCM usés jusqu'à la corde, avec un algo qui colle aux CPUs modernes et validé par la crème de la communauté crypto. Vision long-terme aussi avec le post-quantique natif, rare chez les VPN grand public, qui attendent souvent que le problème explose pour patcher à la va-vite.

La limite bêta macOS seulement ? Ouais, frustrant pour les autres plateformes (vous n'avez qu'à avoir du goût), mais malin comme tout. Mieux vaut roder le bestiau sur un terrain contrôlé avant de lâcher les hordes sur iOS, Android ou Windows. Ça évite les bad buzz et les forums en feu.

Est-ce que Dausos seul justifie de plaquer votre VPN actuel pour Surfshark ? Nope, pas encore. Mais pour les geeks qui kiffent l'innovation transparente, sans bullshit marketing, c'est un argument massue. Une vrai killer feature dans un océan de copies carbone.

Bref, à tester ou pas ? Si vous êtes sur macOS, foncez, c'est gratos et rapide à setup. Sur autre chose ? Gardez l'œil ouvert sur les annonces, ce protocole pourrait bien devenir la reférence pour les VPN perso d'ici 2-3 ans. La sécurité et les perfs, c'est pas un one-shot, c'est du boulot continu. Dausos en est l'exemple parfait. C'est grâce à ce type d'évolution discrète et solide que Surfshark a su s'imposer et creuser l'écart sur la durée.

Le tarif du moment

Si vous voulez tester Surfshark, sachez qu'un engagement de 24 mois + 3 mois offerts revient à 57,67€ TTC (soit moins de 2,15€/mois). La garantie satisfait ou remboursé de 30 jours vous laisse le temps de vérifier que l'outil correspond à vos besoins. Et l'abonnement protège tous vos appareils, sans limite.

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Apple ajoute le chiffrement bout-en-bout entre iPhone et Android pour les RCS dans iOS 26.5

6 mai 2026 à 13:00

Avec iOS 26.5, Apple corrige enfin un manque que tout le monde signalait depuis l'arrivée du RCS sur iPhone : les messages échangés entre un iPhone et un Android n'étaient pas chiffrés.

Côté iPhone-vers-iPhone, les iMessage sont protégés de bout en bout depuis des années. Mais sitôt que la conversation passait par Android, la communication redevenait en clair, comme un bon vieux SMS. Plus pour longtemps.

Apple a travaillé avec la GSMA pour finaliser la version 3.0 de l'Universal Profile RCS, qui intègre le chiffrement de bout en bout en s'appuyant sur le protocole MLS (Messaging Layer Security). MLS, c'est ce qu'Apple, Google, Facebook et d'autres ont construit ensemble pour standardiser le chiffrement des messageries de groupe à l'échelle d'Internet.

Les RCS de l'iPhone vers Google Messages (et inversement) profitent maintenant directement de cette nouveauté, avec un petit cadenas dans la conversation pour vous le signaler.

Quelques contraintes quand même. Pour que le chiffrement marche, l'iPhone devra tourner sous iOS 26.5 ou plus récent, et l'Android doit être sur la dernière version de Google Messages. Surtout, l'opérateur télécom des deux côtés doit supporter cette mouture du RCS, ce qui n'est pas garanti partout dans le monde, et certains MVNO (les opérateurs sans réseau, type Sosh ou RED en France) traînent toujours sur les anciennes versions.

Le déploiement va donc se faire petit à petit. Sur le reste, plusieurs limitations de iMessage entre plateformes persistent : pas de message rappel, pas de réponse à un fil précis, pas de réactions emoji.

iOS 26.5 est en bêta depuis fin mars, en release candidate depuis cette semaine, et la sortie publique est attendue dans les jours qui viennent sans qu'Apple ait encore donné de date officielle. Le chiffrement RCS sera activé par défaut, avec un toggle dans les réglages de Messages pour le couper si vraiment vous voulez (ce qui n'a pas un grand sens, mais bon, vous faites ce que vous voulez de votre vie privée).

Bref, Apple boucle enfin la dernière brèche du RCS multiplateforme, presque deux ans après son intégration initiale.

Source : Ghacks

Chrome installe en douce un modèle IA de 4 Go sur votre disque sans rien demander

6 mai 2026 à 10:09

Alexander Hanff, consultant, a remonté un truc pas net sur Chrome. La dernière version du navigateur télécharge en arrière-plan un modèle de langage local appelé Gemini Nano, qui pèse environ 4 Go, sans jamais demander la moindre permission à l'utilisateur.

Le fichier s'appelle weights.bin, il atterrit dans un dossier OptGuideOnDeviceModel quelque part dans votre profil Chrome, et il sert ensuite à des fonctions du genre "Help me write" ou détection de fraude.

Hanff a documenté l'opération via les logs système de son macOS. Le 24 avril 2026 vers 16h38, Chrome crée le dossier. Quelques minutes plus tard, il télécharge et décompresse les 4 Go (l'opération prend une quinzaine de minutes), puis il les déplace à l'emplacement final. Tout ça pendant que vous ne touchez rien à votre machine. Si vous supprimez le fichier à la main, il sera réinstallé silencieusement au prochain lancement du navigateur.

Hanff estime entre 100 millions et 1 milliard de machines concernées dans le monde. Multipliez 4 Go par 1 milliard et vous obtenez de quoi remplir une bonne partie d'un datacenter.

L'auteur calcule également l'impact carbone du déploiement, entre 6 000 et 60 000 tonnes de CO2e rien que pour le réseau, sans compter l'empreinte SSD. Pour un fichier que personne ne vous a demandé d'installer.

Sur le plan légal, Hanff parle d'une "violation directe" de l'article 5(3) de la directive ePrivacy européenne, qui interdit de stocker quoi que ce soit sur l'appareil d'un utilisateur sans consentement explicite. Il évoque aussi un manquement RGPD. Si la qualification tient, ça serait une amende salée pour Google, sachant que les Cnil européennes ont déjà sanctionné Meta et Microsoft pour des choses bien moins foireuses.

Pour s'en débarrasser, trois options : aller dans chrome://flags pour désactiver les fonctions IA, passer par les politiques d'entreprise si vous gérez un parc de machines, ou virer Chrome, tout simplement.

Bref, Google qui pousse 4 Go d'IA en silence sur des centaines de millions de machines, c'est un sale moche.

Source : That Privacy Guy

wg-obfuscator - Faire passer WireGuard pour de la visioconf

Par : Korben ✨
6 mai 2026 à 08:00

Si vous faites tourner WireGuard depuis un réseau filtré par DPI (Genre en Russie, Iran, Chine, et autres pays défenseurs de la libertéééé (non)), vous avez sans doute remarqué que les tunnels tombent rapidement. En effet, les signatures des protocoles et notamment du protocole WireGuard sont devenues facilement identifiables. Les filtres modernes de censure sont ainsi capable de les bloquer en quelques secondes. C'est pour ça que wg-obfuscator , sorti par Alexey Cluster (le dev derrière le mod hakchi de la NES Classic Mini dont je vous parlais en 2017), m'a tapé dans l'œil.

Concrètement, c'est un petit proxy en C qui se glisse entre votre WireGuard et le réseau. Vous le lancez aux deux bouts du tunnel, et lui déguise les paquets pour qu'ils ressemblent à du STUN (le protocole utilisé par les outils de visioconf, rarement bloqué) ou à un flux random pas reconnaissable. WireGuard continue ainsi de tourner sans aucune modification...

C'est vraiment bien fichu son truc et surtout, par rapport à AmneziaWG (un célèbre fork de WireGuard souvent cité comme référence en obfuscation), hé bien y'a juste un binaire à rajouter, alors que AmneziaWG, lui, modifie TOUT le protocole. Il faut donc remplacer les client ET le serveur ce qui est bien relou.

Comme wg-obfuscator se contente uniquement de faire le proxy, vous gardez votre setup WireGuard classique et donc ça fonctionnera partout... Sur OpenWrt, MikroTik avec RouterOS 7.4+ sur ARM64/x86_64 via Docker, NixOS, Android, ou un simple Raspberry.

Par contre, l'outil utilise une clé symétrique en texte clair donc c'est pas du chiffrement fort, mais du camouflage.

Côté config, on est sur du fichier INI tout simple :

[main]
source-lport = 13255
target = 10.13.1.100:13255
key = votre_secret
masking = STUN
verbose = 2

Après c'est pas dit dans la doc mais je pense que c'est compatible IPv4 seulement... Donc oubliez l'IPv6 pour le moment. Ensuite il faut les deux extrémités sous votre contrôle, donc oubliez les VPN commerciaux type NordVPN ou ProtonVPN tant qu'ils ne déploient pas wg-obfuscator côté serveur.

Ah et un dernier détail qui vaut le coup d'être noté, c'est le mode two-way avec static-bindings. En fait si vos deux peers ont une IP publique, vous pouvez parfaitement configurer à la main vos mappings NAT pour permettre à chacun d'initier la connexion, sans dépendre d'un serveur central.

A découvrir ici !

Hadopi : le Conseil d'État éteint la riposte graduée après 17 ans

1 mai 2026 à 08:01

Fin de partie pour la riposte graduée. Le Conseil d'État a déclaré illégale, le 30 avril 2026, la phase la plus dure du dispositif anti-piratage Arcom, héritier de la Hadopi.

La décision s'applique immédiatement et décapite le système après 17 ans de chasse aux téléchargeurs sur les réseaux peer-to-peer. La Quadrature du Net, qui pilote le contentieux depuis 2019, a publié dans la foulée un bilan intitulé "Hadopi (2009-2026)".

Concrètement, deux failles ont été retenues. La juridiction a constaté que le décret de 2010 n'oblige nulle part les opérateurs à stocker les adresses IP dans "un compartiment totalement isolé", comme l'avait pourtant exigé la Cour de justice de l'Union européenne en avril 2024.

Et surtout, la troisième étape de la riposte graduée, celle qui transmet votre dossier au procureur après deux avertissements ignorés, ne prévoyait aucune autorisation judiciaire préalable. Du coup, les sanctions pénales, jusqu'à 1 500 euros d'amende et 3 000 euros en cas de récidive, ne peuvent plus être déclenchées.

Les deux premiers étages tiennent quand même encore debout. Si vous récupérez un torrent illégal demain, l'Arcom peut toujours vous envoyer un email d'avertissement, puis une lettre recommandée. Mais l'arme dissuasive, le passage devant le juge, exige désormais qu'un magistrat valide d'abord l'identification de l'abonné, et que les données aient été stockées dans le respect du droit européen.

Côté Arcom, l'institution prépare déjà une bascule sur le blocage de sites pirates et le déréférencement, c'est-à-dire la pression sur les intermédiaires plutôt que sur vous, particuliers.

Pour rappel, Hadopi a été lancée en 2009 sous le gouvernement Sarkozy, puis fusionnée avec le CSA en 2021 pour devenir l'Arcom. Le bilan ? Environ 13 millions d'avertissements envoyés et seulement 500 jugements rendus en 17 ans.

Soit un taux de conversion qui ferait glousser n'importe quel directeur commercial. La Quadrature, qui a mené le contentieux avec FDN et Franciliens.net, parle aujourd'hui d'une "victoire" pour les droits fondamentaux et appelle à ne pas ressusciter le dispositif sous une autre forme.

La Quadrature rappelle que le dispositif a surtout servi à criminaliser le partage culturel non-marchand entre internautes, sans jamais améliorer la rémunération des artistes ni endiguer le piratage à grande échelle.

Le streaming illégal, les plateformes IPTV, les sites de direct download : tout ça a continué à prospérer pendant que l'Autorité s'acharnait sur les utilisateurs de torrents. À côté, l'industrie culturelle a fini par s'adapter avec Spotify, Deezer ou Netflix, sans qu'on ait eu besoin de surveiller les abonnés de manière excessive.

Bref, on aura mis 17 ans à constater que ficher massivement les internautes sans contrôle judiciaire, c'est illégal, mais on s'en est toujours douté.

Source : La Quadrature du Net

GameDate - Trouver des joueurs pour vos jeux morts et oubliés

Par : Korben ✨
30 avril 2026 à 12:06

Hier soir, je suis tombé sur GameDate et ça m'a carrément fait remonter 20 ans en arrière, à cette époque bénie l'époque où on passait toutes nos nuits sur des jeux comme Wolfenstein: Enemy Territory ou Tribes 2 sans que personne ne nous juge bizarrement. Ce site pour le moins original permet d'organiser des sessions multijoueurs pour tous les jeux que tout le monde a oubliés.

D'abord vous arrivez sur le site, ensuite vous voyez les sessions programmées par d'autres joueurs, vous cliquez sur "interested" pour celles qui vous tentent, et le jour J vous lancez le jeu pour rejoindre les autres. Chaque session affiche 2 compteurs, le nombre d'intéressés et un "expected" pondéré, histoire d'avoir une vraie idée de la fréquentation au lieu d'arriver dans un serveur fantôme.

Et si rien ne vous convient, vous pouvez créer votre propre session en quelques clics sans avoir besoin de vous créer un compte. C'est très appréciable et en parcourant le catalogue, je suis tombé sur des pépites que je croyais définitivement enterrées.

Je pense à Halo 2, Phantasy Star Online, Tribes: Ascend, Rainbow Six: Raven Shield, Total Annihilation, Worms Armageddon, GoldenEye: Source, NEOTOKYO ou Sven Co-op...etc.

La liste tourne autour de 90 jeux et continue de grandir (qui a dit CMB ?). Y'a même du Mario Kart Wii et du Mario Party en netplay pour les nostalgiques de Nintendo, du F.E.A.R. Combat pour les fans de tir tactique et toute une section pour les mods Source comme Hidden: Source ou Eternal Silence.

Après, certaines sessions du catalogue affichent "no interest" parce que personne n'a cliqué dessus, donc n'oubliez pas de vérifier les compteurs avant de poser un RTT, sinon vous risquez de débarquer dans un serveur fantôme.

Côté vie privée, le site assure puisque votre IP est transformée en hash irréversible pour empêcher les abus de vote sans permettre de remonter à vous, et la protection anti-bot passe par Cloudflare Turnstile (donc pas de captcha pénible à résoudre). Aucun cookie de tracking mais juste un localStorage pour vos préférences. Et vous pouvez en option lier un compte Discord ou Steam pour recevoir des rappels avant vos sessions.

Un site qui vous fout la paix en somme...

Même l'interface tape carrément dans la nostalgie avec un look qui nous ramène pile aux menus Steam de l'époque Half-Life 2, grâce à vgui.css , un projet open source qui réplique l'esthétique des jeux Source.

Y'a six thèmes au choix dont un "Legacy" qui pue les années 2000 à plein nez (perso je suis resté dessus, forcément). Vous pouvez alors filtrer par région (NA, EU, OCE, SAM), par tags (PvP, co-op, casual, ranked, modded, newbie-friendly...) et trier par sessions qui démarrent bientôt ou par popularité.

Je trouve que GameDate est vraiment une bonne idée parce que ça participe à 100% à ce mouvement de préservation du jeu vidéo, totalement dans la lignée de projets comme EmuOS ou des trackers communautaires qui maintiennent les serveurs en vie depuis 15 ans. Je me dis que tant que des passionnés trouvent le moyen de se retrouver pour relancer un vieux serveur Tribes 2 ou autre, ces jeux ne sont jamais vraiment morts. Ils ont juste besoin qu'on les ressorte du placard de temps en temps...

À tester donc sur gamedate.org !

Souveraineté numérique : pourquoi basculer sur une stack privacy européenne

Par : Korben ✨
30 avril 2026 à 11:06
-- Article en partenariat avec Proton --

L'actualité de la tech ces derniers mois donne des sueurs froides. Entre les rebondissements autour du CLOUD Act, la section 702 de FISA qui permet aux agences US d'accéder aux données des non-américains sans mandat, et les tensions diplomatiques internationales, la question de la souveraineté numérique n'est plus un débat de geeks. C'est un enjeu concret pour quiconque stocke, communique ou navigue en ligne.

Dans ce contexte, choisir ses outils, c'est faire un acte politique. Pas besoin de militer avec un mégaphone. Parfois, il suffit de changer de fournisseur et c'est là que Proton (lancé en 2014) entre en piste.

La localisation de vos données est importante

Si vous utilisez encore des services gratuits basés aux États-Unis (coucou Google, Meta & co), sachez que vos données sont, juridiquement, à portée de main du FBI, de la NSA ou de n'importe quelle agence fédérale disposant d'une subpoena (en gros l'équivalent d'une assignation à comparaître). Le CLOUD Act (pour Clarifying Lawful Overseas Use of Data) permet aux autorités américaines d'exiger l'accès aux données détenues par des entreprises US, même si ces données sont stockées sur des serveurs en Europe. Pepouze, ont fait comme chez nous quoi.

La Suisse, par contre, n'est pas membre de l'UE ni de l'EEE. Elle dispose de lois strictes sur la protection des données (LPD) et n'est donc pas soumise au CLOUD Act. Proton, basé à Genève, opère donc sous un cadre juridique qui privilégie la vie privée des utilisateurs. Ce n'est pas mon opinion, c'est un fait juridique.

Ajoutez à cela que tous les produits Proton sont open source, régulièrement audités par des tiers indépendants, qu'ils appliquent une politique de no-logs vérifiée et vous obtenez une stack technique qui résiste.

Proton VPN : la porte d'entrée idéale (à 1 €/mois)

Commençons par le produit phare de la suite : Proton VPN. Pourquoi un VPN ? Pas seulement pour contourner des géoblocages (même si bah ... accéder à un catalogue Netflix étranger a son charme). Un VPN sérieux chiffre votre trafic, masque votre trafic aux yeux de votre FAI, et vous protège sur les réseaux Wi-Fi publics crades. Comme tous les VPN sérieux, il restaure une couche de confidentialité dans un internet de plus en plus surveillé.

D'ailleurs si Proton coche la plupart des cases techniques essentielles, il va même plus loin avec des fonctionnalités pensées pour les usages exigeants :

**VPN Accelerator : la vitesse sans compromis
**Oubliez le mythe du « VPN qui ralentit tout ». Grâce au VPN Accelerator (une techno propriétaire qui optimise le traitement des protocoles et réduit la latence), Proton améliore les performances jusqu'à 400 % sur les connexions longue distance. Couplé à un réseau de serveurs 10 Gbps (plus de 20 000 serveurs dans 140+ pays), le résultat est plutôt pas mal du tout. Streaming fluide, téléchargements rapides, navigation réactive, ça poutre bien.

**Stealth : contourner la censure avancée
**Vous voyagez dans un pays restrictif ? Le protocole Stealth, basé sur un WireGuard tunnellisé via TLS, rend votre trafic VPN indiscernable d'une connexion HTTPS classique. Du coup il passe à travers la plupart des pare-feux et méthodes de blocage sophistiquées. Idéal pour les journalistes, les activistes, ou simplement les voyageurs qui veulent accéder à leurs services habituels sans friction.

**Secure Core : la double protection
**Pour les scénarios à haut risque, Secure Core route votre trafic via au moins deux serveurs. D'abord il passera par un nœud d'entrée situé dans un pays à forte protection des données (Suisse, Islande, Suède), puis par un serveur de sortie. Cette architecture en « double VPN » protège contre les attaques par corrélation de trafic et les compromissions de nœud de sortie. Les serveurs Secure Core sont hébergés dans des data centers durcis (anciennes bases militaires, installations souterraines, accès biométriques) et exploités sur des réseaux dédiés.

Ajoutez à ça des fonctionnalités comme :

  • NetShield : un bloqueur DNS intégré qui filtre pubs, trackers et malwares avant qu'ils n'atteignent votre appareil.
  • Kill Switch & Always-on VPN : coupe automatiquement le trafic si la connexion VPN tombe, pour éviter toute fuite d'IP.
  • Tor over VPN : accédez au réseau Tor en un clic, sans configuration complexe.
  • Split Tunneling : choisissez quelles applications passent par le VPN, et lesquelles utilisent votre connexion directe.
  • Chiffrement de bout en bout : AES-256, ChaCha20, clés 4096-bit RSA.

Mais parlons prix, car c'est souvent là que le bât blesse. Les VPN « premium » tournent souvent autour de 10-12 €/mois. Proton propose actuellement une offre d'appel à 1 euro par mois pour Proton VPN .

Pour le prix d'un café serré, vous testez un VPN sérieux, sans engagement long terme, et vous soutenez une entreprise qui se bat pour la vie privée en ligne. C'est un point d'entrée à très faible risque.

L'offre est visible directement sur leur site, sans code promo alambiqué. Si l'expérience vous convainc, vous pourrez toujours migrer vers une formule plus complète plus tard.

La cohérence d'une stack privacy

Un VPN protège votre navigation. Mais vos emails dans tout ça ? Et vos fichiers stockés dans le cloud ? Hé bien c'est là que la vision de Proton prend tout son sens puisqu'ils proposent un écosystème unifié plutôt que des outils disparates.

**Proton Mail : l'email chiffré de bout en bout
**Finis les scans publicitaires de vos messages (coucou Gmail). Proton Mail chiffre vos emails avant même qu'ils ne quittent votre appareil. Seul le destinataire possédant la clé privée peut les lire. Même Proton ne peut pas accéder au contenu de vos messages. L'interface est épurée, les applications mobiles sont fluides, et l'intégration avec un client email tiers (via IMAP/SMTP) est possible sur les formules payantes.

**Proton Drive : le stockage cloud qui respecte votre vie privée
**Lancé plus récemment, Proton Drive permet de stocker vos fichiers avec un chiffrement de bout en bout. Fini les analyses automatiques de vos photos ou documents. Vous gardez le contrôle total. L'intégration avec Proton Mail permet d'envoyer des fichiers volumineux de manière sécurisée, directement depuis votre boîte de réception.

**Le tout-en-un : Proton Unlimited
**Si vous commencez à voir l'intérêt d'avoir VPN + Mail + Drive sous le même toit, sachez que Proton propose l'offre Proton Unlimited. Elle regroupe :

  • Proton VPN (accès complet à tous les serveurs, dont Secure Core et Stealth)
  • Proton Mail (avec adresse personnalisée, alias illimités et 500 Go de stockage partagé)
  • Proton Drive (stockage étendu, partage chiffré, synchronisation multi-appareils)
  • Proton Pass ( gestionnaire de mots de passe avec authentification 2FA intégrée et surveillance du dark web)
  • Proton Calendar (agenda chiffré, partage sécurisé d'événements)

Le tout pour un tarif unique, souvent plus avantageux que l'addition des services séparés. Et bonne nouvelle c'est que l'offre découverte à 1 €/mois peut parfois s'appliquer à Proton Unlimited selon les promotions en cours (à vérifier sur leur page dédiée). C'est l'occasion idéale pour tester l'écosystème complet sans se ruiner.

La souveraineté numérique, ça se construit pas à pas

Basculer vers une stack privacy européenne, ce n'est pas un geste magique qui résoudra tous les problèmes de surveillance en ligne. Mais c'est un pas concret, mesurable, pour reprendre le contrôle sur vos données. C'est un projet aligné avec des valeurs de protection de la vie privée.

Proton n'est pas parfait. L'écosystème est encore jeune comparé aux géants du secteur, certaines fonctionnalités avancées arrivent progressivement, et le prix (même avec l'offre d'appel) reste un investissement supérieur au zéro pratiqué par le "tout gratuit". L'abonnement couvre jusqu'à 10 machines, ce qui est assez large pour la plupart des familles, mais c'est pas de l'illimité non plus.

Si vous hésitez encore, rappelez-vous : 1 euro. C'est le prix d'un café (demi café bientôt), soit un coût marginal pour un test sans risque. Si l'expérience ne vous satisfait pas, vous aurez perdu l'équivalent d'un sucre en poudre. Mais si c'est le cas, vous aurez fait un pas significatif vers la reprise de contrôle de votre vie numérique.

Prêt à tester ? Découvrez l'offre Proton VPN à 1 €/mois.

Et, si le cœur vous en dit, explorez l'offre Proton Unlimited pour embrasser toute la stack d'un coup. Parce que la souveraineté numérique, ça commence par un choix. Ce choix, c'est toujours le vôtre, vous avez encore les clés du bonheuuuur dans vos mains. Et comme d'hab, naviguez sûr et gardez le contrôle.

FAQ rapide (oui vous vous êtes posé l'une d'entre elles, je sais) 

*- Proton VPN conserve-t-il des logs de navigation ?
*Non. Proton VPN applique une politique stricte de no-logs, vérifiée par des audits indépendants. Aucune adresse IP, aucun historique de navigation, aucune donnée de session n'est conservée. Sous droit suisse, Proton ne peut même pas être contraint de commencer à logger.

*- Puis-je utiliser Proton VPN pour regarder du streaming étranger ? 
*Oui, Proton VPN propose des serveurs optimisés pour le streaming (Netflix, Disney+, Prime Video, etc.) sur ses formules payantes. La performance est au rendez-vous grâce au protocole WireGuard et au VPN Accelerator.

*- Le protocole Stealth fonctionne-t-il partout ? 
*Stealth est conçu pour contourner la censure avancée (Chine, Iran, Russie, etc.). Il n'est pas infaillible à 100 %, mais il représente l'une des solutions les plus robustes du marché, régulièrement mise à jour face aux nouvelles techniques de blocage.

*- La Suisse est-elle vraiment un havre de confidentialité ? 
*Sans être complète, la législation suisse (LPD) reste l'une des plus protectrices au monde. La Suisse n'est pas membre des alliances de surveillance Five Eyes, Nine Eyes ou Fourteen Eyes. Cela ne garantit pas une immunité absolue, mais cela crée un cadre juridique nettement plus favorable que bien d'autres juridictions.

*- L'offre à 1 €/mois est-elle limitée dans le temps ?
*Il s'agit d'une offre promotionnelle ponctuelle. Si vous lisez ces lignes et qu'elle est toujours active, n'attendez pas ! Vous pourrez toujours annuler ou modifier votre abonnement plus tard.

*- Proton est-il compatible avec mes appareils ? 
*Sauf cas exceptionnel, la réponse devrait être : oui. Les applications Proton sont disponibles pour Windows, macOS, Linux, iOS, Android, Android TV, Chromebook, et via extensions navigateur (Chrome, Firefox). Un seul abonnement couvre jusqu'à 10 appareils simultanément.

Apple corrige une faille iOS qui permettait à la police d'extraire des messages supprimés

23 avril 2026 à 13:18

Apple a publié hier une mise à jour iOS qui ferme une faille utilisée par les forces de l'ordre américaines pour récupérer des messages supprimés dans des applications comme Signal.

La faille concernait la base de données des notifications : quand vous supprimiez un message dans l'appli, la version cachée dans le cache des notifications pouvait rester accessible jusqu'à un mois.

Concrètement, un message Signal effacé côté appli restait lisible par quiconque avait la main sur le téléphone et savait fouiller au bon endroit.

Le FBI, selon les documents repérés par 404 Media début avril, a utilisé cette faiblesse sur plusieurs affaires pour remonter des conversations pourtant explicitement effacées par les utilisateurs, y compris celles utilisant la fonction messages éphémères.

Apple a reconnu le problème, mais si ça a été fait avec les pincettes habituelle, avec une phrase du genre... "les notifications marquées pour suppression pouvaient être conservées sur l'appareil de manière inattendue", ce qui ne veut pas dire grand chose, ou au contraire, tout dire...

Dit plus simplement, il y avait un écart entre ce que l'utilisateur voyait disparaître et ce qui restait réellement sur le disque. Le patch a été rétroporté sur les anciennes versions d'iOS 18, ce qui suggère que la faille existait depuis un bon moment et a probablement été exploitée dans des affaires que l'on ne connaîtra jamais.

Meredith Whittaker, présidente de Signal a rappelé publiquement que les notifications pour des messages effacés ne devraient jamais rester dans la base de notifications d'un OS. C'est une évidence technique. Sauf que dans la pratique, la chaîne cache des notifications plus indexation iOS laisse des traces que les outils forensiques comme Cellebrite ou GrayKey savent exploiter depuis des années.

Le problème dépasse Signal. Toute application qui envoie une notification contenant le texte d'un message entier sur iOS pouvait voir ses contenus persistés dans le cache, même après un effacement explicite. Du coup, pour les journalistes, les avocats, les activistes ou simplement les gens qui tiennent à leur vie privée, mettre à jour le plus vite possible n'est pas une option mais une priorité.

Bref, quand on parle de messagerie chiffrée, la vraie surface d'attaque n'est plus le protocole mais tout ce que l'OS fait autour dans votre dos.

Source : The Hacker News

GitHub active par défaut la télémétrie sur son outil en ligne de commande

23 avril 2026 à 11:38

Depuis la version 2.91.0 du CLI GitHub publiée mardi, chaque commande que vous tapez dans gh envoie des données de télémétrie vers GitHub par défaut. L'activation est silencieuse, sans message au premier lancement, sans consentement explicite, et il faut fouiller dans la doc pour tomber sur la page dédiée au sujet.

GitHub décrit la collecte comme pseudonyme côté client. Concrètement, le payload embarque le nom de la commande lancée, un identifiant d'invocation, un identifiant d'appareil, l'OS, l'architecture, l'agent et quelques drapeaux.

L'entreprise précise que le contenu exact peut varier d'un appel à l'autre. La justification officielle : les équipes produit ont besoin de voir comment le CLI est utilisé, avec la montée en puissance des agents IA qui le pilotent de plus en plus souvent en arrière-plan.

Côté sortie, il y a trois moyens de couper la télémétrie. Vous pouvez définir la variable d'environnement GH_TELEMETRY à false, ou DO_NOT_TRACK à true, ou lancer gh config set telemetry disabled. Simple en apparence.

Sauf que rien de tout ça n'est signalé à l'installation, et qu'un utilisateur qui n'est pas tombé sur le billet de Brandon Vigliarolo dans The Register ne saura probablement pas que c'est activé sur sa machine.

Le terme pseudonyme mérite aussi qu'on le regarde de près. Pseudonyme ne veut pas dire anonyme : il y a un identifiant d'appareil stable, il y a un identifiant d'invocation, et GitHub connaît déjà votre compte si vous êtes authentifié avec gh auth login.

Du coup, le recoupement entre votre activité CLI et votre identité GitHub n'a rien de théorique, même si GitHub ne promet pas de le faire.

En pratique, la télémétrie des outils de dev n'est pas une nouveauté. VS Code le fait depuis des années, npm aussi, et la plupart des éditeurs jouent le même jeu. Ce qui coince ici, c'est le choix de l'opt-out plutôt que de l'opt-in, et l'absence d'annonce claire sur le changelog principal.

Les utilisateurs reprochent surtout à GitHub d'avoir glissé l'info dans une page de doc au lieu d'un billet de blog dédié. Pour un outil qu'utilisent des gens très à cheval sur leur vie privée, c'est un drôle de calcul.

Bref, un outil CLI qui s'active en mode collecte par défaut sans prévenir, ça pique. Heureusement une variable d'environnement suffit à couper. Mais il faut savoir qu'elle existe.

Source : The Register

Nullroom - Un chat P2P qui s'efface en 15 minutes

Par : Korben ✨
23 avril 2026 à 08:00

Utiliser une conversation WhatsApp pour partager un mot de passe à un pote, c'est un peu comme écrire son code de carte bleue au marker dans des chiottes publics. Sauf que les messages, eux, restent des années dans l'historique car y'a personne qui viendra nettoyer ça. Heureusement, Nullroom vient régler ce genre de bricole en mode radical, avec un chat P2P chiffré qui s'autodétruit au bout d'un quart d'heure, sans avoir à vous créer de compte et sans laisser de trace côté serveur.

Alors comment ça fonctionne ? Hé bien vous cliquez sur "CREATE SECURE ROOM", un lien apparaît, vous le balancez à votre correspondant par le canal de votre choix (Signal, SMS, pigeon voyageur...etc), et hop, une session chiffrée s'ouvre entre vos deux navigateurs. Vous pouvez alors discuter, échanger éventuellement des fichier (jusqu'à 16 Mo max en beta), et après 15 minutes, la room s'évaporera. Purement et simplement et aucun serveur n'aura vu passer vos échanges (mis à par quelques bouts de métadonnées pour établir la connexion).

Sous le capot, y'a un truc crypto assez chouette qui est une clé de chiffrement AES-GCM 256 bits, générée côté client via l'API Web Crypto du navigateur, qui vit dans le fragment de l'URL (c'est la partie qui vient après le #). Et comme les navigateurs n'envoient JAMAIS ce fragment au serveur, vu que c'est un standard HTTP, vous êtes tranquille.

Et voilà comment votre clé de session n'existe que chez vous et chez votre correspondant. Le serveur de Nullroom ne la voit pas, même pas une microseconde. C'est le même trick que celui qu'utilise PrivateBin pour les snippets chiffrés, mais appliqué à du chat en direct.

Le flux de données, lui, passe en direct d'un navigateur à l'autre via WebRTC et le serveur ne sert comme je vous le disais plus haut, qu'à la poignée de main initiale.

Ensuite, les messages et les fichiers circulent en peer-to-peer, relayés via les serveurs TURN de Cloudflare quand votre NAT coince. Donc au pire, Cloudflare voit passer du trafic 100% chiffré, et pas le contenu en clair. Les logs serveur sont également désactivés sur les chemins des rooms, et les UUIDs de sessions vivent dans un Redis totalement volatile qui est nettoyé au bout de ces fameuses 15 minutes.

Niveau limites, une room c'est deux personnes max donc si vous cherchiez un remplaçant à Signal ou à Briar, ce n'est pas le bon outil. C'est juste une messagerie pour un échange ponctuel entre 2 personnes.

Et l'équipe ou l'entreprise derrière n'est pas affichée côté site (pas de mentions légales, pas de juridiction précisée), donc attention ! Ça reste du "faites-vous votre opinion" mais comme le code est open source (licence MIT) sur GitHub vous pouvez quand même l'analyser et monter votre propre infra Nullroom.

Pour le quotidien, c'est un service qui est bien foutu, que ce soit pour un mot de passe à filer à un collègue en télétravail, un lien temporaire à partager pendant une réu, une confidence à un pote qui n'a rien à faire dans les archives iMessage, ou encore un numéro de compte à transmettre vite fait avant que l'autre ne parte en vacances... Tous ces cas d'usage existent et la friction est quasi nulle donc c'est plutôt une bonne approche je trouve.

Voilà, si vous voulez tester le concept d'une conversation qui n'aura jamais eu lieu, filez sur nullroom.io.

Surfshark et le chiffrement post-quantique : se préparer aujourd'hui pour les menaces de demain

Par : Korben ✨
23 avril 2026 à 07:44
-- Article en partenariat avec Surfshark --

L'informatique quantique n'est plus un sujet de science-fiction (mais ça, vous le savez, je vous bassine avec ça depuis des années maintenant). Mais les progrès récents laissent penser que des machines capables de casser certains chiffrements actuels pourraient émerger dans les 10 à 15 prochaines années (voir 5 selon les plus optimistes). Ce n'est pas pour demain matin, mais en sécurité, attendre que la menace soit là pour agir, c'est déjà avoir perdu.

Surfshark a commencé à déployer une protection post-quantique sur son infrastructure WireGuard. Pas en mode "feature marketing", plutôt comme une évolution technique nécessaire. Qu'est-ce que ça change pour vous et pourquoi c'est une bonne nouvelle même si vous n'êtes pas cryptographe ?

Le chiffrement post-quantique, expliqué simplement

Pour comprendre l'enjeu, il faut revenir deux minutes sur le fonctionnement du chiffrement moderne. La plupart des protocoles de sécurité actuels, comme RSA ou ECC, reposent sur des problèmes mathématiques difficiles à résoudre pour un ordinateur classique. Factoriser de très grands nombres, par exemple.

Un ordinateur quantique suffisamment puissant pourrait résoudre ces problèmes beaucoup plus rapidement, rendant obsolètes les méthodes de chiffrement actuelles. C'est ce qu'on appelle la menace "harvest now, decrypt later" ou des acteurs malveillants peuvent déjà intercepter et stocker des données chiffrées aujourd'hui, en attendant de pouvoir les déchiffrer demain quand la technologie quantique sera mature.

Le chiffrement post-quantique désigne donc une nouvelle génération d'algorithmes conçus pour résister à la fois aux attaques classiques et quantiques. Ces algorithmes reposent sur des problèmes mathématiques différents, comme les réseaux euclidiens ou les codes correcteurs d'erreurs, qui restent difficiles même pour un ordinateur quantique.

L'enjeu n'est pas immédiat pour l'utilisateur moyen comme vous et moi. Mais pour des données sensibles qui doivent rester confidentielles pendant des années, la transition doit commencer maintenant.

La convergence quantique + IA : un scénario à surveiller

Un angle souvent négligé dans le débat post-quantique c'est son l'articulation avec l'intelligence artificielle. L'IA générative accélère déjà la découverte de vulnérabilités, la génération de code malveillant adaptatif, ou la personnalisation d'attaques. Combinée à terme avec des capacités de calcul quantique, elle pourrait permettre d'identifier plus rapidement les faiblesses d'implémentation, même dans des algorithmes théoriquement résistants.

Autrement dit, la menace n'est pas seulement "l'ordinateur quantique casse tout". C'est plutôt "l'IA optimise l'attaque, le quantique accélère l'exécution". Les deux technologies se renforcent mutuellement.

C'est pour cette raison que les fournisseurs de sécurité sérieux anticipent. Pas par alarmisme, mais par pragmatisme parce que migrer vers du post-quantique ça prend du temps. Il faut tester la compatibilité, valider les performances, former les équipes, etc. Mieux vaut commencer maintenant que dans l'urgence (l'urgence c'est pour sa déclaration d'impôts chaque année et c'est déjà bien suffisant).

Ce que Surfshark met en place concrètement

Surfshark a annoncé le déploiement d'une protection post-quantique sur son implémentation de WireGuard. Voici ce qu'il faut retenir :

La solution repose sur une approche hybride. Le tunnel VPN utilise à la fois un algorithme classique (X25519) et un algorithme post-quantique (Kyber-768). Comme ça, même si l'un des deux venait à être compromis, l'autre maintient la confidentialité. C'est une stratégie de défense en profondeur appliquée au chiffrement lui-même.

Cette protection est déjà disponible sur macOS, Linux et Android, avec un déploiement progressif sur les autres plateformes. L'activation se fait côté serveur, sans intervention requise de l'utilisateur. Si votre client supporte la fonctionnalité, elle s'applique automatiquement.

Surfshark précise que cette implémentation suit les recommandations du NIST et de la communauté cryptographique internationale. Les algorithmes sélectionnés ont été soumis à un processus d'évaluation public, et leur intégration a fait l'objet de tests de performance pour éviter de dégrader l'expérience utilisateur.

Enfin, l'éditeur indique que cette évolution s'inscrit dans une feuille de route plus large qui comprend déjà des audits réguliers, les mises à jour des protocoles et la veille cryptographique active. Le post-quantique n'est pas un argument commercial isolé, mais une pièce d'une stratégie technique cohérente.

Les limites à garder en tête

Le déploiement du post-quantique chez Surfshark est une bonne nouvelle, mais cela ne règle pas tous les problèmes de sécurité. D'abord, la protection ne concerne que le tunnel VPN. Elle ne protège pas contre le fingerprinting navigateur, les fuites DNS mal configurées, ou les compromissions de compte par phishing. Un VPN post-quantique ne compense pas une hygiène numérique défaillante.

Ensuite, la transition est progressive. Tous les serveurs ne sont pas encore équipés, et tous les clients ne supportent pas la fonctionnalité. Si vous avez besoin de cette protection pour un usage professionnel sensible, vérifiez la compatibilité de votre configuration avant de compter dessus (dans les paramètres de l'app, allez dans Paramètres VPN > Protocole et sélectionnez Wireguard).

Et enfin, le post-quantique reste un domaine en évolution. Les algorithmes sélectionnés aujourd'hui pourraient être révisés demain à la lumière de nouvelles recherches. La veille technique reste indispensable, même pour les fournisseurs les plus sérieux.

Mon avis sur la démarche

Ce qui me convainc dans l'approche de Surfshark, c'est le timing et la méthode. Le timing d'abord. Agir maintenant, alors que la menace quantique n'est pas encore immédiate pour la majorité des utilisateurs c'est plutôt bien vu. C'est exactement ce qu'on attend d'un fournisseur de sécurité, anticiper plutôt que réagir. Parce que réagir c'est déjà être en retard.

La méthode se passe sous forme d'implémentation hybride, progressive, basée sur des standards ouverts et validés par la communauté. Pas de solution maison non auditée, pas de promesse "quantum-proof" absolue. Juste une évolution technique raisonnée. Le chiffrement post-quantique n'est pas une fonctionnalité que vous verrez au quotidien. Elle travaille en arrière-plan, sans notification, sans badge "activé". Mais c'est précisément ce genre d'évolution discrète qui fait la différence entre un service qui suit les bonnes pratiques et un service qui les définit.

Est-ce que cela justifie à lui seul de choisir Surfshark ? Probablement pas. Mais si vous cherchez un VPN qui intègre une réflexion long terme sur la cryptographie, sans sacrifier la simplicité d'usage, c'est un argument supplémentaire en sa faveur. Si vous hésitez à franchir le pas, sachez que l'éditeur fait partie des premiers à déployer ce type de protection à grande échelle.

L'offre anniversaire à ne pas rater !

Surfshark fête son anniversaire, et comme souvent avec les bons plans du web, c'est vous qui touchez le vrai cadeau ! Le forfait Starter tombe à 1,78 €/mois sur 2 ans + 3 mois offerts (57,67 € pour 27 mois, soit 2,13 €/mois TTC). La promo est valable du 20 avril au 11 mai. À ce tarif-là, difficile de trouver une excuse pour continuer à laisser son trafic traîner en clair sur Internet.

=> Profiter de l'offre Surfshark ici <=

Note : ce lien est affilié. Cela ne change rien pour vous, mais cela me permet de continuer à produire ce type de contenu sans dépendre de la publicité intrusive.

Une faille IndexedDB permettait de relier toutes vos identités Tor

Par : Korben ✨
23 avril 2026 à 06:12

Bon, les amis, si vous utilisez Tor Browser pour faire du sérieux, faut que vous sachiez un truc. Le bouton "New Identity", censé vous donner une nouvelle identité vierge à chaque clic... bah il laissait filer, jusqu'à il y a peu de temps, un identifiant stable tant que Firefox tournait.

Deux chercheurs de Fingerprint ont en effet trouvé comment une fonction toute bête du navigateur se transformait en empreinte unique de votre browser, partagée entre tous les sites que vous visitiez.

Il faut donc dès à présent faire la mise à jour vers Firefox 150 ou l'ESR 140.10.0 (la version long-terme utilisée par Tor Browser), ainsi que la dernière version de Tor Browser qui récupère le patch. Si vous voulez en savoir plus, la CVE c'est CVE-2026-6770 , classé comme sévérité modérée par Mozilla.

Le truc marche en vase clos mais traverse les murs.

Mais avant, IndexedDB c'est quoi ?

En gros c'est une mini-base de données que les sites web peuvent créer dans votre navigateur, pour stocker des trucs en local (du cache, des données offline, l'état d'une app web). Chaque site peut y ranger plusieurs bases nommées, et une petite fonction JavaScript indexedDB.databases() permet au site de demander la liste de ses bases.

Rien de foufou sur le papier. Sauf que dans Firefox en navigation privée, le navigateur renomme en coulisse chaque base avec un identifiant aléatoire (UUID), et range tout ça dans une seule grosse table interne. Et le gros problème, c'est que cette table est partagée entre tous les sites ouverts, et pas cloisonnée site par site.

Et là, ça devient croustillant puisque quand un site redemande la liste de ses bases, Firefox la renvoie sans la trier, dans un ordre qui dépend de la structure interne de cette table partagée. Du coup, deux sites totalement différents qui créent chacun seize bases dans le même ordre récupèrent exactement la même suite en retour. Pas l'ordre de création donc mais une permutation bizarre, genre g,c,p,a,l,f,n,d,j,b,o,h,e,m,i,k.

Je vous passe les détails mais ça fait dans les 17 000 milliards de combinaisons possibles. Donc largement de quoi distinguer votre navigateur parmi des millions, comme une empreinte digitale qui colle au doigt !

Et ce qui pique vraiment c'est que cet identifiant survit à la fermeture de toutes vos fenêtres privées. Tant que le process Firefox tourne en arrière-plan, l'ID reste. Un site peut donc vous reconnaître après que vous ayez fermé vos onglets privés, rouvert une session pensée comme neuve, et revisité le site. Pour le user, c'est une session fraîche alors que pour le serveur c'est clairement le même navigateur qu'il y a dix minutes.

Côté Tor Browser c'est pire puisque le bouton "New Identity" a pour mission explicite de couper tout lien avec ce que vous faisiez avant. Il ferme les onglets, efface l'historique, vide les cookies, tire de nouveaux circuits Tor. La promesse officielle, c'est "empêcher votre activité future d'être liée à ce qui précède".

Sauf que cette fameuse table interne, elle, ne bouge pas. Le New Identity reset donc tout sauf ce qu'il ignore. C'est comme changer de fringues dans le même ascenseur... en gardant le même parfum. Techniquement vous êtes différent, mais reconnaissable en deux secondes. Bref, c'est assez grave car un site capable d'exploiter la faille peut lier votre session avant-New-Identity à votre session après-New-Identity.

Tant qu'on n'a pas redémarré Firefox complètement, l'ID persiste.

Les chercheurs disent avoir fait une divulgation responsable, directement à Mozilla et au Tor Project avant publication donc c'est nickel, et les deux équipes ont poussé les patches avant de communiquer sur quoi que ce soit. Donc les utilisateurs à jour sont tout simplement protégés contre cette faille précise.

Après si vous êtes du genre parano, pensez à redémarrer complètement votre Tor Browser entre deux sessions vraiment sensibles. Ça coupe le process Firefox, ça vide cette fameuse table, et ça évite ce genre de surprise pour d'autres leaks similaires qu'on n'aurait pas encore trouvés.

A bon entendeur, salut !!

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Loi séparatisme - Le blocage sans juge gagne du terrain

Par : Korben ✨
22 avril 2026 à 15:59

Mis à part son auteur, y'a un truc qui sent pas bon dans l'avant-projet de loi de Laurent Nuñez sur le séparatisme et l'entrisme. Au milieu des mesures sur la dissolution d'assos et l'interdiction d'ouvrages, le texte prévoit en effet d'étendre fortement les pouvoirs de blocage administratif des sites web en France. Et quand je dis "administratif", ça veut dire sans juge.

Bah ouais, ça servirait à quoi alors qu'il suffit d'un bon vieux coup de tampon de l'administration, et votre site peut disparaître de l'internet français.

Concrètement, le texte vise l'article 6-1 de la LCEN. Ce truc-là, c'est le bouton rouge que Pharos et l'ARCOM peuvent pousser depuis 2014 pour faire retirer un contenu. Aujourd'hui ça couvre le terrorisme, la pédopornographie, la vente de stupéfiants et les images de tortures.

Demain, le projet veut y rajouter l'apologie des crimes de guerre, les provocations à la haine ou à la discrimination, et surtout un motif tellement flou que c'en est vertigineux : les contenus "susceptibles de créer un trouble grave pour l'ordre public".

Et c'est là que ça coince. Car "Trouble grave à l'ordre public", vous savez ce que ça veut dire ? Moi oui ! Ça veut dire exactement ce que le préfet en charge veut bien que ça veuille dire. C'est le genre de formule qu'on met dans une loi quand on sait très bien qu'on en fera plus tard un usage BEAUCOUP PLUS LARGE que l'intention affichée initialement.

Et c'est là que ça me colle des boutons, parce qu'on a déjà vu ce film je ne sais combien de fois !!

2014, Cazeneuve, article 6-1 créé pour le terrorisme. 2020, loi Avia retoquée par le Conseil constitutionnel . 2021, extension aux stupéfiants. 2024, loi SREN et vérification d'âge. 2026, apologie crimes de guerre plus haine plus "trouble grave à l'ordre public". À chacune de leur itération, le périmètre s'élargit, les motifs deviennent encore plus flous, et le juge disparaît encore un peu plus du décor.

C'est ça le vrai sujet en fait. C'est pas la question de savoir si bloquer l'apologie des crimes de guerre est légitime (ça l'est). La vraie question c'est : Qui décide ?

Car pendant des siècles en France, seul un juge pouvait ordonner à un éditeur de se taire. Mais depuis 2014, c'est devenu la fête du slip puisque l'administration peut le faire toute seule, et Ô comme c'est bizarre, chaque loi qui arrive ensuite, élargit son, déjà trop grand, terrain de jeu. Alors bien sûr, le juge, on peut éventuellement le saisir après coup, en référé, avec un bon avocat mais dans l'intervalle, votre site a été déréférencé, votre trafic est en EEG plat, et votre asso par exemple, a claqué.

Surtout que la formulation "trouble grave à l'ordre public" est tellement élastique qu'elle peut demain couvrir à peu près n'importe quel sujet qui gêne. C'est pratique hein ? Un dossier sur les violences policières ? Un article sur les manifs ? Une tribune un peu incendiaire ? Allez hop, on coupe TOUT et on retourne sucer des feutres en réfléchissant à la prochaine loi liberticide !!

Vu que le texte part au Conseil d'État avant d'arriver au Conseil des ministres fin avril, le périmètre exact peut encore bouger donc je vous invite à suivre ça du coin de l'œil. Et si vous avez un site ou une asso qui risque de matcher, le bon réflexe c'est La Quadrature du Net . Eux savent contester ces trucs, et ils l'ont déjà fait pour Avia et SREN.

Bref, on se retrouve dans dix ans ou moins, et je vous parie qu'on rediscutera ENCORE d'une nouvelle extension de l'article 6-1, cette fois au nom d'une menace qu'on n'avait pas encore vu venir. L'effet cliquet, ça se déclenche toujours dans le même sens, malheureusement.

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